Avengers Assemble, premier bilan des séries Avengers (2ème partie)

Young Avengers By The Way Comic Talk

Jeffzewanderer Par

Après nous être penchés sur le cas des princiales séries estampillées Avengers, c’est cette fois-ci aux titres « mineurs » de la franchise que nous allons nous intéresser. Mais attention, « mineurs » ne signifie pas nécessairement « moins bons », loin s’en faut…

AVENGERS ASSEMBLE

Scénariste : Kelly Sue DeConnick, Al Ewing, Christos Gage

Dessinateur : Stefano Caselli, Pete Woods, Mark Bagley, Butch Guice, Tomm Coker

Numéros : 9 à 15 AU et Annual #1

Lancée peu ou prou au moment de la sortie du film Avengers, Avengers Assemble était une tentative éhontée de faire acheter des comics aux spectateurs dudit film. La star Brian Bendis au scénario, le fédérateur Mark Bagleyau dessin, un roster de personnages calqué sur celui du film, et une histoire orientée action facile à aborder (tandis qu’AvsX battait son plein), tout y était pour faire du (très) grand public. En plus le vilain était Thanos (aperçu à la fin de… devinez un peu tiens) et on réintroduisait les Guardians Of The Galaxy (futur film, qui venait d’être annoncé).

Mais par la suite Bendis a quitté la série et une nouvelle équipe a été mise en place dans le cadre de « Marvel Now ! ». C’est à celle-ci qu’on va s’intéresser dans ce bilan (si vous voulez un avis sur l’arc de Bendis le voilà : c’était rigolo et spectaculaire, mais un peu long et la fin tombait un peu à plat. Il fallait aussi ne pas être regardant sur le respect de la continuité et les lunettes d’Hawkeye. Jetez un œil au tpb si vous le trouvez en solde.).

LES PLUS :

Avengers Assemble devait être une série grand public et facile d’accès pour les lecteurs occasionnels, et en ce domaine elle réussit magnifiquement sa mission. Les deux intrigues écrites par Kelly Sue DeConnick sont plaisantes, ne nécessitent pas une connaissance particulière de l’univers Marvel ni même des vengeurs pour être appréciées, et mêlent assez adroitement l’humour (vraiment très drôle mais jamais bouffon) et l’action plus sérieuse (comme un certain film, dont je n’ai pas fini de parler…). Bon la deuxième est un peu plus faible, mais ça reste très correct. Et ça n’a jamais le côté décousu de certains travaux de la scénariste (voir le premier arc deCaptain Marvel par exemple).

Mais surtout DeConnick écrit très bien ses personnages, sachant soigner ses dialogues et rendre les interactions entre les héros très plaisantes. Spider-Womansemble notamment beaucoup l’inspirer, qu’elle essaie d’amadouer Hulk ou s’incruste dans une mission de Black Widow. La rivalité Banner/Stark du premier arc était aussi un gros point fort.

Al Ewing a quant à lui écrit deuxtie-ins Age Of Ultron (#14 AU et #15 AU) tous deux très réussis. On lui a demandé de nous conter l’Apocalypse telle que vécue par Black Widow et Captain Marvel, il s’est acquitté avec brio de cette tâche. C’est prenant, spectaculaire et poignant, sans tomber dans le misérabilisme. Et le numéro sur Black Widow (#14 AU) fait un très bon complément à l’intrigue principale de l’event.

Enfin le dessin est globalement correct. Stefano Caselli a livré une prestation satisfaisante, même si la finition laissait parfois un poil à désirer. Et Butch Guice a été très bon sur ses deux tie-ins, avec un style sobre mais plaisant.

LES MOINS :

Autant attaquer directement par la racine du mal : Avengers Assemble n’arrive pas à se trouver une identité. Si elle doit être un pop-corn comic formaté pour le lecteur occasionnel, pourquoi faire des tie-ins Age Of Ultron qui n’intéresseront que ceux qui lisent l’event ? Et plus globalement en sept numéros on a eu deux arcs, puis des tie-ins sans rapport avec le reste de la série (réalisés en plus par un scénariste invité), et on va enchaîner sur uncrossover (The Enemy Within) avec Captain Marvel, l’autre série de DeConnick. Ce genre de ligne éditoriale floue est typique d’une série dont on en sait pas quoi faire, et qui sert donc un peu de fourre-tout. C’est encore plus vrai avec l’Annualde Christos Gage et Tomm Coker, centré sur Vision, un personnage qu’on ne retrouve pas dans la série.

Dans la même ligne, on peut aussi déplorer l’absence de stabilité de l’équipe créative. Bon, niveau scénariste on va laisser le bénéfice du doute à Marvel : toute la publication d’Age Of Ultron s’est faite à l’arrache, pas de raison que les tie-ins échappent à la règle. Et DeConnick revient au #16. Par contre un brin de cohérence graphique n’aurait pas fait de mal. Sur Avengers aussi les artistes tournent beaucoup, mais il y a une vraie identité visuelle. Là ce n’est pas le cas. Et Pete Woods a quand même livré un travail moyen (et incomplet, Bagley ayant dû aider à finir son second numéro).

Le côté racoleur consistant à singer en surface l’univers cinématographique peut aussi agacer (voir le titre du deuxième arc, The Widow’s Ledger, référence à une réplique du film). Surtout quand au final ça pas grand-chose à voir. Mais bon, ça c’est du détail.

Et en parlant de détail justement, autant le premier arc était très bon, autant le coup des hommes-lézards dans le second était moins inspiré. En fait c’était même étonnant que ce soit si plaisant à lire (grâce aux talents de dialoguiste de DeConnick, mentionnés plus tôt).

LE VERDICT :

Avengers Assemble est très loin d’être une série indispensable. Elle n’a pas l’ambition d’Avengers, et il lui manque une véritable identité. C’est juste la série Avengers facile à lire. Mais d’un autre côté c’est quand même bien écrit, que ce soit par Kelly Sue DeConnick ou Al Ewing. Et le roster, composé d’Avengers plutôt connus, est assez sympa. Le titre vaut donc qu’on lui laisse sa chance, quitte à décider à chaque arc si celui-ci vaut la peine d’être acheté, ou si on préfère revenir au suivant.

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SECRET AVENGERS

Scénariste : Nick Spencer

Dessinateur : Luke Ross

Numéros : 1 à 4

Et on arrive dans la partie difficile de ce dossier, puisqu’il va falloir juger une série après seulement quatre numéros. Sensé être le titre black ops de la ligne Avengers, Secret Avengers revient avec un nouveau numéro 1 et un nouveau statu quo. Ce n’est plus l’équipe secrète de Cap America ni d’Hawkeye, mais celle du SHIELD, et même ses agents ne peuvent pas savoir qu’ils en font partie (grâce à des implants mémoriels et un mot de passe). Chapeautés par Maria HillDaisy « Quake » JohnsonNick Fury Jr et Phil CoulsonHawkeyeBlack Widow et quelques autres jouent donc les espions de choc dans cette série.

LES PLUS :

Je déplorais le manque d’identité d’Avengers Assemble au milieu de la pléthore de titres Avengers, ici on n’a pas ce problème. Le pitch reste grosso modo le même que pour le volume précédent (c’est un thriller d’espionnages dans le monde des super-héros et des organisations secrètes type AIMHydra, etc…), mais il est diablement efficace. L’idée que même les agents de terrain ne se rappellent pas de leur mission laisse aussi la place à de bonnes histoires (voir le rôle de Taskmaster), notamment en instaurant un climat de tension et de méfiance permanent.

Globalement l’univers de la série est vraiment très réussi, entre jeux de pouvoirs, magouilles, trahisons, enjeux géopolitiques et action musclée histoire de respirer. L’idée de faire des terroristes d’AIM une puissance souveraine depuis son annexion de La Barbade est très bien exploitée (rappelant les grandes heures deGenosha contrôlée par Magneto). Et leur plan de monter une armada d’Iron Patriot donne pour l’instant lieu à une bonne histoire. Bref on se retrouve vite pris par l’intrigue, et on attend la suite après chaque numéro jusque-là. Le dessin solide et sobre sert aussi cette ambiance.

Le roster du titre est un autre point fort. Black WidowMockingbird etHawkeye (coincé entre ses ex) correspondent bien à ce genre de titre. Phil Coulson est fidèle à son alter-ego cinématographique, faux benêt et vrai bon agent. Daisy Johnson et Maria Hill ne manquent pas de caractère pour diriger ce petit monde. Même leNick Fury 2.0 est charismatique (passé sur l’idée bassement mercantile que constitue son arrivée dans la continuité « comics »), rappelant un peu son cher père au temps de Nick Fury Agent Of SHIELD. Et les intervenants occasionnels sont les bienvenus (Hulk…).

LES MOINS :

Le premier numéro était raté, tout simplement. L’idée de faire un stand-alone pour présenter le pitch et mettre en place les personnages n’était pas mauvaise en soi, loin de là. Mais l’exécution laissait à désirer, notamment à cause d’une intrigue gratuitement compliquée. Attention, je vais me permettre de spoiler : on ne comprenait notamment absolument pas pourquoi Nick Fury Jr tirait sur Hawkeye pour ensuite lui faire croire qu’il avait été blessé par un adversaire. A croire que le SHIELD voulait juste lui faire une crasse pour le plaisir.

Et si ce genre de maladresse scénaristique ne s’est pas reproduite depuis (bon, il n’y a eu que trois autres numéros aussi…), elle est assez emblématique de deux écueils que la série devra éviter. La première est celle du tiroir dans le tiroir du tiroir au fond du tiroir. Ou ne pas faire trop compliqué et alambiqué pour rien en voulant mettre en place une intrigue faussement riche.

L’autre est l’utilisation du « gimmick » des implants mémoriels. L’idée d’agents qui ne doivent rien se rappeler de leur mission a du potentiel (voir Taskmaster), mais peut aussi être mal utilisée (voir l’exemple du #1, au paragraphe précédent). Ou carrément mise de côté (ça n’a pas l’air d’avoir d’influence pour les autres agents, comme Mockingbird par exemple).

Sinon, comme avec Assemble, les tentatives racoleuses de singer l’univers cinématographique pourront agacer : Coulson, un Nick Fury sosie de Sam Jackson (qui au moins n’a pas été propulsé à la tête du SHIELD alors qu’il ne fait partie de l’organisation que depuis peu de temps, c’est déjà ça), Hawkeye et Black Widow qui jouent les espions en duo… On a aussi le retour d’Iron Patriot et une armada d’armures Iron-Manesques juste avant la sortie d’Iron Man 3 au ciné… Luke Ross avait même fait la tête de Scarlett Johansson à sa Black Widow sur la première couverture (et pas dans les pages intérieures étonnamment).

LE VERDICT :

Secret Avengers est une série qui bénéficie d’un concept solide et intéressant. Et autant le premier numéro était bancal, autant par la suite le tir a bien été rectifié. Elle bénéficie d’une atmosphère prenante, et d’un bon équilibre entre intrigues et action. Bon ce n’est pas non plus le scénario le plus fin du monde, mais c’est efficace. Les personnages sont aussi très réussis. Le potentiel est là, en bien comme en mal, et on a vu un peu des deux, mais plus de bon que de mauvais jusqu’ici. Quant à la manie de singer les films, tant que le résultat papier est bon, quelle importance ?

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YOUNG AVENGERS

Scénariste : Kieron Gillen

Dessinateur : Jamie McKelvie

Numéros : 1 à 4

Et voici le titre de la franchise qui a le moins de lien avec les autres (à égalité avec Avengers Arena). Comme dans les volumes précédents de la série on y suit les aventures de la jeune génération de super-héros, plus ou moins liés aux Vengeurs : WiccanHulklingHawkeye (Kate Bishop), Noh-Varr,Loki en version kid et Miss America. Et si là encore seuls quatre numéros sont sortis, ils suffisent pour se rendre compte qu’on est face à un petit bijou.

LES PLUS :

Puisqu’il faut bien commencer quelque part, évoquons les dialogues : percutants, justes, inspirés. On pourrait enchaîner les qualificatifs flatteurs longtemps, mais peut-être qu’un petit exemple serait encore plus parlant (moi en tous cas il m’a marqué. Soyez indulgents pour la trado, je vais faire de mon mieux). Loki est en ici en train d’essayer de convaincre Wiccan de le laisser lui emprunter ses pouvoirs :

Wiccan : Je ne te prêterais pas une gomme, encore moins le pouvoir sur la réalité.

 Loki : Ok, ok… Game of thrones. Vous le regardez et/ou lisez?

Hulkling : Oui.

Wiccan : Oui.

Miss America : Huh ?

Loki : C’est qui votre personnage préféré ?

Hulkling et Wiccan : Tyrion.

Loki : Je suis Tyrion !

Et c’est là l’autre force de Young Avengers : ses personnages. Ils sont tous remarquablement fouillés, et profondément humains. Réels en un mot. Ils parlent et se comportent comme de vrais ados, pas des adultes miniatures. Et pas non plus des ados avec du jus de navet dans le veines ou de la guimauve façon Twilight ouHigh School Musical. La première intrigue tire d’ailleurs partie de cela, tournant autour de la tentative bien intentionnée (et désastreuse) de Wiccan de ressusciter la mère d’Hulkling.

La romance entre Wiccan et Hulkling, justement, est superbement écrite, riche et complexe. Loki est tout aussi génial. Il est menteur, manipulateur, moqueur, mais aussi rusé, bien intentionné… On ne sait jamais sur quel pied danser avec lui, mais c’est un régal de se perdre dans les méandres de son esprit. Et là encore je pourrais détailler tout le roster, mais je préfère vous laisser le plaisir de la découverte (allez, juste un autre : Noh-Varr est hyper classe !).

Et le dessin. Le dessin ! C’est splendide, très fin, détaillé. Et il y a au moins une trouvaille visuelle brillante à chaque numéro : la double page de l’attaque Skrull au numéro 1, le jeu avec les cases du #2, l’explosion de cases du #3 ou encore la scène d’action façon diagramme du #4.

Même la page de récap’ (façon twitter) et les pages avec les crédits sont géniales !

LES MOINS :

Vous devez vous en douter, là il n’y a pas grand-chose à dire. Bon histoire de ne pas faire le gogo béat on va bien trouver un petit quelque chose à reprocher…

Peut-être qu’une petite présentation de Miss America n’aurait pas fait de mal. Elle sort un peu de nulle part (je ne sais même pas si elle a été créée pour l’occasion, même si j’en doute à voir la façon dont elle est écrite), et comme elle n’apparaissait pas dans les volumes précédents de la série sa présence surprend un peu. Mais en même temps ça ne nuit pas à la compréhension du récit, et elle s’y insère naturellement.

Sinon on se demande ce que va faire « l’équipe » une fois le premier arc fini, vu qu’ils se retrouvent tous un peu fortuitement dans cette galère. Mais d’un autre côté c’est aussi ce qui fait le charme du titre, et Kieron Gillen a plus que mérité notre confiance jusque là.

Et là on a tout dit. On pourrait se demander pourquoi Patriot (que j’aimais bien) n’est pas de la partie, mais bon ils n’allaient pas caser tout le monde, et il ne manque pas, alors…

Young Avengers By The Way Comic Talk

LE VERDICT :

Je vous le disais dès le chapeau, à l’instar de la première série Young Avengers, ce nouveau volume est une pure merveille. C’est beau, bien écrit, intelligent, fin, bourré de personnages exceptionnels… Il est encore trop tôt pour déclarer que c’est un classique (il n’y a eu que quatre numéros, tout peut encore partir en cacahouète), mais il en a tout pour l’instant. Et même si vous êtes d’ordinaire allergique aux titres « teenage » et aux héros ados (comme c’est mon cas), je suis prêt à parier que vous vous laisserez convaincre.

A+X

Scénaristes : Divers (Jason Aaron, Peter David, James Asmus…)

Dessinateurs : Divers (Dale Keown, Chris Bachalo, Kaare Andrews…)

Numéros : 1 à 7

Fils spirituel d’AvsX Versus, A+X est une anthologie comptant à chaque numéro deux histoires courtes, mettant chacune en scène un Vengeur et un X-Man pour un team-up. Le tout réalisé par des plus ou moins grands noms des comics.

LES PLUS :

Marvel nous avait promis de la star sur ce titre, et jusque là ils ont tenu parole. Ainsi à chaque numéro on est sûr de trouver au moins une grosse pointure soit au dessin, soit au scénario (voire aux deux parfois). C’est déjà ça.

Sinon impossible de faire un bilan global de la qualité des histoires, sauf à les détailler une par une. Disons que jusque là, grosso-modo, il y en a au moins une bonne à chaque numéro. C’est toujours léger mais souvent efficace, parfois juste un gag (Captain Marvel/Wolverine au #6), parfois une vraie petite histoire (Beast/Spider-Man au #4).

Et le gros avantage c’est que comme toutes les histoires sont totalement indépendantes, on peut vraiment prendre juste un numéro comme ça s’il est tentant. Pas besoin de suivre la série.

Il faut aussi se dire que les duos qui ne sont pas les plus alléchants sur papier peuvent parfois donner les meilleurs résultats (Thing/Gambit).

LES MOINS :

D’un autre côté des histoires très tentantes en théorie peuvent tourner au fiasco (Hulk/Wolverine au #1, par Loebet Keown. Heureusement qu’au moins c’était beau.).

Et plus globalement, le défaut évident et propre à toute anthologie, c’est que c’est très irrégulier. S’il y a comme je l’ai dit au moins une bonne histoire à chaque numéro, ben parfois il y en a aussi une pas terrible. Et payer plein tarif pour un demi-comic ça peut faire râler, surtout qu’à 3,99$ ce n’est pas exactement bon marché.

On pourra aussi dire que même quand c’est bon c’est juste un petit truc sympa, mais là ce n’est pas vraiment un défaut, plus une caractéristique de l’exercice. La saga épique en onze pages ça se fait rare, et si vous êtes allergiques aux histoires courtes par principe, il est évident que ce titre ne peut pas vous plaire.

LE VERDICT :

A+X est l’exemple type de la série que je ne peux que vous conseiller d’acheter au coup par coup, après l’avoir feuilletée en magasin si vous en avez l’occasion (parce que les sollicitations peuvent être trompeuses, voirHulk/Wolvie et Thing/Gambit, précitées). Après si vous ne pouvez pas, à mon avis globalement l’amateur de petites histoires funs devrait y trouver son compte, le bon dépassant assez nettement le mauvais (s’il y a toujours au moins un bon truc, et parfois deux, ben je vous laisse faire le calcul…). D’un autre côté le prix peut être rédhibitoire. Si vous avez 4 € en trop, il y a des manières plus bêtes de les dépenser. Mais ça ne vaut sûrement pas le coup de sacrifier un titre qu’on aime pour jouer à la roulette tous les mois.

A+X By The Way Comic Talk

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