Dr Strange, la critique

Dr Strange Doctor Strange Comic Talk Critique

Jeffzewanderer Par

CRITIQUE GARANTIE 100% SANS SPOILERS

(même pas ce que signifie vraiment shamballah)

Dans la série « les héros qu’on n’aurait jamais cru voir arriver au cinéma », après Ant-Man et les Guardians Of The Galaxy, je demande… Dr Strange. Créé par Steve Ditko (le papa de Spider-Man) et l’inévitable Stan Lee en 1963, icône un peu malgré lui du mouvement hippy, Sorcier Suprême, Defender, Avenger, Illuminati, Stephen Strange fait partie de ces personnages que tout fan de Marvel connait, qu’on retrouve régulièrement invité dans des crossovers, mais qui n’a jamais réussi à s’imposer durablement en solo. Faire un film sur lui pouvait donc paraître risqué, mais c’était sans compter sur la maîtrise de Marvel Studios en la matière.

Teach me !

S’il y a bien une formule que Marvel Studios maîtrise, en effet, c’est celle de l’origin story. Et le terme de formule n’est pas exagéré. Le film du réalisateur Scott Derrickson a en effet une structure d’un classicisme absolu, à tel point qu’on croirait parfois assister à une masterclass sur « comment réaliser une origin story » avec vade-mecum à l’appui. Toutes les figures imposées y passent pour passer personnage doué mais arrogant au héros qui a trouvé la véritable rédemption.

Cependant, si ce classicisme, pour ne pas dire ce côté hyper convenu, mérite d’être souligné, il ne faut pas en déduire qu’il nuit à la qualité du film et encore moins qu’il gâche le plaisir du spectateur. Une origin story c’est comme une tragédie classique ou un programme imposé en patinage artistique : on sait parfaitement ce qu’on va voir et c’est sur l’exécution qu’il faut se concentrer. Et justement, ce qu’on voit est assez réjouissant.

Le film se démarque en effet par une patte visuelle très réussi dès que la magie se déchaîne. Il emprunte beaucoup à Inception de Christopher Nolan pour cela, comme les trailers le laissaient deviner, avec ses bâtiments et villes entières qui pivotent, se replient sur eux-mêmes, se transforment… Mais là ou l’original utilisait surtout ça comme un gimmick occasionnel, Dr Strange en fait sa marque de fabrique, et fait tourner à peu près toute son action autour de ces effets visuels aussi spectaculaires que splendides. Au-delà de cette influence évidente, on retrouve aussi certains passage sui sont clairement des hommages aux visuels psychédélique qui rendirent le comic si populaire chez les hippies en leurs temps.

Dr Strange Doctor Strange Comic Talk Critique

Doctor Stephen Strange

L’autre point fort du film est, évidemment, la performance plus que solide de Benedict Cumberbatch dans le rôle titre. On connaissait le talent du Sherlock Holmes du XXIème siècle, ce n’est donc pas vraiment une surprise de constater que Marvel a une fois de plus visé juste en le choisissant pour camper le maître des arts mystiques. On appréciera cependant particulièrement que l’acteur ne se repose pas exclusivement sur sont talent et ne joue pas le personnage en mode « pilotage automatique ». Il ne sort pas vraiment de sa zone de confort, mais on sent néanmoins une réelle implication. L’écriture du personnage est elle-même réussie, même si au début du film on a du mal à le voir comme un véritable « salop ». Arrogant et imbu de lui-même oui, mais jamais vraiment méchant ni même si désagréable. Agaçant plutôt qu’insupportable et encore moins malveillant. On est par exemple loin d’un Dr House, pour rester dans les comparaisons médicales.

Dans le même genre l’Ancient, campé par Tilda Swinton, est assez bienveillant, et peut-être un peu trop au final. Mais le personnage, au rôle assez développé, reste intéressant. On laissera de côté la question du « whitewashing » (the Ancient One est un vieil homme asiatique dans les comics) en invoquant la « jurisprudence Heimdall », Dieu Asgardien campé par Idris Elba. Mordo (Chiwetel Ejiofor) et Wong (Benedict Wong, ça ne s’invente pas…) complètent un casting assez resserré, mais réussi. Kaecilius (Mads Mikkelsen), le vilain, rejoindra la longue liste des antagonistes peu mémorables issus des films Marvel Studios et oubliés après une unique apparition. Il est par contre louable que le studio n’ait pas « cramé » l’un des rares vilains marquant de Dr Strange alors justement que le film, tout entier centré sur le héros, ne lui aurait de toute manière pas laisser la place pour s’exprimer. On attendra donc sans doute la suite pour voir un antagoniste digne de ce nom.

Enfin, pour en revenir à la question des « formules » employées par Marvel Studios, on louera le fait qu’ils semblent avoir trouvé le bon dosage entre des petites blagues et gags émaillant le film, et un propos qui reste essentiellement sérieux. Dr Strange est amusant, divertissant, on rigole volontiers et même relativement souvent, mais le film n’a rien d’une comédie.

Dr Strange Doctor Strange Comic Talk Critique

Blockbuster à l’intrigue formatée mais bien exécutée et à la réalisation visuellement inspirée, film drôle et divertissant mais qui sait préserver sa dimension dramatique, porté par un héros intéressant incarné par un acteur charismatique, Dr Strange est incontestablement une réussite. Il n’a pas la fraîcheur d’un Guardian Of The Galaxy, pas même le côté surprenant d’un Ant-Man, il ne révolutionne rien, mais il n’en a pas besoin non plus. Être un vrai bon film suffit amplement.

One Response to Dr Strange, la critique

  1. Matthieu dit :

    Globalement d’accords avec toi sauf sur la conclusion, le fait que ce genre de film ne révolutionne rien commence à être un peu épuisant. Il est visuellement très très impressionnant et… c’est absolument tout. Vu hier soir, déjà oublié la moitié, un méchant avec un nom connu jeté en pâture à une écriture faible, un classicisme ennuyeux dans la narration, une fin ouverte « comme d’hab », … un bon film oui mais en pleine phase 3, j’aurais préféré que Marvel se la joue plus ambitieux sur ce genre de prod. Assurer le coup sur les grosses licences (Avengers,) se comprends tout à fait mais un peu de folie créative sur les « side projects » auraient été un plus. Cela dit, nous autres lecteurs et amateurs, sommes nous vraiment encore la cible?
    Allez je crois en Ragnarok ^^
    Merci pour ton retour

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