Jeffzewanderer’s Reviews Express #33

Reviews Express Comic Talk

Jeffzewanderer Par

Retour à un rythme plus normal pour les Reviews Express, avec une sélection plus classique parmi les comics sortis ces deux dernières semaines. On laisse de côté les gros events du Big Two, parce que je parlerai de Secret Wars à part. Et parce que j’avoue qu’entre Divergence, Convergence et The Multiversity, DC m’a tellement perdu avant même le départ que je n’en ai lu aucun. Mea Culpa. Les trades serviront (peut-être) à combler cette lacune. Mais en attendant les petites séries de qualité ne manquent pas et confirment les bonnes premières impressions des numéros d’ouverture, que ce soit chez Marvel ou les éditeurs tiers. Mais ne tergiversons pas plus et entamons cette fournée de Reviews Express.

TOP OF THE PILE : MOON KNIGHT #15 (Marvel)

Par Cullen Bunn et German Peralta

Moon Knight c’est un peu ce que fut Daredevil pendant un temps : le sleeper hit de Marvel, enchaînant les runs de qualité discrètement, dans son coin. Warren Ellis avait ouvert le bal avec ses expériences narratives un peu en dilettante mais au final hyper intéressantes. Brian Wood avait bien assuré la succession avec un arc à la construction plus classique mais un thème (la relation compliquée entre le héros et Konshu, sa divinité tutélaire) fort bien traité. Et désormais c’est l’aussi omniprésent qu’irrégulier Cullen Bunn qui a pris la suite et nous livre des done-in-one très bien ficelés. Celui de ce mois-ci est un petit bijou, explorant à nouveau la relation Moon Knight/Konshu évoquée plus tôt. Mais surtout le twist final est à la fois très bien trouvé et parfaitement amené. La construction narrative de Bunn est pour le coup particulièrement exemplaire. Tout est fait pour qu’on arrive à la dernière case sans se douter de rien et qu’on soit cueilli en pleine poire par la dernière réplique, qui nous fait considérer les 22 pages d’un autre œil. Et au dessin German Peralta respecte parfaitement la charte graphique imaginée par Declan Shalvey pour la série, en préservant l’esprit visuel très inspiré. Bref voici un numéro à lire qu’on suive régulièrement le titre ou pas.

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Semaine du 20/05

A-FORCE #1 (Marvel)

Par Marguerite Bennett & G. Willow Wilson et Jorge Molina

Bon je ne vais pas parler de Secret Wars, mais puisque je l’ai lu je vais parler de ce numéro un. Déjà pour me demander si cette série a vocation à durer au-delà de la fin de l’event, et si c’est le cas, comment ça va se goupiller. Parce que cette histoire se déroule dans l’une des réalités alternatives composant le Battleworld (et je n’en dis pas plus pour ceux ne souhaitant pas préserver pour l’event principal). Et dans cette réalité She-Hulk est à la tête d’un groupe d’Avengers 100% féminin ayant vocation à protéger la cité d’Arcadia, ville idéale au milieu du néant. En fait d’Avengers on a en fait droit à à peu près toutes les héroïnes Marvel, comme en témoigne la couverture. Et elles semblent tirées de diverse périodes de la continuité qu’on connaît, mais sans être les versions qu’on connaît. Oui, je sais on s’y perd. Et c’est un peu le problème de ce premier numéro. On comprend l’histoire que les deux scénaristes veulent nous raconter, She-Hulk devant jouer les leaders protectrices malgré la tutelle d’acier du maître su BattleWorld. Et ça s’accompagne des tensions habituelles parmi ses troupes. Mais ce qui est plus difficile à saisir c’est le contexte et surtout les enjeux de cette série. Parce que j’ai personnellement eu du mal à ma passionner pour ce qui arrivera à ces versions alternatives des personnages que je connais, dans un monde dont je ne suis même pas sûr qu’il existe pendant plus de huit mois IRL. Bref aucun réel lien d’empathie ne se crée entre le lecteur et les personnages. Et c’est d’autant plus dommage parce que ce numéro tente de jouer sur la corde sensible, en vain pour le coup, du moins en ce qui me concerne. L’écriture n’est cependant pas catastrophique, et même plutôt bonne si on fait abstraction de ce que je viens de dire (défaut plus lié au pitch qu’à la technique narrative). Quant au dessin de Jorge Molina il est tout à fait honnête, du bon travail efficace.

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DJANGO/ZORRO #7 (Dynamite)

Par Quentin Tarantino & Matt Wagner et Esteve Polls

Crossover improbable, fleurant bon l’opportunisme commercial, ce Django/Zorro aura été une bonne surprise de bout en bout et le confirme encore une fois avec sa conclusion. Bien écrit, il fait honneur à ses deux héros, préservant leur aura tout en rendant leur amitié crédible, et la scellant dans l’adversité. Tous les éléments posés au fil des numéros précédents sont exploités, et les auteurs nous offrent même quelques séquences cultes (dont un « the D is silent » magnifiquement placé). On a droit à un déluge d’action qui évoque la fin du film de Tarantino, et qui s’avère tout aussi cathartique. Quant aux dialogues il sont juste parfaits, naturels et parfois marquants. Enfin l’idée de la playlist suggérée pour la lecture de chaque numéro est excellente. Seul bémol, ce mois-ci Esteve Polls a sans doute manqué de temps pour boucler, et son trait s’en ressent. La narration reste excellente, mais la finition du dessin lui-même laisse parfois un peu à désirer. Cela ne gâche cependant pas la lecture du final de cet excellent crossover dont je ne saurais que vous conseiller l’achat en tpb.

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WYTCHES #6 (Image)

Par Scott Snyder et Jock

Parlant de fin, ce numéro marque celle du premier arc de la magnifique série d’horreur de Scott Snyder et Jock. Série à l’atmosphère prenante, à l’horreur toute en subtilité et en non-dits, elle était montée en régime au fil des mois, un crescendo qui atteint son apogée ce mois-ci. L’horreur ne se cache plus, elle est dans la lumière, et l’action s’en mêle, mais sans trahir l’esprit du titre. Et surtout sans que disparaisse la dimension éminemment personnelle de cette œuvre pour Snyder. On retrouve particulièrement celle-ci lors de la séquence finale, qui utilise la technique somme toute classique de l’alternance entre l’action au présent et une séquence en flashback qui appuie et parfois remplace la narration. Et si le procédé n’est pas inédit en revanche l’exécution est impeccable. Peut-être qu’on pourra avoir un peu plus de réserves sur le twist de milieu de numéro. Rétrospectivement je me dis qu’il était peut-être un peu prévisible, pas forcément au vu des éléments dont on dispose via le récit, mais si on prend ledit récit comme un objet littéraire. Disons pour être plus clair que son côté inattendu et sorti de nulle part semble venir plus de la volonté de l’auteur de surprendre à tout prix à ce moment que d’un assemblage naturel de jalons posés jusque là. Mais d’un autre côté, le choc est facile mais ça marche. Et surtout, et ça n’engage que moi, mais je me suis tant laissé porté par le récit que je n’ai pas cherché à voir venir ce twist, préférant me laisser porter par cette histoire et par l’univers du titre. En tous cas cela devrait encore faire un titre à suivre en tpb chez Image en attendant de découvrir le second arc dont les bases sont jetées ici.

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SECRET IDENTITIES #4 (Image)

Par Brian Joines & Jay Faerber et Ilias Kyriasis

Je parlais en introduction de l’importance de confirmer les bonnes impressions laisser par un lancement réussi. Ce quatrième numéro de Secret Identities réussit parfaitement cette épreuve. La série du duo Joines/Faerber réussit en effet à continuer d’exploiter les nombreux axes scénaristiques mis en place dès le début, concernant les divers secrets honteux des membres de The Frontline. Mais la série ne s’arrête pas là et nous montre aussi le groupe de super-héros à la fois dans ses œuvres super-héroïques et dans a vie de tous les jours. On a donc tout le plaisir de lecture d’une série de super-héros classique, d’un traitement réaliste de celle-ci, et le regard original (ou du moins décalé) promis par le pitch. Dans ce numéro ce sont Vesuvius et Punchline qui sont à l’honneur (même si d’autres subplots avancent aussi, garantissant un numéro dense, quel plaisir). Et entre une baston, un secret révélé et un beau character moment en marge des intrigues et mensonges, on est gâtés. Preuve supplémentaire de la qualité de l’écriture, le traitement des personnages est très juste et permet de s’attacher à eux malgré leurs failles. Quant au dessin d’Ilias Kyriasis, il est de qualité, bien fourni à l’image du titre, sobre et efficace. L’artiste maîtrise autant l’action débridée que les scènes de dialogues, et sa narration est impeccable.

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Semaine du 27/05

SONS OF THE DEVIL #1 (Image)

Par Brian Buccellato et Toni Infante

A l’instar de W. Haden Blackman, Brian Buccellato fait partie de ces scénaristes qui ont récemment travaillé avec un dessinateur qui est aussi co-scénariste. Et on a souvent tendance à s’extasier sur le travail de l’artiste et oublier son compère. Heureusement de temps en temps ledit compère lance sa série dans son coin. Pour Blackman ce fut Elektra. Pour Buccellato c’est Sons Of The Devil. Une série dont le premier numéro ne donne finalement pas beaucoup d’information. On y suit Travis, jeune homme aux étranges yeux vairons (rouge et bleu), dont le bon fond semble n’avoir d’égal que le caractère emporté et le passé violent. Travis est en effet capable de se mettre en retard au boulot pour aider un gamin perdu, puis de coller un coup de boule à son patron qui le lui reproche. Mais finalement heureusement que Travis est un personnage intéressant (son passé mouvementé étant à priori appeler à jouer un rôle dans les numéros à venir) et attachant, parce qu’on a vraiment que ça à se mettre sous la dent. Il y a bien le petit texte du scénariste à la fin de ce numéro, qui nous annonce que la série traitera du phénomène des sectes et autres cultes qui virent parfois au tragique. Quant au dessin de Toni Infante il est dans la pure veine Image du moment, et évoque un peu Sean Murphy par son côté anguleux. Bref un premier numéro qui laisse sur sa faim, mais une série qui semble avoir du potentiel.

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INVISIBLE REPUBLIC #3 (Image)

Par Gabriel Hardman & Corinna Bechko

Autre série Image qui ne demande qu’à confirmer ses excellentes intentions, le thriller mi-politique mi-SF du duo Hardman/Bechko commence à trouver son rythme de croisière. On a encore un peu de mal à voir les grands enjeux de pouvoirs promis, c’est vrai. Dans les flashbacks on voit certes le futur dirigeant déchu Arthur Mcbride et sa cousine occultée de l’Histoire, Maia Reveron, mais on a encore du mal à voir comment leur péripéties vont bouleverser le destin de leur monde. Pourtant on les suit avec plaisir, et il est au final assez plaisant de voir les auteurs prendre le temps de développer leur intrigue sur le long terme. Et ça passe d’autant mieux que les mésaventures du journaliste Croger Babb, possesseur du mystérieux journal de Maia dévoilant sa version de l’Histoire, sont palpitantes. On se prend au jeu de cet excellent thriller et pour le coup elles nous permettent de deviner l’esquisse des véritables enjeux que les flashbacks nous promettent. Quant au dessin il est excellent, tout en sobriété, avec des couleurs grisâtres qui créent une ambiance désespérée qui sied parfaitement au climat dans lequel la série se déroule. Essai pas encore tout à fait transformé donc, mais c’est en bonne voie.

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UNCANNY AVENGERS ULTRON FOREVER #1 (Marvel)

Par Al Ewing et Alan Davis

Ne vous fiez pas à ce numéro un trompeur sur la couverture, ce comic est en fait la troisième et dernière partie de la mini-série Ultron Forever déguisée en trois one-shots (Avengers Ultron Forever, New Avengers Ultron Forever, et celui-là). Lancée pour capitaliser sur la popularité du robot maléfique dû au film Avengers, cette mini s’est avérée être une excellente surprise, un peu comme Avengers Millenium, chroniquée dans des éditions précédentes de la rubrique. Ici on suit des Avengers. Le dénouement ne déçoit pas, et donne même lieu à un twist certes déjà vu, mais tout de même bien utilisé. Plus globalement, à l’instar de son travail sur Mighty Avengers, Al Ewing arrive à mêler action intense, scénario qui ne se résume pas à de la castagne et personnages très attachants. Ce dernier point se vérifie qu’il s’agisse de ceux qu’on connaît (Vision notamment, très réussi) ou de l’inédite Captain America. Quant au dessin d’Alan Davis il sied particulièrement à ce genre d’histoire, au feeling assez old school finalement où le réalisme n’est qu’un soucis lointain et où la noirceur n’est jamais vraiment si terrible (même si le souffle épique est bien là, ne vous y trompez pas). Bref voila un petit plaisir dont on aurait tort de se priver.

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ALL-NEW HAWKEYE #3 (Marvel)

Par Jeff Lemire et Ramon Perez

Il n’y a pas à dire, cette série Hawkeye est un exemple à suivre en matière de transition réussie. Jeff Lemire et Ramon Perez parviennent en effet à capturer l’esprit qui faisait tout le charme de la version de Matt Fraction et David Aja. La similitude entre le trait de Perez et celui d’Aja aide bien. On retrouve en effet cette touche un peu européenne, et qui évoque aussi le graphisme de certaines séries indés (chez Image notamment). Mais il a aussi son propre style. Et ses aquarelles contant la jeunesse de Clint et son frère Barney n’appartiennent qu’à lui. Il les insère d’ailleurs de manière superbe, en faisant un bandeau en bas de chaque page qui devient une histoire en plus de l’histoire. Et en parlant de l’histoire, Jeff Lemire recrée parfaitement la complicité entre Clint et Kate Bishop. Le duo d’Hawkeye est toujours aussi attachant et drôle, enchaînant les piques et les vrais beaux moments. Mais une fois encore le scénario est propre à sa version de la série, en étant plus orientée action et espionnage que le volume précédent aux allures de tranche de vie ou de polar hipster. Le duo d’archer essaie toujours de sauver des jeunes enfants qui semblent être de véritables armes vivantes. C’est finalement un peu plus classique mais tellement bien écrit qu’on n’a pas  s’en plaindre.

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IRON FIST THE LIVING WEAPON #12 (Marvel)

Par Kaare Andrews

Il y a des séries dont la fin sonne comme une injustice. Silver Surfer de Dans Slott et Michael Allred. Et Iron Fist The Living Weapon de Kaare Andrews. L’artiste/scénariste a concocté une fresque épique, mais aussi émouvante. Et il y met un point final qui semble venir trop tôt. Il affirme que c’est la conclusion naturelle de son histoire. Mais elle a un petit côté arrivée précipitée au terminus. Il n’y a pas d’oubli. Il n’y a pas vraiment de choses bâclées. Mais il y a beaucoup de choses dans de numéro, ce qui constitue une rupture avec le rythme habituel du titre. Et le twist que l’auteur introduit est au final classique mais fonctionne bien en tant que ficelle scénaristique. Il permet en effet d’achever le voyage de Danny Rand en tant que personnage, et en tant que héros. Et visuellement c’est toujours le même feu d’artifice, le même enchaînement de trouvailles visuelles, de mises en page dynamiques. Ce numér c’est une fin qui vient trop tôt. C’est un peu trop de choses en trop peu de pages. Mais c’est aussi la superbe fin d’une histoire absolument parfaite. Alors on lui pardonne tout.

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2 Responses to Jeffzewanderer’s Reviews Express #33

  1. jb dit :

    Merci beaucoup. Ces review sont toujours un régal a lire.

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