Ninja Turtles 2, la critique

Ninja Turtles 2 Comic Talk

Jeffzewanderer Par

Pour juger de la qualité d’une œuvre, quelle qu’elle soit, il convient la plupart du temps, voire toujours, de prendre en considération le public auquel elle est destinée. Déplorer le manque de complexité psychologique des personnages de Oui-Oui, ou la complexité du langage d’Hamlet pour un enfant de 8 ans n’aurait en effet guère de sens.

Ce préalable est on ne peut plus nécessaire pour ne pas faire un mauvais procès au film Ninja Turtles 2, réalisé par Dave Green. Ce film, s’il a ses qualités, a aussi suffisamment de défauts propres pour qu’on n’essaie pas de lui en imputer d’autres injustement.

Cowabunga

A l’instar de son prédécesseur, Ninja Turtles 2 est très inspiré par le cartoon Tortue Ninja des années 90 qui a rendu les quatre frangins créés par Eastman et Laird hyper populaires. On retrouve la même ambiance bonne enfant, les gadgets et véhicules improbables des Tortues, et toujours le personnage de Vern, acolyte d’April O’Neil, ainsi qu les arrivées de Krang dans son robot humanoïde, BeBop et Rocksteady ou encore Casey Jones. On notera même des détails, comme le souci de bien montrer que personne ne meurt (pilotes qui sautent en parachute en  arrière plan etc…).

Plus globalement, le film a tout d’un cartoon, jusqu’à sa manière de représenter la violence. On y voit en effet peu de bagarres chorégraphiées mêlant ninjutsu et duels à l’arme blanche (ce qui est bien dommage), et plutôt des courses poursuites délirantes et des chutes dignes de Wile E Coyote coursant le bip-bip. L’humour est aussi omniprésent et les blagues, de plus ou moins bon goût (sauf si les pets vous font rire), fusent quasiment sans interruption.

La réalisation est assez inégale, entre jolis plans et scènes d’action qui abusent parfois de la shaky cam, au détriment de la lisibilité. Le scénario tient par contre sur un demi ticket de métro : Shredder et Krang veulent conquérir le monde en construisant le technodrome, super arme qui leur assurera la victoire. Le premier veut se venger des Tortues, le second est juste très très vilain. Point. On a donc une quête de mcguffins, débouchant sur la confrontation finale sur fond de fin du monde. On passera aussi sur les multiples raccourcis, coïncidences, deux ex machina, et plus globalement sur l’absence à peu près total de tout effort de vraisemblance. Mais comme on l’a dit plus haut, le film se veut la continuation du cartoon d’antan, et vise un public enfantin. On pourra donc lui pardonner sa simplicité, voire son côté bas du front.

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It’s Turtle time ?

Pardon qui vient d’autant plus facilement car les quatre héros à carapace sont vraiment bien traités. Leurs traits de caractère respectifs sont simplifiés et très exagérés, mais sans non plus trop en faire, ce qui les rend très convaincants et attachants. Changement agréable par rapport à l’opus précédent : si les tortues ont gardé une taille impressionnante, elles semblent plus légères, plus déliées, et ressemble plus à des ninjas agiles qu’à des ersatz de Hulk. Shredder a, lui, abandonné son accent caricatural. BeBop et Rocksteady sont d’une stupidité tapageuse et burlesque qui rappelle des souvenirs d’enfance et fait plutôt bien rire à l’écran.

Le visage botoxé de Megan Fox nuit un peu à sa performance en tant qu’April O’Neil, mais au moins elle « mange » moins de temps de présence à l’écran, et reste quand même honnête. On regrettera un Stephen Amell un peu perdu en Casey Jones, qui a l’air de découvrir qu’il joue dans un film pour enfants et ne sait pas trop comment se comporter. Dommage aussi que Karai soit réduite au rang de figurante, ou que Vern prenne encore tant de place à l’écran.

Mais surtout, on regrettera ces  moments où le film veut être plus que ce à quoi il peut prétendre, où il se veut plus malin qu’il ne l’est. Les scénaristes ont en effet voulu introduire des thèmes intéressants, tels que la différence, l’intégration, l’acceptation de l’autre et de soi, par le biais des tensions au sein de la fratrie mais aussi de leur volonté de s’intégrer à un monde qui n’est pas prêt à les accepter. Voire Mikey la larme à l’œil après qu’on l’ait traité de monstre a quelque chose de touchant. Mais malheureusement ces thèmes sont traités de manière ultra simpliste, et surtout la résolution arrive bien trop facilement, de manière bien trop artificielle. C’est le problème quand on introduit des questionnements qui n’ont pas leur place dans un film pour enfant, et qu’on veut renouer avec le public cible pour y répondre.

L’hypersexualisation de Megan Fox, certes sur une seule scène, est aussi assez déplacée. Pas tant en elle-même, que par le fait qu’elle ne fait pas raccord avec le reste du film. Et, plus globalement, on s’interrogera sur la pertinence d’un design « réaliste » (notamment pour les Tortues) et le choix d’un « vrai » film plutôt qu’un long métrage d’animation vu l’influence omniprésente du cartoon.

Ninja Turtles Comic Talk

LE BILAN : Il y a du mieux pour nos Ninja Turtles préférées. En premier lieu il faut accepter que ce film, comme le précédent (et peut-être encore plus), est une adaptation du dessin animé des années 90. Mêmes ton, mêmes personnages, même petit côté kitch parfois. Mais il y a aussi du mieux par rapport au précédent opus, notamment dans la représentation des Tortues, moins Hulk et plus ninja, et toujours aussi cool et sympathiques. Le scénario n’est pas le point fort, mais l’aventure, l’humour et l’action sont plus efficaces, même s’il manque des combats plus réussis. La volonté d’introduire des questionnements plus profonds est louable, mais se solde par un échec car la résolution n’est pas à la hauteur. Bref, on est face à un cartoon du samedi matin en live action, pour le meilleur et pour le pire.

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One Response to Ninja Turtles 2, la critique

  1. Loïc dit :

    Tu aurais pu approfondir sur le scénario et ses incohérences : oh mais attendez on a un artefact extra-terrestre au Musée d’histoire Naturelle de New-York (l’armée ne s’en est pas emparée ? :o ) et attendez, il y a un autre ne pleine forêt amazonienne et personne l’a vu !!!!

    Et les blagues sont d’une lourdeur ! Mon dieu, le pire film que j’ai jamais vu de ma vie !!

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