Jeffzewanderer’s Reviews Express #22

Comic Talk Reviews Express

Jeffzewanderer Par

Nouvelle petite sélection de Reviews Express, pour les sorties de la semaine dernière, mercredi 26 novembre. La formule a l’air de vous plaire, donc on va essayer de la faire perdurer. Et on commence tout de suite avec le titre de la semaine :

Le titre de la semaine :

STUMPTOWN #3 (Oni Press) par Greg Rucka et Justin Greenwood

Ça faisait un moment que je cherchais un prétexte pour parler de cette excellente série. Stumptown c’est encore un polar de Greg Rucka dont l’héroïne, Dex Parios, correspond bien à l’archétype de la « Rucka Woman ». On vous avait d’ailleurs déjà parlé de la première mini. Bref, contrairement aux dernières œuvres du scénariste (Veil, Cyclops, Lazarus…), qui le voient s’aventurer vers de nouvelles thématiques, on a ici affaire à quelque chose de très classique. Mais vu le génie de Rucka, « classique » reste synonyme de « remarquable ». Dex, sympathique loser qui doit ses succès en tant que détective autant à sa ténacité qu’à ses talents d’enquêtrice, doit cette fois traiter une affaire très personnelle. Un fan bien connu de la franchise de Major League Soccer des Portland Timbers a été tué après un match contre leurs grands rivaux, les Seattle Sounders. Et ce fan est un ami de Dex, elle-même fan dévouée des Timbers, qui entend donc bien tirer cette affaire au clair. Elle est pour l’occasion accompagnée de sa collègue et presque amie, CK, habitante de Seattle (et fan des Sounders). Rien que la qualité de l’écriture de ce polar, et surtout la profondeur des personnages, auraient suffi pour en faire un excellent titre. Mais le fait de découvrir le monde des supporter de foot « européen » dans le cadre de la MLS et à travers les yeux de Greg Rucka en fait une curiosité tout simplement indispensable.

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Stumptown #3

Les autres sorties :

ODY-C #1 (Image) par Matt Fraction et Christian Ward

Voilà un de ces comics qu’on ouvre par curiosité et qu’on referme avec perplexité, en se demandant si on vient de lire une œuvre génialement conceptuelle ou le résultat d’un trip sous acide. ODY-C, comme son nom l’indique presque, est une relecture de l’Odyssée (Ulysses et tout ça…). Mais les rôles masculins sont devenus féminins. Et les rôles féminins le sont restés. Et c’est dans un décor de SF. Mais surtout heureusement qu’on sait au départ que c’est l’Odyssée qui a inspiré cette histoire, parce que la narration comme le dessin sont si… pas vraiment abstrait, mais disons stylisés, qu’on a honnêtement un peu de mal à suivre ce qui se passe. Après c’est beau, Christian Ward se lâchant certes moins que sur The Infinite Vacation, mais laissant quand même parler son talent. Quant à Matt Fraction on sent qu’il se fait plaisir. Reste à savoir si ce plaisir finira par être communicatif comme sur Casanova, ou s’il confinera à l’onanisme.

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Ody-C #1

LAZARUS #13 (Image) par Greg Rucka et Michael Lark

Second titre de Greg Rucka cette semaine, j’ai été gâté. Je vous ai déjà parlé de Lazarus, série se déroulant dans un futur aussi dystopique que dérangeant par son réalisme où le monde a été divisé entre quelques grandes familles, dirigeantes de grandes entreprises. La population est divisée entre les serfs qui les servent et les « wastes », qui ont pour seul espoir de devenir serfs. Et les familles ont chacune un garde du corps d’élite, leur Lazarus. L’héroïne, Forever, est le Lazarus de la famille Carlyle. L’arc en cours intitulé Conclave, se concentre sur les jeux de pouvoirs entre les familles, qui se réunissent toutes pour la première fois depuis des années. Mais c’est aussi un prétexte pour découvrir les Lazari et la petite communauté qu’ils forment. Bref ce numéro (et cet arc en général) réussit parfaitement le mélange entre développement des personnages et progression de l’intrigue au sein d’un univers riche et fascinant. Le dessin sobre et élégant de Michael Lark achève de créer une ambiance impeccable pour la série.

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Lazarus #13

GI JOE #3 (IDW) par Karen Traviss et Steve Kurth

 

« GI Joe » et « réalisme » ne sont pas deux termes qu’on imaginerait associés en temps normal. C’est pourtant le parti pris pour lequel opte la romancière Karen Traviss. Cobra a arrêté le terrorisme et joue les médiateurs dans un conflit en Europe de l’Est. Et les Joes sont sur le point d’être dissous parce qu’ils coûtent trop cher au gouvernement. Dit comme ça, ça peut avoir l’air chi***, mais en fait Karen Traviss mène tranquillement sa barque entre opérations noires, magouilles officielles et rébellion d’un jeune soldat de Cobra un peu trop assoiffé de sang. Un parfum de fin d’époque flotte sur ce titre à l’ambiance étonnamment nostalgique. On n’aurait en effet jamais imaginé un titre GI Joe comme ça, mais si on le fait quand même, on obtient un résultat aussi étonnant que réussi.

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GI Joe #3

BODIES #5 (Vertigo)

par Si Spencer, Phil Winslade, Meghan Hetrick, Dean Ormston et Tula Lotay

Le pitch de Bodies était ambitieux : un même meurtre devait être résolu à quatre époques différentes à Londres (en 1890, 1940, 2014 et 2050). Le problème c’est que la séparation entre les quatre parties de l’intrigue est trop mécanique. Chaque segment a droit au même nombre de pages dans chaque numéro, et ils ne sont jamais entremêlés (pour ceux qui l’ont vu imaginez si on projetait chaque histoire de Cloud Atlas d’une traite, les unes à la suite des autres). D’où cette impression de narration un peu trop mécanique, trop cadrée et pas assez naturelle. En plus les divers univers se mêlent assez mal, la partie SF dans un monde d’amnésiques étant par exemple un peu trop perchée. Mais surtout on a du mal à comprendre l’intrigue, assez absconse, et les changements d’époque ajoutent à la confusion. Ajoutez des styles de dessin pas toujours accrocheurs et vous obtenez une grosse déception.

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Bodies #5

CONAN THE AVENGER #8 (Dark Horse) par Fred Van Lente et Brian Ching

 

Conan et sa petite compagnie de bâtards d’Amra se sont retrouvés enrôlés de force dans une troupe de mercenaires plus importante Et Conan les convainc d’aller saquer la ville de Lippr, mais uniquement parce que lui et ses soldats ont leurs raisons de vouloir y pénétrer. Dans ce numéro c’est donc l’assaut. C’est bourrin et épique, il y a suffisamment de background et de manigances en coulisses pour que le résultat soit plus qu’un simple défouloir. Bref c’est du bon Conan, classique mais efficace. La parenthèse Brian Wood est bien refermée, Dark Horse opte pour un retour aux sources, et le fait bien.

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Conan The Avenger #8

DEATHLOK #2 (Marvel) par Nathan Edmondson et Mike Perkins

Deuxième numéro pour la énième série black ops de Nathan Edmondson (déjà auteur de Punisher et Black Widow). Et réinvention du personnage de Deathlok pour l’occasion. Cette fois le cyborg tueur est un travailleur humanitaire dans le civil, et surtout n’a pas du tout conscience de ce qui se passe pendant ses missions. Missions qui sont dirigées par une mystérieuse organisation, elle-même traquée par le SHIELD. Le pitch est intéressant, il faudra voir si la série pourra survivre à la résolution du mystère initial qui fait son intérêt. Mais on a encore le temps pour se poser la question et en attendant on peut profiter de ce premier arc, et des dessins sublimes de Mike Perkins.

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Deathlok #2

ARKHAM MANOR #2 (DC) par Gerry Duggan et Shawn Crystal

J’imagine qu’un beau matin, dans les bureaux de DC, un mec est entré et a dit « ça y est les gars, je sais ce qui manqué à notre ligne éditoriale : une autre série Batman ! ». Et apparemment on lui a répondu que c’était une idée géniale (ça ou les décisions éditoriales de DC sont prises par un robot avec un bug qui approuve toute proposition contenant le mot « Batman »). Parce que c’est exactement ce qu’est cet Arkham Manor, derrière son titre accrocheur et son concept de voir le Manoir Wayne transformé en asile pour les détenus d’Arkham : une série Batman de plus. Mais ne boudons pas non plus notre plaisir, voir Bruce Wayne mener l’enquête déguisé en patient tandis qu’un mystérieux tueur sévit dans les couloirs de son ancienne demeure reste un passe temps agréable. Alors pourquoi ne pas se laisser tenter une fois de plus ?

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Arkham Manor #2

SUPERMAN #36 (DC) par Geoff Johns et John Romita Jr

J’ai déjà évoqué le fait que l’histoire de Geoff Johns, où Superman rencontre un personnage qui est son équivalent avait déjà été utilisée (voir Superman Unchained de Snyder, et dans une moindre mesure Last Son of Krypton, déjà de Johns). Et j’avais conclu en disant que tant qu’il en faisait une histoire différente, peu importait que le thème ait déjà été utilisé. Et avec ce numéro, c’est là que le bât blesse. L’histoire vire au cliché. A la fin du numéro précédent, Ulysses avait décidé que la Terre était trop corrompue pour être sauvée, et offrait donc l’asile dans le monde idéal où il avait grandi à qui le désirait. Seul hic : il ne peut y avoir que six millions d’élus. Et du coup on avait une situation intéressante, avec un personnage qui offrait aux gens un monde idéal, et Superman qui se retrouvait presque dans la position du « vilain » en allant contre cette offre. Mais hélas dans ce numéro, au lieu d’un dilemme moral intéressant, on a droit à une excuse pour être sûr que Superman ait une bonne raison de tabasser Ulysses le mos prochain. Dommage. Surtout que John Romita Jr commençait enfin à trouver son rythme et soigner son dessin.

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Superman #36

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