Logan, la critique

logan comic talk

Jeffzewanderer Par

CRITIQUE AVEC UN PETIT RISQUE DE SPOILER

 (ben oui j’ai essayé, je n’ai même pas dit pas le nom de la fillette, mais le dénouement du film est au coeur de ce que j’ai à en dire. Donc c’est à vos risques et périls…)

Une chanson de Johnny Cash en fond, des cicatrices plein le visage et les mains tremblantes, le cheveux grisonnant, accompagné d’un Charles Xavier décati et d’une gamine à l’air féroce et aux griffes acérées. C’est ainsi que Logan nous est apparu pour la première fois. Annonce du dernier rodéo de Hugh Jackman dans le rôle qui a fait de lui une star, dirigé par un James Mangold qui nous avait déjà laissé entrevoir ce que pourrait être un grand film Wolverine avec l’opus précédent, Logan avait tout pour être un grand film. Il est tout ce que la bande-annonce annonçait. Peut-être pas ce qu’elle laissait espérer.

I hurt myself today…

Plusieurs adjectifs pourraient qualifier le long-métrage de James Mangold : sombre, violent, désespéré, crépusculaire. Ce western moderne est bien la dernière chevauchée vers le crépuscule de son héros. Ou de ce qu’il en reste. Le ton est donné dès la première scène. Le Wolverine n’est plus. Il reste un homme brisé, boitillant, picolant, mais toujours violent. La violence fait partie des éléments incontournable de ce film qui tire tout ce qu’il peut de son classement « R » aux USA : les coup de griffes font saigner, les membres sont tranchés, le tout sans la moindre pudeur. C’est d’ailleurs peut-être l’un des deux seuls vrais défauts du film. La complaisance envers cette violence déchaînée qui semble parfois dépasser ce qui était nécessaire pour nous planter le décor désespéré et dur qui lui sert l’ambiance de l’œuvre. L’autre défaut est un abus du « fuck » que le même classement « R » ne limite plus. Une utilisation forcenée durant les premières minutes, mais qui s’estompe à mesure que le film progresse.

Pour le reste, force est de reconnaître que Logan à un véritable cachet. Il ose un rythme lent, entrecoupé par des scènes de violence qui prennent aux tripes. Il se perd parfois un peu en route, comme ses protagonistes. Parti pris narratif réussi pour retransmettre l’errance des personnages ou véritable petite faiblesse d’écriture, la réponse est sans doute affaire de sensibilité. Comme le fait de résoudre comme des détails des mystères qui paraissent importants au début pour finalement passer au second plan. Le scénario est simple, direct, mais ne prétend pas être plus. Il s’agit d’un road movieLogan et Charles Xavier essaient de soustraire une jeune mutante à Donald Pierce et ses mercenaires cyborgs qui voudraient la capturer à nouveau. Il n’y pas besoin de plus, ce qui compte c’est l’odyssée personnelle du trio Logan/Xavier/la jeune fille.

logan comic talk

… to see if I still feel.

Et c’est là que se trouve le nœud gordien que constitue ce film pour moi. Techniquement Logan est un bon film, malgré les quelques détails que j’ai évoqué, il reste un long-métrage de grande qualité. Et je l’ai détesté.

Je l’ai détesté parce qu’il lui manque ce qui me fait vibrer dans une histoire : un souffle épique. Logan est misérable, sinistre, désespéré. Au-delà du tragique, dépourvu de la moindre gloire ni noblesse. Il est la fin sans panache de héros qui justement n’en sont plus. Ils sont des hommes brisés, pathétiques, les débris de ce qu’ils ont été. Pas de dernière chevauchée héroïque, juste une lente chute.

La moindre lueur d’espoir est aussitôt soufflée. Les triomphes lors des affrontements sont vains. Il n’y a pas de dernière révélation, de dernier cri contre la lumière qui se meure, même dans la dernière explosion de violence. Pas de réelle rédemption, de destinée accomplie dans cet ultime périple. Juste l’aboutissement d’une décrépitude insidieuse.

Ce parti pris narratif est incontestablement volontaire, et force est de reconnaître qu’il est parfaitement respecté tout au long du film. Le film est même poignant par certains côtés. Mais tant de noirceur a fini par me peser. Par noyer chez moi toute autre émotion que le désespoir. Les bandes annonces laissaient entrevoir ce petit souffle épique que j’évoquais plus tôt, même s’il devait être le dernier. Mais ici le cygne ne chante pas, il meurt juste et sombre en silence.

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Qu’il m’est donc difficile de livrer un avis constructif sur ce Logan. Avec du recul, comment ne pas louer la qualité de la réalisation, du travail sur les personnages, et sur l’ambiance ? Mais tout cela ne me suffit pas pour passer outre le fait que je n’aime pas ce film. Je n’aime pas sa misère, le fait qu’il n’offre ni espoir ni gloire à son héros éponyme. Je voulais une dernière chevauchée. Je n’ai eu qu’un dernier voyage. A voir si cela vous suffit…

4 Responses to Logan, la critique

  1. Just a Noob dit :

    Hello !
    Marrant cette vision du film. Je n’ai pas beaucoup aimé le film,en tout cas je ne suis pas vraiment rentré dedans. Mais je n’ai pas du tout trouvé qu’il n’y avait ni gloire ni espoir. Au contraire. Ce perso a le choix, il a de l’espoir il a un échappatoire, mais il n’en veut pas. La gloire elle se manifeste quand, malgré son désire de lâcher prise, il va jusqu’au bout de sa mission.
    Il est très fun de comparer les différences entre les analyses =)

  2. Eddy Vanleffe dit :

    pareil, le film est bien foutu, sans doute le plus ambitieux de la franchise…mais je n’adhère pas à ce parti pris du sérieux terre à terre toisant d’un ton méprisant la fantasy comme le fait ce film…l’héroïsme, c’est nul, les costumes c’est nul,
    Ben…pourquoi faire un film de super héros?
    je ne suis pas très nuancé, certes et il y a de la place pour tous les films sur le genre (du premier degré à fond au sarcasme le plus cynique) mais celui ci ne m’a pas fait vibrer outre-mesure…

  3. Tonior07 dit :

    Salut.
    J’ai lu la partir incohérences sur les x men, qui est bien sympa a lire d’ailleurs, mais un truc me chiffonne sur le dernier Logan, si logiquement on est reparti à zéro avec la fin de days of future past , dans un scène coupé de Logan, lors du repas avec la famille dont je n’ai plus le nom, le professeur Xavier dit que Logan avait une  » femme  » nommee Jean Grey et qu’il l’a tué (donc dans x men 3) et a un autte moment dans le film, il est évoqué la scène de la statue de la liberté (donc dans le 1er x men).
    Quel est ton avis ?

    • Jeffzewanderer Jeffzewanderer dit :

      Je dirais que comme il s’agit de scènes coupées, elles ne « comptent pas, tout simplement (viv la solution facile :-) Sinon pour la statue, en soi, Magneto a pu quand même y enter quelque chose, même dans la nouvelle continuité.

      Pour Jeau c’est plus tendu, ça impliquerait une tragédie entre la fin « heureuse de DOFP et le début de logan, pas impossible (on sait que « l’incident de Westchester » qui a vu la mort des X-Men est intervenu après la « fin heureuse » et avant Logan après tout, mais en effet peu probable. Je pense qu’il est donc plus logique d’en rester à « scènes coupées = non canonique ».