Jeffzewanderer’s Reviews Express #32

Comic Talk Reviews Express

Jeffzewanderer Par

Elles sont de retour. Combien de fois ai-je pu écrire ça à propos de Reviews Express ? Trop, et sûrement que je l’écrirai encore. En attendant, après cinq semaines d’absences : elles sont de retour. Et comme écluser cinq semaines de comics un mardi ce n’est sans doute pas l’idée du siècle, on va privilégier la qualité sur la quantité en retenant cinq comics sortis pendant cette période. Pas un par semaine, parce que j’ai choisi les titres avant de regarder les calendrier des sorties. Juste cinq numéros particulièrement remarquables avant de reprendre un rythme plus classique dès demain. Alors n’attendons pas plus pour le retour des Reviews Express !

TOP OF THE PILE

CAPTAIN MARVEL #15 (Marvel)

Par Kelly Sue DeConnick et David Lopez

J’ai pleuré en lisant ce comic. Allez-y, vous pouvez chambrer, moi je ne me serai pas privé de le faire. En plus ce n’est pas le genre d’histoire qui m’émeut normalement. C’est l’histoire de Carol Danvers, de retour sur Terre après son périple dans l’espace, qui découvre la mort de son amie Tracy. Elle a été emportée par un cancer qui la rongeait déjà au départ de Carol. C’est l’histoire du deuil de Carol. Bref c’est le genre d’histoire facilement larmoyante, signe d’un auteur paresseux qui veut faire chialer dans les chaumières à peu de frais. J’adore… Sauf que là c’est écrit avec une telle délicatesse, une telle finesse, ça fonctionne. Kelly Sue Deconnick nous livre un petit concentré d’humanité en 22 pages. C’est touchant, chaque petite anecdote fait mouche. Ce n’est jamais facile. Toujours de bon goût. Et c’est drôle. Cet humour tendre qui nous fait oublier le chagrin. Qui fait qu’à la fin on ne sait plus trop si les larmes sont dues à la tristesse ou à la joie. Il est difficile d’en dire plus. Parce que je ne suis pas là pour spoiler. Et surtout parce que c’est le genre d’histoire qui vous prend aux tripes et ça ne s’explique pas. Peut-être que si vous la lisez elle ne vous touchera pas. Peut-être que vous en penserez ce que je pense d’habitude de ce genre d’histoire. Peut-être que vous trouverez juste ça pas mal. Mais alors que je feuillette ce numéro pour me le remettre en mémoire, je sens encore ma gorge se serrer en lisant la dernière page. ‘nuff said.

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BATMAN #40 (DC)

Par Scott Snyder et Greg Capullo

Je me demandais si j’allais haïr on encenser Endgame lorsque l’arc serait enfin terminé. Et bien finalement c’est un peu entre les deux, comme souvent avec Snyder depuis son début de run sur Batman. Je nourrissais les pires craintes à propos de la nouvelle origine que le scénariste avait concoctée pour le Joker. Allait-elle être le résultat d’un plan génial du clown psychopathe, ou un massacre total de ce personnage si parfait ? De ce côté je n’ai pas été déçu. Mais le reste du numéro marche moins bien. Ce combat dantesque entre Batman et sa Nemesis fait forcé. Il y a bien une louable tentative pour expliquer que le Joker de Snyder sot devenu un phénomène physique capable de rivaliser au corps à corps avec Batman. Mais ça pèche par principe. Et si l’interprétation de la relation bizarre entre le héros et le vilain n’est pas inintéressante, elle est aussi moins novatrice ou brillante que Snyder ne semble le penser. Les dessins sont parfois excellents, et parfois les couleurs et ce fichu ciel fuchsia viennent tout casser. Et la fin souffre de Geoff Johns-ite aiguë, avec une conclusion qui est en fait une ouverture sur ce que sera la série post-Convergence. Elle a ce côté « fausse bonne idée osée qui n’aura qu’un temps », qui rappelle un peu ce qu’on a pu voir pré-New 52. Je ne dis pas à quel arc je pense, pour éviter les spoilers, mais vous pouvez tenter votre chance dans les commentaires pour deviner. Mais Endgame reste un arc bien construit, avec une idée excellente au cœur de son scénario et un côté blockbuster qui sied finalement bien à ce titre, vitrine grand public du Batverse.

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JUSTICE LEAGUE #40 (DC)

Par Geoff Johns et Kevin Maguire, Phil Jimenez, Dan Jurgens, Jerry Ordway, Scott Kolins, Jason Fabok & Jim Lee

En parlant de Geoff Johns et de ses fins ouvertes qui ne font qu’annoncer l’event suivant, il est maintenant temps de voir ce que nous annonçait la conclusion de Forever Evil. Petit rappel : on y découvrait que le Crime Syndicate qui avait mis notre monde à genoux avant la victoire surprise du duo Batman/Luthor avait fui une menace encore plus terrible. Cette menace nous est dévoilée ici, et le moins qu’on puisse dire c’est que le scénariste sait y faire pour planter son décor. Enjeux cosmiques, conflit épique, et très bonne utilisation du roster d’artistes cinq étoiles. Le tout en nous reliant le DC-verse pré et post New 52, plaisir subtil pour les plus anciens lecteurs, tout en restant accessibles pour les nouveaux arrivés. Bref ce prologue à Darkseid War laisse augurer du meilleur pour cet event, finalement passé un peu inaperçu entre Convergence, Divergence et The Multiversity. Soyons juste, la qualité de ce numéro est d’autant plus remarquable qu’on n’y voit pas la Justice League. Juste les vilains. Et que ça parle beaucoup. Mais on se laisse prendre par le récit, preuve que 22 pages d’exposition qui restent intéressantes, c’est possible. Reste à voir ce que la suite donnera, mais si le but était de nous donner envie c’est réussi.

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HARROW COUNTY #1 (Dark Horse)

Par Cullen Bunn et Tyler Crook

Le premier réflexe du lecteur accablé par un mauvais esprit patent en découvrant le pitch d’Harrow County est que c’est un sous Wytches, la géniale série de Scott Snyder et Jock. On est en effet face à une histoire d’horreur gothique dans l’Amérique rurale. Une histoire de sorcière, avec même un arbre à la silhouette sinistre comme élément graphique essentiel. L’histoire d’une jeune fille innocente accablée par cette malédiction qui la dépasse, et de sa famille tout aussi désemparée. Bref si on s’arrête aux éléments du scénario ou de l’univers, on est face à du plagiat éhonté. Sauf qu’à la lecture, on a l’impression d’être plutôt face à une variation sur un thème. Car la série du duo qui avait déjà officié sur The Sixth Gun a son charme propre. Un côté plus lumineux que son homologue de chez Image, presque charmant. Une horreur qui prend presque par surprise, là où celle de Snyder est plus viscérale. On est presque face à un conte, à du folklore, à une de ces histoires qu’on se raconte au coin du feu. Le dessin assez naïf de Tyler Crook, dans la veine « animated », avec un brin de Darwyn Cooke, renforce cette impression, cette atmosphère. Les couleurs de l’artiste, façon aquarelle, sont à ce titre superbes. Les extras ne sont pas mal non plus, à commencer par « Tales of Harrow County », vignette en une page (dessinée par Owen Gieni) très réussie, pour donner corps à ce lieu si empli de mystère. Et les anecdotes personnelles de Cullen Bunn, si elles rappelleront encore une fois celles de Scott Snyder dans Wytches, sont aussi plaisantes. Alors oui, on pourrait crier au plagiat, mais on pourrait aussi juste laisser sa chance à ce titre qui pourrait bien trouver sa voix très vite.

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SWORDS OF SORROW (Dynamite)

Par Gail Simone et Sergio Davila

Le moins qu’on puisse dire c’est que Dynamite n’a pas un bilan génial quand il s’agit de faire des gros events en mélangeant toutes ses licences. Masks, mêlant les héros pulps, fut (à mon vais) un immonde fiasco. Prophecy, par Mark Waid, fut honnête mais sans plus. Legenderry, écrit par Bill Willingham et à l’ambiance steampunk fut paradoxalement trop long et parfois précipité. Et maintenant c’est Gail Simone qui s’essaie à l’exercice et son concept ne devrait pas surprendre ses fans. Car la scénariste a pour l’occasion décidé de réunir exclusivement les héroïnes de l’éditeur : Red Sonja, Vampirella, Dejah Thoris, Kato (version Green Hornet de Kevin Smith), Jennifer Blood, Jungle Girl… Le tout agrémenté de voyage dans le temps histoire de justifier que toutes ces dames puissent se croiser. Pourquoi pas dirons-nous. Ce premier numéro remplit quant à lui bien son office pour ce qui est de présenter lesdites héroïnes avec le classique enchaînement de scénettes les montrant en action. S’il n’y a rien à redire de ce côté-là, on sera en revanche un peu plus réservé à propos du vilain, dont on ne peut pas dire qu’il respire le charisme. Et si les premières antagonistes de nos héroïnes (là encore piochées dans les licences de l’éditeur) devraient nous permettre d’assister à des joutes intéressantes, il faudra quand même que le vrai vilain soit à la hauteur. Quant au dessin de Sergio Davila, il est propre et élégant, même s’il lui manque la précision dont Walter Geovani pouvait faire preuve.

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