Jeffzewanderer’s Reviews Express #9.2, spécial Marvel

Reviews Express Comic Talk Marvel

Jeffzewanderer Par

Allez, disons-le, avec tous les comics Marvel que je lis, ce n’était qu’une question de temps avant qu’une de mes rubriques ne se retrouve numérotée façon « Point quelque chose ». Mais croyez-le ou non, ce n’est pas par admiration pour la maison des idées que cette édition des Reviews Express est ainsi désignée.

En fait c’est parce que le temps m’a manqué pour faire la quasi-trentaine de tweets qu’il m’aurait fallu pour chroniquer les titres dont je vais vous parler, les classer par semaine, rédiger les paragraphes « à retenir »… Bref pour faire une édition normale des Reviews Express, surtout pour des titres sortis entre les 31 décembre et 29 janvier (ce qui commence à dater un peu, et je ne suis pas mégalo au point de croire que vous vivez dans l’attente de mes élucubrations). Sachant qu’en plus j’avais déjà traité les titres DC, indés et All-New Marvel Now.

Mais il se trouve que j’avais quand même envie de vous parler de ces comics, alors je me suis dit que j’allais essayer cette variante des Reviews Express, sans tweet, sans note, avec un classement thématique plutôt que chronologique. Comme ça, pour voir ce que ça donne. Alors n’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé, que je sache si je pourrais réitérer l’expérience à l’occasion ou si la prochaine fois ça devra être « put up or shut up ».

Sur ce, commençons…

Marvel Heroes

Dans mon petit lexique personnel, les titres de cette catégorie sont tous ceux qui ne sont ni estampillés Avengers, ni liés à l’univers des X-Men : Spider-Man, Daredevil… Et même les séries solos des Avengers (Captain America, Thor, Iron Man, Hawkeye…).

En parlant d’Hawkeye #16 justement, Matt Fraction a vraiment trouvé une recette impeccable pour cette série. Sa Kate Bishop est le mélange parfait entre l’héroïne effrontée, la peste insupportable, la jeune femme déterminée et l’ado en crise… Et il y a quelque chose de « noir » dans le Los Angeles qu’elle arpente, avec cette petite dose de second degré, de regard blasé, que Fraction manie si bien. C’est frais, un peu branchouille/bobo parfois (« I’m a cellist. I don’t listen to that pop nonsense. ») mais ça contribue à donner du caractère au récit. Et le dessin d’Annie Wu est moins sublime que celui de David Aja mais son côté retro colle parfaitement au récit.

Dans le genre recette brillante, Daredevil #35 se pose là, Mark Waid s’apprêtant à finir le premier acte de son run (le mois prochain). Et ce numéro, où Matt Murdock continue de lutter contre les racistes des Sons Of The Serpent est toujours aussi brillant. Intrigue complexe et intelligente, jamais larmoyante malgré des thèmes lourds (le cancer de Foggy quand même)… Tout y est. Et surtout Waid réussit encore à nous mettre sur le popotin avec un cliffhanger impeccable. Alors oui, rétrospectivement on pouvait le voir venir, mais par contre je ne vois vraiment pas comment DD va s’en sortir.

Sinon le genre « fin qui approche » réussit aussi à Superior Spider-Man #25 et 26, qui reprend du poil de la bête. Le retour annoncé de « vous savez qui » se profile et remet de la tension, et surtout la Goblin War approche à grand pas (et ne se présente pas forcément comme on l’aurait attendu vu le rôle donné à Hobgoblin). Bref on sent que ce futur arc a du potentiel et qu’il devrait bien finir la période Superior. Et pour rester dans le Spidey, les nostalgiques du Punisher de Marco Checchetto devraient jeter un œil à Superior Spider-Man Team-Up #9 que l’Italien dessine et qui associe Spidey/Ock à Daredevil et au Punisher. L’histoire reste anecdotique dans la saga, mais DD et Frank Castle sont bien écrits (par Kevin Shinick, dont j’ignorais tout) et superbement dessinés, alors pourquoi pas ?

Reviews Express Comic Talk Marvel

Superior Spider-Man Team-Up #9

Pour revenir sur le front des Avengers en solo, Thor et Iron Man s’en tirent toujours aussi bien. Dans Thor God Of Thunder #17 Jason Aaron conclut son deuxième arc des aventures du Dieu du tonnerre avec brio, malgré un dessin un peu en deçà (manque de temps des artistes ?). C’est efficace, plutôt inattendu au-delà du twist qu’on avait pu voir venir le mois dernier (à propos du Troll…). Et surtout le mélange entre humour et solennité est vraiment très réussi. Mélange qu’on retrouve dans le #18, excellent stand-alone associant le jeune Thor à un Dragon pour une mésaventure loufoque au dénouement doux-amer très touchant. Et là le dessin de Das Pastoras est magnifique.

Kieron Gillen continue lui de multiplier les bonnes idées pour son arc Iron Metropolitan avec Iron Man #20 et #20.INH. Tony et son frère Arno continuent de vouloir bâtir leur cité idéale, et se heurte aux anneaux du Mandarin. Oui, aux anneaux, qui sont devenus conscients et se cherchent des hôtes « Green Lantern style ». Dis comme ça, ça peut passer pour du mauvais plagiat, mais ne vous y fiez pas, à lire c’est un régal. Une bonne façon de revisiter le concept du Mandarin (même si dans le 20.INH la motivation de l’hôte est un poil limite mais bon…).

Par contre Rick Remender semble avoir du mal avec son Captain America #15. Autant l’univers SF de l’arc précédent m’avait modérément séduit, autant je reconnaissais que ça avait le mérite d’être différent et bien fait dans le genre. Mais là pour ce second arc, où le mystérieux Iron Nail veut jouer les révolutionnaires et renverser le Système, les grands discours remplis de clichés lassent. S’attaquer aux valeurs que Cap défend je veux bien, mais un peu de subtilité que diable ! Je sais qu’un comic n’est pas un traité de science politique, et je ne me risquerai pas à faire une lecture idéologique de l’arc avant sa conclusion (là il y aura peut-être matière…), mais de là à autant donner dans le simplisme (Iron Nail) et le patriotisme larmoyant (Nuke), non. Ça tourne à la caricature. Sans compter que le vilain dévoilé en dernière page ne laisse pas augurer du meilleur vu sa dégaine.

Et pour finir sur un note plus légère, comme d’habitude Guardians Of The Galaxy #10 brasse de l’air, mais ce stand-presque-aloneGamora et Angela bottent des fesses de Badoons en masse est très, très drôle et très bien dessiné par Kevin Maguire.

Reviews Express Comic Talk Marvel

Thor God Of Thunder #18

Avengers

Passons maintenant à toutes les séries estampillées Avengers. Et évacuons directement A+X #16, vraiment mauvais. L’histoire (si on peut appeler ça comme ça) Spidey/Psylocke n’a ni queue ni tête (Spidey tombe sur Psylocke en plein combat, elle est blessée, les X-Men là récupèrent, Spidey repart… What ?). Et Cyclops/Captain America n’est toujours pas drôle malgré le côté loufoque que le scénariste cherche à lui donne (franchement, nous ressortir le coup des vaches Skrulls des débuts des FF et le Cadre K de Skrulls mutants de Maximum Security…).

Le dernier numéro de Young Avengers (#15) était peut-être celui de trop. Ce n’est pas un désastre, mais certaines résolutions de subplot (Patri-not) m’ont déçu (trop alambiqué pour vraiment faire de l’effet). Et explorer la sexualité des personnages peut être intéressant, mais là ça tourne plus au gimmick facile qu’autre chose. Enfin on appréciera quand même l’ambiance façon Phonogram (qui évoque la seconde mini, pour le côté succession de scénettes dans une boîte de nuit), les dialogues et les multiples et talentueux artistes dont les styles s’accordent bien malgré le nombre.

Uncanny Avengers #16 donne lui dans l’épique, et Rick Remender y va fort. Peut-être un peu trop fort même. C’est bien de tout casser (et oui, ça en jette, Thor et Cap nous offrant des combats épiques contre les Apocalypse Twins) mais là ça finit par se voir que beaucoup de choses ne pourront pas tenir au-delà de cette histoire, ce qui nuit à la tension dramatique. On n’y croit pas toujours et certaines choses choquantes (blessures des héros…) en deviennent un peu gratuites. Mais bon, comme souvent avec le scénariste, il faudra juger une fois la saga finie.

Secret Avengers #14 et Mighty Avengers #5 continuent leur petit bonhomme de chemin, chacun dans leur registre. Bon Mighty en fait c’est Heroes For Hire, disons-le, mais c’est fun et Luke Cage est très réussi. Sans compter que le mystère autour de Ronin a de quoi retenir l’attention, et que Spectrum (alias Monique Rambeau, ex-Photon) est super bad-ass ! Et Secret est toujours un bon thriller qui gère pour l’instant bien les tiroirs dans les tiroirs de son intrigue (via le gimmick de la manipulation mentale) tandis que Mockingbird est prisonnière des terroristes d’AIM plus omniprésents que jamais.

Reviews Express Comic Talk Marvel

Young Avengers #15

Du côté des séries de Jonathan Hickman, avec New Avengers #13 ça commence un peu à s’essouffler. Il faut dire que 13 numéros avec le monde en danger, à détruire des univers, ça peut lasser, même avec l’idée de récupérer le « Bridge » (l’invention de Reed Richards qu’Hickman avait utilisée dans son run sur les Fantastic Four). Et le lien avec Inhumanity est pour le moins ténu. Sans compter qu’avec son histoire de réalité alternative, ce numéro fait un peu doublon avec Avengers.

Parce que dans Avengers #25 aussi il est question des « incursions », des univers qui se rentrent dedans, de la fin de tout, et surtout d’Avengers d’une réalité alternative confrontés au phénomène. Sauf que là ils débarquent chez nous. Et du coup ça donne une histoire plus accessible, plus directe, et au final plus agréable à lire. Même si les mauvaises langues verront des similitudes avec le Forever Evil de la Distinguée Concurrence… Côté dessin ni Simone Bianchi ni Salvador Larroca ne livrent leur meilleure prestation (un peu brouillon pour Bianchi malgré des efforts niveau lisibilité, un peu trop aseptisé pour Larroca), mais vu leur talent, ça reste bon.

Enfin le « sleeper hit » de la ligne (comme depuis quelques mois) c’est Avengers Assemble #23.INH (#23 quoi…), écrit à quatre mains par l’habituelle Kelly Sue DeConnick et le barré Warren Ellis. On suit toujours Anya Corazon alias Spider-Girl à la recherche de son prof, pris dans un cocon dans le cadre d’Inhumanity, et utilisé par Toxie Doxie (la… savante folle ? Ça se dit ça ?) pour ses expériences. Anya change ici de partenaire, délaissant Spider-Woman (après une dernière scène de dialogue hilarante) au profit de Wolverine. Et voir Logan en mentor bad ass pour la jeune fille est tout simplement jouissif. Le mélange entre humour et action est parfaitement dosé, les dialogues ciselés (qu’il s’agisse des conseils vestimentaires ou des one-liners, pour ne citer que ça), et si l’intrigue avance au final peu, c’est tout de même suffisant pour que ce numéro ne soit pas qu’une suite de character moments (au demeurant excellents). Et le dessin de Matteo Buffagni est très convaincant, ce qui ne gâte rien.

Reviews Express Comic Talk Marvel

Avengers Assemble #23.INH

X-Men Universe

Là encore le titre est assez explicite : on va parler de tous les titres X-Men mais aussi de tous ceux liés à l’univers des mutants : X-Force, Wolverine

Commençons justement par Wolvie, qui connaît un mois de janvier difficile. Dans Wolverine #13 l’arc Killable se termine enfin. Et il était plus que temps. Priver le héros griffu de son pouvoir guérissant n’est pas en soi une mauvaise idée, même si ça a déjà été fait (voir la période juste après que Logan ait perdu son adamantium dans les 90s). Par contre voir Logan chougner pendant encore tout un numéro, avec Sabertooth qui le tourmente, ça passe moins. Certes l’intrigue lancée dans le numéro un (avec le super virus conscient) est résolue (enfin là encore), et Logan retrouve un semblant de dignité sur la fin. Mais ça reste larmoyant, et la rhétorique de Creed est trop convenue.

Savage Wolverine #13, par Phil Jimenez atteint lui les sommets du ridicule. On passe d’une histoire sympa sur Logan qui traque des trafiquants d’ivoire jusqu’à Madripoor à… un ovni assez indescriptible. Une sorte de plaidoyer écolo caricatural sur les droits des animaux. Le tout parsemé d’idée complètement kitch comme le fait que Logan soit ami avec des éléphants, avec lesquels il parle (il discute vraiment, il comprend les mots de l’éléphant et vice-versa !), pseudo rationalisation scientifique incluse. Bref on a plus l’impression que l’auteur nous livre son manifeste pour la SPA qu’une vraie histoire de Wolverine.

Origin II #2 enfin, par Kieron Gillen, voit l’histoire vraiment commencer. C’est un vrai numéro un (cherchez l’erreur…) où le vilain (le Dr Essex) et une bande de traqueurs (dont un certain Creed) se lancent sur les traces de la mystérieuse bête aperçue dans la région (vous voyez de qui il peut s’agir). Le résultat est plaisant malgré son côté convenu, notamment grâce à un Adam Kubert en grande forme. Au final le seul vrai reproche qu’on peut faire à cette mini c’est que là où Origin première du nom était vraiment l’histoire secrète de Wolverine, ici on a plus l’impression que c’est celle de Sabertooth et Mr Sinister, et que Wolvie sert de prétexte. Cette volonté de lier absolument les destins de ces personnages connus me paraît d’ailleurs critiquable car un peu artificielle…

Reviews Express Comic Talk Marvel

Origin II #2

Du côté des équipes le crossover Vendetta entre Cable & X-Force #18-19 et Uncanny X-Force #16-17 est à l’image des deux séries. Hope, qui a appris le retour de Bishop à notre époque, décide de se venger de celui qui l’a poursuivie pendant toute son enfance. C’est assez fun, léger, l’action est là et certains dialogues sont très réussis. Mais il manque quelque chose pour que ce soit vraiment excellent. Peut-être un peu d’ampleur dans les moments dramatiques, ou de subtilité dans les character moments. Ou surtout de punch au niveau du final. Que des détails, mais qui s’accumulent.

Dans Marvel Knights X-Men #3 les fils de l’intrigue commencent à se démêler de manière satisfaisante et on appréhende mieux les forces en présence (les jeunes mutantes victimes ou pas, le trafic de drogues…). Il y aurait peut-être juste un bémol à mettre au niveau du dessin de Brahm Revel, certes stylé mais quand même un peu brouillon par moment (manque de temps encore ?). Et dans X-Men #9 de Brian Wood et Terry Dodson, le combat contre la Sisterhood de la nouvelle Deathstrike et surtout Arkea. Pas grand-chose à reprocher, ni à dire d’ailleurs. C’est un petit arc solide où les X-Women tente d’arrêter les vilaines, qui veulent… ben être vilaines quoi. Cette motivation assez basique nuit un poil à la tension, même si l’action reste plaisante à suivre et que certains personnages sont très réussis (M).

Du côté du coin Bendis de l’univers mutant Uncanny X-Men #16 se concentre sur Magneto (en prévision de la future série solo ?). Le maître du magnétisme va enquêter  à la « demande » de Dazzler, agent du SHIELD, sur ce qui se passe à Madripoor (c’est animé en ce moment…), en train de devenir une sorte d’enclave mutante. Un faux stand-alone qui rappelle le passage d’X-Men First Class où le jeune Magneto traquait les nazis en Argentine, et surtout un bon moyen pour Bendis de mettre en avant un de ses subplots (Dazzler etc…). All-New X-Men #21 boucle de son côté la lutte contre les Purifiers. Ça reste basique, mais un petit diptyque 100% action bourrine une fois de temps en temps ça fait du bien. Et ça achève d’intégrer X-23 à l’équipe.

Enfin Jason Aaron confirme son statut d’homme en forme. Dans Wolverine & The X-Men #40 la défense de l’école par ses jeunes élèves continue de rendre cette petite bande (Quentin Quire, Idie, Broo…) très attachante. Et on a droit à un superbe échange entre Logan et Cyclops qui vient superbement solder les comptes d’AvsX et donner une nouvelle dimension à la « guerre froide » entre eux. Aaron maîtrise parfaitement ses personnages, les écrivant avec une justesse sidérante. Et dans Amazing X-Men #3 c’est de la grande aventure face à Azazel en pirate, flamboyante et drôle, avec un Nightcrawler « Errol Flynnesque » absolument parfait en tête d’affiche, dessiné par un Ed McGuinness de gala.

Reviews Express Comic Talk Marvel

Amazing X-Men #3

One Response to Jeffzewanderer’s Reviews Express #9.2, spécial Marvel

  1. Arnaud dit :

    J’adore ce nouveau format en tout cas.

    Sinon, totalement d’accord avec toi concernant GOTG et Origin II..J’émets des réserves vis-à-vis de l’arc des Purifiers dans ANXM, avec un vilain vraiment pas charismatique quand comparé à son aîné (les premières pages rétro du numéro sont en revanche un régal), même s’il a le mérite d’introduire plusieurs menaces latentes (ce vilain donc, mais aussi le projet de vaccin de l’AIM). Du déjà vu, mais à multiplier ce type de menaces (Dazzler mystifiée, les Sentinelles, la Brotherhood du futur apparemment bientôt de retour, la situation à Madripoor), Bendis va avoir à sa disposition une véritable cocotte-minute, que du bon pour nous.

Poster un commentaire