Scénario ou dessin, le débat

Comic Talk Débat

Jeffzewanderer Par

Se poser des questions inutiles, c’est l’apanage des philosophes et des fans de comics. Des grandes interrogations du style « qui gagnerait dans  un combat entre Batman et Wolverine ? » ou qui est le plus rapide : Flash ou Superman ? » (et pour les curieux les réponses sont « Batman avec de la préparation, Wolverine en impro », et « Flash »). Bref des débats qui, au final, ne bouleverseront ni l’ordre du monde ni même l’industrie des comics, mais qui sont des exercices intellectuels amusants.

Or, parmi ces débats, un de ceux qui reviennent le plus est : « qu’est-ce qui est le plus important dans un comic, le scénario ou les dessins ? »

Là, la réponse de normand classique c’est « aucun des deux, il ne sert à rien de les opposer, les deux sont aussi importants ». Une réponse qui est d’ailleurs loin d’être stupide, la bande dessinée étant l’alliance de l’écrit et du graphique. Mais une réponse qui flingue un peu le débat et son côté amusant (comme de répondre « ça dépend » aux questions précédentes, ça marche mais c’est moins drôle). Et aussi un avis qui est loin d’être le seul valable, comme je vais essayer de le montrer.

Préliminaires

Avant toute chose, défonçons rapidement quelques portes ouvertes : les meilleurs dessins au monde ne sauveront pas un comic au scénario catastrophique. Et le meilleur scénario au monde pourra être saccagé par les dessins au point d’en devenir illisible s’ils sont suffisamment mauvais. Et les vrais classiques, ceux dont on parle dix, vingt ou trente ans après avec des étoiles dans les yeux, sont l’alliance d’un scénario et d’un dessin tous deux impeccables (citez-m’en donc un seul qui ne soit pas une référence dans les deux domaines).

Il convient ensuite de bien définir les rôles de chacun. A priori, dit comme ça, ça parait évident : le scénariste raconte l’histoire, le dessinateur l’illustre. Mais c’est totalement faux. Le scénariste ET le dessinateurs racontent tous deux l’histoire. Le scénariste la crée, l’invente, la structure, y ajoute les dialogues. Mais le dessinateur la met en scène, en « dirige » les acteurs. On peut à ce stade faire la comparaison avec ce qui se passe dans le cinéma : la distinction entre l’auteur du scénario/script et le réalisateur.

Une comparaison qui a ses mérites mais à laquelle il ne faut pas s’arrêter, ne serait-ce que parce qu’au cinéma justement il y a une étape déterminante de plus : le montage. Il peut tout changer à une histoire. Or, dans les comics, il n’y a pas de montage. Le scénariste écrit, l’artiste dessine, on encre/colore/lettre (trois étapes qui ont leur importance évidemment, mais un impact finalement moindre sur la narration, comme un éclairagiste pour reprendre la comparaison avec le ciné) et basta.

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Quelques exemples des découpages (« layouts ») utilisés par Jack Kirby.

Définitions

Soulignons aussi que toutes les collaborations entre scénariste et dessinateur ne se déroulent pas de la même manière. Mais avant d’aller plus loin, définissons deux autres termes : « plot » et « script ». Le « plot » c’est le synopsis de l’histoire, à savoir l’enchaînement des évènements qui la composent. Le « script » c’est le détail des ces évènements, leur découpage, présenté de manière plus ou moins détaillée.

Pour vous donner un exemple simplifié à l’extrême un « plot » serait « Spider-Man combat Electro en train de braquer une banque. ». Un script donnerait quelque chose du style : « Page 1, Case 1 : Electro, interrompu pendant un braquage, balance une décharge à Spider-Man. Page 1 Case 2 : Spider-Man évite la décharge de justesse… » et ainsi de suite, en rajoutant les dialogues (absents du « plot »).

Or un script peut être plus ou moins détaillé. La norme dans l’industrie est qu’il doit proposer un découpage case par case, avec une description de l’action dans chaque case et les dialogues. Sachant que même dans ce cas, le niveau de détail varie. Pour citer l’exemple le plus parlant (à défaut d’être le plus représentatif), Alan Moore est ainsi connu pour livrer de véritables romans où la description d’une seule case peut prendre une page de texte ou plus.

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Exemple d’un script « classique », avec le premier crayonné (« rough ») de la page correspondante.

Tag Team

Le scénariste peut même, dans les cas les plus extrêmes, aller jusqu’à indiquer à l’artiste la forme des cases et les angles de vue pour chacune. Autant dire que dans ce cas le dessinateur voit sa liberté drastiquement réduite. Il a cependant encore un rôle à jouer dans la narration (c’est bien de dire « grand angle, en contre-plongée, Spider-Man se balançant sur sa toile » mais si c’est mal dessiné ça bousille quand même la narration au final), mais bien moindre.

A l’inverse, le scénariste peut laisser beaucoup plus de liberté à l’artiste, avec la méthode « un paragraphe/une page ». En gros chaque page est résumée en un paragraphe de texte, avec les dialogues (un peu comme un roman donc) et libre au dessinateur de faire son découpage pour caser tout cela dans la page. Et pour aller encore plus loin il y avait la « Marvel Way » pour écrire, qui doit son nom à l’éditeur. Ce fut notamment la méthode de prédilection du duo Stan Lee/Jack Kirby. En gros le scénariste livre un « plot » à l’artiste narrant le contenu du numéro dans sa globalité. Puis l’artiste structure tout cela en vingt-deux pages (moins à l’époque d’ailleurs), fait son découpage case par case et dessine le tout. Il renvoie ensuite les planches dessinées au scénariste qui ajoute les dialogues à ce moment là.

Il va de soi que dans ces deux derniers cas, l’artiste a une responsabilité bien plus grande. Même s’il n’est pas impliqué dans l’élaboration du « plot », il est au moins autant (voire plus) responsable de la narration de l’histoire proprement dite que le scénariste. Je laisse par contre de côté les cas où l’artiste participe à l’élaboration du « plot » (comme ce fut le cas de John Byrne lors de sa collaboration avec Chris Claremont sur les X-Men par exemple) puisque dans ces cas là l’artiste revêt « officiellement » une double casquette dessinateur/scénariste.

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Lettre de John Byrne à Chris Claremont concerant la création du personnage de Kitty Pryde.

 And the winner is…

Bon, c’est bien beau tout ça, me direz-vous, mais il faudrait peut-être songer à répondre finalement à la question posée en introduction, à savoir « qu’est-ce qui est le plus important dans un comic, le scénario ou les dessins ? ». Surtout après avoir dénigré les réponses de normand. Et là ce que je vais dire n’aura plus rien d’objectif, contrairement aux paragraphes précédents, ce sera uniquement mon avis à moi rien qu’à moi.

Et malgré tout ce que j’ai dit je pense que c’est le scénario qui compte le plus. En premier lieu parce que c’est le scénario qui va permettre aux personnages d’exister, leur donner une profondeur, leur faire traverser les âges, les définir. Ce n’est pas parce que Batman ou Superman ont un beau look qu’ils ont traversé les âges. C’est à cause des histoires dont ils ont été les héros. Sans scénario, il n’y a pas d’histoire à raconter, peut importe la qualité des dessins. Un art-book ça peut-être très bien, mais ça n’est pas un comic. Et là les plus vicieux me répondront qu’une histoire sans dessin, c’est bien aussi mais ça n’est pas non plus un comic, c’est un roman. Mais je vous avais vu venir !

A ceux-là je répondrai que dans 90% des cas, c’est aussi le scénariste qui assure le découpage de l’histoire par le biais du script, qui met les mains dans le cambouis de la narration et en détermine la qualité en premier lieu. A la limite le dessinateur peut se contenter du service minimum en se limitant à dessiner ce qu’on lui demande sans erreur technique. Il n’apportera ainsi pas au comic fini, mais il ne lui nuira pas. Ce n’est pas idéal, mais je pense que c’est mieux qu’une histoire bancale même servie par de beaux dessins.

Attention, je ne cherche en rien à dénigrer les artistes, dont le travail est essentiel, au sens premier du terme (même le fainéant de l’exemple du paragraphe précédent), et qui peuvent apporter énormément à une histoire, la sublimer, même avec un script « classique » (découpé case par case donc) comme base. Et c’est encore plus vrai si on leur laisse plus de liberté (voir Jack Kirby, sans qui l’univers Marvel ne serait pas le même, voire ne serait peut-être pas tout court). Mais je pense que si on peut acheter un comic pour ses dessins (et je l’ai fait !), on le lira et on le suivra pour son histoire.

D’accord ? Pas d’accord ? Les commentaires sont là pour ça !

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« Bataille » des scénaristes, organisée par le site IGN.com (je ne valide pas le résultat final !).

7 Responses to Scénario ou dessin, le débat

  1. arnonaud dit :

    Intéressant comme article.

    Bon par contre, From Hell est je trouve un bon exemple d’excellent comics où le scénario est très bon et où les dessins sont assez exécrables (pour mon point de vue en tout cas). On peut donc faire fonctionner une histoire même si le dessinateur est plutôt mauvais. A condition d’avoir une excellente histoire.

    De toute manière, on le remarque régulièrement quand on lit n’importe quelle BD : plus les dessins sont excellents et plus on passera les faiblesses du scénario (jusqu’à un certains point) et inversement.

    Je pense que le Justice League de Geoff Johns aurait eu beaucoup moins de succès s’il avait été dessiné par le dessinateur de Infinity : Hunt (Steven Sanders) par exemple.

    Je dis tout ça, mais je fait partie du camp qui pense que le scénario est prioritaire sur le dessin. Mais réfléchir à tout ça est intéressant.

    Il y a tellement d’éléments qui rentrent en compte pour faire que la BD soit bonne et tellement de cas différents qu’il est difficile de voir qui est prioritaire sur l’autre. Je pense néanmoins que le Script l’emporte sur le Plot par exemple. Le Plot a beau être aussi intéressant que possible, si le script est mauvais on va avoir une grosse déception (genre les récits de Bendis dont le soufflet retombe à la fin, genre Secret War) et inversement, si c’est bien raconté, un plot assez peu engageant peu donner une bonne histoire. Les comics du silver age n’ont pas forcément les meilleures histoires du monde, mais ils peuvent être très bons quand ils sont mis en image par des types comme Kirby et Ditko et gagner une saveur toute particulière quand les dialogues délirants de Lee se ramènent par dessus.
    Le Daredevil de Romitar Sr. et Lee gagne sa saveur par les dialogues de Lee.

    Si le scénario est supérieur aux dessins, est-ce que le scénariste est plus important que le dessinateur ? Je ne sais pas, surtout dans les comics où il n’y a pas une façon de scénariser. Tous ceux qui utilisent ou ont utilisés la Marvel Way (Stan Lee, Peter Milligan sur X-Statix, sûrement Claremont sur certaines périodes de ses X-Men) restent fortement dépendant de leurs dessinateurs quant à la qualité finale de l’histoire.

    Enfin bon, au final, une bonne BD, un bon comics reste celui qui sait combiner plusieurs facteurs : bon plot et bons dessins, bon dialogues et bons chara design, bonne mise en page et bon script…

  2. loran83 dit :

    Un article très intéressant, encore une fois, et qui pose ce genre de questions essentielles qui imposent de faire un choix cornélien : chez Ferrari, ce qui importe, c’est la ligne ou la puissance ? Ségolène, Valérie ou Julie ?

    Sérieusement, donc, le fond ou la forme ? Pour ma part, l’un ne va pas sans l’autre (et je ne suis pas normand), mais si je devais vraiment choisir (genre, si le diable menaçait de jeter ma collection au feu si je ne répondais pas) ce serait … le dessin. Peut-être est ce du à mon éducation artistique qui m’a amené à exercer mon oeil autant (plus ?) qu’à solliciter mon cerveau, mais à l’extrême, je supporte mieux une histoire mal écrite et bien dessinée que l’inverse … Ce point de vue ne peut être que subjectif, tant l’art est dans l’oeil de celui qui regarde, qui se l’approprie d’une certaine façon, le perçoit à sa manière. Le premier contact que j’ai avec un comic, c’est sa couverture, c’est le fait de feuilleter ses pages … la forme, on peut s’en faire une idée relativement précise immédiatement.
    L’histoire (le scénario) m’apparaît comme quelque chose de plus lointain, moins sujette à la perception, plus à l’interprétation. On ne peut donc l’apprécier (ou pas) qu’après avoir lue. Je privilégie donc l’aspect visuel quand je vais à la découverte sans autre avis que le mien. Au grand dam de mon meilleur ami, qui déplore le fait que je n’arrive pas à franchir la porte de Locke & Key … (prière de ne pas jeter patates et tomates, ou du moins, pas trop fort). Si les avis sont unanimes sur une histoire, alors que le visuel ne me parle pas, je suis prêt à y aller (mais Locke & Key, je ne sais pas je n’y arrive pas …).

    Heureusement, il m’arrive de lire et d’apprécier des histoires accompagnées de dessins qui de prime abord ne me fascinent pas (Francavilla), mais qui finissent par coller parfaitement au récit, à tel point que je les apprécie pleinement.

    Sincèrement, j’ai quand même du mal à départager le fond de la forme. A quoi sert un bel écrin vide ? Et en même temps, comment susciter l’intérêt sans être mis en valeur ?
    Je suis fier de mon commentaire qui aura bien fait avancer le schmilblick …

  3. Paul Renaud dit :

    je pense que dans le cas des premiers Marvel, la barrière est très floue. Stan Lee lançait des idées, et les artistes construisaient les histoires (structure du récit, et même trames narratives). Stan Lee intervenait à la fin pour écrire les dialogues à partir des indications de ses dessinateurs (lire MARVEL COMICS : The Untold Story). Il découvrait le comics à sa phase presque finale. Il faut noter d’ailleurs que les FF sont entrés dans une spirale répétitive des histoires le jour où Kirby est parti. Beaucoup pensaient que Marvel allait s’arrêter quand Kirby partirait, et quelque part, c’est un peu le cas. Ils sont depuis entré dans une phase intensive d’exploitation de leurs acquis (avec des fulgurance de temps à autre en fonction des jeunes créateurs). Mais Stan Lee a cessé de « créer » à ce moment là.

  4. Arnaud dit :

    L’histoire, incontestablement. Si j’ai forcément mes dessinateurs préférés, il ne m’arrive jamais d’acheter leurs comics si l’histoire ne m’attire pas, alors que je peux tout à fait « endurer » un dessinateur que je n’apprécie guère s’il est associé à un scénariste que j’affectionne. Je perçois donc la présence d’un bon dessinateur comme un bonus plus que comme un critère d’achat.

  5. R-bert dit :

    « aucun des deux, il ne sert à rien de les opposer, les deux sont aussi importants »

    C’est tout à fait vrai, néanmoins il y a quelques exceptions selon moi.

    Niveau scénariste, je citerai Alan moore et Warren Ellis, dont la qualité des scripts arrive à surmonter les dessins les plus pourris (dernier exemple en date, la mini-série Smax réédité récemment dans le tome 3 de « Top 10″ chez Urban).

    Niveau dessinateur, c’est pareil, avec quelques petits génies qui même dans les script les plus pourris savent faire resurgir du fun. Je citerai par exemple David Aja (honnetement, quand Hawkeye n’est pas dessiné par lui, on s’ennuie), Doug mahnke (le seul moment où j’ai apprécié le run de Geoff Johns sur Green Lantern), ou encore Olivier Coipel (ces derniers temps plus rien ne l’arrête, dommage que ce ne soit qu’un intérimaire de luxe).

  6. Jeffzewanderer Jeffzewanderer dit :

    Merci pour vos réactions et commentaires :-)

    Arnonaud : Je trouve intéressant l’accent que tu mets sur la distinction « plot » / « script » et je suis globalement d’accord avec toi (ça rejoint d’ailleurs en partie les commentaires de Paul Renaud sur le Facebook du site, où il met l’accent sur la narration).

    Je suis néanmoins en désaccord sur le cas précis de Bendis, qui me semble au contraire excellent pour écrire des scripts mais avoir des problèmes récurrents au niveau de ses plots.

    En effet le problème des fins qui tombent à plat (Secret Wars est un très bon exemple pour le coup) me semble avant tout dû à une faiblesse de CONSTRUCTION de l’intrigue (le plot donc) et pas de narration (script). Si ça ne marche pas, c’est parce que l’histoire se résout par l’arrivée d’un personnage tout puissant (Daisy Johnson) qui règle tout, bref un deus ex machina. Cette arrivée n’est pas mal racontée en soi. Le problème c’est seulement qu’elle suffise à tout régler, bref qu’il n’y ait pas d’autre péripéties ou rebondissement. Et ça, ça relève du synopsis.

    A l’inverse je trouve que Bendis a un vrai talent de mise en scène, notamment grâce à ses fameux dialogues pour narrer de manière intéressante et dynamique des « plots » somme toute basiques (voir par exemple son récent Uncanny X-Men avec la virée shopping entre filles : le plot c’est « Les x-women font une virée shopping, se lancent des piques, et finissent pas se faire botter le derrière par un nouvel Inhumain ». Mais le numéro se lit très bien grâce aux scènes de dialogue savoureuses et bien amenées.

    Après je pense aussi que Bendis a une tendance globale à la décompression excessive, ce qui pour le coup relève à mon sens autant du plot (à l’échelle d’un arc) que du script (à l’échelle d’un numéro). Mais c’est un autre débat.

  7. Eddyvanleffe dit :

    J’adore ce genre de débat inutile mais si savoureux,c’est à mon avis l’une des raisons d’être de votre site: ICI ON PARLE COMICS, pas cinoche, prosuit dérivés, ou le tour de poitrine d’une actrice. c’est ce qui fait que le contenu d’un article est toujours interressant (une sorte de comic box amateur, dans le bon sens du terme).
    Au rang des Lapalissades, je dirais que le dessin, c’est ce qui appâte pour une raison inexplicable (J’ai envie de lire le nouveau Ghost Rider parce que j’adore le style de Tadd Moore et cela peu importe tous les commentaires assassins que j’ai lu à son sujet), Le scénar c’est ce qui fait qu’on reste sur le titre. soit par affinités (C’est pop corn mais c’est trop cool à lire comme Hawkeye, Invincible, Archer and Armstrong ou Superior Spider-Man), soit parce que la complexité et la maestria du truc bluffe épisode après épisode (Fables, La ligue des gentlemen extraordinaire, Midnight Nation ou Morning Glories)ou encore parce que l’amibance distillée est d’enfer (Fatale, Sin City) quand on est veinard, c’est une combi de deux voire trois éléments, Tony Chu est fun, pas mal fichu et l’ambiance assez particulière.
    Quant tu dis que la Marvel way dépend vachement du talent de l’artiste à raconter un histoire, là je dirais que l’exemple de Claremont est flagrant. Lui habitué à des storytellers a subitement baissé en qualité le jour où les poster boys des années 90 ont déboulé avec des planches plus enclines à faire de l’illustration que du sequencage. L’exemple est ce retour escamoté Revolution chez les X-men? relisez un peu le premier épisode. Il est incompréhensible en l’etat en parti parce que les dialogues ont lieu sur des scènes un pages dans lequels il est induit qu’ils ont fait telle ou telle chose qu’on n’a pas vu et un tremblmenet de terre a lieu quelques pages plus loin sur une vignette grand ecomme un timbre poste où il est impossible de voir qui parle-énnemis ou amis. de même l’action se déroule pricipalement sur deux endroits mais l’absence de décor et les couleurs bleuâtres uniformes n’aident pas à comprendre où ça se passe. c’est un vrai gâchis où l’auteur n’a pas d’autre choix de laisser des tonnes de texte pour faire avancer l’action qu’il voulait mettre au départ. cette collection d’écueils fait de l’épisode un truc indigeste au dernier degré. Une leçon de ce qu’il ne faut pas faire en BD. Par ailleurs Leinil Yu est un excellent artiste, mais là il ne s’est pas foulé ou bien il n’a pas compris ce qu’il devait faire. Il faut bien dire que cette histoire de Néo était nébuleuse. En revanche les histoires dessinées par Adam Kubert, si elle ne sont pas beaucoup plus passionnantes, sont bien plus attrayantes et donc plus funs à lire.
    Le cas Bendis est particulier parce que c’est TOUJOURS agréable à lire mais et c’est là qu’il me met hors de moi, c’est quand je me rend compte que j’ai lu 60-70 pages pour que dalle parce que voilà derrière de bons dialogues (parfois un peu en automatique quand même) il ne raconte rien si ce n’est qu’il faut attendre Battle of Atom, ça va être trop bien les gars en attendant, Kitty Mange un pomme et Wolvie ouvre un bière. Le récurrence de ses Deus Ex Machina m’agace aussi mais bon… Le cas d’école ce sont ses Illuminati dont la mini ne raconte rien et ne sert à rien mais donne d’excellentes scènes de Kaamelott ou autour d’une table les grosses pointures Marvel vannent leurs épouses. j’ai tellement ri que je crois que c’est encore un de mes préférés…
    Le scénar c’est quand m^me ce qu’on retient quand des années plus tard on nous demande quelle histoire on estime culte.

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