Small Talk #1, Justice League Of America #1 à 4

JLA Small Talk Comic Talk

Jeffzewanderer Par

ATTENTION : CET ARTICLE CONTIENT DES SPOILERS NOTAMMENT SUR LA FIN DE JLA #4 

Jeffzewanderer : Pour ce premier numéro de Small Talk, Steeve, Apteis et moi-même allons passer au crible les quatre premiers numéros de Justice League Of America. Cette série de Geoff Johns et David Finch (puis Brett Booth) raconte l’histoire d’une équipe de super-héros formée par le gouvernement américain en réponse à l’existence de la Justice League. Elle est dirigée par Steve Trevor et compte parmi ses membres Martian ManhunterCatwoman ou encore Green Arrow.

Ce qui me semble le plus intéressant c’est le côté « réaliste » de l’approche choisie par Geoff Johns, avec cette idée du gouvernement qui réagit à l’existence des super-héros en combattant le feu par le feu. Et j’aime la double identité de cette équipe, qui essaie de donner une bonne image au public tout en menant des opérations noires par derrière. Je trouve que pour ces premiers numéros l’équilibre entre magouilles en coulisses et action est plutôt bien géré.

Si je devais résumer en une formule je dirais que c’est un peu du sous-Ultimates mais en assez bien fait pour que ça reste agréable.

Steeve : Je pense que tu as bien résumé la chose. C’est du sous-Ultimates. Ça ne sent pas le frais quoi. Mais au-delà de ça, je ne suis pas forcément toujours à la recherche d’innovation constante dans ce que je lis (ma liste en serait considérablement raccourcie), mais ce titre est l’incarnation de tout ce qui cloche chez DC en ce moment je trouve.

Autant le concept casse pas des briques, l’équipe a de la gueule, mais la série existe seulement pour initier unevent qu’on nous annonce depuis un an qui lui-même ne servira qu’à initier un autre gros event qui est sorti de nulle part. L’histoire n’existe pas pour elle-même. Elle n’est qu’un outil. C’est un peu ce qui me soule chez DC en ce moment et c’est pourquoi je ne lis plus que des séries solo chez eux maintenant.

Apteis : Depuis quelques temps, je lis de moins en moins de DC. Les New 52 m’ont vraiment permis de me plonger dans leur univers alors que j’étais plutôt proche de Marvel avant. Puis mois après mois, l’accroche partait petit à petit. Ce JLA ne m’intéressait pas du tout justement en grande partie par ce que décrit Steeve.

Et après lecture, on a vraiment cette impression de préparation de Trinity avant tout.

La Secret Society semble plus une excuse qu’autre chose. Le cadre est posé dès le départ : on met un héros pour contrer chaque héros de la Justice League

Alors oui, c’est le but, mais je trouve ça trop gros, trop mal amené, et cette impression qu’on pourrait avoir le même principe que les AvX Versus, des duels et rien de plus.

Il y a des éléments intéressants (l’utilisation de Stargirl, certains points de la création d’équipe).

Mais quand des passages sont bâclés et trop rapide dans la présentation des membres, d’autres sont par contre trèèèèèès longuets. Je me réjouis de voir Martian Manhunter de nouveau mis en avant dans une vraie série (parce que bon, Stormwatch, voila quoi…) mais la non, je n’y arrive pas, pas dans ce contexte de « seule personne contre Superman ».

Steeve : Je n’avais même pas fait le lien, mais Trinity War c’est grave le Civil War de DC suivi par son Dark Reign !

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Jeffzewanderer : C’est marrant parce que contrairement à vous deux je n’ai pas eu cette impression de série « préparatoire d’event« . Je trouve que pour l’instant l’intrigue se suffit à elle-même. C’est vrai que l’opposition permanente à la JL est bien présente, mais je voyais plus ça comme un élément du pitch que comme une composante de l’intrigue à proprement parler. Après, rétrospectivement, c’est vrai que le fait que les héros affrontent des versions robot de la bande à Superman n’était sûrement pas l’idée de l’année et viendrait plutôt apporter de l’eau à vos moulins.

Steeve : Plus qu’une intro au conflit JL/JLA, c’est surtout une intro à la Secret Society qui sera clairement importante par la suite et au cœur du vilain month et de la suite des événements.

S’il ne s’agissait que des aventures de cette équipe qui a de la gueule, pourquoi pas. Mais non, c’est une équipe qui va servir de bons match-ups durant le Civil War de DC et qui avant ça sert de faire-valoir à la Secret Society. La « mort » de Catwoman sert seulement à mettre en branle les deux events qui arrivent, tout comme le reste de la série en fait. Sans leurs grands plans de découpage artificiel de l’année en mois-événements (wtf month, zero month, vilain month…), la série n’aurait jamais existé.

Jeffzewanderer : En fait je réalise que mon impression vient sans doute du fait que je me soucie très peu de la politique éditoriale DC et de la marche de cet univers dans son ensemble.

Je veux dire : je sais que Trinity War approche, puis le Villain Month et tout ça, mais en fait je m’en fiche. Je vais les suivre, au moins Trinity War, mais ça ne me préoccupe absolument pas, contrairement à des events Marvel par exemple (Infinity, qui est je pense clairement en préparation dans Avengers). Du coup, ne les ayant absolument pas à l’esprit quand je lis JLA ou un autre titre, je le prends pour ce qu’il est en lui-même. D’où mon ressenti différent.

Du coup ma réaction à la « mort » de Catwoman a été assez symptomatique : j’ai pensé à un bête cliffhanger facile, pas du tout à un déclencheur d’event futur.

Apteis : Le problème de ce cliffhanger est double : ils nous ont sorti plus ou moins le même dans le premier single. Et deuxièmement, on nous sort Catwoman en tête des futurs events DC. De la même manière qu’un gros cliffhanger peut sauver un titre et lui donner un certain impact, un cliff’ raté et trop gros, ça peut le plomber.

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Steeve : Je comprends Jeff, et je pense que j’apprécierais peut-être la série aussi si je ne me renseignais pas sur la direction et les choix éditoriaux du Big Two, mais le fait est que comme je sais que tout ça n’est qu’une introduction et qu’au final tu vas pas la suivre longtemps cette équipe, j’arrive pas à me bercer de faux espoir et je passe à autre chose. C’est pour ça que j’ai d’ailleurs aussi laissé tomber Justice League et Justice League Dark.

J’aurais préféré une approche plus à la Uncanny Avengers qu’à la Avengers justement.

Et encore. Même dans Avengers, même si tu vois le gros event arriver, Hickman a pris le temps de poser des histoires sympas entre temps, histoire de faire souffler le titre. Peut-être que c’est grâce au planning accéléré de publication, mais je pense que c’est surtout du au fait que ça a été pensé bien en amont.

JLA aurait pu être fun si le calendrier n’était pas si serré, mais là c’est vraiment une intro à la suite pour une intro à la suite.

Enfin, pour en revenir à Uncanny Avengers, quoi qu’on pense de la direction que Remender prend sur la série, LA force du titre, à l’image d’Uncanny X-Force avant ça, c’est que le type écrit dans son coin des histoires qui non seulement ne sont pas dérangées par les event, mais qui au final impactent l’univers Marvel.

Il a dit récemment qu’il voulait que chaque épisode soit un event en lui-même. Même si c’est un peu raté de ce côté (je sens pas l’aspect épique de la chose à chaque page même si j’apprécie la lecture), l’approche est respectable. Tout ça pour dire qu’une équipe avec des membres aussi bien trouvés que ceux de JLA aurait mérité un traitement similaire mais que chez DC actuellement c’est impensable.

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Jeffzewanderer : Finalement, en résumé, votre principal reproche c’est la place trop évidente du titre dans la politique éditoriale DC, qui empêche d’apprécier ses éventuelles qualités propres.

Je pense que si on arrive à faire abstraction de cette politique éditoriale, on peut quand même bien s’amuser à lire un comic certes très grand public, mais bien fichu, et qui ne donne pas l’impression de prendre le lecteur pour un idiot comme ça pouvait être le cas sur le tout début de Justice League.

Apteis : Euh moi j’avais clairement moins l’impression d’être pris pour un idiot sur Justice League que sur ce titre avec ses cliff’ et certains traits d’humour comme la blague sur le masque de Green Arrow et sa capuche, (j’ai du relire pour être sûr qu’ils avaient osé).

Steeve : C’est surtout que l’histoire n’et pas écrite pour elle-même, qu’il n’y a pas de développement organique et que je sais donc que je n’obtiendrais pas de la série ce que j’en attends. Je sais où elle va et je n’ai pas envie de l’y accompagner. L’approche d’un auteur à son œuvre affecte profondément l’âme et la qualité de ladite œuvre, et ce titre n’a pas d’âme, il n’est à mes yeux qu’un produit commercial avec très peu de valeur artistique dans son écriture.

Jeffzewanderer : Sinon niveau dessin vous en pensez quoi ?

Steeve : Côté dessins, bah c’est du Finch. Pas son pire rendu, pas son meilleur. Je trouve ça froid par moment. Après je ne sais pas si ça renforce mon impression de série sans âme ou si c’est l’inverse et que c’est mon avis sur la série qui affecte aussi la façon dont je juge le trait…

Apteis : Rien de spécial a dire sur le dessin. Pas de coup de coeur, pas de truc dégueux. Le taf est fait.

Jeffzewanderer : Moi j’aurais voulu saluer le fill-in de Brett Booth. Pas que ça ait été exceptionnel dans l’absolu, mais c’était mieux que ses dernières prestations j’ai trouvé, avec des personnages qui donnaient moins l’impression d’être étirés.

Plus globalement on peut dire que ce n’est pas la série qu’on achète pour ses dessins, mais qu’ils ne sont pas un repoussoir non plus.

LE VERDICT :

Jeffzewanderer : 3,5/5

Une série très grand public mais efficace malgré quelques facilités d’écritures (les cliffhangers), qui assume son pitch, et peu importe la destinée du DC Universe, le titre se suffit à lui-même

Apteis : 2,5/5

Je n’aurais jamais lu cette série si ce n’était pour en discuter avec vous. Je n’en garderais pas un grand souvenir. Je reprendrais pour Trinity War, mais ça en restera là. Ca se laisse quand même lire malgré les défauts.

Steeve : 2/5

Un titre qui n’a pas d’identité propre. Outil de choix éditoriaux malencontreux, j’ai bien l’impression qu’on n’aura jamais réellement l’occasion de suivre les aventures de cette équipe au-delà des events que son existence va mettre en branle. LE plus gros symptôme de la mauvaise politique éditoriale de DC actuellement. D’autant plus déçu que le cast m’intéressait. Je ne lis plus cette série, tout comme JL, JLD et tout comme je ne lirai pas Trinity War.

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