Silver Surfer #6, la review

Silver Surfer Comic Talk Review

Jeffzewanderer Par

Dan Slott fait partie des auteurs qui divisent actuellement. Il s’est notamment attiré l’ire d’une partie des fans du tisseur et les vivats de l’autre avec son récent arc Superior Spider-Man. Au-delà de cela, Dan Slott est quasi exclusivement identifié comme le Mr Spider-Man de Marvel depuis quelques années. Pourtant il est aussi le scénariste de Silver Surfer, avec Mike Allred au dessin. Et cette série a tout pour mettre tout le monde d’accord.

What now earthgirl ?

Le Silver Surfer est un personnage difficile à écrire, surtout dans le cadre d’une ongoing. Sa toute-puissance et son côté « alien » au sens premier (il ne réagit pas en humain, ne l’est pas et ne prétend pas l’être) le rendent fascinant, mais sont aussi des obstacles lorsqu’il s’agit de créer un véritable lien d’empathie avec le lecteur. Enlevez-les, et le héros perd son attrait, devient juste un mec argenté sur son surf. Gardez-les et on peine à se passionner pour ce qui arrive à cet être froid, distant.

Alors on a souvent droit à des histoires insistant sur le lien du Surfer avec le Terre, pour le rapprocher de nous. On va l’humaniser en lui donnant un côté mélancolique, insistant sur sa solitude. Et ça donne parfois des choses magnifiques (Silver Surfer : Requiem de Joe Straczinsky et Esad Ribic notamment). Mais ce n’est pas la seule manière de raconter des histoires géniales du Surfer, comme Dan Slott nous le montre.

Silver Surfer est une série fun, légère. Le terme le plus exact serait probablement le mot anglais « whimsical » qu’on pourrait traduire par « fantaisiste », même si ce n’est pas non plus parfaitement exact. On y suit les péripéties de Norrin Radd en compagnie de Dawn Greenwood, terrienne originaire de la petite ville d’Anchor Bay dans le Massachusetts, on ne peut plus casanière, qui se retrouve néanmoins à arpenter le cosmos en compagnie de l’ancien héraut de Galactus.

Pour savoir comment les destinées de Dawn et du Surfer sont liées, il faut lire les cinq premiers numéros de la série, ce que je ne peux que vous conseiller vu leur qualité. Mais si vous voulez vous faire une idée avant de vous lancer dans l’achat d’un trade paperback, ce Silver Surfer #6 est une porte d’entrée parfaite, condensant en vingt-deux pages tout ce qui rend cette série géniale.

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Against The Power Of Warrior One

L’histoire tient en deux phrases : Dawn et le Surfer errent au hasard dans le cosmos et finissent par arriver sur la planète Prime, où tout est parfait, pour y manger une glace. Et là, suite à une série de malentendus, ils se retrouvent en conflit avec le Warrior One, protecteur de la planète, plus grand guerrier de l’univers. Une bonne base pour un petit one-shot solide, mais qui devient rapidement bien plus que cela.

Car une grande partie du charme de Silver Surfer, c’est son univers. C’est délicieusement déjanté, avec notamment des références typiquement terriennes transposées dans un cadre spatial (le restau de sandwiches Subspace au logo copiant celui de Subway), et parfois de la poésie, comme ce phénomène spatial que le Surfer et Dawn admirent à la fin du numéro (ou la Queen of Never dans l’arc précédent). Et le dessin pop art de Mike Allred est là pour lui donner vie de la plus belle des manières.

L’autre trait de génie du titre c’est la relation entre le Surfer et Dawn. Dawn qui est la plus humaine des humaines que vous verrez jamais. Parfois naïve, parfois gaffeuse, mais aussi débrouillarde et dotée d’un solide caractère, elle est immédiatement attachante et contraste superbement avec le très froid Norrin Radd. Comme ses besoins typiquement humains contrastent avec le détachement du Surfer pour les choses matérielles. Le ressort comique n’est pas inédit, mais il est mis en œuvre avec une maestria qui force l’admiration.

Et pour en revenir au dessin de Mike Allred, il est aussi impeccable pour les personnages : Dawn est pétillante avec son inénarrable robe à pois, les aliens sont bizarres à souhait, les décors aussi. Et le rendu global pop art si caractéristique de l’artiste colle parfaitement avec le ton de la série, sachant sublimer son humour, ou sa poésie selon les instants. Enfin les couleurs de Laura Allred, éclatantes, parachèvent l’ensemble.

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LE BILAN : Silver Surfer est une série drôle, mais plus que ça c’est une série profondément touchante. L’humanité de Dawn et la froideur du Surfer forment un cocktail savamment dosé des plus savoureux. L’écriture est non seulement enlevée mais aussi subtilement intelligente, comme le dessin dont l’apparence simpliste ne doit pas faire oublier la réelle richesse, entre designs brillants et compositions inspirées. Ce Silver Surfer #6 est quant à lui un parfait résumé de la série, et une magnifique occasion de succomber à son charme.

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4 Responses to Silver Surfer #6, la review

  1. Eddyvanleffe dit :

    Il y a vraiment d’avoir un lien de parenté très prononcé avec le doctor Who, dans cette série. J’en ai eu l’écho quelque part et cela transparaît encore d’avantage dans ton article.
    De toute façon Dan Slott a tout ma confiance, j’aime bien tout ce que j’ai lu de lui Des Patients d’Arkham chez Urban à Superior Spider-Man en passant par She Hulk…

    • Jeffzewanderer Jeffzewanderer dit :

      Tu n’es pas le premier que je vois faire la comparaison entre le Surfer de Slott et Dr Who. N’ayant jamais regardé Who c’est vrai qu’elle ne m’est pas venue, mais de ce que j’en sais c’est vrai que le duo entre l’être mystérieux alien et la fille pétillante semble en être une des mécanique de base. Comme l’univers légèrement loufoque.

  2. Eddyvanleffe dit :

    Ce qui m’a frappé, c’est quand tu décris l’atmosphère de l’épisode, tu décris vraiment un du fameux docteur… sans le nomme ou y faire allusion (et pour cause!) C’est d’autant plus troublant.
    Ceci dit le dessin d’Allred possède à lui seul une identité vraiment attrayante (j’en veux pour preuve la cou’ où la nana se fait courser par des coccinelles de l’espace dans sa robe à pois, c’est top visuellement!) qui met la série un peu à part.

  3. AllStarDK dit :

    En fait c’est Doctor Who non?

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