Fanboys VS Zombies, la review

Fanboys VS Zombies

Par

Parfois, il arrive qu’on sorte de nos lectures habituelles. Un pitch, une couverture, et on se retrouve à suivre une série sans que l’on sache vraiment pourquoi. Pour ma part, cela a été grandement le prix de lancement à 1$ pour Fanboys VS Zombies. Je ne m’attendais pas à la série du siècle, tout juste un bon divertissement pour quelques numéros. Vingt mois plus tard, je referme le dernier fascicule, avec un vrai attachement pour cette aventure…

Fanboys VS Zombies

Le pitch est on ne peut plus simple, en répondant à une question que l’on s’est tous posé entre potes : comment réagirions nous face à une invasion de Zombies ? La différence de ce titre parmi tous ceux impliquant les morts-vivant vient de son foyer de contamination et des protagonistes principaux : la San Diego Comic Con, et donc des « geeks » (même si je n’aime pas utiliser ce mot qui ne veut à mon goût rien dire et est utilisé à outrance). Un groupe d’amis, le Wrecking Crew se réunit chaque année en Californie pour la convention. Mais cette édition 2012 va vraiment devenir unique et exceptionnelle puisqu’elle sera le théâtre du début de l’apocalypse.

En prenant le titre, j’avais peur. Peur de tomber sur une avalanche de clichés, des blagues pas drôles vues et revues, du fanboyisme à outrance cherchant uniquement à draguer le lecteur avec des références balancées sans aucune réflexion ni finesse. Dès le premier numéro, la surprise a été grande. Derrière l’amoncèlement de clins d’œil, une histoire prend immédiatement forme, des personnages se caractérisent. Les membres du Wrecking Crew ont certes tout du stéréotype, ils n’en restent pas moins immédiatement attachants et intéressants. Soit, c’était le premier numéro. On va rapidement avoir des longueurs et tomber sur un titre sans intérêt.

Fanboys vs zombies

Que nenni ! Sam Humphries réussit à tisser une trame intéressante, où l’absurde trouve tout son sens. A chaque page, tout peut arriver et on ne sera même pas étonné qu’un bout de hot dog soit le foyer de l’infection, de voir un luchador mexicain faire un backbreaker sur un zombie, ou un trip dans l’espace. On en redemande au contraire. Tout le charme de la série vient de ces énormités. Bien évidemment, cela permet à Humphries, puis Shane Houghton à partir du numéro #9, de nous mettre des références mais qui trouvent un écho dans l’histoire. Un grand pan de la culture geek est balayé, une seconde lecture est appréciable et conseillée pour fouiller chaque recoin de case, pour trouver des easter egg. Si globalement, il faut l’avouer, le scénario ne casse pas trois pattes à un canard, les dialogues sont très accrocheurs et rendent le récit intéressant. Le changement de scénariste ne s’est pas fait ressentir. Des personnages qui parlent notre langage, à citer des phrases cultes de films que l’on a tous vu dix fois, cela nous accroche toujours en tant que lecteur. Surtout quand cela se fait naturellement sans aucune lourdeur. On lit des discussions que l’on pourrait avoir avec des potes, ce qui rend les personnages des plus intéressants. En partant sur une base de clichés, on retrouve finalement un fond à chacun des membres du Wrecking Crew et à tous les protagonistes qui viendront se greffer à l’histoire, dont il y en aura forcément un auquel vous pourrez vous identifier.

Les dessins sont eux très irréguliers. On sent néanmoins une amélioration chez Jerry Gaylord dont c’était le premier travail notable. Les décors se remplissent au fur et à mesure que les numéros s’enchaînent, ses personnages gagnent en mouvement, on sent qu’il gagne en assurance et qu’il s’approprie l’histoire avec son style cartoony qui fonctionnera sur de nombreux autres titres. Il participe grandement à rendre les personnages attachant. En terme de couvertures, nous avons eu le droit à 20 numéros (+ les variantes) de haut niveau avec du Humberto Ramos (qui s’est également occupé du chara design), Matteo Scalera, Ale Garza, Arthur Suydam, ou Jerry Gaylord lui-même pour en citer qu’eux. Elles sont à l’image du titre, remplies de références et déjantées. Elles représentent parfaitement ce qu’une couverture doit être : un appel à la découverte du titre.

Après avoir suivi les péripéties du Wrecking Crew pendant les ¾ des numéros, on a le droit à partir de l’issue #17 à quatre stand-alones permettant d’en apprendre plus sur les aftermath de cette invasion et suivre quelques personnages que l’on a pu croiser auparavant, sobrement intitulés Four Stories of the Apocalypse . En soit, le principe est intéressant mais on pourrait regretter qu’ils n’aient pas été distillés auparavant au fur et à mesure : on aurait évité d’avoir la trame principale en suspens et donc une grosse perte de rythme. Sans spoiler l’issue de cette folle aventure, le dernier single  explorera la fin d’une manière inhabituelle, très méta-conceptuelle, collant parfaitement à l’esprit de la série. Finalement, aurait-on pu avoir une fin plus parfaite ? Avec le recul, une conclusion plus classique aurait été très surement décevante, bâclée, bien loin des attentes. Depuis quelques mois on savait que la série s’arrêtait. Quand bien même, on ne pouvait voir arriver cette fin avec les stand-alone et Shane Hougthon prend vraiment le lecteur à contre pied. FvsZ a évité le piège de l’enchaînement basique de blagues et références en construisant une vraie histoire, et un final à la hauteur, pas un simple gag. Repartir pour une nouvelle trame juste pour faire durer n’aurait pas fonctionné. Il était temps de terminer en beauté.

Fanboys VS Zombies

Pendant vingt mois, j’ai suivi avec un plaisir coupable non dissimulé Fanboys VS Zombies. Entre deux lectures Marvel/DC/Valiant, il représentait ma petite échappatoire, mes dix minutes sans prise de tête. Cette série va me manquer, mais je suis content qu’elle se termine également, car c’est une fin maitrisée. Je comprends également  que cette série ne plaira pas à tous. Pour l’apprécier, il faut vraiment la prendre comme elle est et ne pas chercher un chef d’oeuvre. Fanboys VS Zombies, ce n’est pas une lecture qui vous fera réfléchir, vous lancera dans des réflexions psychologiques intenses, ou vous fera baver devant des planches sublimes à chaque page. Mais cette série réussit ce pourquoi elle a été créée : divertir. Si la publication chez BOOM vient de se terminer, vous pouvez découvrir  cette lecture récréative chez Glénat Comics. Posez votre cerveau, et profitez simplement des choses simples mais bonnes. Bon vent au Wrecking Crew. 

La note : 3,5/5

Poster un commentaire