Jeffzewanderer’s Reviews Express #11

Lois Lane Reviews Express Comic Talk

Jeffzewanderer Par

J’aime Lois Lane. Ou plutôt je voudrais aimer Lois Lane, mais ce que j’aime c’est l’idée de Lois Lane.

Lois c’est peut-être le personnage de comics féminin le plus connu après Wonder Woman. Parce que c’est la fiancée de Superman. C’est celle sans laquelle toute aventure du Kryptonien est inimaginable. Sur grand écran, en série TV, dans les comics bien sûr, ils sont indissociables. Même quand DC a effacé leur mariage avec les New 52, elle n’a pas disparu des titres ornés du « S » le plus célèbre du monde.

Et pourtant Lois, c’est qui ? C’est une reporter d’élite, lauréate du prix Pulitzer. C’était celle que Superman sauvait quand elle tombait des immeubles. Ça a été l’épouse idéale, amoureuse mais indépendante. Autant de descriptions exactes, mais qui finalement ne disent pas grand-chose du personnage.

J’ai en effet toujours eu l’impression  que les auteurs successifs n’ont jamais su faire honneur à cette femme si remarquable. Et là avouons-le, on nage en pleine subjectivité. Avouons par là même que je n’ai pas lu énormément de comics Superman dans l’absolu : du Loeb, du Rucka, un peu de Joe Kelly, l’inévitable All-Star Superman de Morrison, un soupçon d’Azzarello et le récent Unchained de Scott Snyder, et on a fait le tour du principal. Je ne prétends donc pas être un expert.

Mais à chaque histoire ou arc, j’ai eu l’impression que Lois était sous-exploitée, que le scénariste ne sait pas quoi faire d’elle. Objectivement, je me dis bien que j’ai tort. Lois est présente dans toutes les histoires, et elle y joue à chaque fois un vrai rôle. Elle obtient des pouvoirs dans un épisode d’All-Star, Loeb lui fait passer un marché secret avec Luthor, elle mène l’enquête chez Snyder… En fait elle rempli parfaitement sa fonction de second rôle. De membre du supporting cast dirait-on dans la langue de Shakespeare, une appellation sans doute encore plus exact : elle contribue à « soutenir » le récit. Elle fait partie de l’univers gravitant autour du héros, y jouant un rôle actif mais jamais prépondérant.

Reviews Express Comic Talk Lois Lane

Et c’est peut-être là que le bât blesse. Parce qu’au vu des talents de Lois, qui est (à l’ère moderne) constamment présentée comme une journaliste d’élite, rappelons-le derechef, je me dis qu’elle mériterait plus. Qu’elle devrait avoir un rôle non pas de soutien, mais essentiel dans les aventures de Superman. Mieux, qu’elle devrait avoir ses propres aventures, mener ses propres enquêtes, découvrir secrets et complots, sans forcément devoir appeler son soupirant/mari en collant bleu à la rescousse à la fin.

Et pourtant ce n’est pas le cas. Même Greg Rucka, expert dès qu’il s’agit de donner subrepticement la vedette à une femme même quand elle n’a pas le nom sur la couverture, n’a pas réellement insisté sur ce rôle de Lois Lane. Dans son run sur Adventures of Superman, il l’a bombardée reporter de guerre, mais au final c’était surtout pour qu’elle puisse se prendre une balle et que Supes en soit bouleversé.

Peut-être est-ce parce que justement ce n’est pas « Lois Lane » qu’on lit sur la couverture. Superman doit rester le personnage principal, au-dessus des autres. Et dans cette logique, peut-être est-ce aussi pour cela que les talents journalistiques de la « best reporter ever » ne sont pas plus mis en avant : parce que Clak Kent est lui aussi sensé être journaliste (et un bon, il aussi a eu son Pulitzer pré-New 52). Du coup, déjà que les scénaristes semblent déjà bien souvent ne pas savoir quoi faire de l’alter ego à lunette de Superman, il ne faut pas lui enlever son atout essentiel. Ainsi le rôle du « journaliste efficace » est déjà pris.

Alors pourquoi pas une série solo Lois Lane ? Je l’achèterai, et je ne pense pas être le seul. Le personnage a les épaules assez larges, incontestablement, et une personnalité assez riche et accrocheuse. Le supporting cast serait tout trouvé avec le reste de la rédaction du Daily Planet. Les scénarios s’écriraient tout seul : ce ne sont pas les secrets et autres affaires louches qui manquent dans le DC-verse. D’ailleurs Lois a droit à son one-shot en février. Hélas, il ne fut pas à la hauteur (voir plus bas pour le détail). Alors je me contente de soupirer devant cette Lois Lane que je rêve un jour de voir sur papier…

Reviews Express Comic Talk Lois Lane

Et entre les soupirs, je m’occupe aussi des Reviews Express sur mon compte Twitter @Jeffzewanderer avant de les regrouper et de les commenter ici.

Semaine du 05/02

A retenir : Que ce numéro d’Artifacts est écrit et dessiné par Eugene Ward et Martin Gimenez, des lauréats de la Top Cow Talent Hunt 2012. Pour le reste tout est dans le tweet et confirme qu’un « beau » dessin n’est pas forcément un « bon » dessin quand il s’agit de raconter une histoire.

#review Artifacts 34 Bon pitch (Nottingham refuse d’utiliser son artefact), narration un peu hachée à cause du dessin beau mais rigide 3,5/5

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Artifacts #34

Semaine du 12/02

A retenir : Fatale approche tout doucement de sa conclusion et Ed Brubaker arrive parfaitement à exploiter tous ces petits éléments essaimés tout au long de son récit. On a l’agréable sensation de savoir où on va, sans pour autant avoir celle de connaître déjà la destination. Et Sean Phillips mérite des éloges pour son dessin magnifique, tout en travail sur les ombres.

Et The Sixth Gun #36 confirme que ce nouvel acte de la saga est bien lancé et pourrait avoir des répercussions tragiques pour les personnages. A noter que la série va sortir en français et que je ne saurais que vous la conseiller, ce western fantastique/horreur étant à n’en pas douter la meilleure œuvre de Cullen Bunn.

#review Legenderry 2 Course-poursuite sympa même si abusée (l’hélico…), un scénar qui peine quand même à démarrer, beau dessin 3,5/5

#review SixthGun 36 La bataille tourne mal pour les héros, Asher Cobb trahit, numéro 100% action réussi 4/5

#review Fatale 20 L’arc final commence fort avec une Jo déchaînée. On bascule encore plus vers le fantastique 4,5/5

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Fatale #20

Semaine du 19/02

A retenir : White Suits #1 est l’archétype de la série qui se fera remarquer pour son aspect visuel. Niveau scénario c’est engageant mais pas particulièrement révolutionnaire. Les mystérieux tueurs d’élite en costume blanc qui donnent leur nom à la série m’ont fait penser aux Minute Men de 100 Bullets (Azzarell/Risso). Le héros amnésique et l’héroïne qui le traque pour lui donner des réponses en échange d’autres infos c’est un classique.  Attention, ça reste bien fait et même si on reconnaît ces éléments on est loin d’avoir une impression de « déjà lu ». Mais ce qui marque avant tout c’est le dessin de Toby Cypress (Killing Girl). « Stylisé » commence à peine à le définir. C’est parfois presque du gribouillage ou de l’esquisse, mais on sent à toujours que c’est parfaitement maîtrisé. Les personnages sont parfois difformes, mais là encore ça saute aux yeux que c’est voulu. On retrouve sur quelques cases un petit (tout petit) « je en sais quoi » de Paul Pope. Il y a aussi ces plages de noir qui barbouillent la page. Et enfin il y a cette idée laisser le tout en noir et blanc avec du rouge pour seule couleur. Un dessin qui n’est pas « beau » au sens classique du terme, mais qui donne tout son intérêt à la série. On aime ou on déteste je suppose.

Sinon Brian Wood réussit sa sortie sur Conan The Barbarian #25, confirmant que son run aura été aussi atypique que réussi. Mais surtout qu’il avait bien encore quelque chose à dire même deux numéros après le trépas de Bêlit. Et Gail Simone nous livre une histoire assez décalée de Red Sonja avec des cannibales fins gourmets. Et on notera surtout que la scénariste n’échappe pas à cette manie des auteurs consistant à évoquer la sexualité de l’héroïne (et que son vœu de chasteté ne semble plus être au goût du jour).

Enfin Batwoman #28 confirme cette tendance à faire de la série un comic « ordinaire », plus classique, qui semble déplaire à certains fans. Personnellement je trouve plutôt que Marc Andreyko tient de mieux en mieux son héroïne, même si globalement son histoire est il est vrai assez convenue.

#review HarleyQuinn 3 Harley devient irrésistible grâce à une plante d’Ivy, on s’entretue pour elle. Loufoque mais pas drôle 2/5

#review XFilesConspiracyTMNT Les TMNT, des vampires, un virus mais finalement ce one-shot/tie-in ne débouche sur rien de concret 3/5

#review JusticeLeague 28 Arrivée des Metal Men dans les New 52. Vraiment très convenu a tout point de vue mais plutôt bien fait 3,5/5

#review WhiteSuits 1 Des mystérieux tueurs en costars blancs, 1 amnésique, 1 enquêtrice : les éléments sont en place. Le dessin divisera 4/5

#review Batwoman 28 Excellent équilibre entre la traque de Wolf Spider et les problèmes persos de Kate, elle-même très bien écrite 4/5

#review WonderWoman 28 WW & co traquent Dyonisos, le 1st Born se rebiffe. Efficace mais manque juste un peu de punch paradoxalement 3,5/5

#review RedSonja 7 Sonja doit sauver un cuistot de cannibales. La narration joue étonnamment la carte de l’humour, mais le fait bien 4/5

#review ConanTheBarbarian 25 Numéro triste, violent, désespéré, à l’image du héros endeuillé. Un bel épilogue pour un superbe run 4,5/5

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White Suits #1

Semaine du 26/02

A retenir : Vous l’aurez compris en lisant l’édito, le one-shot Lois Lane par Marguerite Bennett ne m’a pas conquis. L’histoire entre Lois et sa sœur junkie qu’elle veut aider est assez mièvre, dégoulinant un peu de bons sentiments cucul la praline (les jeux d’enfant, le langage secret, la maman malade et le père dur… des éléments classiques mais pas très bien utilisés). L’enquête que Lois mène pour aider sa sœur à retrouver sa coloc’ disparue n’est pas vraiment résolue à la fin (on sait se qui se passe certes, mais on a un peu envie de dire « et donc… ? » une fois le numéro refermé). Globalement Lois manque aussi de peps, d’énergie, et on la sent un peu trop fragile et vulnérable. Sans dire qu’elle est en mode « demoiselle en détresse », loin de là, on n’a pas vraiment non plus l’impression que c’est SON histoire, qu’elle a le contrôle des évènements. Mais surtout la narration à la première personne est bien trop présente, donnant un côté verbeux au récit, et renforçant le côté « pauvre petite chose » de Lois par son contenu. Enfin le dessin est inégal à cause des multiples dessinateurs (quatre, et autant d’encreurs !). Et franchement c’était obligé, juste parce que Lois est une femme, de lui coller des bulles de narration roses ?  Surtout que vu leur nombre ça devient vite la couleur dominante.

Sinon en parlant de dessins qui ne sont pas raccords, ceux de Mike Avon Oeming et Nelson Balke II sur Artifacts #35 sont un cas d’école. Et le scénario d’un autre gagnant de la Talent Hunt 2012 fait la part belle au héros, Finn (ex porteur de la Glacier Stone) mais utilise trop les autres personnages pour le mettre à son avantage, oubliant parfois un peu la cohérence du tout. Les renforts qui sortent un peu de nulle part, pour montrer que Finn est malin et avait tout prévu ok, mais ils sortent d’où concrètement ? Et surtout s’ils étaient là avant pourquoi c’est quand même la méchante qui a pris l’artefact avant l’arrivée de Finn ? Et s’ils savaient que l’artefact n’était plus là pourquoi ne pas prévenir Finn au lieu de le laisser arriver comme une fleur ?

Sinon TMNT #31 réussit la transition entre épilogue contemplatif et retour de l’action (et la dernière splash page est juste hyper classe !). Et Hawkeye #15 (sorti après le #16, ben oui…) voit le retour de David Aja au dessin et de Clint Barton en (anti) héros. Et si j’ai pu qualifier les aventures de Kate Bishop de « hipster noir », là on est face à du vrai noir de chez noir, avec ses héros désespérés, son rythme lent… Et quand même un petit côté décalé dont je me dis qu’il est vraiment la marque de Matt Fraction (Clint en caleçon…).

#review LoisLane 1 Décevant : narration verbeuse, un peu mièvre, enquête sympa mais sans réelle résolution, beau dessin sauf la fin 2,5/5

#review Artifacts 35 Finn a son avantage, mais scénar pauvre et surtout dessin par deux artistes trop différents et peu inspirés 2,5/5

#review RatQueens 5 La grosse baston et la beuverie/épilogue classique, avec des personnages vraiment attachants. Plaisant 3,5/5

#review LoneRanger 22 Stand-alone réussi sur une sorcière indienne/arnaqueuse que le Ranger et Tonto doivent protéger. Bien ficelé 4/5

#review TMNT 31 Transition entre la récupération post-City Fall & l’explosion de violence impeccable, des personnages réussis 4,5/5

#review Hawkeye 15 La tracksuit mafia contre-attaque. Narration et surtout dessin (Aja) toujours impeccable. Tout en ambiance « noir » 4,5/5

Reviews Express Comic Talk

Hawkeye #15

2 Responses to Jeffzewanderer’s Reviews Express #11

  1. Eddyvanleffe dit :

    S’il y a bien une remarque que je comprends, c’est le fait d’aimer l’idée d’un personnage. Moi aussi je aime bien Lois Lane mais force m’est de constater qu’elle a souvent-malgré l’image que veut envoyer de la femme indépendante moderne etc-le rôle de potiche à l’ombre de Superman.
    Rucka comme à son habitude avait developpé son coté proactive en en faisant un reporter de guerre-ce qui du coup était assez sympa à lire.
    Son iteration New52 n’est pas non plus une abberation en soi et la voir célibataire (plus que Clarck en fait), à la tête d’une entreprise qu’elle transforme et adapte aux besoins actuels, n’est pas nul. Après je ne suis plus l’affaire donc je ne peut pas dire si les auteurs s’en tirent la dessus.

  2. cosmos dit :

    Lois Lane apparaît depuis peu dans la série Earth 2, et pour le moment j’aime beaucoup son personnage. Bon, elle a *un peu* changé physiquement et le Daily Planet est bien loin, mais en l’entendant parler on reconnaît tout de suite son humanité et sa détermination.

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