Iron Fist The Living Weapon #1, la review

Iron Fist Comic Talk Review

Jeffzewanderer Par

Iron Fist fait partie de ces personnages qui ont toujours eu du mal à avoir une série régulière pérenne, mais qui disposent d’une fanbase d’irréductibles inconditionnels. Bref, Danny Rand est un peu l’archétype du personnage culte. Du coup, rien que pour ça, on se dit que Marvel a eu une bonne idée de confier sa nouvelle série à un auteur à part lui aussi : l’inclassable Kaare Andrews. Et quand on voit le résultat, on se dit que la Maison des Idées tient peut-être son nouveau Hawkeye

When offered life he chose death

C’est cette intrigante byline qui orne la couverture d’Iron Fist The Living Weapon #1. Intrigante car on n’a pas l’habitude d’associer d’aussi sombres propos à ce héros. Même dans ses dernières aventures en solo, par Matt Fraction et Ed Brubaker puis Duane Swierczynski, à la tonalité on ne peut plus sérieuse, Danny Rand restait plutôt détendu, positif, pour ne pas dire franchement marrant.

Kaare Andrews, à la fois scénariste et artiste, opte donc pour un contre-pied total en nous présentant un Iron Fist à la mine sombre, fermée, et aux pensées moroses alors même qu’il est en train de répondre aux questions d’une jeune et jolie journaliste. Et c’est là qu’on commence à voir tout l’intérêt qu’Andrews s’occupe de tout, puisqu’il entremêle tous les aspects de la narration avec brio, pour ne pas dire une pointe de génie pur et simple.

Sur ces premières pages Danny Rand est raide, immobile en permanence, l’expression comme la posture inchangée quelle que soit la situation (parce que la journaliste ne s’arrête pas à une simple interview…). Son tourment intérieur s’oppose à son impassibilité, laquelle détonne à son tour par rapport auxdites situations (resto de luxe, limousines, jolie journaliste etc…). L’atmosphère est oppressante, et cela se traduit dans les mises en page. L’interview est aussi prétexte à nous re-raconter les origines du héros. Mais pas son entraînement ni son duel contre le dragon qui lui conféra ses pouvoirs. Plutôt la quête folle de la mythique cité de Kun Lun dans laquelle son père a entraîné sa famille, la tragique avalanche…

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I am the blade that cuts both ways

Le numéro contient aussi sa part d’action, qui servira d’ailleurs à lancer l’intrigue du story arc à venir. Une action admirablement chorégraphiée, un must quand on pense à ce personnage. Le numéro de kung-fu aérien du héros contre une armée de ninjas revus et corrigés XXIème siècle et même des hélicoptères n’a rien à envier aux arabesques d’un Ryu Hayabusa (du jeu vidéo Ninja Gaiden) pour ce qui est du caractère spectaculaire.

Mais encore une fois, cette seconde scène va plus loin, non seulement parce qu’elle introduit un élément qui devrait encore une fois s’avérer déterminant pour la suite de l’intrigue. Mais surtout parce qu’elle approfondit encore le thème de la dualité, du contraste. Une dualité dont le héros est conscient, qu’il revendique. Et qui là encore se traduit à plusieurs niveaux. Car s’il est toujours aussi grave et tourmenté dans ses réflexions, évoquant son père, son héritage symbolisé par cette tour en ruine à l’arrière plan, lorsqu’il parle on retrouve le Danny Rand qu’on connaît, drôle, presque innocent. Qui d’autre pourrait jurer en disant « crappity-crap » ?

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Le contraste est omniprésent. D’un côté on a le sérieux de la situation, les couleurs oppressantes, tout dans les rouges jusqu’aux cieux nocturnes, pour transformer New York en alter-ego de la Gotham de Batman The Animated Series. Et de l’autre la plaisanterie facile mais efficace du héros qui ne se rappelle plus le prénom de sa conquête d’un soir et l’offense qu’en prend celle-ci alors même que sa vie est en jeu. Enfin, pour achever de louer toute la maestria avec laquelle Kaare Andrews exploite toutes les possibilités narratives qui lui sont offertes, évoquons aussi le grain particulier des pages de flashbacks, donnant l’impression que le papier a été vieilli, plié…

Iron Fist The Living Weapon #1 est donc une réussite absolue. Un petit bijou pas seulement en termes de dessin ou d’écriture, mais réellement de narration. A la fois profond et léger, posé et regorgeant d’action explosive, il est marqué par la patte d’un vrai auteur. Kaare Andrews s’est totalement approprié ce titre en un seul numéro, nous livrant un Iron Fist qui n’appartient qu’à lui sans pour autant trahir le personnage tel qu’on le connaissait. La série pourrait devenir un classique. Ce numéro en est déjà un.

LA NOTE : 5/5

Iron Fist Comic Talk Review

3 Responses to Iron Fist The Living Weapon #1, la review

  1. Eddyvanleffe dit :

    Le truc avec Kaare Andrews, C’est qu’en même temps d’être un auteur talentueux (Son Tanbgled Web Spider-Man était splendide) C’est vrai fanboy de ma génération, ce qui fait que je me reconnais parfaitement dans ses repères. On dirait qu’il a été biberonné au Frank Miller (Période Ronin/Dark Knight) et qu’il a rajouté une couche de Kawajiri par dessus.
    On sens qu’il aime aussi le matériau de base. Ca donne envie quoi!

  2. Arnaud dit :

    Cette série a des qualités indéniables, mais je ne m’attendais pas à un truc aussi sombre en fait, d’où mes réserves quant à crier au génie. Peut-être qu’en relisant ce numéro, je le savourerai à sa vraie valeur ^^ La série illustre en tout cas parfaitement All-New Marvel Now : des personnages secondaires mis sur le devant de la scène, des styles de narration osés, un design qu’on pourrait qualifier d’arty … Chapeau à Marvel pour oser ce genre de trucs avec Iron Fist (parce que bon, confier sa destinée à Brubaker, Fraction, Aja, Kano, Foreman, etc, c’était pas très risqué ^^).

    • Jeffzewanderer Jeffzewanderer dit :

      Arnaud : je te comprends d’autant plus que moi aussi au début j’ai été très surpris par ce ton très sombre, et ensuite ravi de retrouver l’humour de Danny Rand dans ses dialogues contrastant avec ses pensées.

      Et je partage totalement ton avis sur les nouvelles séries Marvel, ça va même être le thème de l’édito de prochaines Reviews Express cet aprem’ ou demain au plus tard :-)

      Eddy : So true :-)

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