Les différences entre Marvel et DC partie 2/5 : icônes et familles

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Jeffzewanderer Par

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Des icônes humaines

Non seulement chez DC c’est le Masque qui prime sur l’Homme, mais ce masque est plus qu’un déguisement : il est un symbole. Encore une fois le duo Superman/Batman offre une illustration très parlante de cela. Superman est l’archétype du héros lumineux, du Paladin, parangon de vertu et défenseur du Bien. Batman, lui, est le héros sombre, celui qui sème la terreur dans le cœur de ses adversaires, le chevalier noir. Ils représentent chacun un des archétypes correspondant à 90% des personnages à la base (le pourcentage est fictif, et je sais qu’il y a quelques archétypes de plus, mais il faudrait un dossier entier pour développer ce point, alors je vous demande humblement de m’autoriser ce raccourci ici).

Une question souvent posée est aussi de savoir ce que représente Wonder Woman à côté de Batman et Superman. Si la réponse n’a jusque là jamais été claire (pas mal d’auteurs arrivant sur la série s’efforçant en premier lieu d’essayer de définir Wonder Woman sans jamais vraiment y arriver : Allan Heinberg, Joe Straczyniski…), le simple fait de poser la question est révélateur. Elle aussi doit symboliser quelque chose. On ne se pose pas cette question pour les héros Marvel en revanche (sauf Captain America).

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La maxi-série hebdomadaire Trinity avait poussé dans ses derniers retranchements la dimension symbolique de la trinité DC Superman/Batman/Wnder Woman

Plus globalement les héros DC sont souvent des institutions dans leur univers. Le cas de Flash, pourtant l’archétype du héros « col bleu » proche du peuple est assez édifiant : il y a un musée à sa gloire dans sa ville de Keystone. Kurt Busiek avait mis le doigt sur cette différence de traitement dans le crossover JLA/Avengers. Les Vengeurs, débarquant dans l’univers DC, s’étonnaient de la façon dont les héros DC étaient honorés par la population, traités comme des icônes et pas seulement comme de simples humains en costume.

Autre aspect lié à cette dimension iconique, dans l’univers DC on assiste à la naissance de dynasties super-héroïques. A l’échelle de l’univers il y a les glorieux ancêtres que sont la Justice Society of America, le groupes d’ancien héros respectés par tous les « petits jeunes » qui ont repris le flambeau. A échelle plus humaine, puisqu’il n’y a pas de vie hors du masque, c’est avec celui-ci que se fait la vie. Citons ainsi encore Flash, et son arbre de famille compliqué : Barry Allen (Flash II), oncle de son successeur Wally West (Flash III), grand-père de Bart Allen (Impulse). Avec Jay Garrick (Flash I, du Golden Age) qui sert de mentor à tout ce petit monde (et j’en oublie Jesse Quick). Et on pourrait aussi évoquer Green Arrow, marié à Black Canary un temps et patriarche d’une vraie petite famille d’archers : Connor Hawke alias Green Arrow II, Roy Harper alias Speedy puis Arsenal puis Red Arrow

Sans compter Batman et toute sa Bat-family évidemment dont : Dick Grayson (Robin puis Nightwing, qu’il a adopté), Tim Drake (Robin III, adopté aussi par la suite), Damian (Robin V, fils de Batman), Batgirl

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Toute la petite famille Flash

Dynasties

Ces « familles super-héroïques » (liées par le symbole de leur costume, pas comme les FF qui sont une famille avant tout, qui vit des péripéties) sont donc typiques de l’univers DC, et leur existence semble bien découler de la prépondérance de l’identité super-héroïque sur l’identité civile. Elles permettent aussi de mieux comprendre pourquoi les « successions » fonctionnent mieux dans le DCverse : Kyle Rayner succédant à Hal Jordan comme Green Lantern, Wally West à Barry Allen comme Flash, Connor Hawke à Oliver Quinn comme Green Arrow… Le blason compte autant sinon plus que celui qui le porte. Bon toutes ces successions n’ont pas duré (Dick Grayson alias Robin I puis Nightwing) en Batman, ce fut bref), et les originaux ont tous fini par revenir globalement. Mais il reste cette idée que chaque héros a son successeur tout prêt (Superboy, Wonder Girl…) d’où l’idée de dynastie.

Et d’ailleurs notons que chez Marvel la seule succession réussie (même si la qualité pure de l’histoire y fut pour beaucoup) fut celle de… Captain America (remplacé un temps par Bucky). Sinon toute tentative de remplacer un héros fut un fiasco (on se rappellera du pire : Ben Reilly en Spider-Man). Parce que l’Homme est indissociable du héros vu qu’il prime sur ledit héros. Spider-Man sans Peter Parker ce n’est juste plus Spider-Man du tout. Idem pour Iron Man sans Tony Stark etc. D’ailleurs la culture du sidekick, et à travers ça de la dynastie est bien moins présente chez Marvel. Sauf chez Captain America encore une fois. C’est sans doute du à la création plus tardive des héros Marvel (années 60 pour la plupart) : à cette époque le procédé du sidekick servant de point d’entrée au jeune lecteur commençait à tomber en désuétude. La création de Spidey y fut pour beaucoup (pour une fois l’ado était carrément le héros).

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Connor Hawke (Green Arrow), Kyle Rayner (Green Lantern) et Flash (Wally West), trois exemples de succession réussie

Ce système des « familles super-héroïques » a aussi été, pour DC, la clé qui leur a permis d’humaniser leurs personnages, de faire ressortir l’Homme derrière le Masque. Le comic qui symbolisa particulièrement cela fut la mini-série Identity Crisis, parfois qualifiée comme la plus « Marvelienne » des séries DC. Le procédé employé par le scénariste Brad Meltzer consista en effet à mettre l’accent sur les liens personnels et affectifs au sein de la communauté super-héroïque. Certes les personnages n’avaient d’autre vie que leur vie de super-héros, mais au sein de cette vie ils avaient des amis, des amours, des joies, des peines… Et même si tous les membres de leur famille n’étaient pas tous des super-héros, ils étaient liés à cette communauté. Les personnages DC n’étaient pas seulement des icônes, mais des icônes humaines. En d’autres termes, leur appartenance à la communauté des super-héros ne les empêchait pas de rester humains quand même.

A noter qu’au début des années 2000, notamment avec New Avengers, Marvel a aussi emprunté un tout petit peu à DC (et à d’autres comics moins connus comme Common Grouds de Troy Hickman) je trouve, en instaurant l’idée d’une sorte de communauté de super-héros. Les personnages se connaissaient et tissaient des liens du seul fait de leur appartenance à celle-ci. Le Masque se trouvait donc mis en avant, « à la DC ».

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Moment de tendresse entre Green Arrow (Oliver Queen) et son fils Connor (dans Identity Crisis)

3 Responses to Les différences entre Marvel et DC partie 2/5 : icônes et familles

  1. Eddyvanleffe dit :

    La perte séche aussi de la notion de dynastie fait également perdre pas mal de sa spécificité à DC depuis les New 52. L’héraldique de chez marvel est c’est très vrai moins « efficace » quà DC.

  2. Jay dit :

    Je suis en train de le taper toutes les pages de ton article et je te tires mon chapeau .Ton dossier est excelent .

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