Solo : A Star Wars Story, la critique

Solo Comic Talk

Jeffzewanderer Par

CRITIQUE GARANTIE 100% SANS SPOILERS

(même pas le vrai nom de Lando)

Après l’essai réussi de Rogue One, la seconde Star Wars Story de Disney semblait jouer la carte de la valeur sûre en nous offrant une aventure Solo (désolé…) du contrebandier le plus connu de la galaxie. Mais ce qui aurait du être une balade tranquille s’est vite transformée en galère avec des rumeurs de mauvais casting, le renvoi des réalisateurs originaux (Lord et Miller), et une promo franchement minimaliste. Bref, de quoi avoir un sacrément mauvais pressentiment à propos du film de Ron Howard. Mais à l’instar de son héros, il ne faut pas lui parler de probabilités.

Il était une fois dans la galaxie

Autant ne pas y aller par quatre chemins, Solo est un western qui se passe dans l’espace. Il embrasse passionnément toutes les conventions du genre : le hors-la-loi sympa, solitaire mais avec son gang, son rival et son mentor, le destrier fétiche, l’attaque du train, l’attaque de la mine, les duels de pistolero, un saloon et même une partie de cartes. Certains plans sont même des références appuyées, comme ceux des bandes annonces où Han fait face à Enfys Nest ou son arrivée à la table de sabacc de Lando Calrissian.

Mais la dimension « westernesque » de Solo va jusqu’à sa narration, au rythme assez particulier. Comprenez que malgré la présence de plusieurs rebondissements lors du dernier acte, ceux-ci ne sont jamais mis en scène de manière à laisser le spectateur vraiment sur son arrière-train. L’effet de surprise n’est jamais vraiment recherché (ni obtenu du coup), comme souvent dans les westerns (spaghetti comme classiques ; de Rio Bravo à Pour une poignée de dollars, on est rarement surpris). Car finalement ce ne sont pas ces rebondissements qui comptent, mais leur effet sur la trajectoire individuelle de chacun des personnages principaux. En ce sens Solo est l’archétype de l’histoire qui repose bien plus sur ses protagonistes que sur son intrigue.

Attention, ladite intrigue n’en est pas moins agréable à suivre, malgré son classicisme avoué. Elle recèle aussi de tous les œufs de paques et références diverses possibles pour lever le voile sur à peu près toute la vie du jeune Han. Un fan service omniprésent mais bien fait et surtout naturel (on est par exemple loin d’un X-Men Origins Wolverine qui nous trouvait une origine au blouson de Logan…). C’est même assez jouissif de voir certains moments iconiques de la vie de Han jusque là réduits à des anecdotes au détour d’un paragraphe ou d’une réplique enfin mis en scène sous nos yeux.

Solo Comic Talk

I hate you. I know.

Mais revenons-en à la substantifique moelle de cette Star Wars Story : ses personnages. Les doutes sur le casting d’Alden Ehrenreich disparaissent dès les premières secondes. L’acteur est Han Solo, tout simplement. Loin de se contenter de singer Harrison Ford, il réussit à s’approprier le personnage et lui donne vie de manière impeccable. Mieux, il l’incarne littéralement. Charisme, humour, arrogance, astuce, un soupçon d’immoralité et un bon fond, tout y est. C’est un Han encore en formation qu’on découvre logiquement, mais tous les éléments essentiels sont bel et bien là.

A l’inverse, le choix de Donald Glover pour incarner le jeune Lando Calrissian avait été unanimement salué. Il y a donc moins de surprise à le voir offrir une seconde vie au plus suave des contrebandiers avec succès, mais pas moins de ravissement. Charmeur, roublard, presque envoûtant, mais attachant, ce Lando 2.0 compile tout ce que l’interprétation originale de Billy Dee Williams ne pouvait que suggérer (vu le petit rôle du personnage) et le sublime. Le duo formé avec Ehrenreich est impeccable, et la camaraderie/rivalité entre leurs deux personnages est saisissante de naturel.

Les autres acteurs ne sont pas en reste, Emilia Clarke (qui incarne Qi’ra) restant dans son registre de femme aussi vulnérable en apparence que forte dans les faits, et Woody Harrelson (Tobias Beckett) semblant né pour jouer les vieux cow-boys. Chewie reste un sidekick, mais a enfin droit à un nombre conséquent  de moments de gloire à l’écran. Enfin le Dryden Vos campé par Paul Bettany est superbement inquiétant, tel un Lambert Wilson qui ne cabotinerait pas. La galerie de seconds rôles est enfin parfaite, à commencer par la droïd L3.

Solo Comic Talk

Western porté par ses personnages brillants et parfaitement incarnés par un casting impeccable, Solo est non seulement un film réussi, mais il est surtout le film sur Han Solo qu’on était droit d’attendre. Il ne révolutionne rien, mais ne prétend jamais le faire. Il se contente de mettre en scène l’un des personnages les plus géniaux de Star Wars, et de lui faire faire tout ce qu’on souhaite le voir faire : piloter, jouer du pistolet, magouiller, s’attirer des ennuis, s’en sortir de justesse et recommencer de plus belle le sourire aux lèvres. Que demander de plus ?

One Response to Solo : A Star Wars Story, la critique

  1. Matthieu dit :

    Crtitique parfaite, je te rejoins sur tout tes points. Le manque de foi des producteurs sur ce film est assez étrange car il est dans le haut des blockbusters récents et son échec prévisible au box office n’est pas forcément du à ses défauts. Comme tu dis, une campagne promo anémique avec, en France, un Deadpool 2 en face et un Avengers qui sont partout, c’était perdu d’avance. Dommage dommage car l’alchimie entre les perso prends bien et je me suis surpris à vouloir une suite pour finir la storyline Qi’ra et voir plus de trahisons et de coups bas entre Han et Lando.