Pourquoi les héroïnes DC ont-elles plus de succès que celles de Marvel ?

Héroïnes DC Marvel Succès Comic Talk

Jeffzewanderer Par

« Un homme sur deux est une femme » proclamait le célèbre slogan du Mouvement de Libération des Femmes. Pourtant, si on consulte la liste des comics publiés par Marvel et DC chaque mois, on est loin de la parité pour ce qui est des premiers rôles. C’est un constat aussi triste que bien établi que les séries dont le personnage principal est une femme se vendent mal. Prenez les derniers résultats des ventes (Août 2014, chiffres Diamond, source : Comichron) si on excepte l’ovni Harley Quinn, qui truste le top 10, il faut ensuite descendre aux alentours de la 60ème place pour retrouver un titre avec une héroïne (Batgirl). Et en cumulant Marvel et DC on arrive à seulement 7 séries avec une héroïne solo pour tout le Top 100. Et on pourrait ainsi décliner les exemples à l’envie (même en rajoutant les séries d’équipe majoritairement féminines ou les séries des éditeurs tiers) sans pour autant arriver à un résultat sensiblement différent.

DC Loves Ladies

Cependant, même au sein de ce marasme, un autre constat s’impose : historiquement les séries DC mettant en scène des héroïnes ont plus de succès que celles de Marvel. En effet les séries des héroïnes DC durent en général plus longtemps que celles de la Maison des Idées. Ainsi deux volumes des aventures de Wonder Woman ont dépassé les 200 numéros (et même les 300 pour le premier). Catwoman a eu deux séries dont l’une a atteint le numéro 94 et l’autre le 83. Autre série emblématique, Birds Of Prey (mettant en scène une équipe féminine) a vu son premier volume durer 127 numéros.

Du côté de chez Marvel, si on enlève les vieilles séries Millie The Model (207 numéros) et Patsy Walker (124 numéros), qui ne sont d’ailleurs pas des titres de super-héroïnes (c’était avant que Patsy Walker ne devienne Hellcat), les chiffres sont moins ronflants. Sensational She-Hulk dura 60 numéros. Spider-Woman a eu une série qui dura 50 numéros. De même que le volume 2 de Ms Marvel (50 numéros aussi). Et après dépasser les 25 numéros relève de la gageure (Elektra a eu droit à 36 numéros, une fois). Black Widow n’a jamais tenu une ongoing sur la durée (l’actuelle, avec 10 numéros, est son record).

Héroïnes DC Marvel Succès Comic Talk

Oracle et Black Canary, héroïnes de la série à succès Birds Of Prey (croquées par Chris Samnee)

On peut aussi citer bien plus d’héroïnes DC (ou groupes d’héroïnes, pour inclure Birds Of Prey) qui ont eu une présence plus ou moins constante sur les étals des comics shops à mesure qu’on approchait de l’ère actuelle, même en tenant compte des annulations et relaunches : Catwoman, Batgirl… Alors qu’en ce qui concerne les héroïnes Marvel, les laps de temps entre l’annulation d’un titre et l’hypothétique retour de l’héroïne dans une ongoing est souvent beaucoup plus long. Il y a certes des exemples chez DC aussi : Supergirl a ainsi connu un gros trou d’air entre 1984 et 1994 (voire 1996 pour récupérer une série qui a duré). Et même Batgirl en a eu son lot. Mais ce phénomène reste bien plus courant, pour ne pas dire systématique chez Marvel. She-Hulk : sans série solo entre 94 et 2004 puis entre 2009 et 2014 ; Ms. Marvel : idem entre 1979 et 2006, ni entre 2009 et 2012 ; Spider-Woman : entre 1983 et 2009. A noter encore une fois que ceci ne concerne que les séries solos.

Bref, il apparaît bien comme une évidence que DC arrive bien mieux que Marvel à faire exister ses héroïnes dans leurs propres séries. Mais comment expliquer cela ? La réponse ne se trouve sans doute pas dans la qualité intrinsèque des personnages ni des séries. On peut préférer Marvel ou DC, bien sûr, mais il serait malhonnête d’affirmer que le second a le monopole des personnages féminins riches et bien écrits. Ms./Captain Marvel, Black Widow ou She-Hulk ne sont pas en elles-mêmes moins intéressantes que Wonder Woman, Batgirl ou Catwoman. Et des bons auteurs ont travaillé sur tous ces personnages (John Byrne, Brian Bendis, Ed Brubaker, George Perez, Brian Reed…), ainsi que d’autres dont le nom n’est pas resté dans l’histoire. Mais alors quelle est l’explication ?

Héroïnes DC Marvel Succès Comic Talk

She-Hulk, record-woman de la longévité chez Marvel du haut de ses 60 numéros.

Première arrivée, premier servi

La première explication qui vient à l’esprit est que DC a frappé en premier avec Wonder Woman. Il existe certes quelques théories soutenant que d’autres super-héroïnes existaient  avant Wonder Woman et mériteraient le titre de « première super-héroïnes », comme Fantomah (1940), une « jungle girl » qui pouvait voler et donner à son visage l’apparence d’un squelette. On peut citer aussi The Woman In Red (1940) qui arrêtait des criminels pistolet au poing et en costume, ou avant elles Olga Mesmer, la fille aux yeux à rayon X (dotée en plus de super force) même si elle n’avait pas de costume (et donc n’était pas exactement une super-héroïne). Au-délà de ces exemples, et de leur qualité de super-héroïnes sujet à débat, de nombreux personnages tels que Phantom Lady (1941), Miss America (1941) et autres Spider-Queen (1941), qui réunissaient toutes les caractéristiques de la super-héroïne (pouvoirs, costume…) existaient de toute manière avant Wonder Woman.

Mais il est néanmoins possible d’affirmer avec certitude que Wonder Woman, créée en 1942 par William Moulton Marston, fut la première super-héroïne à rencontrer un succès d’une aussi grande ampleur. Et ce genre de chose n’est pas anodin. Wonder Woman est devenue l’archétype de la super-héroïne, comme Superman est celui du super-héros et Batman celui du « chevalier noir ». Cette position de référent absolu donne une assise au titre, un côté « historique » qui peut contribuer à sa pérennité, y compris quand les ventes ne  suivent pas. On n’imagine pas ne pas avoir un comic Superman ou Batman chaque mois. C’est vrai aussi pour Wonder Woman.

Héroïnes DC Marvel Succès Comic Talk

Wonder Woman, la first lady des super-héroïnes

De son côté Marvel a su réinventer l’archétype « supermanien » du super-héros par le biais de Spider-Man, en créant un nouvel archétype : le « everyman hero » (le « héros homme ordinaire »). Mais il ne l’a pas fait pour les héroïnes, dont aucune n’est particulièrement révolutionnaire malgré leurs qualités respectives. Seule She-Hulk, avec ses incursions au-delà du quatrième mur sous la plume de John Byrne a su apporter une originalité notable (et sa série est celle avec une héroïne qui a duré le plus longtemps chez Marvel).

En fait ni Marvel ni DC n’ont réinventé la roue depuis Wonder Woman. On pourrait même arguer qu’au-delà de son sexe, Wonder Woman n’a pas réellement créé de « nouvel archétype » par rapport à Superman. Elle a  uniquement permis aux femmes de correspondre à cet archétype. Et ça expliquerait pourquoi à côté du « paladin » Superman et du « chevalier noir » Batman, Wonder Woman a plus de mal à afficher une identité autre que « la Femme » et est sans cesse l’objet de « redéfinition » par les scénaristes (Allan Heinberg, Joe Straczynsky…).

Mais si cet argument fonctionne pour expliquer la longévité de Wonder Woman, et peut à la limite se décliner pour Catwoman, qui serait la première « femme fatale » du monde des super-héros, il n’explique pas le succès plus général des héroïnes DC. On pourrait certes dire que vu le peu de séries de super-héroïnes, le fait d’avoir la plus emblématique dans son roster est symbolique, mais ça c’est expliquer pourquoi DC est perçu comme ayant plus de succès. Ça n’explique pas la réalité de ce succès (quoi que… on y reviendra).

Héroïnes DC Marvel Succès Comic Talk

Catwoman, l’autre héroïne historique de chez DC

Les dynasties DC

Pour trouver cette explication, peut-être faut-il s’intéresser à un autre aspect déterminant de l’univers DC : l’importance des familles super-héroïques. Cette idée avait été développée dans la deuxième partie de la série de dossiers consacrée aux différences entre Marvel et DC. Pour la résumer, on peut dire qu’une des caractéristiques des personnages DC est leur dimension iconique. Cette dimension découle de la primauté de l’identité super-héroïque sur l’identité civile (Bruce Wayne est un masque, Batman la vraie identité pour schématiser). Elle a pour conséquences la dimension symbolique des identités super-héroïques, ainsi que la constitution de familles et de dynasties héroïques autour du symbole arboré sur le costume des héros.

Et c’est bien là la clé. La plupart des super-héroïnes DC à succès, hors Wonder Woman (dont le succès a sa propre clé, voir ci-dessus) sont rattachables à des « familles super-héroïques ». Supergirl porte le « S » de Superman sur le torse. Batgirl fait partie de la Bat-family. Même Batwoman, si elle n’a dans les faits pas réellement de lien avec la petite famille de substitution de Bruce Wayne, porte quand même une chauve-souris sur la poitrine. Et ça, en termes de marketing, ça n’a pas de prix. Ça rattache le personnage à un univers fort, ça lui donne de la visibilité et ça le rend instantanément familier pour le lecteur. Et les lecteurs aiment avoir l’impression de savoir ce qu’ils achètent. Pour quelle autre raison DC publierait autant de séries estampillées Batman et Marvel collerait le nom « Avengers » sur autant de titres que possibles mêmes s’ils n’ont rien d’une série Avengers (Mighty Avengers…). Peut-être d’ailleurs que l’argument de la familiarité de l’univers joue aussi pour Catwoman, très ancrée dans l’univers de Batman, et se combine avec sa dimension « historique ».

Héroïnes DC Marvel Succès Comic Talk

Le « S », une affaire de famille comme souvent chez DC

Et ça Marvel ne peut pas le faire parce que le phénomène des « familles super-héroïques » est étranger à la Maison des Idées. Elle ne peut donc pas bénéficier de cet outil marketing. Faire un spin-off solo d’une série de groupe comme Avengers ce n’est pas la même chose, parce que justement le principe du spin-off c’est de proposer quelque chose de différent de la série « groupe ». Adieu la familiarité, ce repère si précieux. Il y a eu quelques essais avec Spider-Girl : fille de Peter Parker dans un univers alternatif, et beau succès d’ailleurs. Mais les autres Spider-Girl, moins directement liées au vrai Spider-Man ont eu moins de succès.

A noter que la primauté du masque et la dimension iconique/dynastique des personnages DC permet aussi à l’éditeur de « tricher » pour multiplier les succès (réels tout de même, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit) de ses héroïnes. Ainsi on a toujours plus ou moins une série Batgirl sur les étals. Mais la Batgirl dans ses pages a d’abord été Barbara Gordon, puis Cassandra Caine au lendemain de No Man’s Land, puis Stephanie Brown avant que Barbara ne reprenne le costume pour les New 52. Il y a aussi eu toute un kyrielle de Supergirls, (une pre-Crisis On Inifinite Earths, et trois post-Crisis dont Linda Danvers et Kara Zor-El).

Héroïnes DC Marvel Succès Comic Talk

Quelques héroïnes ayant porté le nom de Batgirl : Barbara Gordon, Cassandra Caine et Stephanie Brown

Quelques autres pistes…

Le caractère historique de Wonder Woman et l’exploitation judicieuse de la dimension iconique des super-héros DC semblent donc être les deux principales raisons du succès des séries des héroïnes DC par rapport à celle de Marvel. On notera d’ailleurs que pas mal de séries DC qui n’utilisent pas l’une de ces clés n’ont finalement pas beaucoup plus de succès que celles de la Maison des Idées. La dernière série de Zatanna n’a pas duré (16 numéros). Celle de Power Girl, avec ses 27 numéros, reste dans des standards Marvéliens. Et ainsi de suite. Même le rattachement à un univers n’est pas la garantie d’un succès d’ailleurs : Gotham City Sirens, malgré ses qualités et ses liens avec le Batverse, n’a duré que 26 numéros.

Il y a certes des exceptions, dont la plus notable est Birds Of Prey. Certes elle s’est construite autour de Barbara Gordon, ex-Batgirl reconvertie en Oracle (super informatrice des super-héros) et associée à Black Canary. Mais la référence Batmanienne était lointaine et la série n’avait rien d’un Bat-book de plus. Peut-être ne faut-il voir là que la juste reconnaissance d’un concept génialement efficace. Et de l’originalité de l’héroïne, coincée dans son fauteuil roulant mais loin de n’être définie par son seul handicap. Peut-être aussi que le succès incroyable et improbable de l’actuelle série Harley Quinn (personnage cool, mais pas une licence avec une grosse histoire de succès en solo) est un autre de ces cas où la magie opère sans qu’on puisse réellement déterminer une cause.

Héroïnes DC Marvel Succès Comic Talk

Harley Quinn, le succès surprise de DC

Peut-être aussi que grâce aux succès des séries « historiques » et « liées à un univers », DC s’est construit une image d’éditeur sachant mettre en valeur ses personnages féminins. Et un cercle vertueux de se mettre ainsi en place. Une image que l’éditeur a parfois du mal à maintenir, comme en ont témoigné les polémiques autour du manque d’héroïnes ayant leur série, et le traitement de celles qui en avait (Catwoman) lors du lancement des New 52.

A noter enfin qu’à ce jour le nombre de titres ongoing solo féminins ou avec des équipes 100% féminines est à peu près identique entre DC et Marvel : Wonder Woman, Batgirl, Batwoman, Catwoman, Harley Quinn, Supergirl, World’s Finest pour DC, Captain Marvel, Ms. Marvel, Elektra, Black Widow, She-Hulk, Storm, X-Men pour Marvel. Et l’avance de DC au classement des ventes est en grande partie due aux ventes hors-normes d’Harley Quinn, nichée dans le top 10. Comme quoi Marvel essaie de rattraper son retard en la matière, mais le vrai enseignement c’est que les comics avec des héroïnes ont hélas encore la vie dure aujourd’hui.

Héroïnes DC Marvel Succès Comic Talk

Le combat est loin d’être terminé pour les héroïnes de comics, chez tous les éditeurs…

5 Responses to Pourquoi les héroïnes DC ont-elles plus de succès que celles de Marvel ?

  1. cosmos dit :

    Harley Quinn a sans doute bénéficié du souvenir de son personnage dans les dessins animés de Bruce Timm et de sa présence dans les récents jeux de la licence Arkham. Elle est quand même clairement rattachée à l’univers de Batman et à son ennemi le plus célèbre. Et puis c’est aussi un personnage qui a des connotations claires. On voit « Harley Quinn » on pense « fun et sexy » (et éventuellement « ah ouais, Batman »). Alors que Black Widow est un personnage à l’inverse assez énigmatique, et a plus à prouver dans la tête de certains lecteurs, qui vont se demander pourquoi ce personnage assez discret « mérite » une série solo, en quoi elle peut être l’héroïne de son propre titre. Pareil pour Elektra, qui n’est pas non plus un personnage « fun ». J’adore Captain Marvel, mais elle n’est clairement pas aussi identifiable que « celle qui traînait avec le Joker ».

    Pour ce qui est de Ms. Marvel, d’après Bleeding Cool la série se vend mieux en numérique qu’en papier (http://www.bleedingcool.com/2014/07/28/ms-marvel-1-and-the-rest-have-sold-more-in-digital-than-the-rest/). Vu la source, cette information est à prendre avec de grosses pincettes, mais comme plusieurs articles faisaient état de l’importante croissance du lectorat féminin via ComiXology, ça ne me surprend pas du tout d’apprendre que les vente numériques pour ce titre sont particulièrement bonnes. Les estimations de ventes de Diamond en Amérique du Nord sont sans doute de moins en moins pertinentes pour juger du succès des titres séduisant/s’adressant à un public féminin…

    Autrement, j’ai l’impression que chez Marvel certains des meilleurs persos féminins sont à aller chercher dans des titres de groupe. Les séries mutantes de Bendis ne seraient sans doute pas les mêmes sans Emma Frost, Magik ou Kitty Pryde, qui sont juste excellentes (je n’en dirais pas autant des séries elles-mêmes~). America Chavez n’a pas laissé Tumblr indifférent dans Young Avengers. Et dans un registre légèrement différent, Hawkeye ne serait pas tout à fait Hawkeye sans Kate Bishop. Dans plusieurs articles sur CBR ou ComicsAlliance, je vois les auteurs compter par exemple le nombre de séries régulières avec des héroïnes (et/ou le nombre de femmes scénaristes), mais je trouve ça légèrement superficiel comme approche (est-ce que les séries sont de qualité par exemple ?). Est-ce que dans les titres de groupe, on considère que c’est comme dans la grammaire française, le masculin l’emporte ? :/

    Pour finir, on note une tendance assez similaire dans les mangas. Ça fait des décennies que des mangakas talentueuses mettent en scène des personnages féminins variés et intéressants; abordent tout un tas de thèmes etc. mais en Occident tout le monde semble avoir les yeux rivés sur One Piece / Naruto / Fairy Tail / Dragon Ball / L’attaque des titans et on n’entend pas tellement parler des titres plus féminins.

    • Arnonaud dit :

      C’est clair que Harley Quinn est un personnage populaire depuis sa création. Et son nouveau look un peu plus sexy (et surtout moins cartoon) dans les jeux arkham et les new 52 a immédiatement séduit la communauté des cosplayeuses. Et le côté « bad-girl » la rend plus attrayante que les héroïnes propres sur elles, sans aller dans le côté mystérieux d’une Black Widow, Elektra, Angela, Gamora et je ne sais qu’elle autre assassin de l’univers Marvel (faut qu’ils arrêtent avec ça).
      En tout cas très bon article, sur un sujet très intéressant. C’est vrai que DC bénéficie d’une belle avance en la matière, et a pu simplement se reposer dessus dans les premières années des new 52, où Batgirl, World Finest, Catwoman, Birds of Prey, Supergirl ont marché sans que l’éditeur ne fasse trop d’efforts, même en marketing. Là, avec la série Harley qu’ils exploitent comme un contre Deadpool (plus populaire en plus) et l’offensive d’Octobre avec le renouveau de Catwoman et de Batgirl (en plus de Gotham Academy), ils risquent encore d’augmenter leur avance (mais ce n’est que supposition de ma part).
      Pour Marvel, ils ont lancés des initiatives très intéressantes cette année, il faudra voir si les séries arrivent à s’installer. Après, on constate déjà des ventes très très basses pour Elektra et She-Hulk, ce qui est bien dommage, mais la qualité de toutes ses nouvelles séries féminine et quand même haute (surtout Ms.Marvel, une vraie pépite, et She-Hulk que j’aime beaucoup). Donc j’espère qu’elles arriveront à s’installer. Il sera intéressant de voir le comportement des séries dans les prochains mois, et surtout, comment vont démarrer la nouvelle série Thor et la nouvelle série Spider-Woman après la polémique (bon cette dernière j’y crois beaucoup moins, surtout que Greg Land n’est pas synonyme de grosses ventes ces dernières années, en témoigne la précédente série Iron Man qui a vite coulé, et Mighty Avengers qui fait partie des ventes les plus basses de Marvel).

    • Devaux Johan dit :

      La production de mangas tourne malheureusement en rond pour des raisons 100% marketing. Le Japon reste un pays conservateur sur le plan de la culture, à l’image de ses éditeurs. Le succès conjugué de Fairy Tail et One Piece en est un exemple flagrant : aussi bien sur le plan graphique que sur celui de la construction narrative.

      Il existe malgré tout des séries qui ont réussi à casser les codes habituels : Claymore, Gunnm, Jojo’s Bizarre Adventure, Lastman (français), pour n’en citer que quelques-unes, sans oublier le succès-surprise de Bride Stories chez Ki-Oon. Et force est de constater que les auteurs japonais populaires (Eichiro Oda en tête) ont revu leur écriture des personnages féminins, participant à la « réhabilitation » des femmes dans le manga.

      Malheureusement, un nombre trop important de séries secondaires entretiennent encore certains clichés pour retenir leur public, à commencer par la caractérisation des femmes via leur physique et le fantasme qui s’y rattache… Les étalages des librairies spécialisées sont en ce sens une torture et trop peu de libraires prennent le partie de refuser ces productions.

  2. Présence dit :

    Superbe article, passionnant et très informatif.

    Marvel essaye régulièrement d’introduire des personnages féminins. On a l’impression que le titre Captain Marvel ne tient que parce que l’éditeur veut à tout prix avoir un titre avec un personnage féminin. Il reste à voir si Angela sera une bonne série.

    Fut un temps, Black Widow était rattachée à Daredevil. Matt Fraction a essayé de promouvoir une version féminine d’Iron Man avec Rescue (Pepper Potts). Les X-Men de Brian Wood sont surtout des X-Women. Spider-Girl cumule pas loin de 140 épisodes, ce qui constitue un succès remarquable.

  3. Eddyvanleffe dit :

    Il me semble que les seuls comics féminins ayant réussi à dépasser les 100 numéros d’affilé avaient été historiquement Wonder Woman, Witchblade et…Spidergirl comme le précise notre ami Présence. On peut rajouter les Birds of Prey sur plus de 120 numéros. C’est maigre…La faute à mon avis à deux handicaps majeurs. Ce sont souvent des décalques d’un héros masculin (BATgirl, SUPERgirl, SPIDERgirl, sheHULK) cela nuit à leur autonomie à ces petites dames. Et l’autre truc c’est que même si nous lecteurs savons fort bien que nos héroïnes préférées sont plus que des clichés, elles sont aussi pour le grand public les représentations très « fan-service » de l’idéal féminin. Bref, malgré le boulot formidable de Gail Simone, Red Sonja restera une bimbo en bikini métallique. C’est finalement les X-men de Claremont qui ont durablement proposé de beaux personnages féminins, riches et variés: Kitty, Ororo, Rogue, Psylocke, Dazzler (42, numéro un rêve aujourd’hui), le premier en somme à offrir une parité acceptable.

Poster un commentaire