Les TOPS 2013 de la rédaction

Top 2013 Comic Talk

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2014 a commencé il y a quelques jours, fermant le chapitre 2013 à jamais. Même si dans la vie, il faut toujours aller de l’avant et regarder vers le futur, jetons un petit coup d’oeil dans le rétro pour voir ce qui nous a marqué à Comic Talk l’année passée avec les tops 2013 de la rédaction.

LE TOP D’APTEIS

2013 ne fût pas pour moi l’année la plus riche en lecture. Entre le temps qui me fuyait énormément, un budget plus réduit, et les deux gros (Marvel et DC) qui me plaisaient de moins en moins, mon nombre d’abonnements VO s’est considérablement réduit. En 2012, j’étais une éponge, lisant un maximum de titres. Cela m’est passé et heureusement pour mon porte-monnaie, je suis bien plus sélectif dans mes achats même si je suis conscient de rater des supers séries qui même en sachant qu’elles me plairaient, trouveront un jour mes grâces en format librairie. Je me permettais également quelques plaisirs coupables. Même si chacune des séries que j’ai pu lire m’ont (dans la majorité) énormément plu, j’en ai choisi trois qui se dégagent néanmoins, sans ordre de préférence, avec un cadeau bonus.

Daredevil

J’avais failli rater le côche en 2011 sur cette ongoing. Loin d’être un grand fan de l’Homme sans peur, j’ai dévoré avec un grand plaisir  ce que j’en avais lu : l’omnibus de Miller et Mazzuchelli et les trois premiers Deluxe de Bendis chez Panini. Je pensais m’orienter d’ailleurs sur de la librairie VF pour le lire après les premiers bons retours. Finalement, quand je suis tombé sur un #1 signé par Waid, je me suis laissé tenté et depuis chaque single est un régal. Je pensais vraiment que je me lasserais et continuerais de les prendre « par principe », mais non. Après plus de 2 ans, je dévore Daredevil que je pose soigneusement chaque fois dans le haut de ma pile de lecture et qui mérite toujours sa place dans mon top de 2013.

Daredevil

Chris Samnee s’éclate depuis plus de vingt numéros après que Riviera ait mis la barre très haute au départ. Ses découpages donnent une dynamique des plus intéressantes au titre, ne mettant pas uniquement Matt Murdock au premier plan mais également tout son environnement. Hell’s Kitchen n’a jamais semblé aussi vivant, aussi beau, et la ville est pour autant toujours gangrené.

Ecrire sur Daredevil, c’est détruire le personnage, le briser. Matt Murdock n’a pas le droit au bonheur. Ce n’est pas les grandes aventures qui font les grandes histoires sur DD, mais la balance entre la vie de Murdock et l’échappatoire qu’est DD pour régler cela (et qui est également à la base de la majorité des problèmes). Ce n’est pas les aventures épiques qui fascinent et intéressent chez l’Homme sans Peur. Ce n’est pas un grand vilain qui viendra nous tenir en haleine, mais la relation qu’essaie de construire l’avocat, la vie de son cabinet, les affaires qui en découlent, et surtout dans le cas de cette série le cancer de Foggy.

J’aurais pu parler également des deux mini séries End of Days et Dark Knight. Mais comme annoncé en préambule, je souhaitais prendre Daredevil en VF dans un premier temps avant de changer d’avis. Pour sûr, elles font toutes les deux parties de mes priorités d’achat prochain. Au moins, je n’attends plus le Deluxe 4 paru chez Panini que l’on a jamais reçu en boutique…

TMNT

Etonnant non ? De plus, je le mets dans mon top avec le recul suffisant, tout fanboyisme mis à part. Cette année des Teenage Mutant Ninja Turtles a été tout bonnement excellente. On commence avec la Mini Serie The Secret History of The Foot Clan, parfaitement réussie qui a vu Matteus Santolouco nous éblouir de sa classe après son passage sur le cinquième numéro de l’ongoing. Non seulement on avait une mini cohérente, intéressante, graphiquement parfaite, mais on a également vu un univers s’enrichir, le passé dans le Japon Féodal s’étoffer, et la suite de l’ongoing de construire. L’arrivée de l’artiste brésilien sur la série régulière s’est alors faite au meilleur moment : pour le premier gros event depuis le relaunch d’IDW, City Fall.

TMNT

Que dire sinon que City Fall est une réussite à tous les niveaux ? De la tension, des enjeux, des alliances improbables pour faire front à un ennemi commun, des révélations, de la bonne baston, des réponses à des éléments introduits depuis plus de deux ans dans la série, que demander de plus ? Cela n’est pas suffisant ? Bien. Beebop et Rocksteady sont de retour, non pas uniquement pour du fanservice, mais pour un vrai rôle, bien amené.

En plus de l’event, les Micro Series Villains apportaient de la profondeur aux adversaires des Tortues. Des One Shot assez bien exécutés pour consolider leur univers et raconter ce qui ne peut l’être dans l’ongoing sans casser le rythme.

Un event et un mini exceptionnels, des Micro de qualité, un single (le #21) entièrement dessiné par Kevin Eastman, l’année 2013 fût un très bon cru pour les Teenage Mutant Ninja Turtes en comics. La série animée continue son petit bonhomme de chemin, et deux jeux vidéo sont également sortis : un très critiqué (mais pas la bouse décrite…) et un très axé jeune public sur lequel il n’y a pas grand-chose à dire. 2014 sera une année déterminante pour les TMNT puisqu’il s’agit des 30 ans de la série, avec un film qui devrait sortir.

Archer and Armstrong

Je ne pouvais faire un top sans mettre du Valiant. Après un an et demi de publication, les séries sont toujours au top, la qualité ne faiblit pas, chaque single est un régal. Mais je voulais en mettre une en avant. Quantum and Woody est arrivé un peu tard dans l’année, et si cela continue sur la même lancée, il y a de fortes chances que ce soit dans mon top 2014. Déjà, parce qu’il y a une chèvre. Mais pour 2013, Archer and Armstrong a vraiment retenu mon attention.

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A&A, c’est l’histoire d’un garçon, Obediah Archer, entrainé par ses parents dans le seul but d’un jour tuer « celui que l’on ne doit pas nommé ». Non, il ne s’agit pas de Voldemort, mais d’Armstrong, un alcoolique qui est également immortel. Sauf que l’ado se rend compte qu’il a été instrumentalisé par ses parents adoptifs et au lieu d’accomplir sa mission, on a le droit à un buddy comics magistrale.

Le duo que tout oppose mais complémentaire est surtout utilisé au cinéma. On ne compte plus les deux personnages (souvent des flics) aux caractères totalement différents qui fonctionnent. En comics, ce procédé est moins répandu. On assiste bien plus souvent à un sidekick, un acolyte pour soutenir un héros. Ici c’est une équipe improbable qui vont vivre des aventures tout autant improbables.

Combattre des nonnes Ninjas, des moines Nazis, faire des courses poursuites en voiturettes golf, ou encore se retrouver avec des aliens dans la fameuse Zone 51, voici un aperçu du programme d’Archer and Armstrong. Tout cela peut paraitre improbable et décousu, mais tout trouve un sens. L’absurdité n’a jamais été si cohérente, hilarante, et intéressante. J’ai rarement autant ri en lisant un single. A si, dans Quantum and Woody.  Si toute la série est excellente, j’ajouterais une mention plus que spéciale pour le numéro 15, un bar-a-thon à travers le temps très représentatif du reste : de l’humour, de la tension, des relations entre les personnages très travaillées.

Si Archer and Armstrong est LA série que je recommande le plus, cette année a vraiment été l’année de la consécration pour Valiant qui confirme ses très bons débuts. Dans mon top, je mettrais donc également PANINI pour avoir acquis les droits et commencé les publications en fin d ‘année. Foncez découvrir ce que fait Valiant, cela vaut vraiment le coup.

Batman and Robin #18

J’ai du retard sur mes lectures de Batman and Robin, que j’ai choisi de prendre en TPB plutôt qu’en singles.   Mais il y a un numéro que je me devais de prendre. Petit retour en arrière.

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Tout le monde s’attendait à un mort dans le Bat-event Death of the Family. Il n’en était rien. Mais le drame est survenu un poil plus tard, de manière assez brutale dans Batman Inc : Damian, fils de Bruce Wayne, et actuel Robin, trouvait la mort. La série Batman Inc décevait un grand nombre, et Grant Morrison a fait braquer les projecteurs sur son bébé.

Je n’avais jamais porté un grand amour au personnage de Robin, quelques soit ceux qui ont porté le costume. Je n’arrive d’ailleurs toujours pas à m’intéresser à leurs aventures depuis leurs émancipations, que ce soit Jason Todd, Tim Drake, Dick Grayson ou encore Stéphanie Brown. Mais ça, c’était avant Damian.  Grant Morrison réussit là où tant d’autres avaient échoué avant lui, et ce n’est en aucun cas parce que j’adore l’écossais chauve. Il a réussi à m’intéresser non seulement au personnage à part entière, mais surtout à son statut de sidekick. La relation avec Bruce était parfaite. J’aimais Robin. Mais il me l’a enlevé. Et le duo Glason/Tomasi m’a fait verser ma larme.

La mort de Damian a été brutale. Il était évident que Morrison allait un jour nous le reprendre, je ne m’attendais juste pas à ce que ce soit à ce moment-là. Ce n’est  pas le numéro de Batman Inc de son décès que j’ai voulu mettre dans mon top, mais le Batman and Robin qui suit. Dans ce single, on ressent toute la détresse de Bruce Wayne, effondré par cette perte. Pendant tout le fascicule, aucun mot. Tout passe par le dessin, dans un découpage parfait, pour nous faire passer ces émotions. Un numéro après une mort n’est jamais facile, celui-ci se pose en exemple. Un single parfait qui arrive à toucher le lecteur. Il l’a fait pour moi en tout cas. Parfois, les mots sont inutiles.

Hawkeye #11

En plus de Daredevil, il y a une autre série Marvel qui aurait pu être dans mon top : Hawkeye. Tout comme DD, une série que je ne pensais pas aimer et qui reste dans mes dernières lectures chez la Maison des Idées, pourtant délaissé dans mes choix de lectures suite à de trop nombreuses déceptions. En plus d’être excellentes en tout point Matt Fraction et David Aja m’ont mis une claque avec Hawkeye #11.

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Peu de blabla, surtout du graphique. La raison en est simple : la narration est faite à travers les yeux du chien Lucky. Ce n’est pas forcément parce que j’aime les comics sans paroles, bien au contraire. Cet exercice est d’ailleurs bien souvent casse gueule. Mais quand c’est réussi, ça fait mal. Très mal.

Un chien, c’est banal, avouez le. Alors un single entier vu à travers les yeux d’un canidé, cela n’augure rien de bon. Pourtant Matt Fraction arrive à faire ressortir du Drama, donner de l’intérêt à son récit. Pendant 10 singles, le chien Lucky gravite autour de Hawkguy à servir le récit mais sans que l’on ne s’attarde plus que lui. Puis vient ce onzième numéro. Oubliez tout ce que vous avez pu lire par le passé. Oubliez tous les codes de narration vu par le passé. Il ne ressemble à aucun. Déroutant dans un premier temps, on se prend ensuite au jeu, à ce récit singulier. Puis on le termine, on le pose. Et on le reprend, on le relit, on le découvre une nouvelle fois. On a envie d’en parler, mais comment expliquer le génie qui s’en dégage ? Pour moi, il s’agissait du meilleur single que j’ai pu avoir dans les mains en 2013. Si ce n’est plus…

 

LE TOP DE JEFFZEWANDERER

Un quintet de Tops à l’image de mes lectures de cette année finalement : beaucoup de Marvel, à peine moins d’indé divers, et juste une touche de DC, la distinguée concurrence m’ayant globalement déçu l’an passé.

Wolverine

L’année 2013 a été on ne peut plus belle pour le mutant aux griffes d’adamantium. Bon, comme ça à priori ça ne paraît pas évident, notamment à cause du flop relatif (en termes de ventes) de sa principale série régulière par Paul Cornell et Alan Davis. De plus le style d’écriture de la série divise (même moi je ne sais plus trop quoi en penser ces derniers temps). Néanmoins Wolvie a aussi eu droit à trois numéros dessinés par un Joe Mad retrouvé sur sa seconde série, Savage Wolverine. Puis Jock et Phil Jimenez ont suivi, et ça c’était déjà très cool même si les scénarios n’ont pas toujours été à la hauteur (les fins notamment).

Mais surtout 2013 a vu apparaître Wolverine Max par Jason Starr, un des tous meilleurs comics Wolverine que j’ai jamais lus. A ranger aux côtés de la mini de Claremont et Miller, Blood Debt de Steve Skroce, Not Dead Yet de Warren Ellis et Leinil  Yu ou les premiers arcs de Jason Aaron (Get Mystique, The Admantium Men…). Un titre magnifiquement « Noir », avec un héros sombre, violent et désespéré, et un dessin « gritty » à souhait, qui colle parfaitement au ton du titre. Du Wolverine « réaliste » pour ainsi dire (on garde quand même le pouvoir guérissant, les griffes etc…), occultant la dimension super-héroïque du personnage au profit d’un univers rempli de criminels endurcis et de femmes fatales, comme je le rêvais.

Une vision que semblait partager James Mangold pour son film The Wolverine (au titre idiot en français), beau contre-pied stylistique par rapport à des films de super-héros toujours plus spectaculaires et tournés vers la comédie. Ce long-métrage est lent, sombre, il a des allures de polar noir ou de film de Yakuza. Et Hugh Jackman y est impérial. Alors tant pis si la fin pêche un peu, ça reste la belle surprise de l’année.

Top 2013 Comic Talk Wolverine

Les events Marvel

Je suis en général le premier à râler quand un éditeur enchaîne trop vite les events, préférant voir les scénaristes libres de raconter leurs histoires dans leur coin plutôt que contraints de faire du blockbuster tous ensemble. Et pourtant en 2013, j’ai dû réviser ma position, parce que même si la direction éditoriale peut m’agacer, une bonne histoire reste une bonne histoire. Et de ce côté on a été gâtés.

Il n’y a qu’à voir Age Of Ultron, chant du cygne reporté de Brian Bendis sur les séries Avengers, mis au placard au profit de Marvel Now, puis ressorti un peu en catastrophe. Dans le genre pagaille éditoriale on fait difficilement pire. Mais cet event au faux airs de Days Of Future Past version Avengers s’est avéré excellent, assumant de jouer avec les codes du voyage temporel, et utilisant brillamment le numéro 0 sorti des années plus tôt pour sa pirouette finale.

Mais à peine remis de mes émotions, voilà qu’Infinity arrivait, point culminant du premier acte du run de Jonathan Hickman sur les mêmes Avengers. Et là j’aurais dû en avoir marre. Sauf que cet event fut si épique, et si bien écrit (malgré ses faiblesses) que j’en oubliais que j’avais eu ma dose quelques mois auparavant. Pour plus de détails je vous renvoie au bilan que j’en avais dressé.

Et comme si ça ne suffisait pas, les X-Men aussi y sont allés de leur Battle Of The Atom (en parallèle à Infinity). Nouvel event, et nouvelle réussite, le côté nombriliste de l’intrigue ne suffisant pas à nuire au plaisir de lecture (là encore je vois renvoie au bilan pour les détails). Bref l’orgie ne s’est pas transformée en overdose, et c’est à saluer.

Top 2013 Comic Talk events Marvel

Petits éditeurs, grands auteurs

On a l’habitude que les plus grands noms des comics œuvrent pour l’un des membres du Big Two, Marvel ou DC. Et on ne s’en plaindra pas. Mais en 2013 on a pu voir beaucoup de séries lancées chez des éditeurs plus petits (oui je sais quand on parle d’Image c’est relatif, mais ça me faisait un plus joli titre) par ces mêmes grands noms. Des terrains de jeu personnels qui s’apparentent à des véritables chef-d’œuvres.

Ainsi Jonathan Hickman a pu explorer des thématiques similaires à celles d’Avengers (l’univers vu comme un système défectueux) avec une plus grande liberté dans East Of West (Image, dessins de Nick Dragotta). Greg Rucka a retrouvé son compère de Gotham Central, Michael Lark, pour s’essayer à la SF d’anticipation avec Lazarus (Image). Ed Brubaker en plus de mêler film noir et horreur Lovecraftienne dans Fatale (Image, dessiné par Sean Phillips), est aussi retourné au thriller d’espionnage avec sa nouvelle série, Velvet (Image, dessin de Steve Epting).

Et tout ne s’est pas passé chez Image. Ainsi Garth Ennis a livré un de ses tous meilleurs ouvrages avec Red Team (Dynamite), l’histoire de quatre flics organisant l’assassinat de certains criminels ayant échappé au système. Un polar noir tout en réalisme et en sobriété, bien différent du reste de l’ouvre de l’auteur mais pas moins génial. Andy Diggle s’est aussi rappelé au bon souvenir de tous ceux qui avaient adoré The Losers avec Uncanny (Dynamite), qui a tout d’un super film d’action sur papier, mêlant espionnage, super-pouvoirs et un héros largué au milieu. Enfin Red Sonja (Dynamite) a bénéficié des services de la brillante Gail Simone pour passer à la vitesse supérieure et bénéficier d’une belle profondeur. Et on pourrait ajouter Suicide Risk (Boom) de Mike Carey (évoqué ici) à cette liste.

Top 2013 Comic Talk Lazarus

Les sorties VF en librairie

Ça c’est mon top « altruiste », parce que ça fait belle lurette que je ne lis plus de VF, je le confesse. Le but ne sera donc pas ici de louer la stratégie globale de tel ou tel éditeur. Mais en me baladant dans les rayons des comic shops, j’ai pu constater que les lecteurs francophones semblaient de mieux en mieux traités.

Déjà parce qu’on a pu voir arriver assez rapidement d’excellentes séries issues des éditeurs tiers. Pour l’excellent Star Wars de Brian Wood et Carlos D’Anda, on ne peut pas parler de surprise, mais ça fait toujours plaisir. Idem pour le Conan The Barbarian du même Wood (sûrement la série Conan la plus originale que vous pourrez lire du point de vue de l’écriture, un vrai beau contre-pied stylistique).

Il y a aussi eu la sortie quasi-simultanée par rapport aux USA d’Avengers : Endless Wartime, très belle étude de personnages déguisée en blockbuster par Warren Ellis et Mike McKone. Avec une édition VF de meilleure qualité en plus.

Mais surtout j’ai vu de plus en plus de « petites » séries de très grande qualité bénéficier de traduction ou de rééditions de qualité. Les francophones ont ainsi pu découvrir le très intéressant Orchid (Dark Horse/Panini), une saga post apocalyptique. Il y a aussi eu le génial thriller d’espionnage Qui Est Jake Ellis ? (Image/Panini) sur un agent renégat aidé par une voix dans sa tête.

Et niveau nouvelles éditions le brillant Queen & Country (Oni Press/Akileos) de Greg Rucka (narrant les aventures d’une équipe du MI-6) a eu droit à un traitement quatre étoiles, comme Out There (WildStorm/Glenat) d’Humberto Ramos.

Top 2013 Comic Talk Orchid

Injustice : Gods Among Us

Et ça c’est mon top « mais non je n’ai rien contre DC ». Mais c’est surtout ma découverte de l’année, avec un poil de retard. Quand ce jeu de baston mettant en scène les personnages de l’univers DC avait été annoncé, j’avais vu la nouvelle plutôt d’un bon œil, en fan du genre. Bon les designs étaient un peu spéciaux mais finalement pas mal. Puis vinrent les vidéos de gameplay et leur lot de coups sur-abusés. Et enfin le premier essai en magasin. La maniabilité saccadée et la raideur toute « balai-dans-le-fondementesque » des personnages, typique de Mortal Kombat (des mêmes développeurs) achevèrent de me rebuter.

Mais les reviews flatteuses m’attirèrent l’œil. Et puis ça restait de la baston avec des persos que j’adorais. Et il paraissait qu’il y avait même un scénario (bon Superman dictateur c’était moyen, mais il y avait l’effort). Bref, je me disais que si le jeu baissait un peu… Puis vint l’Ultimate Edition, sur PS Vita en plus (la console sur laquelle j’aime bien prendre des petits jeux pour meubler entre deux parties sur machine de salon). Je craquai donc.

Et là bim, la claque ! Non seulement on se faisait très vite à la maniabilité (même pas un heure pour perdre mes réflexes de Street Fighter/KOF, et découvrir que le style MK est aussi efficace), mais en plus le casting était génial, les coups spéciaux inspirés et les modes de jeu pléthoriques. Mais surtout il y avait ce mode histoire, hyper bien pensé. Un vrai bon scénario de comic sauce réalité alternative, où les combats arrivent avec un naturel saisissant. Et ce n’est pas juste bon pour de la baston, c’est digne d’un vrai jeu d’aventure ! Les dialogues sonnent juste et il y a même des rebondissements ! Ajoutez des mini-jeux inspirés et une difficulté bien dosée, et vous comprendrez pourquoi je fus conquis.

Top 2013 Comic Talk Injustice

LE TOP DE STEEVE

« On se fait un top de nos lectures de 2013 ? » Bof. J’écris bien trop peu ici pour que ça ait du sens pour moi. Les séries dont je parle quand je trouve le courage de taper sur mon clavier SONT mon top. J’ai donc essayé de me lancer dans un top des auteurs qui ont marqué mon année. Puis très vite, je me suis aperçu que plus que des auteurs ou des titres, ce sont des tendances qui ont bousculé ma vision et mon approche de l’industrie en 2013. En particulier une. Le moteur financier et créatif qu’internet est devenu pour les comics en ces temps de crise. Voici pourquoi mon Top Comics 2013 se résume à ce que le web nous a apporté :

kickstarter

C’est con à dire, mais aujourd’hui plus que jamais, en comics, tout est possible. Absolument TOUT est envisageable. En grande partie grâce au crowd-funding et cette plate-forme magique qu’est kickstarter. Un outil qui, associé au format web-comic, peut propulser n’importe quel anonyme assez malin et talentueux en plein cœur de l’industrie. L’exemple de Ryan Browne est édifiant. Comme j’en ai déjà parlé ici, l’artiste a réussi à lever la coquette sommer de 75 000$ grâce à son God Hates Astronauts et dessine maintenant le Bedlam de Nick Spencer et occasionnellement le Manhattan Projects de Jonathan Hickman.

Mais en 2013 les choses sont allées plus loin. Maintenant, le crowd-funding n’est plus l’apanage des aspirants auteurs. Des professionnels bien établis y ont recours. Ainsi de Frank Cho – pour ne citer que le dernier en date – et son Drawing Beautiful Women : The Frank Cho Method qui a ramassé presque 153 000$ contre les 30 000$ initialement visés par l’artiste. Un succès tel que le dessinateur coréen envisage maintenant de passer par ce modèle pour le plus gros de ses projets à venir. Mais au-delà d’individus isolés – célèbres ou non – des compagnies bien établies passent désormais par ce modèle économique. Ainsi de Top Cow qui grâce à sa campagne kickstarter est parvenu à financer les cinq premiers épisodes de Cyber Force qui ont ensuite été publiés et diffusés gratuitement. Mais surtout de Fantagraphics qui, dans une mauvaise passe, est parvenue à financer l’intégralité de son catalogue pour le printemps 2014 – 39 graphic novels – grâce à la mobilisation de près de 3 000 personnes ayant investi pas moins de 222 000$.

Drawing Beautiful Women: The Frank Cho Method

Drawing Beautiful Women: The Frank Cho Method

Enfin, kickstarter est loin d’être la seule porte virtuelle par laquelle l’innovation est entrée dans notre petit monde. Deux trublions bien connus des lecteurs ont littéralement pris l’industrie de court en brisant les conventions. Brian K. Vaughan et Marcos Martin sont allé à contre-pied de ce modèle maintenant acquis et admis qui veut que tout – de la mort de personnages importants à la fin ou au lancement de tel ou tel titre – se sache au moins deux mois à l’avance, en sortant leur The Private Eye sans annonce préalable.

Deux pointures qui lancent en silence une série indé en digital-only sans l’appui d’aucun éditeur. Et pour couronner le tout, ces deux flambeurs se permettent d’adopter le modèle économique le plus couillu qui soit : paie ce que tu veux. N’importe qui peut aller sur leur site et télécharger les cinq numéros sortis à ce jour pour que dalle. Ou lâcher 20€. Un pari pas si risqué pour le scénariste qui connait un succès amplement mérité grâce à Saga, mais tout de suite plus osé pour l’artiste dont la série est actuellement la seule source de revenu. Comme Martin l’a déjà dit, avec son cv, ce n’est pas exactement comme s’il aurait du mal à trouver du travail s’il en avait besoin. Ceci dit, la prise de risque reste réelle, et surtout, elle a payé. Au rythme auquel c’est parti, l’intrigue pourra se dérouler jusqu’à sa conclusion naturelle grâce au succès financier que ces deux pionniers ont rencontré.

Bien entendu, une question demeure. Ce modèle pourrait-il s’avérer aussi fructueux pour un duo d’inconnus suivant cette voie ? Comme je l’ai dit plus haut, 2013 a commencé à le prouver, grâce au net tout est maintenant envisageable au sein de ce médium que nous affectionnons. Vaughan, Martin, Browne et tant d’autres ont ouvert la route. Combien d’auteurs et d’artistes vont s’y engager afin de paver ce qui ne sont pour le moment que des chemins de traverse ? 2014 risque d’être une année passionnante à cet égard.

The Private Eye

The Private Eye

One Response to Les TOPS 2013 de la rédaction

  1. Eddyvanleffe dit :

    Mon top 5 2013:
    1.HAWKEYE Matt fraction/David Aja
    2.DAREDEVIL Mark Waid/Chris Samnee
    3.HARBINGER Joshua Dysart/Khari Evans
    4.SUPERIOR SPIDER-MAN Dan Slott/Ryan Stegman/Humberto Ramos
    5.SAGA Brian Vaughan/Fiona Staples

    flop
    1-ALL NEW X-MEN par Brian Bendis/Stuart Immonnen
    2-UNCANNY X-MEN par Brian Bendis/Chris Bachalo
    3-THUNDERBOLTS par Daniel Way/Steve Dillon
    4-Animal Man par jeff Lemire/Steve Pugh
    5-WOLVERINE par Paul Cornell/Alan Davis

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