Justice, la review

bad justice

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Il y a quelques années, ANKAMA ne rimait qu’avec DOFUS et mauvaises blagues dans mon cercle de joueurs de MMO. Mais ça, c’était avant. Depuis, la petite boite française a grandi et a développé ses activités, se tournant notamment vers l’édition avec trois principaux axes : les histoires tirées de DOFUS et WAKFU, des publications de comics américains, et des créations qui leurs sont propres. La qualité des labels 619 (Mutafukaz, Doggybags, The Grocery, Butcher Baker…), Hostile Holster (Blue Estate, Mafia Tabloids, We are the night…) est au rendez-vous et je ne compte plus les pépites qu’ils ont édités sur mes étagères. Concernant les titres de leurs univers vidéo-ludiques (également étoffés par des séries télés), mes lectures sont bien plus limités. J’entamais donc la lecture sans réelle attente, avec toujours cet espoir d’avoir une bonne surprise entre les mains. Même si je n’ai jamais regardé un épisode de dessin animée, ni joué une seule seconde aux jeux, je ne suis pas hermétique ni étranger à l’univers de Wakfu. Je m’étais laissé tenté il y a maintenant trois ans par leur aventure type « comics » en kiosque : Remington, Maskemane, et Boufbowl. Le troisième titre ne m’avait pas accroché, vraiment orienté pour les fans originels, mais les deux premiers furent d’excellentes surprises. Il n’y avait aucun besoin de connaissance des licences d’Ankama pour en profiter pleinement. On se prenait à l’histoire, à découvrir cette univers à travers des personnages attachants et bien écrits. Ce n’était pas uniquement des BD pour fans, des à-côtés pour connaisseurs, mais de vrais oeuvres pouvant être appréciées indépendamment sans aucun a priori. Cela donnait même envie d’en découvrir plus… Plus de deux ans après avoir refermé mon dernier comics de Maskemane, me voila donc avec Justice, un beau hardcover de la gamme Wakfu Heroes, label qui part le passé m’a prouvé qu’il ne devait pas être un frein.

Justice Ankama

Justice est un grand chevalier protégeant le Monde des Douze des shushus. Mais avant d’être un grand héros, il est surtout un père qui reçoit son fils Junior pendant les vacances. Malheureusement, difficile de concilier vie de justicier et de famille. Junior se sent délaisser dans leur manoir et trouve refuge auprès de son chien Dogue avec qui il vit ses propres aventures et du Majordome Alf Raide, toujours dans l’attente un jour de suivre les traces de son pères. Les vacances qu’il attend tant qui se transforment bien trop souvent en déception. Mais cette fois, elles vont prendre un tournant inattendu puisque le Docteur Kralamoure a décidé de s’en prendre au Chevalier Justice en s’attaquant à son point faible : sa progéniture.

Pourquoi parle t’on de ce titre sur Comictalk ? Justice n’est pas uniquement un stand alone dans l’univers de Wakfu mais un véritable hommage aux comics, univers dans lequel baigne le scénariste Faouz. B. On fera ainsi un parallèle entre le Chevalier Justice et Batman, accompagné de son Majordome Alf Raide et qui se bat contre Kate Ouman, le Roublisheur, Amy l’Empoisonneuse ou encore Blérom. L’inspiration ne vient pas uniquement du Chevalier Noir mais également du côté de Marvel. Toutes ces références ne sont pas aussi évidentes et il faudra avoir une lecture attentive pour en repérer certaines. Faouz. B utilise de nombreux codes du comics pour avancer son récit tout en n’oubliant que l’histoire prend avant tout corps dans l’univers créé par Ankama. Pour les novices de Wakfu cela ne gênera en rien la lecture qui reste des plus intéressantes. Cela permet aux amateurs de se retrouver et d’approfondir le background. Il était important de rendre Justice abordable, compréhensible et appréciable par tous. C’est le cas ici, comme cela l’était pour Remington ou Maskemane. La qualité scénaristique est au rendez vous et nous n’avons pas que du fan-service. Du côté graphique, Jebedaï s’éloigne du style très coloré et cartoon de Wakfu pour livrer des dessins plutôt sombre pour coller à l’ambiance du titre qui montre un vrai désir d’en faire une BD à part entière. On est facilement happé dans ses planches détaillées et soignées.

Justice Jebedai

Outre la confrontation des gentils et les méchants, c’est bel et bien la relation entre Justice et Junior qui est au centre et sert vraiment de fil directeur plus que l’amoncellement de références qui ne servent finalement peut etre que de défouloir au scénariste. Il aurait pu prendre des vilains sans vouloir faire d’hommages à ces comics qu’il aime tant que cela aurait tout autant fonctionné. Tout se greffe autour de cette relation, qui même si elle est prévisible dans son déroulement, est maitrisée en tout point.

Pour une douzaine d’euros, Ankama nous offre encore une fois une très belle édition cartonnée avec une histoire d’une soixantaine de pages, agrémentée comme à son habitude par son lot de bonus appréciable. Une histoire familiale remplie d’action, agrémentée par une dose d’humour non négligeable, voilà la recette de Justice, la bonne surprise de cette fin d’année. Derrière des dessins de qualité se trouve une histoire maitrisée, intéressante, et attachante, avec de nombreuses références à nos lectures habituelles. L’exercice de pouvoir plaire à plusieurs lectorats différents est réussie.

La note : 3,5/5

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