Jusqu’où un personnage peut-il changer ?

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Jeffzewanderer Par

Le changement est inévitable. Il n’est pas question de se lancer ici dans un grand débat philosophique, ni de discuter de la théorie darwinienne de l’évolution, mais simplement de constater ce qui apparaîtra comme une évidence pour tout lecteur de bande dessinée, manga, comics ou même fiction en général. Tous les héros changent à partir du moment où leurs aventures durent assez longtemps. Lucky Luke a arrêté de tuer et les Dalton sont devenus plus bêtes que méchants. Seiya est devenu un guerrier accompli à la puissance légendaire. Spider-Man s’est marié (puis a été dé-marié), a rejoint les Avengers, et est maintenant à la tête de sa propre entreprise.

Mais ces héros sont aussi toujours ceux qu’on connaissait. Un pauvre cow-boy solitaire qui tire plus vite que son ombre et les quatre pires crapules de l’Ouest. Le plus fidèle défenseur d’Athéna prêt à accomplir tous les miracles pour elle. Un sympathique loser du Queens qui vit selon l’idée qu’un grand pouvoir implique de grandes responsabilités.

Ce phénomène semble universel, même si on peut trouver ça et là quelques exceptions (Astérix et Obélix ne semblent par exemple pas avoir réellement changé au fil de leurs aventures). Mais il semble surtout particulièrement prononcé en matière de comics, où les annonces de grands bouleversements après lesquels rien ne sera plus comme avant sont un phénomène récurrent (à chaque event estival notamment). Ce qui nous amène à la question qui sert de titre à cet article : jusqu’où un personnage peut-il changer ? Ou plus exactement jusqu’où peut-il changer sans se perdre ?

Les facteurs de l’évolution

Plusieurs facteurs sont à l’origine de l’évolution d’un personnage, certains étant valables pour toute œuvre de fiction, et d’autres étant plus propres aux comics. Il y a d’abord le plus évident : l’évolution de la société et du monde en général. C’est d’autant plus déterminant quand un personnage est ancré dans le monde réel, comme c’est le cas pour la plupart des héros et héroïnes de comics. Les mœurs évoluent et eux avec. On est ainsi loin du temps où tuer un criminel pouvait être considéré comme quelque chose d’anodin ou de celui où une femme, même une héroïne, devait toujours rester plus ou moins une pauvre petite chose en détresse. L’exemple le plus évident est le comportement des héros pendant la Seconde Guerre mondiale : Superman encourageait les lecteurs à « slap a jap » dans le cadre de l’effort de guerre. Or ce genre de tournure de phrase est extrêmement raciste (au-delà du message même, en Anglais « Jap » est un terme aussi insultant que « nigger » par exemple). Aujourd’hui il serait impensable de voir le très humaniste Superman dire ce genre de choses. Autre temps autre mœurs. Lois Lane et ses super-muffins pour séduire Superman ont été remisés dans les poubelles de l’histoire.

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Les « super-muffins » de Lois Lane, heureusement ouliés aujourd’hui.

Un autre facteur est l’importance de la continuité. Celle-ci est l’une des marques des comics, dont les héros vivent des aventures en continu des décennies durant. Pour schématiser, respecter la continuité signifie que tout ce qui est arrivé à un héros par le passé « compte » et doit être pris en compte justement pour ses futures aventures. S’il a déjà rencontré un ennemi, il doit s’en souvenir la seconde fois qu’il le croise. Et ces évènements, s’ils sont assez importants, ont logiquement des répercussions sur le personnage. Si celui-ci perd un être cher, le traumatisme le fera changer à jamais. Spider-Man ne s’est ainsi jamais remis de la mort de sa bien-aimée Gwen Stacy, qui le hante encore à ce jour. A noter cependant que la tyrannie de la continuité n’est pas absolue. Déjà parce que le temps qui passe diminue parfois l’impact d’un évènement sur les lecteurs comme sur le personnage. Et surtout parce que les auteurs successifs ne passent pas leur temps à regarder ce qui a été fait avant eux pour en préserver l’importance.

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La mort de Gwen Stacy, un évènement qui a encore des répercussions sur Peter Parker aujourd’hui.

Ce qui nous amène au troisième, et peut-être principal, facteur de changement pour un personnage : la succession des auteurs présidant à sa destinée. Le fait de changer régulièrement d’équipe créative est un phénomène propre aux comics. Il se justifie par le rythme de parution (mensuel, ininterrompu), et surtout par le fait que chez Marvel et DC (de loin les principaux pourvoyeurs de comics quantitativement parlant) les personnages appartiennent aux éditeurs et pas aux auteurs. Donc libre audit éditeur de mettre qui il veut à la tête d’une série pour s’assurer que le numéro du mois sortira bien.

A noter d’ailleurs que dès qu’on parle de comics creator-owned, il est plus commun de voir un auteur (au moins un scénariste, le cas des dessinateurs étant plus particulier car leur travail prend plus de temps) rester seul maître de sa série. Voir Cerebus, The Boys, Savage Dragon, Bone, Usagi Yojimbo… ou plus récemment les multiples séries Image comme Saga, East Of West, Fatale… pour lesquelles tout changement d’auteur paraît inenvisageable.

Mais donc chez les personnages du big two Marvel/DC les auteurs changent souvent. Et chaque nouvel auteur va vouloir apporter sa patte au personnage. Quand il s’agit de l’artiste, ça peut au maximum déboucher sur un nouveau design, et il serait alors un peu artificiel de parler d’évolution du personnage. Par contre le scénariste, lui, va pouvoir ré-envisager totalement un personnage, modifier sa personnalité, lui faire vivre des aventures qui le marqueront à jamais. Même sans aller forcément aussi loin, il va de toute façon l’écrire à sa manière. Ça passe par le ton global de la série, mais ça se reflète aussi toujours au moins un peu sur le personnage. Ainsi le Spider-Man sombre et torturé de J.M. DeMatteis ou Todd McFarlane (dans la série Spider-Man sans adjectif) dans les années 90 est bien loin de celui, plus joyeux, que Dan Slott écrit aujourd’hui. Comme le Wolverine joyeusement homicidaire de Grant Morrison dans New X-Men puis Craig Kyle et Chris Yost dans X-Force paraît bien différent du samouraï honorable dépeint par Chris Claremont avant eux. Bref le scénariste va s’approprier le personnage, en livrer sa conception, et même le marquer pour l’avenir par le biais du fameux respect de la continuité évoqué précédemment. Ce fut par exemple ce que fit Grant Morrison encore lorsqu’il fit de Batman, le justicier solitaire, le dirigeant de Batman Inc.

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Le Spider-Man torturé de J. M. DeMatteis, une vision très personnelle du personnage…

Enfin il convient d’aborder brièvement la question des adaptations et univers parallèles. Il serait inexact de parler d’évolution d’un personnage en la matière, puisqu’il est plutôt question de créer une nouvelle version dudit personnage. Cependant le personnage original servira toujours de référent, à l’aune duquel on jugera la qualité de cette nouvelle version. On aura donc tendance à se comporter comme lorsqu’on juge une évolution d’un personnage par rapport au statu quo ante. Et la question de savoir si les éventuels changements apportés au personnage adapté n’ont pas été trop importants, de déterminer jusqu’où on peut aller en la matière, se posera de la même façon que lorsqu’on considère les évolutions d’un personnage. On a ainsi jugé tous les héros portés à l’écran par rapport à leurs homologues de papier pour déterminer si on était face à une bonne ou une mauvaise adaptation. C’est donc en ce sens qu’on peut parler de changement du personnage en matière d’adaptation et que la question est liée à ce dossier.

Par contre le cas des univers parallèles est plus particulier, au sens ou si on est bien face à une version alternative d’un personnage donné, on sera par contre bien plus tolérant lorsque cette version s’éloignera du modèle original. Cela pour la bonne et simple raison que ce modèle original ne disparaîtra pas. Il continuera à exister à côté de sa version alternative. Il n’a jamais été question que le Batman victorien de Gotham By Gaslight ou le Superman communiste de Red Son remplacent les « vrais » Batman et Superman. On espèrera même que cette version alternative s’éloignera le plus possible de l’original, puisque c’est là sa raison d’être (à quoi bon créer un copie carbone ?).

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Les adaptations de Spider-Man au cinéma continuent de susciter le débat.

L’essence d’un personnage

Ces différents facteurs de changement d’un personnage donné ayant été énumérés, il est désormais temps de répondre à la question qui donne son titre à cet article : jusqu’où peut-on aller en la matière ? Jusqu’où l’auteur veut serait-on tenté de répondre, au nom de la liberté créative. Jusqu’où l’éditeur veut bien diront les cyniques. Jusqu’à ce que les ventes s’effondrent diront ceux qui le sont encore plus.

Toutes ces réponses sont bonnes, mais aucune n’est exacte. En fait le vrai point de repère pour déterminer à quel point on peut changer un personnage, c’est le respect de l’essence de ce personnage. Tant qu’on reste fidèle à celle-ci, les changements sont légitimes. A partir du moment où on la trahit, on peut dire que le changement va trop loin. Seul problème, et de taille, c’est quoi l’essence d’un personnage ?

L’essence d’un personnage est une notion extrêmement difficile à appréhender, floue. Au sens le plus strict, on pourrait dire que c’est ce qui fait qu’un personnage est lui-même. Ce qui fait que Batman est Batman et le reste à travers les années et sous les plumes de tous les auteurs qui se sont succédés sur ses séries, de Bob Kane et Bill Finger jusqu’à Scott Snyder en passant par Dennis O’neill, Neal Adams, Frank Miller, Greg Rucka, etc. etc.… Seulement une fois qu’on a dit ça on a tout et rien dit à la fois.

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Batman à travers les âges.

En effet comment déterminer ce qui constitue cette essence ? Le mythe de la caverne de Platon c’est bien beau, mais assez difficile à mettre en pratique. Est-ce que ce qui fait l’essence d’un personnage c’est ce qui le caractérise lors de sa ou ses première apparition ? Ça marcherait pour Spider-Man par exemple, qui fut dès Amazing Fantasy #15 un gentil loser, intelligent mais malchanceux et maladroit avec les filles, confiant en costume de super-héros, et déterminé à porter le poids des responsabilités découlant de ses grands pouvoirs après le traumatisme de la mort de son oncle Ben.

En fait ça marche même pour beaucoup de personnages, notamment chez Marvel, et c’est sans doute là le génie de Stan Lee et Jack Kirby (et quelques autres) : avoir créé des concepts si simples et si forts qu’il n’y a pas eu besoin de les modifier au fil des années pour que le personnage continue de fonctionner. Namor était déjà un roi noble et arrogant, La Chose un gentil bourrin bourru, Mr Fantastic un génie introverti, Hulk un monstre simplet… Sauf que déjà ça ne marche pas pour les personnages féminins, tels que Jean Grey ou Invisible Woman, bien plus timides et effacées à leur début que les versions reconnues comme iconiques aujourd’hui.

Mais surtout ça consiste à résumer les personnages à quelque chose de trop réducteur. Ça revient à ne pas tenir compte d’éléments introduits par la suite qui sont finalement devenus essentiels pour le personnage. Prenons le cas de Hulk par exemple : en plus d’un monstre simplet il a aussi été le cruel Hulk Gris Mr Fixit, le Hulk intelligent des années 90 ou encore le gladiateur devenu roi des arcs Planet Hulk et World War Hulk. Alors faut-il balayer toutes ces incarnations de Hulk comme des « mauvais changement » parce qu’elles s’éloignent du modèle original ? Assurément pas, ces histoires étaient excellentes et font elles aussi partie de ce qui rend Hulk attractif en tant que personnage. Faudrait-il alors simplifier encore la formulation de l’essence de Hulk ? Juste dire « c’est un scientifique qui se transforme en monstre » ? Mais dans ce cas c’est si vague que ça en devient inutile. Et même dans le cas d’Amazing Fantasy #15, s’en tenir là reviendrait à oublier la mort de Gwen Stacy évoquée plus tôt, et pourtant essentielle.

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Amazing Fantasy #15, le rare cas d’une première apparition qui résume à elle seule presque toute l’essence d’un personnage. Presque.

On pourrait multiplier les exemples. Ainsi Batman et Superman tuaient souvent lors de leurs aventures du Golden Age, alors qu’aujourd’hui leur refus d’user de la force létale fait partie de ce qui les définit (voir par exemple leur attitude face à Wonder Woman lorsqu’elle tua Max Lord pour sauver Superman dans Wonder Woman #219). Et Cyclops, disciple dévoué de Charles Xavier à l’origine, a aujourd’hui tué son mentor et est devenu un révolutionnaire. Daredevil n’est devenu le justicier urbain sombre et torturé qu’on connaît qu’à partir du run de Frank Miller. Avant le personnage était bien plus jovial.

En fait l’essence d’un personnage se forme avec le temps. La première apparition apporte toujours des éléments déterminants mais d’autres, tout aussi importants, s’ajoutent au fil des années. Ainsi plus un personnage sera ancien, et plus son essence sera aisée à identifier (et peu importent les reboots). Parce qu’on pourra déterminer des constantes entre ses différentes incarnations. On notera à ce sujet que les personnages anciens ont souvent tendance à revenir constamment à un « modèle de base », peu importe les changements que les auteurs successifs essaient de leur faire connaître. Comme si ceux-ci n’avaient pas de prise sur le personnage, protégé par son essence. Voir Superman Red & Blue, le Spidey dépressif des années 90, qui ne firent finalement que passer. Par contre un personnage récent pourra plus facilement évoluer, son essence n’étant pas encore totalement déterminée dans l’esprit de lecteurs comme des auteurs et décideurs. Voir par exemple Kaine, clone défectueux et psychopathe de Peter Parker à l’origine (dans les années 90), aujourd’hui héros réticent sous le nom de Scarlet Spider.

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Superman Red & Superman Blue, l’archétype du changement qui va trop loin et n’a pas duré.

Les runs d’une grande qualité auront aussi un rôle déterminant dans la construction de cette essence. Ainsi celui de Frank Miller sur Daredevil, évoqué plus haut, a déterminé le ton qu’un comic Daredevil devrait désormais adopter. Comme Chris Claremont et John Byrne ont en fait bien plus contribué à déterminer ce qui fait la marque d’un comic X-Men que Stan Lee pourtant créateur du groupe. Lee avait certes inventé le credo des héros qui protègent un monde qui les craint et les haït. Mais c’est Claremont et Byrne qui ont ajouté le côté science-fiction avec les Shi’ar et le Phénix, fait de Magneto un personnage réellement moralement ambigu. Sans parler de leur travail sur des personnages sans lesquels on n’imagine pas les X-Men comme Wolverine pour ne citer que lui. Et pour continuer à évoquer les X-Men, c’est Grant Morrison qui a fait de l’institut Xavier une véritable école, connue du public et ouverte à tous les mutants, plus qu’un QG de super-héros, élément aujourd’hui essentiel des titres X.

Ainsi, bien qu’étant présentée comme une constante dont le respect doit garantir l’intégrité d’un personnage et la qualité de ses aventures, en le préservant de changements le dénaturant, l’essence apparaît finalement comme une notion fluctuante, qui se construit avec le temps. Les éléments s’agrègent pour la former, et pourtant elle n’en est pas moins inaltérable une fois qu’on l’a rétrospectivement identifiée.

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Daredevil par Frank Miller, l’étape déterminante de la création de l’essence du personnage.

Jusqu’où un personnage peut-il changer ? Jusqu’à ce que les changements soient trop radicaux pour s’accorder avec les éléments qui se sont agrégés jusque là pour former son essence. Comment savoir si c’est le cas ? Il n’y a pas de méthode exacte. C’est du cas par cas. On y réfléchit, on en débat. Parfois c’est évident (Superior Spider-Man, Superman Red & Blue…), parfois moins (la radicalisation de Cyclops peut-elle durer ?). Et si on a parfois l’impression que chacun a « sa » version de l’essence d’un personnage, on peut quand même constater qu’avec le temps les changements excessifs ou artificiels (voire contre-nature) ne durent pas et une forme d’absolu semble se dégager. Un consensus sur la nature d’un personnage qui lui permet de durer en restant lui-même. Car finalement peut-être faut-il laisser Platon à sa caverne et lorgner du côté de Sartre (qui ne portait pourtant pas les comics dans son cœur) en affirmant que c’est l’existence d’un personnage qui lui permet d’acquérir son essence au fur et à mesure.

4 Responses to Jusqu’où un personnage peut-il changer ?

  1. Eddyvanleffe dit :

    Je viens de me relire tous mes vieux Spider-man, je les ai remis en ordre chronologique afin de me remettre vraiment dans l’ambiance. J’ai pu donc constater à la lumière du récent débat Spidey de Sam Raimi VS Amazing Spider-Man à quel point ton article pose les bonnes questions. Raimi (à mon sens) est un nostalgique du silver age et s’est employé à rendre hommage d’une manière quasi parfaite à l’ère Lee/Ditko/Romita/Conway que ce soit dans les coloris, les attitudes, les enjeux ( L’amitié avec le fils Osbourn un peu schizo) et la description de la scoumoune continue du héros qui ne cesse de culpabiliser de ne pas sauver le monde chez sa tante et de ne pas être à son chevet en pleine baston. Les seules concessions modernes qu’il a pu faire ce fut les pouvoirs de toiles, Mary Jane en lieu et place de Gwen et Venom et tout cela pour les resultats que l’on sait. L’humour, et le coté décalé sont des vue très récentes essentiellement dues à Bendis de la version Ultimate et Dan Slott (Un peu ce petit coquin de David Michelinie). Le coté classique de Raimi est patent dans sa description d’une presse écrite qui emploie encore des gamins pour faire la vente à la criée, ainsi que dans ses travellings à l’ancienne à base de journaux qui tournent.
    Amazing tente de re-moderniser le personnage en présentant une vision largement réécrite (Je suis trop cool à faire du skate) du personnage plus susceptible de plaire à un public plus jeune qui n’auront pas les références que des lecteurs plus anciens possèdent.
    Le premier s’applique à remette le t-shirt à rayure de L’homme sable tandis que le second donne un visage d’ampoule à Electro. Les deux cycles sont donc assez complémentaires tout en s’opposant. Y’a til un vrai Spider-man ? Sans doute mais il se trouve dans les 50 ans de continuités qui l’on construit.

    • Jeffzewanderer Jeffzewanderer dit :

      Je suis globalement d’accord avec ce que tu dis, notamment pour ce qui est de la fascination assumée de Raimi pour le Silver Age et le Spidey old school, qui me paraît aussi évidente.

      Cependant il me semblait quand même que Spidey était déjà relativement gouailleur durant le Silver Age, dès l’époque Lee/Romita Sr au moins. Ce n’était pas le même humour que maintenant bien sûr, mais il me semblait bien que Spidey avait déjà une sacrée tchatche et aimait faire des plaisanteries, voire se moquer de son adversaire du moment.

      Mes souvenirs me tromperaient-ils ?

      • Eddyvanleffe dit :

        Non, C’est vrai, mais les dialogues de l’époque n’étant pas transcendants, ça m’a jamais paru être la plus grosse lacune des films de Raimi. En fait le réal verse progressivement de plus en plus dans le mélo au fur et à mesure des films. Ca les dédéquilibrent d’ailleurs et ça fait parti des reproches qu’on peut vraiment adresser contre les films de Raimi.
        Ceci dit en les revoyant en paralèlle avec les épisodes qu’ils adaptent, on se rend compte du boulot et du respect de l’oeuvre. En cela ces films sont pour moi des modèles du genre.

  2. Arnonaud dit :

    Ah mon sens, dans le cadre des séries continues et mensuelles des héros, ces derniers ne doivent pas avoir de limite dans leurs changements, du moments que celui-ci se fait de manière plutôt naturelle et pas juste par un reboot tiré d’on ne sait où.
    Les personnages n’ont pas forcément besoin de changer, mais je trouverais ça débile de ne pas pouvoir les faire évoluer alors qu’il y a une continuité et des aventures chaque mois.
    C’est le fait de permettre des changements qui a permis à Psylocke, la soeur de Captain Britain de passer d’une gentille télépathe caucasienne à une ninja asiatique avec son costume sexy et son langage parfois ordurier (et toujours télépathe), et c’est ça qui permet d’avoir un Cyclope plutôt méchant en ce moment, un Magnéto plutôt gentil et d’autres trucs du genre.
    C’est aussi l’intérêt des sagas de pouvoir faire évoluer les personnages. Et on râle rarement sur les creator owned quand un auteur fait radicalement évoluer son personnage du début de son histoire à sa finalité (à part quand c’est trop abrupte et que l’histoire est mauvaise, c’est toujours pareil).

    Par contre, dans l’adaptation, il y a toujours la question du respect de l’oeuvre originale et du respect de son essence, c’est là que la question de « jusqu’où les changements peuvent aller ? » est intéressante, surtout que dans le cas des comics, les films sont plus vus que les comics sont lu et du coup les changements apportés au personnage change la perception que le grand public a du personnage et les attentes qui lui sont liés. Si les gens adorent le Batman sombre et solitaire dans des aventures terre à terre, je pense que le succès des films de Nolan et des jeux Arkham a dû y contribuer.
    Et Marvel a beau prendre les devants, je pense qu’une partie des spectateurs des films ont pu vouloir lire après le visionnage de ces derniers des histoires avec un Iron Man rigolo ou des histoires où Loki est un anti-héros beau gosse.

    Et je trouve plutôt logique qu’Amazing Spider-Man mette un Spidey rigolo et beau gosse dans le sens où c’est une adaptation moderne, et Spider-Man dans les comics aujourd’hui (Dan Slott ou Ultimate Spider-Man hier) est un rigolo beau gosse. J’ai beau adorer le Spider-Man de Lee et Ditko, ça a peut-être plus de sens d’adapter celui d’aujourd’hui, comme ça les lecteurs pourront retrouver le personnage du film autre part que dans de vieux numéros ou des intégrales…
    Et c’est vrai que Tobey ressemble au Peter Parker de Romita (visage rond), là où celui joué par Andrew Garfield évoque plus le visage de Peter chez Humberto Ramos.

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