Butcher Baker, le Redresseur de torts, la review

Butcher Baker

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Fin 2010, je me souviens encore écrire des articles relatant d’une nouvelle série chez Image de Joe Casey etMike Huddleston. J’avais d’ailleurs critiqué les teasers minimalistes, et ultra racoleurs qui mettaient en avant la violence et le sexe. Très critique à l’époque, j’étais loin d’être emballé par cette nouvelle série. Un peu moins de deux ans plus tard, huit numéros, 10 mois d’attente entre le septième et dernier numéro, et des petits règlements de compte entre le scénariste et le dessinateur, Ankama édite sous son excellent Label 619 un hardcover. Une petite discussion avec l’artiste et la lecture du bouquin plus tard, je fais mon mea culpa sans état d’âme !

Butcher Baker Cover

Butcher Baker The Righteous MakerLe Redresseur de Torts en Français, est un super héros à la retraite. Après des années à faire régner la justice grâce à son cœur mécanique, il profite des choses simples de la vie : orgies sexuelles et bonnes baises. Il aurait pu continuer de vivre ainsi si Dick Cheney et Jay Leno n’étaient venus lui proposer un dernier job : détruire la prison « La Cage aux Dingues » qui héberge les criminels et Super Vilains qu’il a fait enfermer quand il était en activité et qui coûtent une petite blinde aux contribuables. Une petite partouse avec trois filles offertes plus tard, voilà notre Butcher Baker en route pour réaliser un beau feu d’artifice de la prison dans son camion, Liberty Belle. Une fois le travail fini, il repart à ses affaires sans se douter qu’il reste des survivants.

Pendant l’équivalent de huit singles, Joe Casey livre un récit complet, se suffisant à lui-même, et nous amenant là où il nous avait annoncé. Pas de grosses surprises, mais le scénario se déroule tout seul grâce à une écriture fluide, ne rentrant pas dans du vulgaire facile. L’écriture est crue, directe, mais à aucun moment on a cette impression de too much qui alourdirait la lecture. Il faut noter d’ailleurs la très bonne traduction qui ne fait aucunement perdre l’esprit de ce Butcher Baker. Mettre des insultes à tout va et du sexe juste pour aguicher le lecteur est une chose. Le faire dans le cadre d’une histoire cohérente, c’en est une autre, et c’est ici le cas. On couple cela à un dessin magistral de Mike Huddleston qui a parfaitement pris la mesure de l’ambiance du titre, et on obtient un OVNI en bonne et due forme. En feuilletant les pages, on a l’impression d’avoir entre les mains un essai graphique, des expériences visuelles, un trip sous acide plus qu’une BD. Huddleston alterne les styles, entre planches monochromatiques, expériences psychédéliques flashys, des encrages différents, il maitrise totalement son sujet et livre une prestation hallucinante, qui occulte en partie l’histoire. On se surprend même à trouver ses scènes orgiaques belles, limites poétiques.

Butcher Baker

Vous l’aurez compris, j’ai été totalement conquis par ce Butcher Baker malgré mes craintes initiales. L’histoire aux apparences simplistes ne l’est finalement pas et on se retrouve réellement intrigué par les personnages et le sort qui leur est propre. Et même si cette histoire s’efface derrière le dessin, les deux forment un ensemble cohérent. La réussite ne serait pas totale sans une très belle édition, et Ankama montre encore une fois tout son sérieux dans ce domaine en livrant une véritable leçon. Hardcover de qualité, couvertures et contenu exclusif, ce recueil a été réalisé en collaboration avec Mike Huddleston contrairement au Hardcover Américain à venir (que vous avez peut être vu dans vos derniers previews). Butcher Baker, c’est un peu comme un trip sous drogue, mais sans avoir besoin de vous défoncer les sinus…

La note : 4,5/5

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