Jeffzewanderer’s Reviews Express #5

Batman Reviews Express Comic Talk

Jeffzewanderer Par

ATTENTION, L’ARTICLE QUI SUIT CONTIENT DES REVELATIONS A PROPOS DE BATMAN #26. PASSEZ DIRECTEMENT AUX REVIEWS (Ctrl + F : 04/12) SI VOUS VOULEZ EVITER TOUT RISQUE DE SPOILER.

 

Après le coup de gueule et le cri du cœur, c’est cette fois une interrogation que mes lectures bimensuelles ont suscité chez moi : jusqu’où peut-on changer les origines d’un personnage ?

Réflexion suscitée par Batman #26 et la colère que j’ai ressentie en découvrant que Scott Snyder avait fait de James Gordon un ripou. En effet, on a dans les pages de ce numéro l’occasion de découvrir la raison de l’hostilité du jeune Bruce Wayne envers celui qu’on connaît dans le présent comme l’indéfectible allié et même l’un des rares amis de Batman. Cette hostilité vient du fait que lorsqu’il était enfant, Bruce a vu Gordon, alors simple flic, participer au racket de commerçants gothamites avec ses collègues véreux.

Ce n’est pas la première fois depuis le début de Zero Year que Scott Snyder contredit le mythique Year One de Frank Miller, ou au moins le revisite à sa sauce. Mais là il a franchi un palier. En faisant de Jim Gordon un ripou, le scénariste a changé l’essence même du personnage.

Gordon c’est le parangon de vertu. Le seul flic véritablement honnête au sein d’une police de Gotham corrompue jusqu’à la moelle. Et c’est pour ça que Batman, pourtant ataviquement méfiant envers le système, lui a fait confiance. Qu’il a même fini par le considérer comme un de ses rares amis.

Changer cela, c’est faire que Gordon n’est plus Gordon. Remettre en cause sa relation avec Batman c’est détruire un des éléments essentiels de l’univers du Dark Knight, à savoir ce lien ténu qu’il entretient avec la loi par le biais de son allié. Le fait qu’il œuvre à côté des règles, mais pas contre celles-ci.

Batman Reviews Express Comic Talk

Je n’ai rien contre ce genre de changements quand ils ont lieu dans un univers alternatif, What If ou autre Elseworld. Ces types de récits sont là pour ça. Et je n’ai rien non plus contre le fait d’apporter de petites modifications aux origines d’un personnage, c’est même limite la seule raison valable de nous conter pour la énième fois les origines d’un personnage donné. Ce fut le cas pour l’arc Green Lantern Secret Origin dont le principal intérêt à mes yeux était de jeter les bases de ce qui deviendrait Blackest Night (parce que l’amitié Hal/Sinestro, ben merci mais j’étais déjà au courant, même si là c’était bien écrit).

Mais modifier l’essence de la version « canonique » d’un personnage, c’est casser quelque chose qui n’avait pas besoin de l’être. C’est attenter à un classique qui avait a traversé les décennies sans perdre de sa force. C’est Iago qui devient honnête, ou Dom Juan pieux.

Scott Snyder est donc allé trop loin je pense. Je peux me faire à son écriture faussement osée de Bruce Wayne (le doigt d’honneur, la vanne avant de balancer un ennemi dans un réacteur…) et au fait qu’il ignore Year One ou en fasse un mauvais remake (la scène de la chauve-souris. Mais pas au fait qu’il annihile un des éléments les plus importants de l’univers de Batman.

Alors oui, on peut s’attendre à un twist, du style Gordon qui se repent et qui trouve la rédemption, vu que Batman et le commissaire sont amis dans le présent. Du coup le changement que je trouve scandaleux aurait en pratique moins d’impact, et on serait donc plutôt face à une de ces modifications gratuitement sensationnalistes que Snyder multiplie depuis le début de son arc. Sauf que même dans ce cas le procédé est condamnable. Soit on tient quand même compte du changement et un repenti ce n’est pas pareil qu’un vrai paladin. L’essence de Gordon reste atteinte, et le problème entier. Soit on l’ignore et on est vraiment face à un procédé narratif racoleur.

Reviews Express Comic Talk

Sur ce, passons aux Reviews Express, pour les sorties des 4 et 11 décembre. Et vous pouvez toujours me suivre sur Twitter (@Jeffzewanderer) pour avoir la primeur de ces reviews (et oui un jour je les posterai plus de 24 heures avant).

Semaine du 04/12

A retenir : Sûrement la fin de Fearless Defenders, une série comme on dit qu’on voudrait en voir plus et qui au final ne se vend pas assez. Mais je ne vais pas vous refaire mon numéro de la dernière fois. Alors soulignons plutôt la façon dont Cullen Bunn arrive quand même à finir son intrigue principale dans l’urgence. Oui il y a des facilités, mais l’auteur n’avait que 22 pages pour ne pas nous laisser le bec dans l’eau, et il s’en tire plutôt bien (sans parler de l’écriture toujours géniale de ses personnages). La dernière page m’a d’ailleurs encore plus fait regretter la fin de cette série.

Sinon Green Lantern #26 confirme mon don de prédiction inversée. Sachez en effet que quand je regarde un match de basket il suffit que je dise une chose pour que le contraire se produise aussitôt sur le terrain (style « ce joueur est transparent aujourd’hui et bim il plante 8 points d’affilé…). Et bien là il a suffit que je dise que Robert Venditti faisait du sous-Geoff Johns et n’avait pas sa propre voix en tant qu’auteur pour qu’il démontre le contraire en tirant intelligemment partie des conséquences de Lights Out.

Sinon Velvet est toujours géniale et il faudra que je vous parle plus longuement de Suicide Risk une prochaine fois, parce que cette série a un potentiel fou malgré des débuts qui ont pu laisser perplexe (notamment parce que le concepts semble avoir changé en plein premier arc).

#review TheStarWars 4 Quand le meilleur d’une histoire est de chercher les références à une autre, il est peut-être temps d’arrêter 2,5/5

#review LoneRanger 20 Stand-alone sympa sur le courage d’un deputy marshall mais qui manque de vrais rebondissements 3/5

#review LegendsOfRedSonja 2 Deux histoires amusantes, et bel effort pour le récit cadre. Dessin en dessous pour la seconde 3,5/5

#review GreenLantern 26 Une belle dose d’ambiguïté morale pour Hal et les Lanterns qui tire bien parti des conséquences de Lights Out 4/5

#review SuicideRisk 8 On comprend mieux où va l’histoire, et Leo devient vraiment charismatique. Beaucoup d’idée intéressantes aussi 4/5

#review Velvet 2 Beaucoup d’action pour la fuite de Velvet, juste ce qu’il faut de révélations pour tenir en haleine. Super thriller 4/5

#review FearlessDefenders 12 Très bel effort pour conclure la série malgré l’arrêt prématuré. C’est dense et les persos sont géniaux 4,5/5

Fearless Defenders Reviews Express Comic Talk

Fearless Defenders #12

 

Semaine du 11/12

A retenir : Je pourrais passer article après article à vous chanter les louanges de Wolverine Max et de son écriture façon polar noir qui sied si bien à Logan (franchement si le parti pris du film vous a plus mais que vous l’avez trouvé trop édulcoré, jetez-vous sur ce titre !). Mais comme la série s’arrête le mois prochain, c’est trop tard. Enfin, ça me fera encore une occasion de râler.

Lazarus est aussi un pur chef d’œuvre typique de Greg Rucka (un dossier sur ses héroïnes est à venir très bientôt, il est prêt et j’attends juste le meilleur moment pour le sortir). Non seulement Forever est extraordinairement charismatique et intéressante, mais en plus le monde que nous dévoile le scénariste est fascinant. Et un chouia effrayant dans le style « vous êtes sûrs que tout est de la fiction ? ».

Et sinon Danger Girl The Chase #4 joue à un jeu dangereux. La pirouette finale a tout d’une grosse facilité scénaristique, mais d’un autre côté il semblerait que l’histoire soit en fait à suivre, et donc que cette fin en queue de poisson n’en soit pas une, mais un prologue.

Enfin on appréciera qu’avec Ursa Minor #2 et Penny For Your Soul : Death #4 Tom Hutchinson et Big Dog Ink semblent faire passer des séries B sympa à la classe supérieure en en faisant de vrais bon comics fantastiques, avec moins de bourdes d’écritures, des mondes plus fouillés et une tension dramatique plus présente.

Sinon quelqu’un pourra me faire signe quand Forever Evil commencera vraiment ? Parce que ce n’est sûrement pas avec Justice League #25.

#review Constantine 9 Le dessin est intéressant, l’histoire (une grosse baston magique) beaucoup moins et ne va pas à Constantine 2/5

#review Batman 26 Des couleurs horribles, une histoires plate et un twist sur Gordon qui a de quoi faire hurler 2/5

#review JusticeLeague 25 Owlman est très vilain, on avait pigé. Son origine est très convenue, comme le twist autour de Nightwing 2,5/5

#review TheInCrowd 4 La fraîcheur du titre ne suffit pas à faire oublier les trop nombreuses maladresses de l’écriture 3/5

#review Critter 17 Aftermath qui lance des pistes intéressantes pour la suite. Mais les réactions de Cassia s’enchaînent trop vite 3,5/5

#review DangerGirlTheChase 4 Le twist final laisse perplexe. Ça peut être une bonne idée ou un vilain deus ex machina. A suivre… 3,5/5

#review PennyForYourSoulDeath 4 Osiris se rebelle et Lucifer entre dans la danse. La tension est là pour cette fin du monde réussie 4/5

#review UrsaMinor 2 La traque continue. On passe doucement d’une série B à une vraie bonne histoire d’horreur/fantasy urbaine 4/5

#review SonsOfAnarchy 4 On retrouve toujours l’ambiance de la série entre magouilles & trahisons & cette fois les dialogues sont nickels 4/5

#review StarWars 12 Les conséquences de la bataille. Beaucoup de très bons character moments (Han & Leia…) et un clin d’oeil aux fans 4/5

#review Lazarus 5 Forever est décidément un perso magnifique, et on voit un peu le monde du point de vue du peuple. Poignant. Génial 4,5/5

#review WolverineMax 14 Je dis tous les mois que c’est un polar noir génial, ça se confirme avec Logan forcé de faire le tueur à gage 4,5/5

Lazarus Reviews Express Comic Talk

Lazarus #5

2 Responses to Jeffzewanderer’s Reviews Express #5

  1. Comic Book Avignon dit :

    J’ai appris un nouveau mot:  » atavique  » , merci Jeff ^^

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