Spider-Man : Far From Home, la critique

Spider-Man Far From Home review critique comic talk

Jeffzewanderer Par

CRITIQUE GARANTIE 100% SANS SPOILER

(Pas même le super twist scénaristique du milieu du film qu’on ne voit pas mais alors pas du tout venir ouhlala quelle surprise…)

Et de sept. C’est en effet la septième fois que Spider-Man a droit de voir son nom en haut de l’affiche d’un long métrage (je ne compte pas les trois films où il ne fait qu’une apparition). Et c’est surtout la seconde fois que Tom Holland campe le personnage en solo, après un Homecoming fort plaisant même si pas exempt de défaut. Ajoutez à cela le fait que Far From Home est présenté comme l’épilogue d’Avengers : Endgame et vous aurez une idée des attentes énormes qui reposent sur les frêles épaules de notre « friendly neighbourhood Spider-Man »…

I want to finish my trip.

Le pitch du film de Jon Watts est simple : après les évènements traumatiques d’Endgame (que vous avez intérêt à avoir vu avant, encore plus qu’Homecoming d’une certaine façon), Peter Parker et quelques-uns de ses condisciples (dont Ned, MJ et Flash évidemment) font un voyage scolaire d’été en Europe. Le prétexte est la tournée des musées et autres alibi culturels (le film est assez vague à ce sujet), le résultat une jolie escapade visuelle à Venise, Prague, Berlin et Londres. Mais comme dans tout bon film de comics, rien ne va se passer comme prévu et notre cher Peter avide de vacances et de romance avec MJ va se retrouver coincé entre l’énigmatique Mysterio et les tout aussi mystérieux êtres élémentaires qu’il combat. Ajoutez Nick Fury et Maria Hill qui suivent tout cela, et servez frappé.

Il faut rendre à Far From Home ce qui lui appartient : s’il joue la surenchère par rapport à Homecoming en termes de spectacle, il reste un film aux enjeux relativement limités et ça convient très bien à un héros « terre-à-terre » comme Spidey. L’autre pari thématique qui s’avère payant est celui consistant à se focaliser énormément sur les déboires adolescents de Peter Parker. Ainsi les enjeux super-héroïques sont quasiment inexistants sur toute la première partie du film, et la double identité de Peter ne sert qu’à lui compliquer une vie d’ado qui n’en a pas besoin. Or cette emphase sur la vie civile du héros fait partie des éléments qui sont à l’origine du succès du tisseur (et de la « recette Marvel » originelle d’ailleurs).

Hélas, si les partis pris thématiques du film sont heureux, il se prend aussi les pieds dans le tapis sur un point essentiel : il est une redite totale du précédent opus. Comprenez qu’on est à nouveau face à un Peter en plein doute, dépassé par les enjeux de sa vocation super-héroïque, qui cherche à impressionner un mentor absent, tout en faisant face à un antagoniste qui en est le reflet obscur (lui-même désabusé suite au traitement que lui a infligé la société). Heureusement le jeune héros, après l’échec initial, va prendre la mesure des enjeux et se révéler à la hauteur. Bref, Far From Home est le même film qu’Homecoming, à quelques fioritures près. Ce n’est pas rédhibitoire, vu qu’il reste plaisant en soi, mais ce bégaiement narratif n’en reste pas moins décevant.

Spider-Man Far From Home review critique comic talk

I’m Spider-Man.

Cette dichotomie, entre choix judicieux et plantages décevants se retrouve dans de très nombreux aspects du film. L’action est ainsi plus présente que dans Homecoming, et les pouvoirs de Mysterio donnent notamment lieu à quelques séquences visuellement très heureuses. Mais d’une autre côté on a quand même une sacré surdose de séquences « Spidey vs le décor » où plutôt que de se battre le héros rattrape divers objets imposants à grand renfort de toiles. L’écriture des personnages est excellente, tout comme les dialogues, mais le scénario souffre d’un rebondissement bien trop prévisible (à ce stade ce n’est plus de la ficelle scénaristique, c’est le câble d’amarrage du Titanic).

Autre exemple : les scènes post génériques. Elles valent incontestablement le détour et ne sont pas de simples gags. Il s’agit d’énormes twists. Mais justement, leur ampleur vient complètement saborder la fin du film, et briser le sentiment d’accomplissement qui venait à peine de s’installer chez le spectateur, repu de l’aventure achevée. D’aucun dira que c’est la marque d’un bon cliffhanger

Heureusement le jeu des acteurs est impeccable. Jake Gyllenhaal confère un charisme jamais vu à Quentin Beck a.k.a. Mysterio. Sam Jackson est fidèle à lui-même. Zendaya campe une MJ radicalement différent de son alter égo de papier, mais fort attachante. Jacob Batalon est parfait en Ned Leeds (bon en fait c’est Ganke concrètement, les fans de Miles Morales le confirmeront) et on appréciera le petit instant fan service que constitue sa rencontre avec un autre personnage dont le nom sera familier pour les fans du tisseur. les autres perosnnages secondaire sont aussi plaisants (Happy Hogan, May Parker…).

Enfin, la palme revient incontestablement à Tom Holland, parfait en Peter Parker du XXIème  siècle. Il n’est ni le Peter classique du trio Lee/Ditko/Romita (coucou Sam Raimi), ni la version Ultimate de Bendis (coucou Marc Webb), mais il réussit parfaitement à incarner ce que serait à l’ère moderne le sympathique nerd au grand cœur, dont le sens des responsabilités n’a d’égal que le courage mais aussi le côté maladroit.

Et allez, histoire de finir sur une bonne note, les différents costumes portés par Spidey tout au long du film, s’ils sont sûrement avant tout là pour vendre du jouet, n’en demeurent pas moins très réussis visuellement parlant.

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Spider-Man Far From Home est donc au final un bon film, bien réalisé. Il est plus qu’un simple épilogue à Endgame (cette dimension disparaissant après les premières minutes), et choisit judicieusement de limiter son ampleur et de se focaliser sur son héros adolescent, parfaitement incarné. Hélas, il pâtit d’un scénario ultra prévisible, d’un final qui privilégie le choc au sentiment d’accomplissement, et surtout d’être une redite complète par rapport au précédent opus.

One Response to Spider-Man : Far From Home, la critique

  1. sebastien NOTARI dit :

    bonjour, j’adore ta critique et effectivement avec un peu de recul on ne peux etre que d’accord. meme si je trouve une grosse incohérence entre ce film et End game