Spider-Man : Into The Spider-Verse, la critique plus qu’enthousiaste (SANS SPOILER)

Spider-Man Into The Spider-verse Comic talk review critique

Jeffzewanderer Par

[Disclaimer : Cet article est moins une critique qu’une longue lettre d’amour à un film que j’ai réellement adoré. Je préfère donc annoncer la couleur : l’objectivité dont je m’efforce de faire preuve (pour autant qu’une critique puisse être objective) n’a pas résisté plus de cinq minutes. Voyez donc ce papier comme une tentative de vous faire partager mon enthousiasme pour le film, TOUJOUR SANS LE MOINDRE SPLOILER BIEN SÛR].

Parfois, une œuvre vous prend par surprise. Elle vous attrape et ne vous laisse partir que quand vos yeux sont garnis d’étoiles à faire pâlir d’envie un sapin de noël. Pourtant je l’attendais ce Spider-Man : Into The Spider-verse (Spider-Man : New Generation dans la langue de pas Molière…). J’étais hypé (on n’est plus à un barbanglicisme près) bande-annonce après bande-annonce. Mon héros préféré, un film d’animation (genre dont je pensais depuis longtemps qu’il était parfait pour adapter un comic), une direction artistique qui m’avais conquis… Tout y était pour que je sache à quoi m’attendre… Sauf que le long-métrage de Peter Ramsey, Bob Persichetti et Rodney Rothman m’a quand même surpris. Et si j’entrai bien dans la salle conquis d’avance, j’en suis ressorti amoureux.

It’s a leap of faith.

Ce qui m’a avant tout marqué, c’est la beauté plastique du film. Les bandes annonces avaient déjà laissé entrevoir une patte graphique particulièrement originale, mélangeant 3D, aplats façon cel-shading, grain d’image façon impression à l’ancienne, une petite pincée d’hyper-réalisme, une influence street-art, des couleurs pop… Bref un savant mélange d’influences pour un rendu superbement cohérent sur les quelques minutes que duraient ces aperçus.

Et bien tout cela n’était que la partie émergée d’un iceberg particulièrement somptueux. Comprenez par-là que non seulement tous les éléments visuels entraperçus sont bien présents et remarquablement exploités, mais qu’il y en a des dizaines et dizaines d’autres. Il ne se passe pas cinq minutes de film (bon ok, j’exagère peut-être un peu, pas besoin de sortir les chronos… disons dix pour être sûr) sans qu’une trouvaille visuelle ne vienne interpeler le spectateur. Un plan particulièrement travaillé, une trouvaille de design, une mise en scène inspirée, un gimmick visuel… Il serait trop long de tout lister ici, et surtout, il serait dommage de gâcher la surprise.

Mais le plus impressionnant, au-delà de la qualité de ces visuels, et qu’on ne tombe jamais dans la surenchère gratuite. On n’a jamais l’impression que les créateurs ont sacrifié la narration pour se faire plaisir dans leur coin entre artistes. Au contraire, ce foisonnement visuel est savamment orchestré pour servir l’histoire, faire du film un véritable voyage visuel, faire ressentir encore plus chaque émotion suscitée par les péripéties des héros.

La qualité de l’animation est quant à elle absolument extraordinaire et les visages des personnages magnifiquement expressifs. Ils servent en cela parfaitement une interprétation unanimement irréprochable.

Et tant qu’on est sur l’aspect plastique, mention spéciale pour la bande-son, elle aussi parfaitement adaptée à l’action et inspirée. De coloration franchement hip-hop, elle n’est pas réservée exclusivement aux afficionados du genre (bon, je le pense, mais autant être honnête je suis fan du genre, donc je peux me tromper…). C’est entraînant, mélodieux, et surtout ça confère un souffle superbement épique à certains passages. Et de toute façon, une B.O. qui arrive à caler Hypnotyze de Biggie (sans utiliser le refrain !) aussi parfaitement ne peut que mériter des louanges.

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We are all Spider-Man

Spider-Man : Into the Spider-verse est donc beau, encore plus que ce que les bandes annonces laissaient entrevoir. Mais il est plus qu’un bel écrin : il est un petit bijou de créativité narrative. Ses principaux protagonistes sont Miles Morales et Peter Parker, Gwen Stacy n’est pas en reste, même si elle est un petit peu moins développée, et les autres Spider-personnes sont plutôt des seconds rôles. Cette répartition des rôles permet à chaque personnage d’avoir son moment pour briller, sa petite scène et/ou réplique culte, bref d’exister, sans tomber dans le film à sketch. Les vilains sont plus « simplistes », sans que ça devienne une faiblesse. Le Caïd a suffisamment d’intérêt pour qu’on l’apprécie comme antagoniste, mais le cœur du film n’est pas la lutte de Spidey(s) contre un ennemi, c’est le développement du (des) héros.

A ce titre, le fait de créer un film « parallèle » à la continuité officielle du Marvel Cinematic Universe (Avengers et consorts pour faire court) semble avoir totalement libéré les créateurs. Miles est évidemment le personnage le plus travaillé, et un héros incroyablement attachant. Si son histoire reprend pas mal des éléments thématiques de la version comics originelle (univers Ultimate donc), ils sont simplifiés, débarrassés de tout souci de continuité. Le résultat est une histoire beaucoup plus centrée sur le jeune héros, et d’autant plus prenante et touchante. On échappe ainsi à une énième déclinaison du « grands pouvoirs/grandes responsabilités », pour mettre en lumière un autre élément tout aussi essentiel de la « Spideytude » intrinsèque du héros. Il est ainsi bien Spider-Man, sans être du tout Peter Parker.

Spider-Man Into The Spider-verse Comic talk review critique

I’m pretty sure you know the rest

Sachant que le plus grand tour de force est que Miles devant gagner ses galons de Spider-Man tout au long du film, il est logiquement supplanté par ses alter-ego arachnéens en termes de « coolitude » une bonne partie du temps, ce qui aurait pu donner l’impression qu’il se faisait voler son propre film. Sauf que le climax est tellement bien amené et satisfaisant, mérité même, qu’il gomme tout souci de cet ordre.

Mais là où la liberté offerte aux auteurs est la mieux exploitée, c’est concernant Peter Parker. C’est un Peter tel qu’on ne l’a jamais vu qu’on découvre, et tous les angles de développement d’habitude « interdits » en raison du statut de héros « principal » du personnage sont ici superbement exploités. Ce n’est pas son histoire, et c’est grâce à ça qu’il est aussi fascinant.

Plus globalement, le scénario est bien rythmé, les péripéties successives évitant les longueurs qui auraient pu découler de l’apprentissage de Miles, et offrant quelques rebondissements et clins d’œil bienvenues. Quant au ton général, il trouve le parfait équilibre entre d’une part humour (non seulement bien dosé, mais super efficace surtout) et cool, et d’autre part l’existence de réels enjeux et d’une dimension épique indiscutable (ce qui nous ramène aussi à la qualité de la réalisation). Enfin, dernier détail, il est particulièrement appréciable que les bandes annonces successives n’aient en rien spoilé le scénario. Le concept est là (le jeune Miles qui rencontre les Spidey d’autres dimensions sur fond de cataclysme multiversel), mais pour le reste préparez-vous à des surprises.

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Visuellement, formellement, Spider-Man : Into The Spider-verse est une merveille de bout en bout. Et le fond est à la hauteur, avec des personnages magnifiques et une histoire à la fois drôle, épique et touchante. Bref, c’est le meilleur film Spider-Man, toutes incarnations confondues, et c’est même un des meilleurs films de l’année, tous genres confondus. A voir et revoir donc !

PS : Surtout restez bien jusqu’à la toute toute fin du générique, la dernière scène bonus faisant presque jeu égal avec celle de Deadpool 2 pour le titre de « scène post-gén la plus drôle de tous les temps ».

BONUS : L’album de noël de Spidey !!!!

One Response to Spider-Man : Into The Spider-Verse, la critique plus qu’enthousiaste (SANS SPOILER)

  1. Jean dit :

    Bonjour,
    Pour avoir envie d’aller au cinéma pour voir cette animation, il faut déjà apprécier le design.
    Voir Peter Parker avoir la tête d’un personnage de Pixar, cela n’est pas possible.
    Le grain sur des images, cet effet vieillot, pas pour moi, non plus.

    Vous parlez de votre personnage préféré, lequel Peter Parker ? Miles Morales ? Spider-Man noir ? Gwen ? Spider-Ham ?

    Pas un mot sur le doublage français naze !! Quel honte ce doublage.

    C’est une animation que je regarderais, quand elle passera à la télévision.

    ps: a quand WordPress 5.0.2 ?
    WordPress 3.5-4.7.1 – WP_Query SQL Injection (votre version, danger ! )

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