Jeffzewanderer’s Reviews Express #7

Reviews Express Comic Talk

Jeffzewanderer Par

Avant toute chose, permettez-moi de vous souhaiter une bonne et heureuse année 2014, remplie de bonheur et de bonnes lectures (et de plein d’autres bonnes choses qui dépassent hélas largement notre sphère de compétence).

Pour cette première édition des Reviews Express de 2014, j’avoue que j’ai eu un peu de mal à trouver un sujet d’édito. Il faut dire que si mes premières lectures de l’année ont été plutôt agréables, elles n’avaient rien non plus de particulièrement remarquable.

Alors j’ai songé à un papier sans thème, qui ne saurait pas trop où il va, comme certaines séries évoquée dans le précédent édito que vous avez peut-être manqué (ah quelle finesse pour replacer mes anciens papiers, große subtilité, nicht wahr ?). Le problème du « sans thème », c’est de meubler.

J’ai donc songé à me lancer dans des prédictions, du style « aucun titre Marvel ou DC ne dépassera le numéro 50 cette année ». Mais ces temps-ci ça revient à prédire qu’il y aura de la neige au sommet du Mont Blanc en Février. Et hop, là j’avais mon sujet !

Il ne vous aura en effet sûrement pas échappé qu’un peu plus d’un an après nous avoir fait le coup des relaunches en masse avec Marvel Now, la Maison des Idées recyclables remet le couvert avec All-New Marvel Now. Au programme encore des numéros 1 (Punisher, Ms Marvel, Black Widow, Wolverine & The X-Men) et des faux numéros 1 (les fameux numéros .NOW comme Avengers #24.NOW, avec un gros « 1 » sur la cover). Une tendance frénétique à la renumérotation qui commence à franchement énerver les fans à en croire les divers commentaires sur internet. Et bien moi, bien que lecteur de longue date et partisan des « gros numéros », je vais quand même essayer de défendre cette tendance.

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Déjà parce que je trouve qu’en fait ce n’est pas si grave. Agaçant, oui, comme toute ficelle commerciale trop visible, mais pas plus. Et l’argument disant que ça va finir par faire fuir les lecteurs ne tient pas la route. Sérieusement, vous arrêteriez vraiment de lire une série que vous aimez juste parce que le numéro sur la couverture change ? Si on aime suivre les aventures d’un personnage ou d’une équipe, ce n’est pas ça qui va nous les faire détester subitement.

Au pire (pour l’éditeur) le lecteur peut saisir cette opportunité pour arrêter un titre. Mais il s’agit alors sûrement d’une série qu’il n’aimait sans doute pas tant que ça, et qu’il aurait fini par lâcher tôt ou tard (sauf si on a un budget digne de Rockefeller, on ne lit que les titres qu’on aime vraiment non ?). A la limite en relaunchant l’éditeur lui a rendu service et fait faire des économies.

Le seul vrai argument contre la « relaunchite chronique » serait qu’à force de toujours repartir au numéro 1, on ne laisse plus le temps aux auteurs (scénaristes surtout, les artistes nous ayant déjà habitués à un jeu de chaises musicales permanent) de développer leur récit sur le moyen/long terme. Bref de nous créer des runs marquants dans la durée. Et toutes les séries ne seraient que des suites de mini-séries, sans continuité. Sauf que ce reproche est injustifié.

Tous les scénaristes ne restent pas des années sur toutes les séries, relaunch ou pas relaunch. Les longs runs de 5 ans ou plus sont rares. Ça a été le cas de tout temps. C’est juste qu’avant on ne collait pas systématiquement un gros numéro 1 à chaque changement d’équipe créative. La manie des relaunches n’a pas accru cette instabilité. Sous Marvel Now en tous cas on ne semble pas avoir eu de cas de scénariste viré pour faire un relaunch de sa série. Jason Aaron par exemple lâche Wolverine & The X-Men sans doute parce qu’il n’avait pas le temps de l’écrire en plus d’Amazing X-Men et Thor. Et oui, le résultat est une série X de plus. Mais ça c’est un autre problème.

Et quant aux relaunches sans changement d’équipe (Wolverine, toujours écrit par Paul Cornell, ou Daredevil, toujours par Mark Waid), s’ils sont encore plus agaçants car on voit vraiment trop la ficelle commerciale, ils  sont aussi les plus innocents. Car ils permettent à l’auteur de continuer à développer son histoire justement.

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Enfin n’oublions pas que commercialement le coup du numéro 1 marche ! Et plus de gens qui lisent des comics ça ne peut qu’être une bonne chose non ? Alors oui, à force d’en abuser, il risque de finir par moins marcher justement. On pourrait même avancer qu’il ne déclenche pas forcément l’arrivée massive de nouveaux lecteurs mais favorise plutôt une re-répartition du lectorat existant entre les séries (ce n’est que pure hypothèse, de ma part, j’avoue ne pas avoir de chiffres et je suis preneur si vous en avez). Et il ne résout pas le problème clé de la fidélisation du lectorat. Mais encore une fois, au pire, le gimmick est sans effet. Il n’a a priori pas de réel effet négatif.

Et sur ce, passons aux Reviews Express des sorties du 18 au 31 décembre 2013, garanties sans relaunch !

Et vous pouvez toujours les retrouver sur mon compte Twitter @Jeffzewanderer.

Semaine du 18/12/2013

A retenir : Nouvelle série pour Harley Quinn par le duo Conner/Palmiotti, qui me laisse un peu perplexe. C’est déjanté, comme on pouvait s’y attendre (il y a même une marmotte empaillée qui parle) et même comme on pouvait l’espérer. Le pitch, Harley qui se lance dans la vie en solo avec nouvel appart et recherche de job, marche bien. Je suis plus dubitatif pour la suite, avec le coup de la tête d’Harley mise à prix, mais bon why not ? Et il y a un bel effort pour créer des personnages secondaires. Mais il manque, je pense, une pointe d’innocence. Ce côté Loony Toon qui fait tout le charme d’Harley Quinn (voir Mad Love de Paul Dini, la précédente série solo par Karl Kessel et Terry Dodson ou encore Gotham City Sirens du même Dini). Cette Harley version New 52 (que je découvre ici, n’ayant pas lu les autres titres où elle apparaissait) est un peu trop bad girl pour moi.

Sinon Gail Simone réussit le test du premier arc sur Red Sonja, en concluant de manière efficace son intrigue et en soignant bien Annisia, l’amie/ennemie de Sonja. Au chapitre des héroïnes dont le physique avantageux et la garde-robe aguicheuse pourraient faire oublier le reste, Lady Rawhide fait son retour. Troisième numéro de la série écrite par Eric Trautmann avec une histoire d’aventure classique mais très bien fichue, qui ne joue pas du tout la carte du sexy malgré le costume de l’héroïne. Le seul reproche à faire c’est la ressemblance avec Zorro (la justicière masquée dans l’ouest américain tendance latino…) mais bon c’est la base du personnage, et on reste loin du plagiat (notamment car ici la Lady aide une militaire et lutte contre des rebelles).

Et je ne peux que conseiller à ceux qui ne connaîtraient pas Mind The Gap de chercher les trois premiers tpbs (indispensables pour suivre) puis de se jeter sur cette histoire de complots autour d’un mystérieux produit devant donner la vie éternelle. J’aurais cru qu’au fil des épisodes soit les révélations tarderaient trop, soit l’histoire perdrait tout intérêt. Mais il n’en est rien, Jim McCann sachant toujours rebondir et lancer de nouvelles pistes. C’est ce qu’il fait ici pour bien commencer son deuxième acte, avec une dernière page qui va vous scotcher.

#review HarleyQuinn 1 Globalement gentiment déjanté et drôle, il manque un peu d’innocence à cette Harley qui se lance en solo 3/5

#review Saga 17 Bien écrit, et l’intrigue avance bien, mais l’obsession de Vaughan  pour la sexualité en guise de psychologie m’agace 3,5/5

#review StarWarslegacy 10 Encore des transitions abruptes entre les scènes qui plombent l’intensité d’une bonne fin d’arc malgré tout 3,5/5

#review WonderWoman 26 La quête de Cassandra l’amène à s’opposer à Wonder Woman. Univers & persos réussis mais manque un poil de punch 3,5/5

#review GreenHornet 8 Done-in-one réussi sur le démantèlement d’un gang de gosses par le Hornet. Un peu cliché mais efficace 3,5/5

#review LadyRawhide 3 L’héroïne passe à l’action contre des banditas révolutionnaires, ça donne une bonne aventure pas si manichéenne 4/5

#review ConanTheBarbarian 23 Un peu trop écrit parfois, mais la scène finale avec Bêlit est d’une puissance rare 4/5

#review ScarletSpider 25 Une belle manière de finir une série quand on y est contraint, avec aussi une ouverture sur la suite 4/5

#review RedSonja 6 Gail Simone finit bien son premier arc, avec de l’action, des personnages réussis et l’intensité nécessaire 4/5

#review MindTheGap 16 Un excellent début de second acte qui utilise bien les découvertes du précédent pour bâtir de nouveaux mystères 4,5/5

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Red Sonja #6

Semaine du 24/12/2013

A retenir : Euh c’était Noël le lendemain ? Blague à part on va dire que Forever Evil commence enfin, mais ça reste très très convenu. Et ça ne fait en effet vraiment que commencer, puisqu’on ne sait toujours pas vraiment en quoi vont consister les plans des deux équipes (celle de Lex et Batman/Catwoman). Et on ne sait toujours pas non plus quels rôles Nightwing et l’autre mystérieux prisonnier (voir Justice League #26) vont jouer. Au moins les trois derniers numéros devraient être bien remplis…

#review JusticeLeague 26 Encore des origines peu intéressantes pour les vilains (Power Ring, Johnny Quick..) et un mystère de plus 2/5

#review ForeverEvil 4 Ô miracle il se passe ENFIN quelque chose ! Batman & Luthor commencent à mettre en œuvre leurs plans respectifs 2,5/5

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Forever Evil #4

Semaine du 31/12/2013

A retenir : Batwoman et le vrai début de Marc Andreyko au scénario après son tie-in Zero Year de remplissage. Et le constat qui s’impose c’est que la série est devenue un titre « ordinaire ». Comprenez qu’elle n’a plus cette atmosphère si particulière que lui conféraient le graphisme et la narration de J.H. Williams III (aidé d’Haden Blackman au scénario). Ici adieu le côté un peu horreur/fantastique, on est face à du Bat-polar très classique et qui commence plutôt bien. Alors on pourra regretter le cachet des anciens numéros, mais d’un autre côté cette « normalisation » du titre pourrait être la clé de sa pérennité. En gros si la série peut survivre au départ de son co-créateur (Greg Rucka étant l’autre papa de la miss) et exister sans sa vision, elle pourra faire son trou et durer. A suivre donc. Rappelons aussi que sur les tous premiers arcs (dont Elegy, dans Detective Comics), écrits par Rucka justement, on était bien aussi face à quelques chose qui s’apparentait à du polar, malgré le graphisme unique de J.H. Williams III (et Jock). Marc Andreyko ne trahit donc pas le personnage.

Et sinon Superman Unchained ne restera sans doute pas comme un classique malgré les noms sur la couverture, mais ça reste un bon blockbuster avec des dessins magnifiques. De plus il y a un effort pour rendre Wraith et surtout Lois Lane intéressants.

#review RocketGirl 3 L’héroïne pétillante est toujours attachantes, mais il reste un côté joyeux fouillis et des enjeux peu clairs 3,5/5

#review Batwoman 26 L’héroïne contre un voleur d’œuvres d’art. Du super-héros très classique mais ma foi bien écrit et dessiné 4/5

#review SupermanUnchained 5 Les révélations attendues sur Wraith & Ascension. Beau dessin, flashback inutile, science « comics » kitch 4/5

#review VampirellaSouthernGothic 4 L’intrigue se démêle de manière satisfaisante et les (pas si) gentils passent à l’action. Fun 4/5

#review MercySparx 3 Mercy découvre douloureusement les joies de l’humanité, mais continue de botter des c***. Convenu mais très fun ! 4/5

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Superman Unchained #5

 

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