Edito : quand la polémique remplace l’artistique

Edito Polémique Comic Talk Couverture annulée

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Mi mars, DC dévoile ses sollicitations pour le mois de juin 2015, qui sera le mois des Variantes Joker, vilain emblématique de Batman et un des personnages les plus connus de l’éditeur qui fête ses 75 ans d’existence. En soit, ce genre d’initiative purement commercial en surfant sur la côte de popularité d’un personnage (récemment Harley Quin, ou Deadpool/les Guardians chez Marvel) ne m’intéresse pas. Mon regard balaie toutes ces illustrations. Certaines sublimes m’interpellent, d’autres sont immédiatement oubliées. Je m’arrête sur celle la variante de Batgirl dessinée par Albuquerque. Jolie. En plus, elle fait référence à un classique, The Killing Joke. Je ne pensais retrouver cette couverture que 3 mois plus tard, en la prenant à mon comics shop. C’était sans compter sur une levée de bouclier d’une partie du web, me rappelant également une affaire datant de début 2014.

IDW a eu la bonne idée de relancer fin 2013 une série sur les Powerpuff Girls en partenariat avec Cartoon Network. La série était cool, le comic l’est aussi. Retrouver cet univers coloré et enchanteur était un de mes plaisirs coupables (mais assumés) en prenant mes comic book chaque mois, entre la lecture et la petite collection de couvertures. Puis une couverture variante est dévoilée. Il s’agit d’une revisite des trois héroïnes, Blossom, Bubbles et Buttercup par Mimi Yoon, une artiste qui s’est spécialisée dans les peintures de personnages féminins. Ses femmes sont souvent peu vêtu, mais jamais vulgaire. Cartoon Network avait commissionné l’artiste pour réaliser une couverture de sa série en cours chez IDW, et il en a résulté cette variante.

Powerpuff Girls Mimi Yoon

L’accueil est assez bons auprès des fans. D’autres n’accrochent pas au style, qui est bien différent de la série. Mais cela en restait là. Jusqu’à ce que Dennis Barger Jr,  gérant de comics shop, s’insurge par un statut qui fera le tour du monde :

« Are we seriously sexualizing pre-teen girls like perverted writing fan fiction writers on the internet? »

Le mot est lâché : sexualisé. Le tort de Mimi Yoon ? Avoir reinterpreté ces personnages de la pop culture dans son propre style à la demande d’un éditeur, comme peut le faire Skottie Young avec ses désormais célèbres variant babies. Son style à elle, c’est de peindre des femmes. Et des belles femmes sensuelles, belles, parfois dénudées. Quand Cartoon Network lui commande une couverture, c’est pour s’écarter du design originel en connaissance de ce que réalise l’artiste. Exit les petites filles que l’on connait, Yoon dessine des jeunes adolescentes, avec des formes, et avec des robes en latex. Evidement, on reste loin des pin up les seins libérés de Yoon, cela reste une couverture de comics. C’est donc l’ensemble de ces éléments qui ont amené à ces accusations de sexualisations de ces personnages. L’adolescence amène forcément des formes, et cela n’est pas forcément synonyme de sexualisation. Il en est de même pour le latex, utilisé pour de nombreux costumes de super héros, sans que la connotation soit forcément sexuelle. Peut être est ce ce petit bout de cuisse que l’on peut voir qui a fait réagir Dennis Berger, dans une époque où on parle autant des centimètres carrés recouverts dans les costumes féminins que de leur histoire ou si c’est bien écrit. Les trois personnages ne sont absolument pas dans des poses suggestives ou aguicheuses. Elle sont victorieuses de Mojo Jojo. Malheureusement, le net aura raison de cette couverture, puisque Cartoon Network, qui avait validé la couverture, a décidé de l’annuler.

Pour Batgirl, les reproches qui sont faites à la couverture d’Albuquerque est que l’héroine apparait comme une victime sur cette couverture, qu’elle fait référence à un assaut sexuel qu’a subi Barbara Gordon par le passé, et qu’elle n’est pas dans le ton de la série. Soit. Je ne comprends pas ces arguments.

Tout d’abord, revenons sur un point commun à ces deux affaires : ces couvertures ne seraient pas dans le ton des séries représentées. Ou plutôt, soyons exact ces couvertures variantes. Car la nuance est grande et a son importance. C’est d’autant plus perturbant que la polémique concernant les Powerpuff Girls vienne du gérant d’un comics shop, censé connaître le marché. Ces couvertures alternatives ne sont pas destinées au même public que le lectorat habituel. Les acheteurs réguliers peuvent bien évidemment acheter celles-ci, mais la cible première a toujours été le collectionneur pour augmenter les ventes, en multipliant l’offre sur un même titre. Quand DC lance un mois Variant Joker, c’est le fan du clown qui est visé dans cette action commerciale, qui voudra certainement compléter sa collection d’illustrations en achetant des titres qu’il ne prendrait habituellement pas. Le lecteur abonné à Batgirl continuera de prendre son titre, en couverture normale, et non en variante non représentative du contenu, parfois vendue à un prix plus élevé. Depuis quelques années, Marvel a trouvé le filon avec les Babies de Skottie Young, qui pourtant ne correspondent en rien au ton de chaque titre. C’est mignon. Pourquoi serait il déplacé d’effectuer la démarche inverse ? Pour les Powerpuff Girls, Berger mettait en avant le public de l’ongoing chez IDW. Si ce titre est parfait pour amener les enfants à la lecture, le cœur de cible des Powerpuff Girls est avant tout les personnes ayant grandi avec la série entre 1998 et 2005, soit il y a plus d’une décennie. Pour la variante de Batgirl, la couverture ne change en rien le contenu et la direction que donne l’équipe créative actuellement au personnage. Il s’agit d’une cover alternative, rendant hommage à un titre marquant du batverse et de DC. Quant au contenu, voir le Joker sur des variantes du Flash par exemple n’a pas plus de sens. Cameron Stewart a tweeté que personne dans l’équipe créative n’avait vu ou approuvé cette couverture. Si on considère les variantes comme des outils commerciaux avant tout, cela n’est pas nécessaire. Quand DC sort ses variantes LEGO, chaque scénariste est il consulté ? On parle marketing, pas créatif. Après, si le commercial s’appuie sur une belle illustration, ne boudons pas notre plaisir.

Batgirl Albuquerque

Rafael Albuquerque est commissionné par DC pour réaliser une couverture variante de Batgirl pendant le mois Joker. Il décide alors, de ses propres mots, de « rendre hommage à un comic book qu’il admire, et adoré aussi par les fans ». Il fait évidemment référence à The Killing Joke d’Alan Moore, publié en 1988 qui met en avant la folie, le sadisme, et la cruauté du vilain  de Batman. Quand on parle de Batgirl et du Joker, qu’est ce qui vient à l’esprit du public ? The Killing Joke. 25 ans après sa publication, l’œuvre d’Alan Moore a toujours autant de poids autant dans le DCverse que dans le cœur des fans, et ce malgré la violence de l’histoire et de ce que subit Barbara Gordon. Pour l’artiste brésilien, cela a été une évidence et il voulait donc en profiter pour rendre un hommage. Il est d’ailleurs intéressant de voir qu’il n’était pas allé suffisant dans le côté « creepy » de son dessin et que l’éditeur lui a demandé d’aller plus loin pour vraiment rester dans l’ambiance de Killing Joke. Oui, le dessin est malsain. Car le Joker l’est. C’est ce qui le défini. La cruauté qu’il a eu envers sa victime  ne pas l’a pas empêché de rester (et non devenir) une femme forte du DCverse. Elle l’était avant, elle l’est restée en tant qu’Oracle, en tant que Batgirl dans le relaunch des New 52 par Gail Simone, qui ne manquait pas de revenir sur sa tragédie dans ses arcs.

La première problématique vient donc de la cible des variant covers, on en vient donc à l’interprétation de ces dites couvertures. Ces deux « affaires » ont eu des dénouements contraires. Dans le cas de Batgirl, c’est Rafael Albuquerque qui a demandé à ce que son dessin ne soit finalement pas utilisé. L’artiste n’a pas voulu rentrer plus longuement dans les polémiques et DC ne souhaitant pas envenimer la solution, a retiré la couverture. En soit, une solution raisonnable tant les réactions devant cette polémique devenaient disproportionnées, et c’est peut être cela le plus regrettable. Dans notre société actuelle où l’information se répand à une vitesse hallucinante, avec reprises multiples par des sites et personnes ne cherchant que la polémique pour générer du clic, et menaces proférées autant par des défenseurs que des sceptiques de ce dessin, le retrait a été la solution de facilité. Si l’hommage était l’objectif de cette couverture, l’heure était surtout à l’apaisement, même si cela a des conséquences fâcheuses à mon gout.

Pour les Powerpuff Girls, si Cartoon Network n’a que peu communiqué et simplement retiré la couverture, Mimi Yoon a fièrement défendu son travail :

 » SACHEZ QUE JE SUIS SACREMENT FIERE DE MON TRAVAIL. Mon objectif était d’illustrer des Super Nana modernes, pop, cultivées, INSOLENTES ET PETILLANTES (pas sexy) et humanisées qui viennent de battre le seigneur du crime et l’ont mis par terre. Oui, les filles porte des costumes en latex… ET ALORS, ?!?!?! Tous les super-héros ne portent-ils pas du latex ? Malheureusement ce comic n’arrivera jamais en magasin… Oui je suis vraiment déçue… Parce qu’un esprit pervers a décidé de voir dans cette image ce que sont esprit sale a imaginé, et a aboyé assez fort. Pire, il a invoqué les enfant et a utilisé le fait de protéger les enfants et le point de vue des enfants dans son raisonnement/prétexte. Est-ce qu’il pense que les enfants sont plus bêtes que lui ? « 

J’aurais pour ma part du mal à lui donner tort, comme j’ai utilisé certains point de son message plus haut. Malheureusement, sa réponse agressive (tout à l’opposé de Albuquerque et DC) a donné du grain à moudre à ses détracteurs pour tenter d’encore plus enfoncer l’artiste, arguant qu’elle a avant tout cherché à se faire de la pub (…) et la forme de son message a pris plus d’importance que le fond pour beaucoup.

Dans les deux exemples cités, ce n’est pas une image de la femme dégradante qui est remise en cause. Il s’agit de l’interprétation que certaines personnes ont du dessin final. Lors de la phase créative, un artiste se doit il maintenant de soucier de toutes les manières dont peut être interprétée son œuvre ? Le public était juge du travail des dessinateurs lorsque celui ci se trouve sur les étales : si un produit se vendait, c’est qu’il plaisait. Les ventes étaient alors l’indicateur de ce qui plaisait ou non. Aujourd’hui, le public se retrouve avec un pouvoir décisionnaire bien en amont, avec des éditeurs cherchant à tout pris à éviter des polémiques et de la mauvaise publicité. On pourrait dire que sans une polémique, ces deux couvertures auraient finalement pas eu le même écho, loin de la visibilité qu’elles ont pu avoir. Car même si on en a parlé en mal pour de nombreux sites et médias, on en a parlé. Tout publicité est elle bonne à prendre ? Je ne sais pas. Mais je sais que ni Mimi Yoon, ni Rafael Albuquerque ne sont en quête de célébrité par le buzz. Ce sont tous deux des artistes accomplis et reconnus.

Je sais par contre que l’on m’a retiré le plaisir d’acheter deux couvertures que j’appréciais beaucoup pour des raisons différentes : une mauvaise interprétation d’une part, et un décalage trop important avec la série d’autre part, ainsi qu’une couverture pouvant choquer des victimes d’agressions sexuelles. Chaque dessin ou illustration pourrait toucher la corde sensible d’une partie du public qui sera atteint, mais cela ne doit aucunement entrainer une telle levée de bouclier, et surtout des annulations que l’on peut tout simplement appelé des censures. Parce que potentiellement, des personnes peuvent être choquées, peuvent l’interpréter différemment de l’artiste, ce dernier n’est plus maître de son oeuvre. Il devra alors réaliser des dessins sans reliefs, pour être sûr de ne pas faire de vagues pour ne pas froisser quiconque. Des choses me choquent dans la vie de tous les jours, ne me plaisent pas. Je passe outre, c’est ce qu’il y a de plus facile à faire. Et je ne fais pas chier mon monde pour autant, et les dieux savent que j’aime ça pourtant.

28 Responses to Edito : quand la polémique remplace l’artistique

  1. AllStarDK dit :

    Entièrement d’accord avec toi, mon seul regret et que DC et IDW n’ai pas été jusqu’au bout en publiant les couvs…

  2. Tibo dit :

    Le commentaire était plutôt bon et argumenté correctement jusqu’au dernier paragraphe. Tu ne peux pas te permettre de dire à une personne choquée par le contenu d’une œuvre que sa seule réaction devrait être de passer outre et/ou se taire. Ça c’est de la censure.
    Et encore une fois, dans le cas de la couverture de Batgirl, au nom de quel principe serait-il interdit de critiquer une couverture, même variante, pour ses aspects malsains, choquants et potentiellement dangereux pour une frange de la population des lecteurs et lectrices de comics ?

    Moi-même je trouve cette couverture profondément dérangeante. Je ne retire aucun plaisir à la regarder. Elle me fait froid dans le dos et tout ce qu’elle m’évoque confine au dégoût. Il en va de même pour certaines images relatives au tabassage de Jason Todd et j’en viens même à reconsidérer mon appréciation du Joker de Capullo (avec le visage arraché).

    Donc oui, on peut être choqué par un dessin, c’est normal. On peut aussi le trouver dérangeant et émettre l’avis que, peut-être, le dessinateur aurait pu tourner la chose autrement. C’est ce qui a été fait du côté des détracteurs, et personne dans cette position-là n’en a exigé la censure.

    • jeez dit :

      Totalement d’accord avec toi Tibo.

      « Des choses me choquent dans la vie de tous les jours, ne me plaisent pas. Je passe outre, c’est ce qu’il y a de plus facile à faire. Et je ne fais pas chier mon monde pour autant »

      Au final, ça signifie quoi ? tout simplement qu’on doit se taire…et ça s’appelle comment ? de l’auto-censure.

      Le problème de cet article -pour le cas Batgirl- réside ici (de l’aveu même du rédacteur) :

      « Pour Batgirl, les reproches qui sont faites à la couverture d’Albuquerque est que l’héroine apparait comme une victime sur cette couverture, qu’elle fait référence à un assaut sexuel qu’a subi Barbara Gordon par le passé, et qu’elle n’est pas dans le ton de la série. Soit. Je ne comprends pas ces arguments »

      Avez-vous cherché ne serait-ce qu’un tant soit peut à comprendre ? Est-il si difficile à envisager que cette couverture laisse penser qu’une victime d’agression ne s’en remettra jamais ? qu’elle sera toujours à la merci de son agresseur ? Et qu’au final ça ne sert à rien de tenter de remonter la pente ? Est-ce qu’au delà de l’hommage à Killing Joke (qui fait plaisir à tous les fanboys), la couv’ n’a pas pour effet (je dis effet et non « pour but ») de susciter un sentiment douloureux pour les victimes ou les personnes qui sont sensibles ?

      Voilà les questions auxquelles le rédacteur peut essayer de répondre pour tenter de comprendre les réactions que cette couverture a suscité.

      ENSUITE seulement, il sera possible de parler de la nécessité du retrait ou non (ce dont je ne suis pas forcément convaincu). Mais l’un des problèmes dans cette histoire, c’est que certains montent tout de suite au créneau en brandissant la liberté d’expression et de création en réduisant les propos de ceux qui ont été choqués et en les faisant passer pour des conservateurs…

      Cela est bien trop simpliste.

      Je suis un fervent défenseur de la liberté d’expression. Mais cette liberté peut servir à diffuser des préjugés, à inciter à la haine, à répandre des contre vérités pour stigmatiser les uns et les autres..Que faut-il faire contre ça ? Censurer ? je ne pense pas. Il faut réagir, il faut discuter, il faut argumenter, il faut combattre les propos néfastes qui ont pour but d’attiser la haine et de provoquer des violences (réelles). Donc tout le contraire de ce que préconises le rédacteur de cet article qui préfère passer outre…

      Certes cette couverture ne diffuse pas de préjugé. Mais elle peut provoquer des souffrances inutiles. Et qu’elle est la solution pour vous ? « Taisez vous ça va passer ». Ok…

  3. Apteis dit :

    « Moi-même je trouve cette couverture profondément dérangeante. Je ne retire aucun plaisir à la regarder. Elle me fait froid dans le dos et tout ce qu’elle m’évoque confine au dégoût. Il en va de même pour certaines images relatives au tabassage de Jason Todd et j’en viens même à reconsidérer mon appréciation du Joker de Capullo (avec le visage arraché). »
    Dérangeante ? C’est bien l’artiste a réussi son coup, faire apparaître de ce qui a de plus sale et bien dégoutant sur le personnage du Joker, vu qu’en plus, comme de par hasard, il s’agit d’une variante Joker.

    « Avez-vous cherché ne serait-ce qu’un tant soit peut à comprendre ? »
    Oui.
     » Est-il si difficile à envisager que cette couverture laisse penser qu’une victime d’agression ne s’en remettra jamais ? qu’elle sera toujours à la merci de son agresseur ? Et qu’au final ça ne sert à rien de tenter de remonter la pente ?  »
    Cela voudrait dire qu’une couverture effacerait plus de deux décennies d’écritures sur le personnage. C’est triste de penser comme cela.

    « Est-ce qu’au delà de l’hommage à Killing Joke (qui fait plaisir à tous les fanboys), la couv’ n’a pas pour effet (je dis effet et non « pour but ») de susciter un sentiment douloureux pour les victimes ou les personnes qui sont sensibles ? »
    Je vais peut être paraître abrupte, mais les agressions sexuelles ne sont pas les seules crimes mis en scènes dans les comics (et dans d’autres médias). Toute illustration peut potentiellement choquer une personne car elle le prendra personnellement. Tout mot, toute histoire, peut faire mal. Occulter des crimes comme le viol comme élément narratif serait bien pire que de pas les utiliser. Ce n’est pas comme si l’agression sexuelle de Barbara Gordon était amené de façon légère, anecdotique. On fait quoi, on créé un nouveau CCA mais de la bienséance pour être sur que rien ne soit écrit qui puisse toucher des gens ?

    Toutes tes questions j’ai une réponse, et je ne comprends toujours pas les réactions pour encore une fois (et c’est un élément des plus importants), une variante.

    « Tu ne peux pas te permettre de dire à une personne choquée par le contenu d’une œuvre que sa seule réaction devrait être de passer outre et/ou se taire. Ça c’est de la censure. »
    Ca s’appelle prendre du recul aussi. Il y a des sujets qui me touchent particulièrement du fait de mon vécu, quand je vois que ca pourrait me faire du mal, je prends sur moi. On ne peut être en accord avant tout ce qui est publié, parfois passer outre est une solution oui.

    « Et encore une fois, dans le cas de la couverture de Batgirl, au nom de quel principe serait-il interdit de critiquer une couverture, même variante, pour ses aspects malsains, choquants et potentiellement dangereux pour une frange de la population des lecteurs et lectrices de comics ? »
    Potentiellement dangereux ? Rien que ça ? Critiquer, c’est une chose. Quand cela amène à un retrait de la couverture, et donc une censure, la cela me gène.

  4. jeez dit :

    « On fait quoi, on créé un nouveau CCA mais de la bienséance pour être sur que rien ne soit écrit qui puisse toucher des gens ? »

    Qui parle de ça ?
    Ma proposition : laisser les gens s’exprimer.
    La votre : qu’ils se taisent.

  5. Apteis dit :

    La mienne : qu’on arrête de faire des affaires pour tout ou n’importe quoi, et faire la part des choses avant de râler.
    Et je m’inclus la dedans.

  6. jeez dit :

    Autrement dit faire preuve de bienséance.

  7. nesquick85 dit :

    Je ne comprends pas les réactions à ce billet. Ce n’est pas tant l’émotion suscitée qui est remise en cause, c’est surtout ses conséquences qui laissent perplexes. Quand on aime pas une couverture variante, et bien on ne l’achète pas. C’est tout. La couverture, si on écarte le passif des personnages, est sans aucune violence. Et si c’est justement le passif des personnages qui dérange, pourquoi n’y a-t-il pas eu de levée de boucliers ces dernières années contre la présence dans les comic-shops de Killing Joke, une œuvre bien plus explicite ?

    Mais le plus ubuesque dans tout ça, c’est qu’une couverture avec Jason Todd à la place de Barbara Gordon n’aurait pas dérangé. Mais à ce moment-là, ce sont les gens se plaignant de la couverture qui ont un point de vue dégradant sur la femme.

    Enfin bref, Apteis a bien raison de dire que les réactions sont disproportionnées. Ça en devient ridicule quand à la fin, les gens en viennent à s’insulter de censeurs.

  8. jeez dit :

    Que certaines réactions soient disproportionnées j’en conviens totalement. Et cela est condamnable. Que ces réactions disproportionnées aient pour effet le retrait de la couverture, cela est à nouveau critiquable si elles constituent le motif principal de cette décision. Ce qui n’est pas une certitude, puisque de bonnes raisons peuvent également justifier ce choix.

    Mais dire que les réactions disproportionnées c’est pas bien et qu’il faut de l’auto-censure (ce qui au final est l’idée de l’article) ce n’est qu’une partie du problème. L’autre partie, somme toute la plus complexe, est vite réglée, grosso modo : « que les gens n’achètent pas la couverture » ; « qu’ils soupirent et passent à autre chose ».
    Mais si une couverture fait l’apologie du racisme, on fait pareil ? on n’achète pas ? on passe à autre chose ? Point que j’avais soulevé et qui demeure sans réponse…(je précise, les deux idées sont comparables seulement en termes de raisonnement ou de logique, car sur le fond, il faut bien les distinguer)

    « Mais le plus ubuesque dans tout ça, c’est qu’une couverture avec Jason Todd à la place de Barbara Gordon n’aurait pas dérangé. Mais à ce moment-là, ce sont les gens se plaignant de la couverture qui ont un point de vue dégradant sur la femme »

    Si tu penses cela, c’est que tu ne comprends toujours pas. Les gens S’IDENTIFIENT à Barbara Gordon et c’est cette identification qui cause leur gêne. (cela pourrait très bien fonctionner avec Jason Todd) Or, le dessinateur, de son aveu même, n’avait pas pour but de choquer les lecteurs, il voulait rendre un hommage à ce grand comics. Il n’avait certainement pas prévu le phénomène d’identification entre le personnage et le lecteur. Et il est à l’origine du retrait : ce fait est absolument essentiel car si au contraire, il avait voulu maintenir cette couverture, je l’aurai défendu avec la plus grande force. Le retrait d’une oeuvre est l’expression de la volonté de l’auteur au même titre que sa publication. Elle constitue donc l’autre face de la liberté de création. On ne peut pas respecter l’une sans respecter l’autre.

    • Apteis dit :

      « ce qui au final est l’idée de l’article »
      C’est une idée parmi pleins d’autres de l’article en fait, aucunement l’idée principale.

      « Mais si une couverture fait l’apologie du racisme, on fait pareil ? on n’achète pas ? on passe à autre chose ? Point que j’avais soulevé et qui demeure sans réponse…(je précise, les deux idées sont comparables seulement en termes de raisonnement ou de logique, car sur le fond, il faut bien les distinguer)
      Ce sont deux cas totalement différents. Ton exemple est un délit et répréhensible. Les couvertures dont je parle, il s’agit d’interprétation personnelle et d’affect. D’ou aucune comparaison possible.

      • jeez dit :

        L’article se concluant ainsi, il faut croire que c’est quand même l’idée principale soutenue.

        En outre, je le précise, le « raisonnement » est le même. Vous défendez l’idée que l’on ne devrait pas réagir à ce qui nous choque. Peu importe les raisons. Que ce soit un délit ou non ne change rien, sauf à être un ultra-légaliste et un conformiste qui considère que Loi et Morale sont équivalentes.

        Mais bon, je comprends les raisons pour lesquelles vous ne préférez pas aller dans cette direction, alors prenons un exemple concret : Holy Terror de Frank Miller. Selon votre raisonnement (cf. votre dernier paragraphe), ceux qui ont été choqués et trouvent que l’oeuvre est xénophobe et raciste devraient prendre sur eux, « passer outre » et « ne pas faire chier [leur] monde », parce que c’est leur interprétation et leur affect qui est en cause…

  9. nesquick85 dit :

    Mais sommes-nous face à une apologie du viol ? Vraiment ?

    L’apologie consiste à militer pour quelque chose, le rendre acceptable et accepté. Est-ce le cas ici ? A mon avis, non. Je m’explique :

    - L’apologie se ferait au travers du joker. C’est lui qui fait l’acte (si acte il y a) dans l’oeuvre originale et c’est lui qui est le protagoniste principal de cette couverture. Maintenant, la question à poser est : Le Joker est-il un personnage auquel vous vous identifiez ? Est-il un modèle ? Car l’apologie dans ce cas serait de présenter un personnage apprécié de tous ou du moins reconnu comme étant droit moralement dans une situation où son comportement serait ambigu. Le tout dans le but de justifier ou normaliser ce comportement. Il y aurait apologie du viol si l’on voyait Batman ou Superman mettre sa main dans la petite culotte de Batgirl. Est-ce le cas ici ? Non, on voit le Joker, un fou psychopathe sans aucun respect pour la vie humaine. Pas exactement un modèle que l’on va suivre.

    - Je réitère : je n’ai aucune preuve qu’avec Jason Todd, la situation aurait été la même. Tout simplement parce que l’on parle de viol. Que je sache Jason Todd n’a pas subi de viol par le Joker. Mais pour rester sur le cas présent, je me pose une question : Comment peut-on être contre la parution d’une couverture variante et pour la mise en rayon de The Killing Joke ? Ce que cette couverture fait, montrer un Joker sadique, manipulateur, violent et psychopathe, The Killing Joker le fait plus crûment et sur 70 pages (grosso modo). Comment peut-on protester sur Internet à propos d’une image sans violence physique au premier degré et ne rien dire pendant des décennies sur une œuvre présentant les même caractéristiques ?

    Autre chose : en 2015, peut-on montrer Batgirl en difficulté ? Au moins autant que Batman ? Par exemple, sur toutes les couvertures du Villain Month, on peut voir Batman attaché, enchaîné. Cela aurait-il été possible avec Batgirl ? La réponse est non à mon avis. Mais au lieu de lutter contre l’apologie du viol, le sexisme ou tout autre phénomène du genre, finalement on en fait un ennemi invincible. Comme si Batgirl, en tant que femme, ne pouvait subir des épreuves similaires à celle de Batman. Car sinon, ce serait faire l’apologie d’un crime. Ça ne dérange personne que Batman soit attaché en haut d’un building dans Batman Eternal, personne ne hurle à l’apologie de la séquestration ou du kidnapping. Cela serait-il possible pour Batgirl ? Je ne crois pas. Au final, avec ce genre de comportement, on enferme la femme dans une image plus qu’on la libère. C’est triste.

    - Rafael Albuquerque a, à mon humble opinion, eu tort de demander le retrait de cette couverture. S’il a donné en premier lieu cette couverture en état de cause, alors il faut assumer. Il n’a voulu choquer personne et être consensuelle. Mais devait-il l’être ? Je ne pense pas.

    - l’argument de la morale est fallacieux. Je ne vais pas me plier à une morale différente de la mienne sous … quelle prétexte d’ailleurs ? Non, c’est pour ça que l’on a des lois. Pour que tout le monde soit d’accord sur la marche à suivre et sur les comportements à avoir.

    - Enfin, s’il y a apologie du viol ou de tout autre crime, ce n’est pas une campagne sur Internet qu’il faut faire, c’est une action en justice. Point à la ligne. Si une image sur internet faisant l’apologie d’un crime ne vaut pas le coup qu’une action en justice soit intentée, alors elle ne vaut pas le coup que l’on s’en plaigne. Le mieux à faire dans ce cas-là, c’est de ne pas l’acheter.

  10. Eddyvanleffe dit :

    Woah! Je ne pensais pas voir ressurgir la couv’ des Powerpuffs Girls un jour, J’avais réagi à l’époque sur comicsblog( et je me suis fais bien lynché d’ailleurs) pour dire que je COMPRENAIS qu’un parent n’ai pas envie d’acheter une couv’ pareille par gène de voir des icones explicitement enfantines dans un contexte différent. une sorte de peur préventive d’un « syndrome Miley Cyrus ». J’avais aussi dit que j’étais CONTRE la censure et qu’une Variant, c’est jutement offrir le CHOIX aux lecteurs.
    Toutes couv’s ont droit de citer en fait et la censure d’un dessin nous fait de plus en plus rapprocher de sociétés totalitaires, pratiquant repression de l’art , Autodafé s etc… Ca me fait vachement plus peur qu’un dessin mais on le sait depuis quelques semaines :D essiner, c’est mal et suspect . Les phénomènes internets bien plus malsains que cette planche d’Albuquerque. La polémique n’en ‘est pas une,

  11. Eddyvanleffe dit :

    SECOND CHAPITRE:Désolé pb de connexion.
    Cette couv’ dérangeante? pourquoi pas mais alors Jeez, Tibo, ne sortez plus, ne regardez pas un épisode des Experts, et arrêtez tout de suite les comics qui n’ont aucune pensée pour les vrais Orphelins depuis 1938 (Superman,Batman, Robin, Spider-Man). Il y’a des couv’s de magazines plus tendancieuses, des emissions et des pubs bien plus putassières et bien plus avilissantes pour l’image de la femme.
    D’ailleurs il emerge actuellment une nouvelle forme de féminisme qui me laisse pantois. Tout est dégradant, Wonder Woman doit mettre un futal, Batgirl se doit d’avoir une posture positive. On n’est plus à bruler son soutif dans le rue… (sauf les Femen et il faut voir comme on les considère dans les médias). Comme souvent on voudrait que la fiction reflète un société qui n’aurait pas nos défauts. comme si ça pouvait les gommer. Occulter cette couv’ de batgirl n’a pas rendu les rues plus sûres pour les jeunes filles pour autant.

  12. jeez dit :

    Merci pour ses conseils avisés…

    J’ignore si je m’exprime mal ou si Tibo s’exprime mal, ou alors, si vous lisez que ce qui vous intéresse ou ce que vous arrivez à comprendre, mais le propos est un peu plus subtil que ça…

    Il y a trois questions que vous confondez alors qu’elles sont distinctes :
    - la couverture choque t-elle ou est-elle susceptible de choquer ?
    - peut-on exprimer le sentiment suscité par cette couverture ?
    - faut-il la retirer voire faut-il la censurer ?

    Répondre oui aux deux premières ne signifie pas dire oui à la dernière (contrairement à ce que vous pensez)

    La réaction de tibo et la mienne ne concernent pas la dernière question. Elle concerne la seconde.

    Pour le rédacteur de l’article la réponse, c’est, grosso modo, ‘si vous êtes choqués, tant pis pour vous, c’est la vie, passez à autre chose et taisez vous, vous risquez de me priver de mon droit d’acheter ma variante, merde’

    Je ne suis pas d’accord là dessus. On a le droit de s’exprimer si on est choqué, de la même manière qu’on a le droit de critiquer Holy Terror de Miller pour son contenu xénophobe. Les réactions par contre doivent être proportionnées et correctes. L’un des problèmes ici, c’est que les réactions modérées étaient noyées par des condamnations extrêmes, absurdes et fallacieuses (‘apologie de viol’). Il est donc important pour traiter ce sujet de discriminer les réactions « normales » et peut-être justifiées (c’est la question) des réactions stupides.

    En tout cas Eddyvanleffe, j’espère que tu saisis à quel point ton commentaire est à côté de la plaque…je l’espère vraiment parce que ça va être difficile d’exprimer plus simplement l’idée…

  13. Apteis dit :

    « J’ignore si je m’exprime mal ou si Tibo s’exprime mal, ou alors, si vous lisez que ce qui vous intéresse ou ce que vous arrivez à comprendre, mais le propos est un peu plus subtil que ça… »
    Venant de la personne qui résume l’article à « vous n’êtes pas content, taisez vous », c’est assez comique. Enfin comique n’est peut être pas le mot le plus approprié. Ridicule irait même plutôt mieux.

    Ta comparaison avec Holy Terror, arrêtes aussi. Cela n’a rien à voir. Comparer une variante cover (donc qui ne change absolument rien à ceux qui suivent la série) à une oeuvre à part entière au contenu plus que dérangeant… ce n’est pas le plus pertinent.

    « Il y a trois questions que vous confondez alors qu’elles sont distinctes :
    - la couverture choque t-elle ou est-elle susceptible de choquer ?
    - peut-on exprimer le sentiment suscité par cette couverture ?
    - faut-il la retirer voire faut-il la censurer ? »
    Et si on répond non à la première et que l’on ne comprend pas du tout en quoi elle est choquante, comment on fait pour comprendre la seconde ? Et quand bien même, est ce que cela empêche les lecteurs que ca dérange de suivre leur série ? Et donc dans ce cas la, est ce que ca mérite une polémique ?

    • jeez dit :

      « Ta comparaison avec Holy Terror, arrêtes aussi. »

      Étrange manière de réagir…quoique finalement conforme avec le propos de l’article…

      Bref. Contrairement à ce que tu penses, la comparaison est valable, puisque ce sont deux oeuvres qui ont suscité des réactions de désapprobation.

      Le concept d « oeuvre à part entière » grâce auquel tu distingues une variant cover et un comics n’existe que dans ton esprit. Une oeuvre EST une oeuvre. Il n’y a pas d’oeuvre à part entière, de demi-oeuvre, de 1/3 d’oeuvre etc.

      • Apteis dit :

        Holy Terror ce n’est pas une question d’interprétation, le contenu dépasse des limites. Pour une VARIANTE cover qui ne change rien à l’oeuvre Batgirl en elle même, il ne s’agit que d’interprétation personnelle. Donc pas trop pareil non. L’un a été fait pour choquer, l’autre absolument pas, et c’est juste le vécu qui parle.

        • jeez dit :

          subjectivité, encore subjectivité et toujours subjectivité…

          « Holy Terror ce n’est pas une question d’interprétation ».
          Au contraire, tout signe, tout oeuvre est une question d’interprétation. Même l’oeuvre la plus limpide, la plus claire, sera toujours sujette à interprétation. Je pourrais te démontrer par A + B qu’Holy Terror est du second degré, du comics fun et décomplexé. Tu diras que j’ai tort et je dirais que je ne prétends pas à la vérité, mais que c’est mon interprétation.

          « Holy Terror ce n’est pas une question d’interprétation, le contenu dépasse des limites » :

          Tient donc ? des limites ? qui les place ? où sont-elles ? Je crois que les limites sont une nouvelle fois dans ton esprit…

          « Pour une VARIANTE cover qui ne change rien à l’oeuvre Batgirl en elle même, il ne s’agit que d’interprétation personnelle. Donc pas trop pareil non »

          Il est vachement utile ton pouvoir qui te permet de dire : « non là c’est le contenu, c’est objectif, ce que j’énonce est vrai ; par contre là c’est de l’interprétation personnelle, c’est subjectif, ce que vous énoncez ne regarde que vous ».

          « L’un a été fait pour choquer, l’autre absolument pas, et c’est juste le vécu qui parle. »

          Ah un semblant d’argument logique. Bien ! Donc, la distinction désormais c’est le motif du créateur ? Un artiste qui fait une oeuvre pour choquer, on peut le critiquer, mais un artiste qui choque, pour ainsi dire, par accident, on ne devrait pas le critiquer ?

          Dans un sens, je pourrait presque être d’accord avec ça. Ou plutôt, les critiques contre le second artiste devraient être plus modérées que celles contre le premier (à condition qu’on sache qu’il n’avait pas l’intention de provoquer, ce qui est difficile à dire).

          Mais alors, intervient la volonté de l’artiste. Si celui-ci réalise que son oeuvre a provoqué des réactions qu’il ne souhaitait pas. De deux choses l’une, soit il la maintient, soit il la retire (en l’occurrence, c’est comme retirer une blague dans un one man show qui ne fonctionne pas). Mais dans les deux cas, il exerce SA liberté et je crois qu’on ne peut que respecter son choix, quel qu’il soit, à condition bien sur qu’il ne résulte pas de la pression.

  14. Eddyvanleffe dit :

    Depuis le début de cette polémique, j’ai l’impression de rêver. Cette image est loin d’être la plus choquante, ni la plus violente publiée. L’héroïne n’est pas à son avantage ? Mais depuis quand Batgirl est elle devenue aussi intouchable? L’ancienne Batgirl prenait cher sur ses couvs’. Apologie de viol ? Où voyez-vous la moindre allusion à cela ? Ni dans les postures, ni dans les vêtements. Non c’est une interprétation brodant sur le supposé viol dans The Killing Joke qui n’est QUE suggéré puisque on n’en fait JAMAIS allusion depuis (Batman Chronicles 5 pour les origines de Oracle , ni dans Birds of prey 1).Tout ça c’est dans la tête ! Qu’on puisse être choqué par l’image en elle-même, je le comprends tout à fait.Qu’on l’exprime aussi est normal. Ce qui me fait personnellement peur, c’est que les internautes deviennent par leur poids une foule anonyme qui se fait peu à peu tribunal populaire menant à la mise à l’index de choses qui ne méritent pas ce type de condamnation. Mais je dois être à coté de la plaque pour ça aussi.

    • jeez dit :

      tu sais que tu brasses du vent ? Je ne dis pas que la couv’ fait l’apologie du viol et je trouve ridicule et hypocrite ceux qui le pensent. Donc si tu essayes encore de démontrer qu’elle ne fait pas l’apologie du viol, abstiens-toi : je suis d’accord !

      « Ce qui me fait personnellement peur, c’est que les internautes deviennent par leur poids une foule anonyme qui se fait peu à peu tribunal populaire menant à la mise à l’index de choses qui ne méritent pas ce type de condamnation. »

      Alors je suis quasiment d’accord avec toi. J’avais été extrêmement choqué que Shailene Woodley soit virée du film ASM2 juste parce que les internautes la trouvait moche. Alors qu’est-ce qu’on fait ? On dit comme le rédacteur : « bah les grincheux taisez vous, et laissez les autres consommer tranquille » ou on dit que de toute façon, on ne pourra pas empêcher les gens de s’exprimer (et on ne doit pas le faire je pense), et que le meilleur moyen pour empêcher les propos extrêmes c’est de réagir par des propos raisonnables ?

      Quant à dire que cela ne « mérite » pas ce type de condamnation, c’est un jugement subjectif qui ne vaut pas plus ni moins que ce celui de quelqu’un qui estime que ça mérite désapprobation.

  15. nesquick85 dit :

    Donc les gens ont le droit de réagir à une couverture variante (je suis ok), mais je n’ai pas le droit de réagir à leur réaction. Du coup, c’est toi le censeur Jeez.

    *Lunettes de soleil, générique des experts*

    • jeez dit :

      où est-ce que je soutiens que tu n’as pas le droit de réagir à leur réaction, au juste ?

      Tu chercheras en vain, mais je suis curieux de savoir où mon propos s’est trouvé à ce point réduit.

  16. Eddyvanleffe dit :

    Je commence peu à peu à comprendre ton point de vue…
    En fait le seul truc sur lequel tu tiques, c’est qu’on puisse dire aux gens « plus sensibles » à certaines thématiques : « Taisez-vous, c’est comme ça, adaptez-vous! »
    Je ne crois pas que cela soit le sens de l’article: qui dit en substance: « Beaucoup de bruit pour rien! »
    Ma première réaction tout simplement « Pourquoi? cette image est comme les autres du même genre, elle emprunte aux codes des films d’horreur genre Halloween, Vendredi 13. Kitty, Cassandra Cain ont toutes eté agressées sur des couvs’ alors Qu’est ce qui change ici?

    • jeez dit :

      oui tu es très proche !

      Oui l’article dit en substance: « Beaucoup de bruit pour rien! ». C’est le constat qu’il porte sur la polémique. Mais, sur le plan plus constructif, il dit autre chose. Grosso modo, il dit que ceux qui se sont élevés contre cette couverture, quelque soit leur motif (qu’il ne comprend toujours pas) auraient mieux fait de se taire et de prendre sur eux.
      Et quand je regarde cette couverture, je ne sais pas si elle me choque, en tout cas, elle me met mal à l’aise et je comprends qu’elle puisses choquer. Et ça ne me viendrait pas à l’idée de dire à l’une de ces personnes de prendre sur elle. C’est un peu indécent.

      Et je le répète, ce simple constat ne vise pas à justifier le retrait. Cela est un autre problème qui demande d’autres éléments de réflexion : quelle était la volonté de l’auteur ? quel est le motif de son retrait etc…S’il l’a retiré sous la pression, c’est une mauvaise raison, si c’est parce qu’il a réalisé l’effet que sa couverture a malencontreusement provoqué à son insu, c’est justifié.

  17. Eddyvanleffe dit :

    Sur le constat on est d’accord
    Par contre, Je suis comme Apteis éstomaqué par le l’ampleur que ça prend…Jusqu’à un retrait.
    D’ailleurs ce retrait est un peu un aveu de culpabilité et c’est donner raison aux détracteurs. Ca aussi est un marche supplémentaire vers l’éxagération d’un truc quand même pas si traumatisant que ça…Personnellement je l’aurais maintenue parce que je ne vois pas de rasion de ne pas le faire. La critique d’accord, la pression:Nyet! (la raison est à priori la pression)
    : Internet pèse de plus en plus sur le créatif. On est par contre 100% d’accrod pour shailene Woodley et pour les mêmes raisons. Je suis content pour elle du succés qu’elle rencontre depuis. C’est un peu une revanche…

    • jeez dit :

      Oui en effet, le problème ici c’est l’excès.

      Prenons la fiction suivante :

      admettons que toutes les réactions à la couverture avaient été parfaitement raisonnables. Admettons encore que l’auteur n’avait pas l’intention de provoquer ces réactions et qu’il le regrette (c’est ce qu’il dit d’ailleurs grosso modo, mais partons du principe qu’il est sincère) Admettons enfin qu’il décide sans pression, en toute volonté, de retirer son dessin.
      Pour ma part, il n’y a rien d’illogique ni de critiquable. L’auteur ne fait qu’exercer son droit de retrait parce qu’il estime que son oeuvre n’a pas produit les effets escomptés. C’est dommage pour ceux qui aimaient bien la couverture et ils ont d’ailleurs tout à fait le droit d’exprimer leur mécontentement, mais on ne peut pas reprocher à ceux qui n’aiment pas de s’être exprimé (c’est leur droit) ni à l’auteur de les écouter et de retirer son oeuvre (c’est le sien).

      Tout ça veut dire que des critiques et conséquemment le retrait d’une oeuvre peuvent ne pas être synonyme de crime contre la liberté de création. Des motifs raisonnables peuvent justifier le retrait d’une oeuvre. (toute la question étant d’arriver à les qualifier de « raisonnable » et ensuite de savoir s’ils sont de nature à justifier cette décision)

      Dans la réalité, les critiques prenaient la forme de menaces de mort et tutti quanti. Donc ça, il faut le condamner, de même que le retrait s’il a été motivé par cette pression. Mais ça ne veut pas dire que toutes les réactions doivent être balayées.

  18. jb dit :

    Et c’est là qu’on découvre que les comics sont des trucs violents ou des gens en spandex se battent méchamment contre de dangereux psychopathes…et on s’étonne de cette couverture ???
    Perso j’ai été sacrément secoué par « souriez » et ça reste un de mes meilleurs moments de lecture.Pour le reste effectivement beaucoup de Blabla pour pas grand chose…ah si! un sacré coup de pub pour DC.

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