Green Lantern : Lights Out, le bilan

Green Lantern Lights Out Comic Talk Review

Jeffzewanderer Par

GARANTI SANS SPOILER

(même pas l’image finale, contrairement aux apparences)

En marge des grands ramdams mutant ou cosmique de Marvel et de son propre event Forever Evil, en octobre DC nous a concocté un petit crossover, comme ça, en douce. Et ça sur une de leurs plus grosses licences : Green Lantern.

Le résultat : un mini event appelé Lights Out, en cinq parties réparties sur Green Lantern #24, Green Lantern Corps #24, New Guardians #24, Red Lantern #24 et Green Lantern Annual #2 pour le final (avec aussi Green Lantern #23.1, sorti en septembre, en guise de prologue aussi officieux qu’indispensable).

Et surtout la vraie prise de pouvoir de Robert Venditti, successeur de l’intouchable Geoff Johns pour présider à la destinée des porteurs d’anneaux cosmiques de DC. Alors, le nouveau scribe a-t-il réussi à sortir de l’ombre de son illustre prédécesseur ? En un mot comme en cent : mouais.

Shine A Light

Le pitch de Lights Out est qu’un être nommé Relic, dernier survivant d’un univers existant avant le nôtre, a décidé d’exterminer tous les porteurs d’anneau utilisant le spectre des émotions. Cette menace concerne donc les Green Lanterns mais aussi tout leurs homologues rouges, bleus, indigos, oranges, roses (les Star Sapphires)… Même Kyle Rayner, la White Lantern, est de la partie.

Pas de trace du Sinestro Corps et de leurs bagues jaunes par contre. Bon ce n’est pas très gênant pour l’histoire elle-même, et ça s’inscrit dans la continuité (voir la fin du run de Johns), mais vu que TOUTES les lanternes et les êtres dont ils tirent leur pouvoir sont concernés, du point de vue de la cohérence interne de l’univers on aurait peut-être pu s’appesantir un peu plus sur cette absence.

Relic veut donc éradiquer tous les corps de Lanternes, car dans son univers d’origine, leurs équivalents ont utilisé l’intégralité du pouvoir des émotions, sans retenue aucune, et ainsi provoqué la fin dudit univers. Un cataclysme qu’il ne veut plus jamais revivre.

Une bonne idée donc, qui évite en partie le piège du manichéisme, avec un vilain qui veut sauver le monde plutôt que le détruire. Et un bon prétexte pour une alliance de tous les corps de Lanternes, qui permet aussi de relier certains subplots, comme celui de Guy Gardner envoyé en infiltration chez les Red Lanterns.

Il y a aussi de bons dessins. Aucun artiste ne livre une prestation à tomber de sa chaise, mais ils sont tous bons. Et j’ai personnellement été très content de revoir Sean Chen aux affaires (pour le final).

A noter au passage que même si vous ne lisez pas tous les titres de la gamme, vous pourrez suivre cet event sans problème, les situations de chaque personnage étant bien expliquées au cours du récit (à titre d’exemple je ne lis que Green Lantern, et je n’ai eu aucune difficulté à tout suivre dans l’event).

Green Lantern Lights Out Comic Talk  Review

Meh…

Mais ce qui se dégage principalement de Lights Out, malgré ses indéniables qualités, c’est à la fois un manque d’intensité et de personnalité.

D’intensité d’abord parce que malgré la menace pesant sur l’univers, la toute puissance du vilain et les difficultés que doivent surmonter les héros dont les anneaux paraissent impuissants, on ne ressent pas vraiment de sentiment d’urgence. Il n’y a pas de réel souffle épique. On y croît presque parfois, comme lors du sacrifice héroïque d’un des Green Lanterns bien connus des lecteurs pour protéger la retraite du reste du Corps. Ou lors de l’assaut final. Kyle Rayner est aussi plutôt bien servi et il y a un effort louable pour faire évoluer Hal Jordan via son nouveau rôle de leader du Green Lantern Corps.

Mais globalement, pour une histoire où on fait exploser des planètes, on extermine un corps de lanternes, et où le sort de l’univers se joue, on ne vibre pas assez. Il est d’ailleurs assez difficile de dire pourquoi ça ne marche pas (ou pas assez). Il y a des partis pris qu’on peut discuter, comme la manière dont est annoncée l’extermination susmentionnée. Mais en soi ça aurait pu marcher. Globalement il n’y a pas de défaut d’écriture particulier sur lequel mettre le doigt pour dire « là ça ne va pas », pas un moment précis où on décroche.

Une scène peut néanmoins peut-être résumer tout cela. Le final aurait pu introduire un bouleversement majeur au sein du Green Lantern Corps. Mais en fait ça n’engage apparemment que quelques personnages au sein de celui-ci (et pas des personnages du calibre d’Hal ou Guy Gardner). Du coup l’impact, même s’il est réel, est amoindri. Comme pour certains sacrifices, à cause d’une pirouette utilisé abusivement car à plusieurs reprises.

On est donc face à une sorte de monotonie omniprésente, et qui fait encore plus ressortir l’autre défaut de Lights Out (et du run de Robert Venditti dans l’ensemble).

Green Lantern Lights Out Comic Talk  Review

My Way (Not)

Car ce qui marque surtout, c’est le manque de personnalité, de cachet, du travail du scénariste. A priori on serait d’abord tenté de parler de manque d’originalité. Après tout on est encore face à une histoire impliquant l’impact de l’existence des différents Corps de Lanterns sur l’univers. Bon, pour une fois on n’a pas une nouvelle couleur de Lantern ni un énième secret des Gardiens révélé, ce qui est déjà un bel effort. Mais on reste quand même proche, thématiquement parlant, du travail de Geoff Johns.

Ce n’est pas en soi gênant. Johns a fait une grande partie de son run (la seconde essentiellement) en utilisant ces thèmes (Sinestro Corps War, Blackest Night, War Of The Green Lanterns, Wrath Of The First Lantern). Alors pourquoi Venditti n’aurait pas le droit de raconter aussi ce genre d’histoires ? Ce serait presque comme reprocher à un scénariste des X-Men de parler de mutants persécutés.

Le problème c’est que Robert Venditti n’arrive pas à mettre sa propre patte sur ces histoires. Il fait du sous-Geoff Johns. Et il le fait assez bien, c’est ça le pire. On ne peut pas dire qu’il soit mauvais, loin de là. Juste moins bon que son prédécesseur. Et comme il semble essayer de l’imiter, du coup ça se voit encore plus.

C’est le risque quand on essaie de s’inscrire dans la continuité du travail d’un autre auteur. Surtout quand ledit travail est aussi important que celui de Johns, qui a défini le personnage et l’univers de Green Lantern quasiment durant une décennie.

Seul le final, laisse un petit espoir, avec un nouveau statu quo qui a du potentiel. Mais encore faudra-t-il l’exploiter.

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LE BILAN : Lights Out n’es pas une mauvaise histoire, loin de là. Ni même un mauvais event. Il y a un bel effort pour introduire un nouveau vilain, avoir un impact sur l’univers de la série, et nous servir notre dose d’action. Mais il lui manque un petit quelque chose. Un cachet. Le petit supplément d’âme qui fait qu’on se rappellera d’une histoire des années plus tard. Robert Venditti n’arrive pas à s’approprier l’univers de Green Lantern et se contente de marcher dans les pas de Geoff Johns, sans trébucher mais sans génie non plus.

LA NOTE : 3/5

2 Responses to Green Lantern : Lights Out, le bilan

  1. Vincent Savi dit :

    Après un run tel que celui de Johns finalement, peut-être que cela vaut mieux pour l’instant et que plus tard il arrivera à mettre sa propre patte

  2. Tibo dit :

    Je l’ai lu en VF lors de sa sortie et j’ai été plutôt emballé. Certes ce n’est pas transcendant mais ça fait vraiment le travail. L’histoire reste cohérente même si plusieurs auteurs écrivent, c’est graphiquement honorable et il n’y a vraiment que l’épisode des New Guardians, bien qu’essentiel en soi, qui déçoit.

    Un événement qui augurait du meilleur :-)

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