Amazing X-Men #1, la review

cover top

Steeve Par

On en est déjà à quoi ? Trente-six séries Avengers ? Vingt-quatre titres X ? Sûrement pas loin. Pour oser sortir un nouveau titre mutant, Marvel se devait de mettre les petits plats dans les grands. Et c’est ce que la Maison des Idées a fait. Trois noms emblématiques pour une série pleine de promesses. Pas moins. Jason Aaron. Ed McGuinness. Nightcrawler. Le pari est tenu, les trois bonhommes sont à fond. Amazing X-Men #1 est un véritable régal.


Once upon a time, there was a mutant named Kurt Wagner


Commençons par la star du jour. Kurt Wagner. Le mutant mort tragiquement lors des événements de Second Coming il y a un peu plus de trois ans de ça. Le diable bleu s’était alors effondré en sacrifiant sa vie lors d’une des heures les plus sombres de l’histoire mutante. Une décision éditoriale fruit d’un climat sombre, parfois sinistre, qui pèse sur les séries X quasiment depuis le House of M de Bendis et la quasi-extinction de l’espèce mutante. Non pas que le tragique n’aille pas aux enfants de l’atome. Seulement, il ne faut pas oublier que leur histoire a démarré dans une école et que la légèreté leur colle quand même mieux au teint.

D’autant plus quand on en vient à celui que nos compatriotes appellent parfois Diablo. L’homme de Dieu friand d’aventures a gagné le cœur des lecteurs grâce à son énergie, son entrain. Le héros que nous avons vu s’écrouler n’en était plus que l’ombre. Un personnage ravagé par les épreuves, sombre, tourmenté, presque aigri. Eh bien réjouissez-vous boute-en-train que vous êtes ! C’est bel et bien l’elfe des meilleures heures que Marvel nous rend aujourd’hui.

TOUT y est. Le sens de l’aventure, le goût de la vie, les acrobaties, les combats à l’épée… Le personnage a rajeuni d’au moins vingt ans. C’est magique. Et on le doit en grande partie à un scribe qui a retrouvé de sa superbe.

nighty

Somewhere beyond the realm of the flesh

Ainsi, Jason Aaron remet ça. Le scénariste a déjà prouvé à plusieurs reprises qu’il savait, comme peu le savent, tirer parti des éléments les plus improbables qu’offre la boîte à outils qu’est l’univers Marvel. Dans un monde où virtuellement tout est possible, de nombreux auteurs se laissent aller à la tentation de l’ultra-réaliste. Aaron, lui, ose. Il insuffle dans son ouverture la magie dont les plus beaux contes sont faits.

A la manière dont il a par le passé littéralement envoyé Logan en enfer, il embrasse l’idée de la mort et les possibilités qu’elle offre sur le plan narratif. Nightcrawler et bel et bien passé de vie à trépas. Ni clone, ni mort feinte comme on y a bien trop souvent droit. L’auteur nous montre notre héros au paradis. Un peu à la façon dont on avait pu suivre Goku dans la mort à l’époque. Et comme dans l’œuvre d’Akira Toriyama, ce n’est pas la faucheuse qui va empêcher le protagoniste de ce récit fantastique d’affronter des antagonistes improbables.

heaven

Yes, this is quite a daring plan

Ce maestro d’Aaron parvient ainsi à faire passer la pilule du retour d’Azazel sans forcer. A l’époque, la création du personnage avait fait hurler les fans. Aujourd’hui, il trouve sa place au sein d’un récit taillé de façon à ce que chaque élément qui le compose semble couler de source. Et pile lorsque le lecteur prend le pli de l’aspect fabuleux de l’histoire qui lui est présentée, brutalement, le scénariste nous ramène littéralement sur Terre.

Déjà la seconde partie du récit et nous voici à la Jean Grey School de Wolverine. Seule référence à Battle of the Atom (Dieu merci), Kitty Pride a quitté le staff de l’école. Nous suivons donc Firestar qui vient prendre sa place au sein du corps d’enseignants. A travers ses yeux, le lecteur (re)découvre toute la folie de l’institut mutant. Un procédé classique mais carrément efficace. Toute cette section de l’histoire fait véritablement office de premier épisode de ce qui serait la saison deux de Wolverine and the X-Men. L’autre série mutante de Aaron, à bout de souffle, peine ces temps-ci à convaincre une partie de son lectorat, et l’efficacité du traitement de la vie dans la Jean Grey School dans les pages de Amazing enfonce le clou et achève de reléguer WaX au rang de série qui a fait son temps. Au point que le mystère des « bamfs », un élément récurrent de WaX, trouve sa résolution ICI. Des bamfs d’ailleurs particulièrement hauts en couleurs, et ce grâce à un artiste qui s’éclate clairement.

azazel

It smells to me like adventure!

Dernièrement, Ed McGuinness semble s’être donné pour mission de nous faire rêver. Après nous avoir fait redécouvrir l’espace dans les pages de Nova, l’artiste nous pond une vision du paradis à couper le souffle. Le dessinateur sait insuffler une légèreté et un dynamisme dans son trait qui cadre à merveille avec l’histoire.

Il donne littéralement vie à Nightcrawler. L’elfe s’anime sous nos yeux. On le voit bondir avec grâce d’un bout à l’autre de la page et on y croit. Son Fauve est bestiale à souhait. Les expressions faciales de ses personnages, de l’étonnement à la colère, sont poussées juste ce qu’il faut pour cadrer avec l’aspect souvent loufoque du récit. Sa vision des bamfs est géniale. McGuinness est clairement le dessinateur parfait pour ramener Kurt Wagner à la vie et pour redonner vie à l’école de Logan.

beast

Encore une série X-Men ? Oui mais une bonne mon bon monsieur. Non seulement Amazing X-Men rebondit sur la conclusion du Astonishing X-Men de Marjorie Liu en terme de casting, ce nouveau titre a tout pour rendre obsolète Wolverine and the X-Men. En ces temps de crise, la légèreté ne fait pas de mal. Nightcrawler est de retour de la plus belle manière qu’il soit. Dans un récit qui prend au Excalibur de Claremont et Davis et aux premières heures de Wolverine and the X-Men ce qui a fait leur succès en terme de fun. Aaron livre une ouverture parfaite à ce récit splendide et McGuinness rend un hommage vibrant aux meilleurs moments de Kurt Wagner. Un must-have pour tout fan des X-Men. Pour les autres aussi.

LA NOTE : 5/5

cover

5 Responses to Amazing X-Men #1, la review

  1. 2xR dit :

    Excellente critique, ça m’a bien donné envie d’essayer la série, j’ai adoré les débuts d’Excalibur et de Wolverine and the X-Men et j’aime beaucoup Jason Aaron, je suis convaincu ! A confirmer par la suite mais je prendrai surement le premier tpb

  2. Vincent Savi dit :

    Et si la série était là pour remplacer Wolverine & The X-Men?

  3. Steeve Steeve dit :

    @Vincent : Si seulement ! Ca serait tellement la meilleur option. Mais vu l’état du marché actuellement, j’opterais plus pour un prochain crossover entre les deux titres pour vendre un peu plus avant une éventuelle annulation de WaX…

    @2xR : Merci ! Les compliments de ce genre font toujours autant plaisir :) J’espère que tu ne regretteras pas ton achat le moment venu, mais je ne vois pas comment cela pourrait être possible. Si tu es parmi nous c’est que tu as manifestement bon goût ;)

  4. Zarathos dit :

    Justement c’est le cas … les deux dernier numeros de Wolverine & the Xmen , tjrs par Aaron sortent en Janvier , donc Amazing remplace . Et Wolverine aura un nouveau status de quasi fugitif dans le relaunch de sa serie solo

  5. Arnaud dit :

    Alors là, si AXM ne succède pas à WaXM, il y a un souci, vu le soin apporté par Aaron pour mettre en avant la Jean Grey School.

Poster un commentaire