Original Sin #1, la review

Original Sin Comic Talk Review

Jeffzewanderer Par

« Summer is coming » si vous permettez de paraphraser l’autre famille Stark la plus connue de la pop culture. Et avec l’été, c’est aussi le méga event annuel de Marvel qui pointe le bout de son nez. Cette fois il s’appelle Original Sin, écrit par Jason Aaron et dessiné par Mike Deodato, et il va tout changer. Comme chaque année. Et comme chaque année il va vampiriser la quasi-totalité des séries de l’éditeur à grand renfort de tie-ins. Mais surtout comme chaque année, même si on est un peu blasé par tout ce Barnum, on va se jeter sur cette mini-série. Moi en tous cas. Et vu la qualité de ce premier numéro, je ne regrette pas d’avoir succombé à la tentation une année de plus.

Uatu the Watcher knows fear.

Pourtant, et ce n’est là qu’un avis personnel, Original Sin sentait mauvais. En fait il sentait le Fear Itself. Il est écrit par un bon auteur, mais qui n’est pas forcément un habitué des blockbusters. Et surtout il a un concept flou, presque schizophrène. D’un côté il est censé tourner autour du meurtre d’Uatu, le Watcher, que les héros vont tenter d’élucider. Et de l’autre il est supposé nous dévoiler les « péchés originels » des héros (et vilains ?) de l’univers Marvel. Comme Fear Itself devait nous dévoiler les pires peurs desdits héros, et aussi l’arrivée du vil Serpent, frère d’Odin et Dieu de la peur. Sauf que le lien entre ces deux thèmes était au mieux ténu et au pire inexistant.

Et ça a l’air bien parti pour retomber dans le même travers. En effet on voit mal comment les sales petits secrets de tous les héros pourraient être tous liés entre eux au point de participer à la résolution d’une intrigue plus vaste. A cela s’ajoutait un Original Sin #0 par Mark Waid et Jim Cheung qui semblait hors de propos. Il nous dévoilait certes le péché originel des Watchers, mais ça ressemblait plus à la justification de leur mission qu’à un élément qui aurait des répercussions aujourd’hui. Et surtout, dévoiler les péchés originels de tout le monde, ça semblait surtout consister à tripatouiller encore les origines des héros, chose que l’industrie des comics dans son ensemble n’a que trop faite ces dernières années.

Mais me direz-vous, pourquoi dire en intro que j’étais content d’avoir succombé à la tentation pour me livrer ensuite à deux paragraphes de bashing préemptif ? Pour bien vous montrer dans quel état d’esprit j’étais quand j’ai ouvert Original Sin #1. Et que vous réalisiez ainsi bien à quel point ce numéro est bon pour m’avoir fait oublier tous ces préjugés.

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The wages of sin is death.

Original Sin #1 lance donc l’event de fort belle manière. Il semble bien que la mini-série principale se concentre sur le meurtre d’Uatu, sur lequel elle s’ouvre, et Jason Aaron arrive à nous intriguer. Le scénariste multiplie pour cela les mystères dans ce premier numéro, ne se limitant pas à cet homicide cosmique, mais nous faisant clairement ressentir que tous les éléments qu’il esquisse sont liés entre eux. Le numéro est d’ailleurs plutôt dense, et ne perd pas de temps pour effectuer sa mise en place. On rentre ainsi directement dans le vif du sujet, et on a même droit à un tout petit peu d’action.

Parmi ces mystères, on a l’équipe hétéroclite qui est mise en place par un commanditaire inconnu. Elle paraît décalée (Dr Strange, le Punisher, Emma Frost, Gamora, Moon Knight et d’autres encore) mais c’est aussi ça qui intrigue. Et il y a ce sentiment diffus que le scénariste sait ce qu’il fait, que cet assemblage inattendu de héros a sa raison d’être. En parallèle on a aussi droit au retour du vrai Nick Fury aux affaires, chargé par Captain America du côté « officiel » de l’enquête. Et ce ne sont pas là tous les éléments attrayants et intrigants qui composent ce numéro, mais je préfère ne pas révéler les autres pour vous laisser le plaisir de la découverte.

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Et surtout que Jason Aaron écrit bien. Non seulement c’est dense niveau intrigue, comme je l’ai dit, mais aussi ses personnages sonnent hyper juste et donnent sa dimension humaine à l’histoire. La scène du diner entre Cap, Wolverine, Black Widow et Fury en est un parfait exemple. Et que Mike Deodato est un bon artiste ! On sent qu’il a pu prendre son temps, et de beau son trait devient superbe. C’est fin, élégant, détaillé, les ombres (profondes, omniprésentes) sont sublimement gérées. Les mises en pages sont dynamiques et se permettent quelques fantaisies de bon aloi.

LE BILAN : Original Sin #1 est une réussite en tous points. Il lance de manière impeccable son intrigue tournant autour de la résolution du meurtre du Watcher, il pose nombre de questions et surtout donne très envie de connaître les réponses, il met en place une équipe qu’on a envie de suivre, et il propose des personnages parfaitement écrits ainsi que des dessins superbes. Je ne suis toujours pas convaincu que le tripatouillage systématique du passé des personnages soit une bonne idée, mais il semble que ce sera l’affaire des tie-ins. Et par contre ce premier numéro me donne vraiment confiance en ce qui concerne l’enquête sur la mort d’Uatu et les révélations qui y seront liées. Vivement la suite !

LA NOTE : 4/5

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One Response to Original Sin #1, la review

  1. Arnaud dit :

    Je dois avouer que j’ai acheté ce titre uniquement à cause de (ou plutôt grâce à) Jason Aaron. Les events, la pelletée de tie-ins qui va avec, c’est pas trop mon truc. Hé ben j’ai carrément bien fait. J’avais oublié à quel point j’adorais Mike Deodato (son passage sur Secret Avengers, entre autre, m’avait fait rêver), et puis surtout, le fait de faire cohabiter deux équipes (une vue et revue, une autre plus électique et inattendue) est réussi, on veut évidemment savoir qui sont ces gens qui opèrent dans l’ombre, et puis Aaron comprend la psychologie des personnages qu’il a lui-même choisis (logique vous me direz, mais pas si évident). Je crois ne pas trop m’avancer si je dis qu’il est dans la forme de sa vie.

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