All New All Different Marvel, premier bilan : Avengers

Avengers All New All Different Marvel

Jeffzewanderer Par

Alors que Secret Wars se termine en VF, aux USA l’event est déjà vieux de plusieurs mois et l’univers Marvel en est ressorti tout beau tout neuf. Au menu : plein de numéros un, certains authentiques, d’autres consistant en de simples renumérotations, et des nouveaux statu quo à la pelle.

Comic Talk a donc décidé de vous proposer toute une série de bilans des différentes lignes mises en place par la Maison des Idées. On commence par la pierre angulaire de l’éditeur, sur grand écran comme sur papier : les Avengers

Avengers Assemble ?

La ligne Avengers est composée de quatre séries majeures : All New All Different Avengers, Uncanny Avengers, New Avengers et The Ultimates. Des titres pour la plupart familiers, à une batterie d’adjectifs près, mais le premier constat qui s’impose, c’est qu’aucun ne peut être qualifié de « série Avengers classique ». On pourrait objecter que c’est un peu devenu la norme chez Marvel depuis des années. Brian Bendis avait déjà introduit des hordes de personnages qu’on n’avait pas l’habitude de voir dans les titres Avengers, qu’il s’agisse de héros (Spider-Man, Luke Cage, Wolverine, Iron Fist, Dr Strange…), ou de vilains (Norman Osborn). Jonathan Hickman avait poussé l’idée encore plus loin. Les auteurs actuels continuent dans cette direction, aucune série ne nous offrant une véritable association du « Big 3 » made in Marvel (Captain America, Thor, Iron Man) pour des batailles épiques.

Les quatre séries de la ligne n’en demeurent pas moins intéressantes, et le premier event de la ligne, Standoff : Assault on Pleasant Hill nous a offert quelques moments sympathiques (sur lesquels on reviendra ultérieurement). Alors sans plus attendre, entrons dans le vif du sujet…

ALL NEW ALL DIFFERENT AVENGERS

par Mark Waid, Adam Kubert & Mahmud Asrar

6 numéros chroniqués

En théorie on est là face à la série Avengers la plus classique, puisqu’elle nous propose de suivre Captain America, Iron Man, Thor et Vision, associés à Ms Marvel, Spider-Man et Nova. Sauf que les trois derniers sont des gamins (Kamalah Khan, Miles Morales et Sam Alexander), et parmi les trois premiers Cap America est Sam Wilson et Thor est la version féminine. Mais surtout, la série se focalise sur l’apprentissage des jeunes héros, lui donnant presque un côté Avengers Academy.

Le point positif est qu’on a quand même droit à notre quota d’action, et pas uniquement à des character moments qui s’enchaînent. Le bémol est que jusque-là ladite action n’a rien de mémorable non plus, ce qui fait que les interactions entre les héros sont les passages les plus intéressants. Et ce qu’il s’agisse des plus jeunes, Nova et Ms Marvel formant un duo des plus attachants, ou de Thor et Captain America. Les deux « remplaçants » semblent tisser de vrais liens, et pas en utilisant l’artifice du poids du titre à porter, ce qui rend lesdits liens encore plu intéressants. Les affrontements contre un Warbringer aux airs de vilain générique et un Kang en costard cravate ne resteront par contre pas dans les annales des Avengers. Il faut cependant reconnaître à la série qu’elle n’abuse pas de la décompression, ce qui fait que si l’action n’est pas la plus passionnante jamais vue, au moins elle ne tire pas à la ligne. D’où un vrai sentiment de progression de l’intrigue au fil des numéros.

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Pour ce qui est du dessin, Adam Kubert et Mahmud Asrar alternent les arcs, condition sine qua non pour  que le fils Kubert puisse tenir ses délais. L’avantage, non négligeable, est la garantie que chaque numéro sera dessiné par un artiste de talent. Il y a cependant deux bémols. Le premier est que les styles d’Asrar et Kubert sont vraiment différents, le premier ayant un trait plus aéré, plus lisse, le second ajoutant encore plus de coups de crayons qu’auparavant. Du coup, la série peine à avoir une réelle identité graphique. Mais le plus gênant est qu’Adam Kubert est lon de livrer le meilleur travail de sa carrière. Ce n’est pas honteux, loin de là, mais tout semble fait un peu à la va-vite, sans que le temps ait été pris de tout fignoler.

LE BILAN : All New All Different Avengers c’est un peu l’underachiever par excellence. La série aurait tout pour être géniale, même sir certains des « grands noms » sont plutôt des versions bis, mais elle est seulement sympa sans plus. Il y a de l’action, mais rien d’épique. Les personnages sont bien écrits et leurs relations intéressantes, mais ça ne suffit pas pour passionner le lecteur mois après mois. Le dessin est bon mais ça manque de cohérence entre les deux artistes, sans compter qu’Adam Kubert est en roue libre. Pourtant le titre reste agréable à lire, ne vous y trompez pas. C’est juste qu’on serait en droit d’en attendre plus vu les auteurs et personnages.

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UNCANNY AVENGERS

par Gerry Duggan et Ryan Stegman

6 numéros chroniqués

La seconde série phare des Avengers s’inscrit dans le prolongement direct des volumes précédents écrits par Rick Remender. On suit en effet une équipe baptisée Unity Squad, composée de héros humains (le vieux Steve Rogers, Human Torch, Dr Voodoo, Spider-Man ne fait qu’un bref passage), mutants (Rogue, Cable, Quicksilver quon va mettre là par défaut) et inhumain (Synapse). Et Deadpool. Le « merc with a mouth » occupe d’ailleurs une place de premier plan dans la série, et on sent la tendresse du scénariste, Gerry Duggan, pour lui. De prime abord ce roster a de quoi déconcerter, aucun Avenger « historique » n’y apparaissant à part Steve Rogers et à la limite Quicksilver. Une impression qui se confirme numéro après numéro, le nom Avenger ne collant pas vraiment à la série.

Ce qu’on sent aussi c’est que le scénariste maîtrise nettement moins le autres personnages. Sa Rogue en permanence furax pourrait être un héritage du travail de Rick Remender sur le personnage (pas forcément son idée la plus brillante). Mais le Steve Rogers acariâtre qui mène l’équipe n’est pas vraiment attachant non plus. Les autres héros sont assez ternes. Pas mal écrits en soi, mais rien qui marque les esprits. Surtout on peine à se passionner pour Synapse, malgré son rôle central dans le premier arc.

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Idem pour l’exploitation du thème au cœur de la série, à savoir la coopération humains/mutants/inhumains. Le nuage de Terrigen qui a fait apparaître tous les nouveaux inhumains et tue les mutants à petit feu a ravivé les tensions, mais concrètement ça se traduit par les mêmes dynamiques que le début du premier volume. Comprenez que les héros supposés œuvrer ensemble pour donner l’exemple ne peuvent en fait pas se sentir, et ces tensions omniprésentes sont au cœur de la plupart des interactions entre les personnages. Du coup l’ensemble a un terrible petit côté redite, même si ce n’est pas en soi mal fait.

Niveau action on a ce qu’il faut mais le premier vilain, The Shredded Man, manquait quand même singulièrement de charisme. C’est un peu le genre de personnage qu’on oubliera sitôt l’arc terminé et qu’on ne ressortira guère que pour faire nombre. Là encore on saluera quand même le fait de ne pas abuser de la décompression.

Au dessin, si Ryan Stegman a raté son premier numéro en exagérant trop les déformations des visages qui caractérisent son style, il s’est bien rattrapé par la suite. La palette de couleurs, pour le moins douteuse, est plus gênante, mais il s’agit là d’un défaut popre au premier arc. Enfin un fill-in de Carlos Pacheco est toujours une bonne chose. Niveau story-telling rien à redire.

LE BILAN : Bien qu’ayant conservé son pitch consistant à présenter une équipe symbolisant l’unité des héros, Uncanny Avengers a perdu tant en aura qu’en dimension épique par rapport l’époque où Rick Remender l’écrivait. Mais si on fait abstraction du passé, on est face à un comic d’équipe assez classique mais plutôt efficace. Cela malgré une écriture laissant à désirer pour certains personnages. Il manque cependant une étincelle, un petit quelque chose en plus pour faire décoller la série, voire ne serait-ce que pour en faire une série « Avengers ».

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NEW AVENGERS

par Al Ewing et Gerardo Sandoval puis Marcus To

7 numéros chroniqués

Si All New All Different Avengers et Uncanny Avengers ne correspondent pas vraiment aux codes « classiques » des séries Avengers, elles reprennent au moins ceux instaurés depuis l’ère Bendis (qui commence quand même à dater). Ce nouveau volume de New Avengers n’en a cure. Il est à classer parmi ces séries au titre trompeur. On y suit en fait les aventures de la nouvelle AIM, l’organisation terroristes ayant été rachetée par Sunspot (alors membre des Avengers) lors du run de Jonathan Hickman avant Secret Wars. L’ex New Mutant a monté sa propre équipe, des plus éclectique, réunissant Songbird, Hulkling, Wiccan, Power Man (le jeune), White Tiger, Squirrel Girl et Hawkeye en guise d’observateur pour le compte du SHIELD.

Au-delà de son roster, ce qui interpelle le pus avec New Avengers c’est à quel point la série porte la marque de son scénariste, Al Ewing. Le britannique récupère quelques uns de ses personnages de Mighty Avengers (Power Man et White Tiger), qu’il continue de développer dans la droite ligne de ce qu’il avait entrepris. Mais surtout il a gardé sa patte, même en récupérant le pitch « Hickmanien » de la reprise d’AIM par Sunspot. On est donc face à des aventures riches en action, où les concepts loufoques se mêlent à de véritables moments d’émotion. Et si les seconds sont pour la plupart réussis, grâce à des personnages bien écrits et bien utilisés, les premiers laissent parfois perplexe.

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Ce côté déjanté, avec des vilains ayant un diamant rouge à la place de la tête, un Hulkling en roi mystique de l’espace ou l’improbable American Kaiju, donnent son âme au titre, en font une série à part et plutôt fun et rafraîchissant. Mais parfois ça part un peu loin et ça peut faire sortir du récit justement. Une autre caractéristique de la série, et du travail d’Al Ewing sur Mighty Avengers, est la propension du scénariste à avoir recours à la magie et à des vilains lovecraftiens. Il fait aussi appel à la continuité qu’il a commencé à créer, en récupérant une version des Avengers créée dans sa mini Ultron Forever. Cela tout en reprenant des éléments développés par ses prédécesseurs (le double héritage Kree et Skrull d’Hulkling, et tout de qu’il implique pour ces peuples par exemple).

Au dessin Gerardo Sandoval a un style qui nécessite un petit temps d’adaptation, mais son trait très exagéré colle bien à l’univers débridé de la série. Marcus To a quant à lui un style plus sage, mais lui aussi sait se mettre au diapason des délires « Ewingiens ».

LE BILAN : Pas vraiment Avengers, très Ewing, Secret Avengers est une petite série fun et déjantée déguisée en grosse licence. Le scénariste excelle quand il s’agit de reprendre les idées des autres pour se les approprier (Sunspot leader d’AIM, le héros étant très fun à lire, ou le couple Wiccan/Hulkling récupéré de Young Avengers), mais aussi quand il développe ses thèmes sur le long terme (la relation Power Man/White Tiger, et les pouvoirs de cette dernière). Il a ses marottes (les monstres lovecraftiens) et ses délires loufoques peuvent parfois aller trop loin, mais globalement New Avengers se lit avec plaisir mois après mois. Il faut juste faire abstraction du titre, comme pour Mighty Avengers avant.

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THE ULTIMATES

par Al Ewing et Kenneth Rocafort

6 numéros chroniqués

Cette seconde série écrite par le Britannique Al Ewing porte aussi mal son nom que l’autre. Rien à voir avec les précédents Ultimates, équivalents des Avengers dans le défunt univers 610, dit univers ultimate. On est plutôt ici face à la seconde moitié des suites du travail du scénariste sur Mighty Avengers. Ce sont cette fois Blue Marvel et Spectrum (ex-Photon, ex-Captain Marvel qui sont au cœur du récit, avec America Chavez, Black Panther et Captain Marvel (Carol Danvers). Et c’est la partie science-fiction de l’impossible de Mighty Avengers qui est récupérée et utilisée comme thème principal, en partant en général des recherches de Blue Marvel.

The Ultimates est donc une série qui cherche en permanence à donner dans l’épique, le grandiose, puisque réussir l’impossible est l’objectif de l’équipe. Il faut reconnaître au scénariste que malgré ce pitch grandiloquent, il ne se contente pas de donner dans la surenchère gratuite façon blockbuster. On n’est pas face à un Michael Bay du comics, mais face à une série qui essaie de combiner écriture spectaculaire et intelligente. J’en veux pour preuve le premier arc, où les héros se donnent pour mission de « réparer » Galactus. Le deuxième arc, avec son escapade hors de la réalité, n’est pas mal non plus dans le genre. Dans aucun des deux cas on ne peut résumer l’intrigue à une simple bagarre cosmique. Il y a même une vraie recherche d’un twist, d’une solution maligne.

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Le bémol est qu’à force de chercher à être maligne, la série en oublie parfois d’être épique. Il lui manque un côté primaire, qui prend aux tripes et nous fait vibrer, des moments chocs nous donnant le frisson. Surtout que si les idées sont en effet souvent bien trouvées, elles ne sont pas non plus si brillantes que ça efface tout le reste. Reste quand même des personnages bien écrits, surtout Spectrum et Blue Marvel, qui réussissent toujours autant à Ewing. Son traitement le la jeune America Chavez, vue pour la dernière fois dans les Young Avengers du duo Kieron Gillen/Jamie McKelvie, est aussi très réussi. Ainsi, comme dans New Avengers et Mighty Avengers auparavant, on retrouve l’attrait d’Al Ewing pour la continuité, y compris celle créée par d’autres auteurs.

Le dessin de Kenneth Rocafort est quant à lui des plus plaisants. Le graphisme de l’artise a perdu en foisonnement de détails, sans doute pour lui permettre de tenir ses délais, mais ça reste très beau et surtout reconnaissable entre mille. De plus les intrigues cosmiques du titre lui laisse tout loisir de se lâcher.

LE BILAN : The Ultimates est une série ambitieuse qui essaie d’être à la hauteur de son titre (malgré l’absence de lien, même thématique, avec les anciennes séries portant ledit titre). Elle essaie de se donner les moyens pour cela, mêlant intrigues cosmiques,super science fiction, twists malins et quand même un peu d’action, mais la sauce ne prend pas totalement. Il manque un supplément d’âme à ce titre, qui s’avère finalement être une bonne série B+, alors qu’il se rêvait blockbuster. Il n’en reste pas moins une lecture agréable, surtout pour qui voudrait profiter des dessins de Kenneth Rocafort.

Avengers All New All Different Marvel

One Response to All New All Different Marvel, premier bilan : Avengers

  1. arnonaud dit :

    Merci pour ces bilans ! J’aime beaucoup ce genre d’articles qui n’est pas si courant que ça, les critiques écrivant surtout autour des premiers numéros.

    Un bilan en demi-teinte globalement pour les titres Avengers. J’ai l’impression que les scénaristes vont plus construire sur la longueur, monter en puissance tranquillement, plutôt que de lâcher des premiers arcs aux allures de blockbuster comme les débuts des New Avengers de Bendis ou même le début des Avengers de Hickman. Personnellement, j’ai testé toutes ces séries, mais j’ai tout lâché sauf Ultimates.

    Sur ANAD Avengers, j’ai pas accroché au style de Kubert (alors que j’avais bien aimé son travail estival sur Spider-Man, ce qui est étonnant. Peut-être que le changement de coloriste entre ces deux séries a joué en sa défaveur, le nombre de personnages également) et Waid mettait du temps à lancer sa machine, avec ce vilain Chitauri dont je me foutais un peu. Je reprendrais ça sûrement en TP ou sur Marvel Unlimited, vu que je sais que Waid peut faire des bonnes choses sur le long terme et Asrar avait l’air en forme sur les dialogues.

    Pour Uncanny, j’ai trouvé ça plutôt pas mal. La colorisation du frenchie Isanove ne m’a pas gêné personnellement. Il a une palette de couleur bien à lui, mais dans l’ensemble ça passe je trouve, pareil pour Stegman. Même si j’avoue que l’arrivée du duo Pepe Larraz + David Curiel sur le nouvel arc amène la partie graphique au niveau supérieur, tout de même. Ce qui m’a le plus gêné sur ce premier arc c’est le vilain qui avait du mal à s’imposer. Je vois bien que les scénaristes ont essayé de développer de nouveaux vilains pour ce relaunch, mais réussir à faire un vilain charismatique n’est pas forcément une mince affaire et là ce n’était pas forcément réussi.

    Pour New Avengers, j’adore l’équipe, le style graphique est plutôt pas mal, mais Ewing m’a perdu avec ses bastons magiques que je ne supporte pas. Il part à chaque fois dans des explications de concepts à outrance et oublie de donner de vrais résolutions intéressantes à ces combats, de leur donner de vrais grands moments et du coup on y reste assez froid. En plus il avait un peu de mal sur les premiers numéros à développer tout le monde (forcément), du coup j’ai pas du tout été captivé.

    Pour Ultimates, ce n’est pas le meilleur titre du relaunch, mais je dois bien dire que j’accroche bien au titre et que j’ai envie d’y revenir chaque mois. Ce que j’aime le plus dans le titre, c’est toutes les références à la continuité que fait Ewing. Il fait des liens avec tout et n’importe quoi, du matériel ancien, des trucs récents (le nouveau Giant Man), traite des conséquences de Secret Wars, explique enfin le temps Marvel et pourquoi le passé est déplacé et retconné en permanence… C’est vraiment hyper intéressant de ce côté là. En plus, j’adore Blue Marvel et Ewing l’écrit vraiment comme un chef, le rendant toujours plus attachant et il continue de développer sa mythologie avec ses enfants, ses découvertes, son passé… Ce qu’il s’est passé avec Galactus est très cool aussi, les dessins de Rocafort sont sublimes et là le prologue à Civil War II est très bien parti. C’est vrai que ce n’est pas hyper épique, mais c’est le seul titre qui fait autant de références à la continuité et qui fait du cosmique à l’ancienne, donc je prends.

    Vivement la suite de vos bilans en tout cas, toujours un plaisir de vous lire !

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