1000 mots sur Batman #35 (review avec spoilers du début de Endgame)

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Steeve Par

/!\ Cet article contient de GROS spoilers au sujet de Batman #35. Si vous ne l’avez pas encore lu, vous avancez à vos risques et périls ! /!\

J’ai exprimé ici même il y a peu ce que je pense de Batman. Pas un grand fan du personnage, le run de Snyder et Capullo m’a fait vibrer l’espace de cinq épisodes à tout casser, puis j’ai continué à suivre la série parce qu’il fallait. Pour la hype, parce que c’est LA série DC du moment. Parce que si tu te veux « calé en comics » tu ne peux pas te permettre de ne pas lire Batman. Puis j’ai craqué. Zero Year est venu à bout de ma tolérance. Batman a quitté ma pull-list à la suite du dénouement de cet arc qui a duré beaucoup trop longtemps pour ce qu’il a apporté au mythe de la chauve-souris.

Me voici donc mercredi 8 octobre à mettre les pieds dans un comic shop de la capitale pour y prendre de quoi faire passer le temps parce que j’ai épuisé toute la lecture que j’avais sur moi. Je vois Batman #35. Je feuillette le comic et je craque. Bruce qui se met sur la gueule avec le reste de la Justice League. Y’a pire comme moyen de faire passer le temps et j’ai déjà acheté tout ce qui serait susceptible de m’intéresser sur les étals. Je lis le bousin. Merde. LA bonne surprise de la semaine. J’en avais besoin après Avengers & X-Men : Axis #1.

Dans un premier temps la lecture du numéro confirme ce que j’ai exprimé il y a peu au sujet des aventures de Batou. Tu peux manquer n’importe quel chapitre de sa vie, c’est pas grave. Endgame se déroule après les évènements de Batman Eternal dont j’ai lâché la lecture après une dizaine d’épisodes. Ce qui a changé ? Une nouvelle personne connait l’identité secrète du justicier et, à la façon des Avengers, il a échangé son manoir contre une tour en centre-ville en guise de base d’opération. Ne pas savoir COMMENT tout ceci est arrivé ne m’empêchera pas de dormir. Surtout en sachant qu’il m’en coûterait la lecture de 52 numéros.

Ceci étant dit. Ma bile déversée. Il est temps de chanter les louanges de ce bijoux qui m’a réconcilié avec Batman, Scott Snyder et DC.

Avant... Après... Qui sent vraiment la différence ?

Avant… Après… Qui sent vraiment la différence ?

Donc, Bruce contre la Justice League. Les héros Marvel ont la fâcheuse habitude de se mettre régulièrement sur la gueule. La poussière n’est jamais réellement tombée depuis Civil War. Au point qu’on s’en demande parfois où sont passés les vilains. Du côté de la Distinguée Concurrence c’est plus rare. Alors quand ça arrive, les créatifs voient les choses en grand. Batman #35 est effréné et prend aux tripes. L’action est grandiose.

L’homme fragile fait face à la furie des dieux. Le génie est désespérément décontenancé par le courroux de ses amis. Observer Batman contraint de s’enfermer dans une armure qu’il a dépensé des milliards à concevoir dans l’optique de ce moment précis qu’il avait envisagé sans jamais vraiment croire qu’il arriverait revêt un aspect claustrophobique des plus inquiétants qui tranche avec les couleurs vives de cette journée ensoleillée à Gotham peinte par FCO Plascencia. De l’attaque initiale de Wonder Woman à l’arrivée théâtrale de Superman, d’un bout à l’autre l’action possède l’intensité du Thor de Coipel faisant la démonstration de sa puissance à Tony Stark il y a quelques années de ça dans les pages du Thor de Straczynski.

L’intensité de cette scène répétée tout le long d'un épisode !

L’intensité de cette scène répétée tout le long d’un épisode !

Avant même sa conclusion, l’intégralité du récit est un rêve de geek fait d’encre. « Et si machin se battait contre bidule, qui gagnerait ? » Il a souvent été dit que Batman pouvait démonter la Justice League si jamais l’envie venait à l’en prendre. La Tour de Babel repose sur l’idée qu’il s’y soit préparé. Dans Endgame il est contraint de passer à l’acte. C’est tout bonnement spectaculaire. Et que dire de la chute ?

Le retour du Joker avait été annoncé par Scott Snyder dans divers interviews dès la conclusion de Death of the Family. Le scénariste y parlait de la colère du clown, du fait que la prochaine fois que les lecteurs croiseraient sa route, ce serait violent, du jamais vu. Death of the Family n’aurait ainsi été qu’une introduction à l’histoire que Snyder et Capullo voulaient vraiment raconter.

Zero Year a démarré et Snyder s’est très vite fait discret sur ce qui suivrait. Lorsque le titre de l’arc suivant a émergé, DC a réussi à faire quelque chose de très rare de nos jours dans l’industrie et de remarquable. Ne tout simplement rien dire du contenu de l’histoire. Un titre, Endgame, et c’est tout. A l’heure où la mort d’un personnage ne peut rester un secret à deux mois de sa publication, l’intensité que produit la surprise du retour du Joker relève du tour de force. Sa sanglante intrusion dans le QG de la GCPD au début de Death of the Family m’avait déjà fait vibrer. Elle était violente, effrayante, grandiose. Ici son entrée en scène est d’autant plus phénoménale qu’on ne voit même pas le personnage. Il signifie son retour à Batman en lui balançant un de ses pires cauchemars en pleine poire. Difficile de faire mieux comme entrée en matière.

Corps à corps avec une amazone. Qui dit mieux ?

Corps à corps avec une amazone. Qui dit mieux ?

Et que dire de la back-up story ? Une ambiance singulière pour une histoire mystérieuse qui promet une exploration de la folie de Gotham dans toute sa splendeur. Mais voilà. Bien que le fait que Endgame ne s’étendra que sur six numéros est la promesse d’un récit nerveux qui ne durera pas plus qu’il ne le doit contrairement à Zero Year, je reste sceptique quant à la suite des évènements. Depuis Batman #1 le problème est le même avec les histoires de Snyder. Les conclusions de ses récits sont aussi plates que ses introductions sont extraordinaires. La Cour des Hiboux aurait pu durer trois épisodes de moins et sa chute relève presque de la blague. Je n’ai toujours pas saisi l‘intérêt de Death of the Family. Zero Year n’aurait jamais dû durer aussi longtemps, voire ne jamais être publié.

Nous voici donc au début de ce qui s’annonce être l’histoire la plus époustouflante de Snyder sur le chevalier noir. Sa fin sera-t-elle aussi fade que son début est explosif ? Cette fois j’ai envie de croire que non. Me voici donc reparti pour au moins cinq épisodes supplémentaire de cette série que j’étais persuadé d’avoir abandonné. Je commence à saisir ce que tout le monde trouve à Scott Snyder.

Après l'idée de la tour comme QG, Bruce pique la HulkBuster à Tony Stark.

Après l’idée de la tour comme QG, Bruce pique la HulkBuster à Tony Stark.

One Response to 1000 mots sur Batman #35 (review avec spoilers du début de Endgame)

  1. Eddyvanleffe dit :

    Batman Rules! sinon il existe un one shot avec Wonder Woman qui fait la même chose (JLA:A LEAGUE OF ONE ou Seule contre tous chez Soleil). C’est marrant à quel point n’importe quel membre peur se manger à lui tout seul le reste de la bande « finger in ze nose »

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