Focus sur les sorties All-New Marvel Now d’Avril et Mai

All-New Marvel Now Comic Talk

Jeffzewanderer Par

Avril est maintenant derrière nous depuis un bon moment, et comme les mois précédents il a vu sortir son lot de titres Marvel ornés du gros numéro un blanc made in All-New Marvel Now qu’on commence à bien connaître. On a déjà parlé du génial Iron Fist et de l’intrigante Elektra, mais si ces deux titres étaient parmi les plus en vue, ils n’étaient pas non plus les seuls à sortir, sans parler de ceux qui sont arrivés avec le joli mois de Mai. Ni les seuls dignes d’intérêt. Penchons-nous donc sur les cas d’Amazing Spider-Man, Miles Morales Ultimate Spider-Man, Cyclops et Nightcrawler.

N.d.Jeff : J’aurais aussi bien voulu évoquer Silver Surfer #1, mais je n’ai pas réussi à me le procurer. Le #2 est très fun par contre.

AMAZING SPIDER-MAN #1

Ça y est, Superior Spider-Man est terminé ! Cet arc qui aura divisé les fans est maintenant derrière nous, et Peter Parker est de retour dans son costume rouge et bleu bien connu. Numéro évènement oblige, on a en plus de l’histoire principale (et d’un prix plus élevé) un bon paquet de bonus. Mais commençons par l’histoire principale : Lucky To Be Alive de Dan Slott et Humberto Ramos (aussi bon que d’habitude). A priori elle est sans surprise, puisqu’on y voit Peter, de retour aux commandes de son propre corps, essayer de recoller les morceaux de sa vie après le passage de Dr Octopus dans ses bottes.

Bref c’est exactement ce qu’on attendait, avec un Peter qui découvre les dégâts comme les bonnes choses à mesure, et ne peut souvent pas tout expliquer, identité secrète oblige. Mais finalement Slott réussit très bien l’exercice, alternant bonnes et mauvaises surprises pour Peter, et surtout n’oubliant aucun subplot. Ceux sur lesquels il choisit d’ailleurs de mettre l’accent, concernant Black Cat d’une part (qu’Ock avait envoyée en prison) et Anna Maria (la petite amie de Peter/Ock), sont particulièrement bien traités et devraient donner lieu à un premier arc intéressant. Sinon pour le reste Slott fait du Slott, mêlant action et humour à son intrigue. En parlant d’action, le combat entre Spidey et la bande de White Rabbit semble d’abord juste là pour remplir le quota en la matière, mais donne lieu à un rebondissement intéressant.

Niveau bonus Crossed Path (par Slott, Christos Gage et Giuseppe Camuncoli) suit Black Cat en prison et annonce bien l’arc à venir. C’est sans doute le plus intéressant. Recapturing That Old Spark (mêmes scénaristes, Javier Rodriguez au dessin) se focalise sur Electro, film oblige, et est lié à Crossed Path. C’est d’ailleurs là son principal mérite. How My Stuff Works (Joe Caramagna, Chris Eliopoulos) est un petit récap mignon. Learning To Crawl (Slott/Ramon Pérez) est un avant-goût finalement plutôt alléchant de la série Amazing Spider-Man #1. (un year one pour le tisseur, idée qui ne me séduit pas). Homecoming, Sort Of (Peter David, Will Sliney) tease lui le futur Spider-Man 2099 (avec le héros coincé à notre époque). Et si Kaine (Chris Yost, David Baldeon) est surtout là pour faire de la pub à New Warriors, il reste sympathique de voir Peter sur les traces de son « frère », et de découvrir ce qu’il pense de lui.

Au final cet Amazing Spider-Man #1 ne change pas la donne. Il fait ce qu’on attendait de lui : réintroduire Peter dans sa propre vie. Les bonus sont sympas mais anecdotiques pour la plupart. Et surtout en fait rien ne change : les fans de Slott (dont je suis) seront sûrement très heureux de le voir continuer son run avec ce nouveau chapitre. Idem pour le dessin. Ceux qui n’aimaient pas ne verront aucune raison de changer d’avis. Enfin sauf si ce qu’ils n’aimaient pas c’était le côté sombre et impitoyable de Spidey/Ock, dans ce cas-là ils peuvent revenir (et croiseront peut-être ceux qui préféraient ce « faux » tisseur et regretteront le retour de Peter).

LA NOTE : 4/5

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Amazing Spider-Man #1 (Lucky to be alive)

MILES MORALES : ULTIMATE SPIDER-MAN #1

Peter Parker n’est pas le seul Spider-Man à faire son retour ce mois-ci, puisque Miles Morales, son équivalent de l’univers Ultimate, récupère lui aussi sa série après les bouleversements de Cataclysm. Brian Bendis et David Marquez sont toujours aux commandes, et ce numéro mérite sans doute la palme du « numéro un le plus artificiel du mois ».

Les auteurs reprennent en effet leur saga là où ils l’avaient laissée, en prenant en compte les conséquences de Cataclysm (la révélation de l’identité de Miles à son père, qui a disparu). Et disons-le, on ne s’en plaindra pas parce que c’est toujours aussi bon. Bendis continue de produire une excellente série, ne tombant dans aucun de ses travers récurrents (pas de décompression excessive ici, ni de recettes trop prévisibles). Et on peut même dire qu’il met le paquet dans ce numéro, avec le retour d’un vilain emblématique, l’arrivée de nouveaux vilains, et un cliffhanger qui laisse pantois même si on se dit bien que c’est une arnaque.

Mais surtout le scénariste continue à rendre Miles tout aussi sympathique et attachant que Peter avant lui. Il galère avec sa petite amie à cause de son secret. Son amitié avec Ganke est très bien dépeinte. Et surtout Bendis sait aussi exploiter les relations qu’il a pu établir entre Miles et les anciens supporting characters (Mary Jane ici). On voit ainsi Miles vivre ce que Peter a vécu, marcher dans ses traces, mais ne pas être seul pour le faire. Peut-être ce côté « remake du remake » en fera-t-il tiquer certains, mais je trouve au contraire qu’il apporte une vraie profondeur à l’intrigue, renouvelant la série en en faisant plus qu’un reboot. Ajoutons à cela que les dessins de David Marquez sont toujours aussi beaux, réalistes et élégants.

Ultimate Spider-Man reste donc sans surprise une excellente série, au héros attachant. C’est à n’en pas douter une des œuvres majeures de Bendis, et on sent le véritable amour du scénariste pour son « bébé ». Pas vraiment un nouveau départ donc, mais peut-être pas le pire moment pour prendre le train en marche et profiter d’un voyage des plus plaisants

LA NOTE : 4/5

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Miles Morales : Ultimate Spider-Man #1

CYCLOPS #1

Mais en Avril on n’a pas non plus eu que des come-backs arachnéens, puisque Cyclops a eu droit à sa série solo, sous la houlette de Greg Rucka et Russell Dauterman. Le jeune Cyclops (celui des All-New X-Men que Beast a fait venir à notre époque) a découvert pendant le Trial Of Jean Grey que son père, Christopher Summers aka Corsair était a) vivant (nous aussi on l’a appris d’ailleurs, et une petite explication n’aurait pas fait de mal…) et b) un pirate de l’espace. Il n’en fallut pas plus pour que le jeune mutant décide de profiter de cette réunion de famille improbable, et parte à l’aventure avec son cher papa.

Cette série est probablement parmi les plus improbable de ces dernières années. Pas parce qu’elle serait loufoque (elle ne l’est pas), mais parce qu’elle repose sur des choix qui représentent le contre-pied total de ce à quoi on aurait pu s’attendre. Une série sur Cyclops pourquoi pas ? Ce n’est pas l’X-Man qui s’y prête le plus, vu qu’il ne vit que pour son équipe, mais le personnage n’est pas non plus dépourvu de charisme. Mais pourquoi choisir le jeune Cyclops, dont la destinée paraît inéluctablement liée à celle de ses quatre camarades perdus dans le temps ? Surtout que ce jeune Scott Summers est loin d’être un personnage fini. C’est un work-in-progress. De même pourquoi faire appel à Greg Rucka, spécialiste des ambiances urbaines, des mondes réalistes et des héroïnes hyper-réussies pour raconter une histoire d’aventure spatiale, dont les deux héros sont deux hommes ?

Et pourtant, contre toute attente, ça marche. Ce n’est pas une histoire de Cyclops comme on l’imaginerait, Scott étant ici un ado mal dans sa peau, maladroit et franchement paumé. Ce n’est pas une histoire de Rucka comme on l’attend, non seulement du fait de l’univers SF du titre, mais surtout parce que le thème principal (la relation père-fils) ne fait pas vraiment partie de ses thèmes habituels. Mais c’est sacrément bien écrit. La relation entre les deux Summers est véritablement le cœur de la série et s’avère fort intéressante et même touchante. Les personnages sont profondément humains, et leurs péripéties spatiales apportent ce qu’il faut de rythme pour ne pas être face à une pure étude de personnages. Les dessins enfin sont très beaux, évoquant le style d’Olivier Coipel. Bref Cyclops n’est, à en croire ce premier numéro, ni une série Cyclops ni une série Rucka comme on aurait pu s’y attendre, mais ça a quand même l’air d’une très bonne série.

LA NOTE : 4/5

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Cyclops #1

NIGHTCRAWLER #1

Et enfin encore un retour, celui de Kurt Wagner aka Nightcrawler, tout frais ressuscité dans Amazing X-Men, le voici qui débarque dans son propre titre sous la houlette de Chris Claremont et Todd Nauck. Encore un X-Man pas vraiment habitué des séries solo, malgré une ou deux mini-séries éparses, mais dont on se dit qu’il a un certain potentiel avec son côté aventurier Errol-Flynnesque.

Ce premier numéro est vraiment scindé en deux parties. Dans la première Kurt redécouvre la vie parmi ses amis, à la Jean Grey School, et constate que les choses ont bien changé depuis son trépas. Ce passage est étrange, car s’il est cohérent en soi, on se dit qu’il aurait plus eu sa place dans Amazing X-Men, en guise d’épilogue. En fait on  a même parfois l’impression que Claremont en profite pour mettre son grain de sel (qu’on ne lui avait pas demandé) au sujet des affaires en cours chez les mutants (le passage autour de Wolvie et de son pouvoir guérisseur perdu en est un exemple frappant). Mais d’un autre côté ça a aussi le mérite de planter le décor pour qui ne lirait pas Amazing, et la conversation entre l’elfe et Rachel Grey est assez réussie.

Puis vient la seconde partie, de manière un peu abrupte, comme si la formalité de début avait été expédiée et qu’on pouvait maintenant passer au vif du sujet. Toujours en train de renouer avec le monde, Kurt rend visite à Amanda Sefton, sa dulcinée récurrente. Celle-ci, n’étant pas vraiment un personnage incontournable de l’univers mutant, aurait d’ailleurs pour le coup pu bénéficier d’une petite présentation, parce qu’en l’état le lecteur qui ne la connaît pas d’avant aura de quoi rester perplexe. Mais de toute manière les retrouvailles sont de courte durée puisqu’un vilain en armure au look assez moyen débarque. Boum scène d’action. Bim à suivre, rendez-vous le mois prochain.

Ce premier numéro est donc plutôt bon. Kurt est bien écrit, avec une pointe de tristesse sous des dehors joviaux. Les bamfs ont l’air d’être appelés à faire partie des éléments récurrents du titre, et c’est plutôt cool. Claremont n’est pas trop bavard (juste un peu et encore, peut-être que je dis ça parce que c’est lui) et ses dialogues sont plutôt bons. De même Todd Nauck fait le métier au dessin. Au niveau des reproches il y a cette transition un peu abrupte entre les deux parties de l’histoire et surtout le manque de charisme du vilain. Ce dernier point contribue à donner un côté un peu bateau à l’intrigue. En gros ça se lit avec plaisir parce qu’on est content de voir Nightcrawler, mais il va quand même falloir que le scénario s’étoffe un peu sous peine que la seule présence de Kurt Wagner ne suffise pas à porter la série.

LA NOTE : 3,5/5

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Nightcrawler #1

2 Responses to Focus sur les sorties All-New Marvel Now d’Avril et Mai

  1. Je doute que Claremont puisse vraiment décoller avec une intrigue qui dépote selon les attentes du lectorat actuel. Néanmoins j’attends de lire ce titre en VF pour renouer avec mon scénariste préféré. J’aime lorsqu’il livre sa pensée sur ce que font les autre auteurs avec SES jouets. J’avoue que lorsqu’il fait intervenir un clone de wolvie dans X-Men Forever et lui donne des griffes en os, il ose la remarque « quelle ânerie!! » qui m’a fait ricaner benoitement.Sinon tu as choisi une illustration qui est un « swipe » sur une vignette de la période Paul Smith ou Kurt pose avec la peluche mais sans les bamfs. On sent la série destinée aux nostalgiques.

    • Jeffzewanderer Jeffzewanderer dit :

      Oui, l’hommage de Nauck est d’ailleurs assumé (il a marqué « Nauck after Paul Smith » en bas de sa case :-) Pour Claremont j’ai aussi mes doutes, mais disons qu’à défat de totalement les dissiper, ce premier numéro m’a quand même un peu rassuré.

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