Rogue One : A Star Wars Story, la critique

Rogue One Comic Talk

Jeffzewanderer Par

CRITIQUE GARANTIE 100% SANS SPOILER

(même pas les noms des personnages déjà connus qui apparaissent)

Après la décennie qui a séparé l’épisode VII de son prédécesseur, il n’a cette fois fallu attendre qu’un an pour revoir les mots « Star Wars » orner les façades des cinémas. Point de numéro d’épisode cette fois, mais un simple sous-titre « a star wars story », pour mieux nous signifier que Rogue One est un film à part dans la saga, le premier spin-off purement cinématographique (car en matière de spin-off on a déjà eu deux versions de la guerre des clones, et Rebels). Plan facile pour amasser des dollars sans risque ou vraie opportunité de découvrir la saga Star Wars d’une autre manière, le débat a débuté avec l’annonce du film et voici l’heure de connaître la réponse. La réponse : les deux mon général, mais surtout la deuxième.

A New Hope

Rogue One est donc l’histoire du commando de rebelles qui s’empare des plan de l’Etoile de la Mort que Leia cache dans R2 au début du tout premier Star Wars. Dire ça c’est, certes, résumer assez exactement le film, mais c’est surtout passer à côté de tout ce qui fait son charme. Car oui, Rogue One est un « petit » film Star Wars ; Si les enjeux sont importants (on parle de l’Etoile de la Mort quand même) et qu’il recèle de quelques morceaux de bravoure sensationnel (on y revient plus tard) il n’a pas le côté « saga » qu’on retrouve dans les autres épisode. Son histoire est simple, direct, assez courte. Efficace à n’en pas douter, mais on sait très vite où on va et comment on va y arriver. Le fait d’en connaître le dénouement joue aussi sûrement un peu (on sait que les plans parviendront à Leia).

Il n’en demeure pas moins que ce film de guerre (car c’est bien le genre auquel il faut le rattacher) est prenant, intense, et mené à un rythme endiablé. Ses personnages sont pour la plupart réussis et attachant, à commencer par le duo de héros : la rebelle Jyn Erso et le barbouze Cassian Andor. Si Jyn n’est pas très éloignée des archétypes connus de la saga (mélange de Luke pour le côté « pris dans le conflit » et Han pour le côté vaurien), Cassian est un tout nouvel animal. Dur à cuire avec une vraie part de noirceur, idéaliste endurci (oxymore volontaire), il apporte un vent de fraîcheur sur la saga. Dans le reste de l’équipe on retiendra surtout Chirru, sorte de moine guerrier tout droit sorti d’un kung-fu movie et le droid K2 SO au sens de l’humour très mordant. « Comic relief » qui donne dans l’humour noir, il est à l’image du film, plus sombre que ce à quoi on s’est habitué dans la forme, plus percutant (tout en restant tout public, n’exagérons rien). Les autres membres du groupe (Baze, Bodhi) sont aussi attachants, et ont chacun leur moment de gloire. Il convient d’ailleurs de louer la manière très naturelle dont ledit groupe se constitue.

Les seconds rôles ont aussi leur mot à dire. Galen Erso est une figure tragique superbe, et l’extrémiste Saw Gerrera apporte une dimension intéressante au film en nous permettant de découvrir une rébellion moins unie qu’on aurait pu le croire en s’en tenant aux films « Episodes ». Enfin le directeur Krennic est un vilain simple mais réussi, le genre qu’on aime haïr.

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A true Star Wars story

Mais finalement ce qui marque le plus c’est à quel point Rogue réussi à être à la fois un vrai film Star Wars et un vrai film à part. Les liens avec l’univers de la saga sont omniprésents et ne se limitent pas à l’argument. On pourrait parler de fan service frénétique, mais ce serait gratuitement péjoratif et finalement réducteur. On perd le compte des clins d’œil que d’autres sites ne manqueront pas de recenser, mais qui sont autant de petits frissons agréables (voire purement jouissifs) ou de réels éléments moteurs de l’intrigue. Ça peut être un personnage, un nom prononcé par un haut parleur, ou un mots familier pour qui connaît l’univers étendu comme « Whills ». On retrouve aussi un véritable souffle épique dans les batailles, qui n’ont rien à envier à celles de Yavin, Hoth ou Endor. La mise en scène est aussi moderne que percutante, tirant partie des progrès de la technique. On appréciera aussi les décors, très réussis, qui nous proposent de nouveaux environnement.

D’un autre côté le film abandonne la structure narrative classique de la saga, mais surtout opte pour une ambiance plus sale, plus sombre. Les décors, les costumes, tout fait plus usé, tout a vécu. Les pas des troopers en tous genres sont lourds, leurs armes font un vacarme qui rappelle la violence omniprésente. Les dialogues n’excluent pas tout humour, mais ce n’est clairement pas la norme. Plus largement, on ressent bien l’impression d’une galaxie sous le joug impérial, intoxiquée par sa propagande qui s’efforce d’éradiquer toute trace du passé. On se rend mieux compte du défi que les rebelles doivent relever, et des extrémités auxquelles ils doivent parfois en arriver.

Rogue One montre les coulisses, les parties qu’on cache dans les opus principaux. Il s’attarde volontiers sur des personnages anecdotiques jusque-là et nous montre leur réelle importance. En fait on est face à la version cinématographique de ce que les divers comics Star Wars nous proposent depuis des années, permettant aux auteurs de prendre des risques narratifs inenvisageables quand on parle des « Episodes ».

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LE BILAN : Film de guerre direct et efficace mais offrant des passages épiques à donner le frisson, vraie partie de la saga Star Wars offrant friandise après friandise au fan tout en portant un regard inédit sur cet univers, Rogue One réussit parfaitement son pari de nous présenter du vrai Star Wars, mais différemment. Bien plus qu’un simple prétexte pour soutirer de l’argent à un public déjà conquis, il apporte une vraie nouvelle dimension à la saga Star Wars comme les romans et comics avaient pu le faire auparavant.

One Response to Rogue One : A Star Wars Story, la critique

  1. Eddy Vanleffe dit :

    Le star wars que j’ai préféré depuis l’Empire contre-attaque…

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