Les différences entre Marvel et DC partie 3/5 : force et faiblesse

Marvel DC Différences Comic Talk

Jeffzewanderer Par

Aller à la partie précédente

Faillibles

Mais être humains, c’est aussi avoir ses faiblesses. Et c’est là une autre différence majeure entre Marvel et DC : les héros Marvel sont plus faillibles. Cette particularité apparut dès l’origine de l’ère Marvel des héros, lancée dans les années 60 avec Fantastic Four #1 (1961).Stan Lee ne cacha d’ailleurs pas qu’il comptait sur celle-ci pour faire souffler  un vent de fraîcheur sur les comics de super-héros. En effet jusque là les héros étaient des êtres assez lisses. Trop parfaits. Tous les membres de la Justice League Of America s’entendaient bien. Dans Fantastic Four (créés pour concurrencer la JLA justement), les héros se disputaient entre eux, et n’avaient pas toujours des comportements exemplaires : la Torche avait parfois tout du petit crétin immature, la Chose était bougon et colérique, Mr Fantastic distant…

Plus généralement tous les héros Marvel majeurs ont une faille, une faiblesse essentielle. Ce fut la « marque de fabrique » de Stan Lee, qui le reconnut d’ailleurs. Anecdote assez parlante, lorsque (au début des années 2000) fut monté le canular consistant à faire croire que The Sentry de Paul Jenkins était en fait une création oubliée de Stan Lee, ce dernier dit à ses co-conspirateurs d’ajouter une faiblesse au personnage, parce que si celui-ci avait été une de ses créations, il en aurait eu une. C’est pour ça que The Sentry se retrouva agoraphobe.

Marvel DC Différences Comic Talk

L’une des multiples disputes entre La Chose et la Torche (Fantastic Four)

Plus généralement il suffit de faire un petit tour d’horizon de l’univers Marvel pour constater cela : Spider-Man est timide et rongé par la culpabilité (culpabilité d’ailleurs liée à une faiblesse de caractère), Tony Stark est cardiaque, puis alcoolique et toujours arrogant, Daredevil est aveugle, Cyclops ne peut pas contrôler ses pouvoirs sans son viseur, quand Thor était humain son alter ego original (Donald Blake) était boiteux… Bref tout un catalogue de failles morales et/ou physiques que les héros doivent surmonter. Hulk est peut-être le plus bel exemple : son existence même est la faiblesse de Bruce Banner. Comme dit Jeph Loeb, c’est une mise en garde (« a cautionnary tale »), on n’est pas supposé vouloir être Hulk.

La tradition s’est perpétuée à travers les années, devenue la marque des personnages Marvel. Voyez Wolverine, largement postérieur à l’ère Stan Lee, mais qui est tout sauf irréprochable : colérique, violent, rongé par sa nature bestiale qu’il combat tant bien que mal. Moon Knight, souvent accusé d’être un clone de Batman, est cinglé. The Sentry (le Superman Marvel) aussi.

Alors que chez DC les héros sont plus purs. Il ne faut pas tomber dans la caricature non plus, ils ne sont pas parfaits et encore moins ennuyeux. Mais leurs faiblesses sont moins mises en avant, font moins partie de ce qui les définit. Superman est le Paladin héroïque. Batman est sombre mais a tout de même un code moral très strict (loin de Wolverine, le héros sombre Marvel). Les incertitudes de Wally West (Flash III) quant à savoir s’il est digne de succéder au grand Barry Allen (Flash II) servent surtout à faire ressortir le fait que oui, il en est digne, et en plus il est modeste. L’arrogance d’Hal Jordan est plus souvent traitée comme une confiance en soi à toute épreuve qui lui permet de surmonter tous les obstacles en bon héros américain.

Marvel DC Différences Comic Talk

Moon Knight, le super-héros schizophrène.

Puissance

Cette différence entre personnages DC et Marvel se traduit aussi souvent en termes de puissance brute. En gros, à catégorie comparable, les super-héros DC sont plus balaises que leurs collègues Marvel. Peut-être est-ce lié au côté iconique encore une fois. Les personnages DC ont une telle aura qu’ils en deviennent des demi-dieux parmi les Hommes. Ils sont plus qu’humains, et deviennent justement des icônes. Les héros Marvel, eux, restent fondamentalement des Hommes, malgré leurs pouvoirs, et ça se ressent.

Superman est ainsi tellement tout puissant qu’on a souvent dit que c’était un problème pour les auteurs (il a même fait bouger la lune, y compris dans l’ère moderne, pas seulement au Golden Age). Batman n’a pas de pouvoirs mais c’est à la fois un véritable génie, un détective à faire baver Sherlock Holmes, et un combattant hors pair. On dit même qu’avec un bon plan il peut battre Superman. Flash court si vite qu’il défie les lois de la physique, voyage dans le temps à l’occasion. Green Lantern peut faire tout ce qu’il veut avec son anneau. Bref on a affaire à du très lourd.

Chez Marvel les héros sont puissants bien sûr, mais c’est moins flagrant. Ainsi le cas de Thor est particulièrement parlant. C’est un Dieu, mais la plupart du temps sa force et sa résistance sont comparables à celle des autres surhommes. Il a bien ses éclairs, mais Storm (mutante membre des X-Men) a les mêmes et elle n’est pas divine. Plus généralement, la puissance brute des héros Marvel est rarement mise en avant. On ne s’extasie pas sur celle-ci, l’histoire ne repose pas sur son déchaînement.

Marvel DC Différences Comic Talk

Superman & co bougeant des planètes. Littéralement.

A noter cependant que comme pour la création de la « communauté super-héroïque » évoquée plus tôt ; le début des années 2000 vit là encore un effort de DC-isation de la part de Marvel. En gros pas mal de héros ont reçu un bon boost de puissance. Iron Man a eu droit à sa dose d’Extremis qui l’a doté de vrais pouvoirs (vitesse, capacité d’analyse, d’interaction avec la technologie…). Sous l’égide de Joe Straczynsky, Thor a aussi vu sa puissance décuplée, collant ainsi une raclée mémorable à Iron Man. Spider-Man a subit le crossover The Other et en est ressorti plus rapide et plus fort (avec des toiles organiques et des dards dont on a eu la bonne idée de ne plus trop reparler ensuite). Même Hulk, déjà ultra balaise, est devenu à l’issue de Planet Hulk et World War Hulk si puissant qu’il risquait de devenir le World Breaker, le briseur de monde. Annihilation, l’event/crossover cosmique, fut aussi l’occasion de donner ce même coup de boost aux personnages de cet univers (Nova notamment) en insistant sur leur puissance.

Mais finalement l’accent mis sur cette puissance accrue n’a pas vraiment duré, et les situations se sont normalisées par la suite. En gros soit par un retour de facto au statu quo ante (Thor), l’oubli ou carrément la perte de ses nouvelles facultés (Spider-Man) ou simplement le fait qu’elles ne donnaient plus un avantage si incroyable même si elles demeuraient (Iron Man).

ALLER A LA PARTIE  4/5

Marvel DC Différences Comic Talk

Iron Man ayant reçu l’Extremis pour acquérir des pouvoirs plus puissants.

Poster un commentaire