Elektra #1, la review

Elektra All-New Marvel Now Comic Talk Review

Jeffzewanderer Par

Après le génial Iron Fist de Kaare Andrews, Marvel nous offre une nouvelle « petite série » de plus en ce beau mois d’avril avec Elektra #1 par W. Haden Blackman et Mike Del Mundo. Un titre qui a tout d’un ovni, que ce soit visuellement ou en termes d’écriture. Chronique d’un numéro déconcertant…

Someone’s assassin.

Le principal attrait de cette nouvelle série consacrée à l’assassin la plus célèbre de la Maison des Idées était sans doute son aspect visuel. Les quelques previews dévoilant les dessins de Mike Del Mundo avaient en effet de quoi faire saliver, avec leurs compositions poétiques. Sans parler des couvertures belles à pleurer. Et disons-le tout de suite, dès la séquence d’introduction on en prend plein les yeux ! Ballet sanglant et esthétisant mêlant violence et rappel du passé d’Elektra, les cinq premières pages sont un régal et envoûtent le lecteur.

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Et surtout elles placent la barre tellement haute que le reste du numéro pâtit un peu de la comparaison. Mais si le dessin est par la suite plus difficile d’accès, il n’en reste pas moins tout aussi remarquable tout au long du numéro et constituera, à mes yeux en tous cas, le principal attrait de la série. Les pages de Mike Del Mundo ont en permanence quelque chose d’irréel, d’onirique, même pour les scènes de dialogue les plus banales. Pourtant l’anatomie des personnages est plutôt réaliste (à la différence des silhouettes plus stylisées d’un Adrian Alphona sur Ms Marvel par exemple). En fait cette impression est sûrement due en grande parties au couleurs (qu Del Mundo assure avec l’aide de Marco D’Alfonso), pareilles à des volutes de brumes qui envahiraient chaque page.

Les compositions sont aussi des plus intéressantes. Le défaut des dessinateurs tendance « Artiste », c’est qu’ils réalisent parfois de magnifiques tableaux qui sacrifient la narration sur l’autel de la beauté plastique. C’est un reproche que j’ai personnellement parfois fait à J.H. Williams III (la comparaison va avoir son importance…). Tel n’est pas le cas ici. Les mises en page savent se faire sages, et celles plus stylisées servent judicieusement le récit. Voir par exemple les cinq pages présentant Bloody Lips, le vilain de l’arc, miroir de celles introduisant Elektra au début du numéro.

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Someone’s student. Someone’s slave.

Mais puisqu’on aborde la question du récit, penchons nous donc sur le travail de W.Haden Blackman. Ancien co-scénariste de Batwoman avec J.H. Williams III, on sent que cette collaboration l’a marqué. Déjà au niveau des découpages (dont on peut supposer qu’il est en partie responsable vu le système habituel du script détaillé donné à l’artiste par le scénariste), puisqu’on retrouve une abondance de doubles-pages comme c’était le cas pour les aventures de Kate Kane. Ce n’est pas aussi systématique, (elles se limitent en fait aux séquences présentant les personnages) mais l’influence semble bien là.

Mais surtout W. Haden Blackman donne une ambiance très particulière à son récit. On retrouve un peu du côté irréel, onirique, lorgnant parfois sur l’horreur, qui caractérisait Batwoman. L’adéquation avec le dessin est d’ailleurs parfaite pour le coup. Le vilain Bloody Lip, aux allures de guerrier de la jungle et aux élans mystiques, qui acquiert les aptitudes de ce qu’il mange, allant jusqu’au cannibalisme, en est une bonne illustration. Ça a du cachet c’est sûr, mais il faut adhérer.

Mais il y a aussi une certaine recherche du décalage qui m’a paru moins convaincante. Le scénario lui-même est classique : Elektra est chargée de traquer un assassin (Cape Crow) qui tue ses collègues. Et Bloody Lips poursuit la même cible. Mais le contact d’Elektra, The Matchmaker, une femme au look et au parler tout droit sortis des années 20, l’est beaucoup moins. Et cette petite touche d’extravagance paraît au final gratuite. Elektra elle-même est pour l’instant écrite de manière elle aussi classique, mais pour le coup réussie : glaciale en apparence, trimballant une collection de blessures intérieures.

Elektra All-New Marvel Now Comic Talk Review

LE BILAN : Elektra #1 m’a laissé une impression mitigée. Visuellement c’est impeccable, les passages très stylisés mettent une claque énorme, et le reste sait se faire plus sage pour servir la narration. Par contre niveau scénario je suis moins convaincu. Pas tant par le pitch lui-même, classique mais efficace, que par la façon de raconter l’histoire. Le côté onirique de l’ensemble est une idée intéressante (à l’image d’Elektra : Glimpe & Echo) mais certains détails sont de trop : le cannibalisme, The Matchmaker et son look retro… A voir comment tout ça évoluera dans la durée donc.

LA NOTE : 3,5/5

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