Inhuman #1, la review

Inhuman Comic Talk Review

Jeffzewanderer Par

ATTENTION CET ARTICLE CONTIENT DES SPOILERS RELATIFS A LA FIN D’INFINITY

Inhuman fait partie de ces comics qui partent mal avant même leur lancement. Pourtant les premières annonces étaient encourageantes : on était face aux conséquences d’Infinity, et la série devait être écrite par un Matt Fraction marchant sur l’eau grâce à son Hawkeye et dessinée par la superstar Joe Madureira.

Seulement il y a eu gros retard, auquel le remplacement soudain de Matt Fraction par Charles Soule ne fut sûrement pas étranger. Puis il y a eu ce prologue nébuleux, Inhumanity. Et surtout à la lecture des autres titres Marvel (les numéros .INH) on s’est rendu compte que niveau conséquences, Inhumanity ne semblait pas parti pour bouleverser la donne.

Mais aujourd’hui (mercredi dernier pour être précis), Inhuman #1 de Charles Soule et Joe Madureira est finalement sorti, et on va peut-être enfin y voir un peu plus clair. Mais juste un peu…

Genesis

Inhuman #1 fait donc suite aux évènements d’Infinity. Black Bolt, roi des inhumains, y faisait exploser la Terrigen Bomb pour contrer Thanos. Cette bombe eut pour conséquence de créer un nuage de brume Terrigen ayant la faculté de provoquer la métamorphose (terrigenesis) chez les Inhumains, révélant leurs pouvoirs. Le nuage commença donc à se balader au gré des vents, provocant des métamorphoses et donc l’apparition de nouveau Inhumains dotés de super pouvoirs un peu partout dans le monde. Ce pitch est bien résumé en page de garde, ce qui devrait permettre aux éventuels nouveaux arrivants de s’y retrouver malgré le temps écoulé depuis la fin d’Infinity.

Concrètement, la série semble suivre l’apparition des ces nouveaux Inhumains, mais comme on pouvait s’y attendre, elle va le faire à travers le point de vue de quelques personnages choisis qui seront les principaux protagonistes. Voilà qui évoque les séries TV Heroes ou même Agents Of SHIELD. Ici ces personnages sont d’un côté le mystérieux Lash, qui semble ne pas vouloir que du bien à ses nouveaux frères Inhumains, et de l’autre un jeune homme (celui de la couverture) qui va acquérir ces pouvoirs dans ce numéro et devrait devenir le héros dans les numéros à venir. Et bien sûr, en l’absence de Black Bolt parti se cacher après Infinity, Medusa (sa femme et donc reine des Inhumains) va avoir un rôle déterminant à jouer.

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Marvel’s Latest Epic Begins Here !

Voila en tous cas ce que nous promet la couverture. Mais force est de constater que niveau épique, ce n’est pas encore tout à fait ça. En fait ce Inhuman #1 est un premier numéro aussi efficace que prévisible. C’est incontestablement bien fichu, et les divers éléments du récit sont bien mis en place, mais on ne prend jamais un grosse claque pour nous faire trépigner d’impatience jusqu’au prochain numéro. La structure du récit est un peu sage (scène d’intro/triple transition en parallèle/scène d’action finale), pas un vade-mecum mais presque. Il y a quelques idées intéressantes, notamment la motivation de Lash qui pourrait contribuer à enrichir le folklore autour des Inhumains comme l’avait fait Infinity  avec ses tribus cachées. Et globalement on ne peut que saluer la volonté des auteurs de créer des nouveaux personnages pour la série. Reste à s’assurer qu’on s’attache à eux au fil du récit. Enfin on appréciera aussi le charisme de Medusa, vraiment redoutable.

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Le dessin de Joe Mad est aussi pour beaucoup dans le plaisir qu’on prend à lire ce numéro. Ses designs, vraiment marqués par sa patte, sont très réussis, qu’il s’agisse de Lash ou du héros. Sa Medusa est splendide et n’a jamais utilisé ses pouvoirs (ses cheveux) de manière aussi classe visuellement parlant. Globalement l’action, point fort de l’artiste, et qui ne manque pas dans ce numéro malgré son côté « mise en place », est remarquablement représentée. Le dynamisme est au rendez-vous.

Et surtout il convient de saluer le travail de Marte Gracia aux couleurs, qui sublime le dessin de Joe Mad. Le dessinateur ne se faisant toujours pas encrer (et ça reste dommage je pense), c’est au coloriste qu’il revient de gommer les imperfection des crayonnés, de fignoler tout ça. Et il s’acquitte admirablement de cette tâche (on est loin du décevant Avenging Spider-Man #1 par exemple). Et si la palette de l’artiste est un peu sombre, elle contribue néanmoins au dynamisme de l’ensemble.

LE BILAN : Inhuman #1 est donc une de ces comics qu’on apprécie plus ou moins selon comment on l’aborde. Si vous vouliez le dernier grand récit épique de Marvel, vous allez sans doute être déçu(e). Ça n’a pas le punch qu’on pouvait espérer pour une série s’enorgueillissant d’un tel titre. Mais si vous l’ouvrez sans a priori, vous découvrirez un numéro de mise en place très bien mené, posant les bases, certes classiques (le vilain traque les gentils) mais assez intéressantes (le pourquoi de cette traque) de son intrigue, sans oublier de mettre de l’action. Et le dessin et les designs sont vraiment excellents. Peut-être le meilleur travail de Joe Mad depuis son come-back, notamment grâce aux couleurs de Marte Gracia.

LA NOTE : 4/5

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3 Responses to Inhuman #1, la review

  1. Eddyvanleffe dit :

    Jen n’ai pas l’impression que Matt Fraction marche sur l’eau en ce moment. J’ai plutôt l’impression qu’il se fait doucement pousser vers la sortie…

    • Jeffzewanderer Jeffzewanderer dit :

      Je faisais référence à la qualité de son travail sur Hawkeye. Après c’est vrai qu’on le voit moins qu’avant mais je ne sais pas du tout dans quelle mesure il se fait pousser dehors, et dans quelle mesure c’est un choix personnel comme ça avait pu être le cas pour Brubaker avant lui par exemple.

  2. Eddyvanleffe dit :

    Oui, oui…C’est juste le sentiment que j’ai quand je vois un auteur avoir quatre séries, puis trois, puis deux, puis une, puis…
    Après, on dit « Je vais me concentrer sur mes projets plus personnels. » comme un acteur qu’on ne voit plus au cinéma se consacre à ces premières amours au théâtre.
    C’est possible mais quoi qu’il en soit, c’est patent que l’alchimie entre l’auteur et Marvel n ‘est plus ce qu’elle était…(enfin je trouve).

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