Avengers : Endgame, la critique (garantie sans spoiler)

Avengers Endgame critique review Comic Talk

Jeffzewanderer Par

CRITIQUE GARANTIE 100% SANS SPOILER.

(Même pas… ben en fait même pas de même pas. Rien, nada, zip.)

Ça y est. Il est enfin là. Le quatrième volet des aventures des Avengers arrive enfin pour baisser le rideau sur plus d’une décennie de construction méticuleuse d’un univers partagé d’une ampleur jamais jusque-là au cinéma. Suite directe, ou plutôt seconde partie de la fresque épique débutée par Avengers : Infinity War, Avengers : Endgame est un film parfait en tous points, qui comble soigneusement toutes les attentes placées en lui depuis un an.

I am inevitable.

Le film des frères Russo reprend là où le précédent nous avait abandonné, juste après le claquement de doigts fatidique qui a emporté avec lui la moitié de la vie dans notre univers. Le premier acte fait ainsi figure d’épilogue, mais offre tout de même dès le départ son lot de scènes et échanges mémorables. Les deux qui suivront ne seront pas en reste, jusqu’au final en apothéose. Une fois n’est pas coutume il est difficile d’en dire plus sans dévoiler l’intrigue, ce qui serait dommage. On pourra louer le rythme, bien géré, qui permet aux trois heures du film de passer sans difficultés. Les réalisateurs savent laisser respirer le récit, faire passer des émotions, et emballer la machine quand il le faut. Ils confirment aussi leur brio pour gérer leur casting gigantesque, comme pour le précédent volet, en offrant à chaque protagoniste son moment de gloire.

Le film est aussi très beau, proposant un nombre impressionnant de plans magnifiques, notamment dans son dernier tiers. De même en ce qui concerne les multiples séquences cultes, appelées à déchaîner l’enthousiasme des spectateurs. Le fan service est aussi très présent et, avouons-le, risque de compliquer un peu la tâche à ceux qui ne seraient pas versés dans toutes les subtilités du Marvel Cinematic Universe. Le film n’est pas hermétique, mais comme son prédécesseur, il est l’aboutissement d’un cycle et donc destiné à ceux qui l’ont suivi (je vous renvoie à la petite liste en fin d’article pour les films à voir ou revoir en priorité). Les références sont donc très nombreuses, allant de l’indispensable à la compréhension et même au propos du film au simple clin d’œil. A noter que pour les premières, le spectateur a droit à une piqure de rappel sous forme d’exposition.

L’humour si caractéristique des productions Marvel est aussi toujours là, mais là encore bien dosé pour ne pas casser le ton d’un film globalement dramatique (ou au moins sérieux). Un bon exemple est le cas de Thor, pour lequel les réalisateurs arrivent à trouver un équilibre entre le côté bouffon hérité de Ragnarok, et la nécessaire solennité du Dieu du tonnerre indispensable pour que les scènes épiques fonctionnent. Plus largement tous les acteurs sont impeccables, et incarnent parfaitement des personnages bien traités et cohérents par rapport à leurs apparitions précédentes. Les six membres fondateurs (Captain America, Iron Man, Thor, Hulk, Black Widow et Hawkeye) sont les plus à l’honneur, et il est a propos qu’ils soient le cœur du film, eux par qui tout a commencé. Mention spéciale au dernier de la liste, qui gagne ici incroyablement en charisme. Pour Captain America et Iron Man, on est habitués, mais c’est toujours aussi plaisant. Enfin, Thanos n’a rien perdu de sa superbe, même s’il est nettement en retrait par rapport au précédent volet, dont il était pour ainsi dire le principal protagoniste.

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Time to be who I’m supposed to be.

Et pourtant, malgré tout cela, Avengers: Endgame m’a laissé sur ma faim. Oublions donc pour les paragraphes qui suivent toute prétention d’objectivité et de rationalité (pour autant qu’une critique d’une œuvre d’art puisse prétendre l’être), et entrons de plein pied dans les dédales de mon cœur insatisfait. Le film a méthodiquement comblé toutes mes attentes, et s’est avéré être tout ce que j’en attendais. Et c’est bien là le problème. Il ne m’a jamais surpris.

Il n’est pas prévisible, au sens où, au-delà du fait que les gentils gagnent à la fin, on ne devine pas à l’avance tout ce qui va s’y passer. On découvre plutôt, au fur et à mesure, les réponses à toutes les questions qu’on se posait. Il est parfaitement cohérent, ce qui n’était pas forcément gagné (seuls les plus pinailleurs pourront finir par trouver l’une ou l’autre broutille à force de décortiquer chaque point du scénario, autant dire rien qui vaille la peine d’être relevé sauf à tomber dans la pire des mauvaises foi). Les « règles » de son univers sont parfois un peu arbitraires, mais ne se contredisent jamais, et c’est bien là l’essentiel. Enfin, le film évite soigneusement le piège pourtant tentant (hein Carol ?) du deus ex machina pour tout résoudre.

Il est en fait une magnifique mécanique d’horlogerie, où chaque rouage entraîne le suivant. Mais justement il est une mécanique. Huilée, rodée, d’une efficacité implacable, une machine de guerre de divertissement, mais pas organique. Il lui manque peut-être un peu d’âme, un peu d’imperfection, de grain… Mais même là ce n’est pas tout à fait exact. Il n’est pas aseptisé (comme pouvait par exemple l’être un peu Captain Marvel). Il a du cœur, et sait faire naître l’émotion, être poignant. Je ne vois aucun élément à enlever, et suis incapable de dire ce qui manquerait. Je n’arrive même pas à dire qu’il manque quelque chose, tant les points sont méticuleusement mis sur le moindre « i », et les barres sur tous les « t ».

En fait ce film m’a donné l’impression qu’il existait une liste exhaustive de tous les éléments qu’on souhaitait/espérait/devait y trouver. Et toutes les cases ont été cochées une à une, sauf la petite dernière, à côté de laquelle était écrit « autre ». On trouve tout dans ce film, mais rien de plus, et c’est peut-être là ce qui m’a fait défaut.

Finalement pas tant un manque d’âme que l’absence d’un supplément d’âme. Il comble systématiquement les attentes, mais ne les dépasse pas. Il m’a donné tout ce que j’en souhaitais, mais n’a pas su y ajouter ce que je ne savais pas que je souhaitais.

Peut-être me faut-il donc le digérer ? Peut-être qu’un second visionnage, débarrassé justement de ces attentes que je sais désormais comblées (et des hurlements enthousiastes du public, ce n’est pas la faute du film ça, mais mon dieu que c’est exaspérant !), me fera considérer différemment cette œuvre qui a tout pour me satisfaire mais n’y parvient pas totalement…

Avengers Endgame critique review Comic Talk

Retour au semblant d’objectivité : Avengers Endgame est un final parfait pour le grand plan entamé par Marvel avec Iron Man en 2008. Epique ? Il l’est. Solennel ? Tout autant. Divertissant et même purement fun par instants ? Ça aussi. Beau ? A n’en pas douter (on fera la « course au plus beau plan » quand les spoilers seront autorisés, mais il y aura beaucoup de candidats). Bien écrit, bien rythmé, malgré sa durée colossale ? Et oui. Bien joué ? Comme toujours (et même parfois mieux que d’habitude, hein Clint ?). Jamais vu par son ampleur ? Culte ? Référence en matière de grand spectacle super-héroïque (et même tout court) ? Très certainement. Toutes les cases sont donc cochées, il ne vous reste plus qu’à filer en salle chercher et, je vous le souhaite, ressentir ce frisson après lequel je cours encore…

 BONUS : les films à avoir (re)vu avant de se lancer

 Le plus essentiel est évidemment Infinity War, dont Endgame est la seconde partie bien plus que la suite. Je ne reprends donc pas la liste déjà établie à l’époque, toujours valable, et me bornerai à ajouter :

 Ant-Man and The Wasp : parce que rajouter « quantum » devant tout ne suffit pas à tout comprendre, et que ce film introduit une mécanique développée par la suite dans Endgame.

Captain Marvel : Duh… Pour savoir qui est ce personnage dont l’introduction dans Endgame est limitée au strict minimum (on dit son nom quoi).

 Thor : The Dark World : Si, si, faites-moi confiance.

Bonus du bonus :

Guardians Of The Galaxy Vol. 2 : pour parfaitement saisir la personnalité de certains protagonistes

Et dans la liste précédente, si vous voulez juste une piqure de rappel, ne gardez que : Avengers, Guardians Of The Galaxy Vol. 1, Dr Strange et éventuellement Spider-man : Homecoming uniquement pour la relation Tony Stark/Peter Parker.

 

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