Spider-Man : Family Business, la review

Spider-Man Family Business Comic Talk

Jeffzewanderer Par

Il y a maintenant quelques semaines, la seconde Original Graphic Novel de Marvel sortait : Spider-Man Family Business par Mark Waid, James Robinson, Gabriele Dell’Otto et Werther Dell’Edera. Supposée s’inscrire dans la continuité du tisseur (même si elle est plutôt taillée comme un vrai stand-alone, que n’importe qui peut lire et comprendre), cette histoire a un point de départ osé : un adversaire mystérieux en veut à Peter Parker, et la seule personne en mesure de l’aider est sa sœur, Teresa, agent de la CIA. Oui, vous avez bien lu.

Me knowing I had a sister would have changed my whole life.

Faire joujou avec les familles des personnages est toujours risqué, et peut-être encore plus quand il s’agit de Spider-Man et son entourage, qui supporte finalement mal les changements majeurs. Comment en effet ne pas penser au bébé que Mary-Jane et Peter devaient avoir, et que Marvel a fait disparaître lors du dénouement de la Saga du Clone pour surtout ne plus jamais en reparler ? Ou au catastrophique story arc Sins Past où on découvrait que Gwen Stacy avait eu deux enfants avec Norman Osborn ? Autant de précédents pas vraiment encourageants.

Pourtant, disons-le d’emblée, ce Family Business s’en sort très bien sur ce point. La relation entre Peter et sa sœur Teresa Parker est vraiment bien écrite par les deux co-scénaristes, mais surtout elle devient le prétexte à une exploration brève mais réussie des sentiments de Peter à l’égard de ses parents, qu’il n’a jamais vraiment connus du fait de leur carrière d’espions. Finalement la grande réussite vient sans doute du fait que malgré cette révélation fracassante, Peter Parker reste celui qu’on connaît à chaque instant.

Mais surtout, il convient de souligner que pour déterminante que soit l’arrivée de Teresa dans la vie de Peter, elle est loin de constituer à elle seule le cœur de ce récit, qui s’avère au final bien plus event driven que character driven.

Spider-Man Family Business Comic Talk

Spider-Man ?

En fait s’il fallait vraiment comparer Family Business à une autre histoire, ce serait sûrement à Spider-Man vs Wolverine, car comme cet ancien et remarquable one-shot, on y voit Peter Parker plongé malgré lui dans le monde de l’espionnage, et y être fort peu à l’aise. Mais là où Spider-Man vs Wolverine jouait la carte d’une ambiance très sombre, entre thriller et polar noir, Family Business penche plutôt du côté de la grande aventure et de l’espionnage façon James Bond), à coup de trésors cachés et de gadgets aussi high-tech qu’improbables. Voir aussi le fait que Richard et Mary Parker, les parents de Peter, sont présentés comme des agents stars ayant sauvé plusieurs fois le monde Il y a même un robot géant.

On nage donc finalement en plein récit super-héroïque, avec ce que ça demande de suspension de l’incrédulité, et les touches de réalisme ne sont que ça : des touches éparses. Et ça fonctionne franchement bien globalement. Spidey est très bien écrit, gouailleur comme on l’aime mais jamais bouffon. Le Caïd, souvent malmené ces temps-ci, est aussi très réussi, revenant aux sources de ce qui le rendait si charismatique. L’humour est aussi globalement bien dosé, et l’intrigue sait se faire légère par moments, mais aussi plus grave pour ne pas minimiser ses enjeux. L’action est bien là, dynamisant le récit. Mais, sans paraître vraiment gratuite, elle arrive parfois de manière attendue. Comprenez qu’on se dit parfois « tiens ça fait pas mal de pages que ça discute, il va y avoir une scène d’action dans pas longtemps » et ça manque rarement. Le quota est bon, mais il est justement un quota. Mais il y a un bel effort pour intégrer Spider-Man là-dedans justement (rappelons que c’est Peter la cible à la base).

Autre petit défaut : une narration via les monologues internes de Peter parfois un brin envahissante (que j’attribuerais à James Robinson a priori), mais c’est ponctuel. Et par contre saluons la bonne gestion de rebondissements et surtout la première des deux pirouettes finales, qui relie tous les éléments entre eux de manière cohérente. La seconde a un petit côté deus ex machina, mais a au moins le mérite d’avoir été préparée en amont, ce qui fait bien passer la pilule.

Spider-Man Family Business Comic Talk

Close your mouth. You’ll catch flies.

Enfin abordons brièvement les dessins. Probablement désireux que leur comic sorte dans les temps, Marvel a décidé de charger Werther Dell’Edera des crayonnés, et Gabriele Dell’Otto peint par-dessus. Le résultat est d’une beauté à couper le souffle, bien loin du raté que fut le diptyque d’annuals Avengers/New Avengers où Dell’Otto crayonnait mais ne peignait pas.

Les dessins proprement dits de Dell’Edera sont excellents, qu’ils s’agisse des poses des personnages, de leur apparence, des décors, compositions ou mises en pages. Son travail ne doit donc surtout pas être sous-estimé, il est bien plus qu’un simple faire-valoir et mérite autant de crédit que son plus illustre comparse. Et les couleurs de Dell’Otto permettent au peintre de se les approprier. Il opte pour une palette plus claire qu’à ses débuts, même plus que sur X-Force Sex & Violence, où son style avait déjà bien évolué par rapport à Secret War. On reconnaît bien la texture si particulière de ses œuvres, mais tout est ici plus lumineux. Et c’est tant mieux car cela sert d’autant mieux l’atmosphère du récit.

Spider-Man Family Business Comic Talk

BILAN : Spider-Man : Family Business est donc un très bon comic. Il part d’un pitch risqué, mais s’en tire très bien et respecte toujours tout ce qui fait qu’on aime Spider-Man. Réussite impeccable en termes visuels, il pâtit un peu de quelques faiblesses ponctuelles d’écriture (narration parfois un poil lourde, malgré sa qualité globale), mais s’avère néanmoins être une excellente histoire, écrite par deux scénaristes qui maîtrisent leur art et surtout les voix de leurs personnages. Ce n’est peut-être pas un classique, mais à l’instar d’Avengers Endless Wartime, c’est une sacrée bonne histoire à côté de laquelle il ne faut pas passer.

LA NOTE : 4/5

One Response to Spider-Man : Family Business, la review

  1. Arnonaud dit :

    J’ai hâte de le lire à sa sortie en VF celui là ! Je n’ai pas entendu une seule mauvaise critique ou ne serais-ce qu’une chronique mitigée concernant l’album.

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