Deadpool 2, la critique

deadpool-2- comic talk

Jeffzewanderer Par

CRITIQUE GARANTIE SANS SPOILERS

(mais s’il y a bien une scène post-générique à ne pas louper c’est celle-là !!!)

Etre le petit film que personne n’attend et qui prend tout le monde par surprise est une belle chose, mais elle rend la tache bien plus compliquée au moment de la sortie du second opus désormais inéluctable. Guardians Of The Galaxy avait opté pour la méthode du « tout pareil mais en plus tout », avec un certains succès. Deadpool en fait autant, tout fier de son budget enfin conséquent (on est passé de 58 à 110 millions de dollars quand même). Mais le mercenaire bavard campé avec toujours autant de joie par Ryan Reynolds essaie aussi de se diversifier.

That’s lazy writing

L’irrévérence et le côté joyeusement déjanté du premier Deadpool avait fait tout son charme, et on les retrouve sans surprise dans ce second opus. Blague trash et références pop culture sont légion tout au long du film, et, soyons honnêtes, ça fait toujours bien marrer. L’effet de surprise disparu, l’humour n’en reste pas moins percutant et la surenchère n’est pas trop excessive (la barre avait quand même été placée très haut dès le départ ceci dit). Elle est même réussie, et on arrive encore à se dire « il n’ont pas fait ça quand même… » à l’occasion. Et le mieux c’est que toutes les vannes ne sont pas dans la bande annonce, loin s’en faut.

Deadpool 2 réussit donc sans problème sa mission principale, qui est de nous faire marrer à coup de blagues lourdingues pendant environ deux heures, et c’est déjà pas mal. Mais le film nourrit d’autres ambitions, et c’est là qu’il se prend un peu les pieds dans le tapis. Car s’il a un budget, Deadpool 2 n’a en revanche toujours pas de scénario. Ou plutôt il a gardé le ticket de métro sur lequel a été écrit celui du premier opus, et a utilisé le verso pour l’intrigue du second. Cette fois Deadpool ne vaut pas sauver sa copine mais un gamin que Cable (Josh « Thanos » Brolin), soldat venu du futur avec ses gros flingues, veut tuer. Et… ben c’est tout. Il y bien un vilain surprise et l’ajout des membres d’X-Force, dont Domino (Zazie Beetz) mais c’est anecdotique et surtout prétexte à des scènes d’action très spectaculaires où les 52 millions de budget supplémentaire ont bien été utilisés.

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Let beauty come out of ashes

S’il n’a pas misé sur un scénario riche, Deadpool 2 tente en revanche le pari de l’émotion. Comprenez que le film essaie de conférer une certaine profondeur à son héros éponyme en le faisant se lancer dans une sorte de quête pour mériter ce qualificatif (héros, pas éponyme). Et le pire, c’est que ça marche dans une certaine mesure. Wade Wilson est effectivement (un peu) plus qu’un sympathique clown homicidaire à la fin du film. On ne va pas sortir les kleenex, mais il y a quand même deux ou trois séquences assez touchantes (disons qu’on est à peu près au niveau du final de Fast & Furious 7). Mais deux problèmes viennent toutefois s’opposer à ce qu’on puisse parler de franche réussite.

Le premier est que ces séquences « sérieuses », pour réussies qu’elles soient, ne forment pas vraiment un tout cohérent avec le reste du film, trash et déjanté. Comprenez que chaque composante est bien faite, mais que la mayonnaise ne prend jamais parfaitement. Comme de l’ananas sur une pizza : chaque partie est bonne, et le résultat peut même être correct (enfin il parait… Dégoûts et des couleurs…), mais ça reste une union contre nature.

Le second, tout aussi rédhibitoire, et que si le film essaie de donner un peu de fond à Wade Wilson, il ne se donne en revanche pas cette peine pour les autres protagonistes. Domino et Cable sont jouissifs à voir en action (Beetz est réellement charmante et Brolin grogne comme personne) mais ils ont tout l’épaisseur psychologique d’une feuille de papier à cigarette (Cable veut se la jouer Terminator et Domino… est là, et même elle ne semble pas trop savoir pourquoi). Et les (nombreux) autres personnages sont autant d’apparitions fugaces qui nous arrachent un sourire avant de disparaître.

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            Deadpool 2, en plus de miser logiquement et avec succès sur le côté trash et déjanté qui avait fait le sel du premier, tente donc le pari de remplacer la fraîcheur des débuts par une touche de profondeur. Et le pire c’est qu’il est à deux doigts de réussir, mais il ne parvient pas à donner assez de liant à ses divers ingrédients, et se focalise trop sur son héros au détriment des autres protagonistes. Il n’en demeure pas moins un très bon divertissement, sorte de version « + » du premier opus dont la dimension spectaculaire alliée à l’humour mérite en soi un passage par la case « salle de cinéma ».  Et la bande son est un bijou presque digne de celle de Guardians.

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