Star Wars Episode IX The Rise Of Skywalker, la critique

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Jeffzewanderer Par

CRITIQUE GARANTIE 110% SANS SPOILERS

(Même pas qu’il revient…)

 « Every journey has a first step » nous rappelait-on en 1999. « The saga concludes » nous annonce-t-on vingt ans plus tard. Après deux épisodes qui ont divisé les fans, en particulier le dernier, J. J. Abrams (déjà réalisateur du premier volet de cette nouvelle trilogie, est-il besoin de le rappeler ?) revient au manettes pour The Rise Of Skywalker, grand final de la saga de la famille éponyme.

A thousand generations live within you.

Après deux épisodes qui étaient construit en référence au passé glorieux de la saga, qu’il s’agisse d’hommage ou d’opposition, le neuvième et dernier volet joue enfin la carte de l’originalité. Non, The Rise Of Skywalker n’est pas une version revisitée de Return Of The Jedi. Oui, vous pourrez y trouver quelques parallèles, mais on est bien face au premier opus véritablement original de la nouvelle trilogie, et rien que ça c’est une bonne chose. Je ne reviens absolument pas sur tout le bien que j’ai écrit à propos de The Force Awakens ou The Last Jedi, mais il est aussi bon que Star Wars arrête de se regarder le nombril.

Le film se divise en deux grandes parties. Dans la première on obtient quasiment coup sur coup les réponses à toutes les questions laissées en suspens par les épisodes précédents. Comme si J. J. Abrams voulait tout régler avant de se lancer vraiment dans son histoire. Attention, la formulation ne doit pas laisser croire qu’on est face à une corvée vite expédiée par les scénaristes et le réalisateur. Malgré un rythme frénétique et une avalanche de révélation, les 45 premières minutes n’en demeurent pas moins plaisantes, et pas seulement parce qu’on a enfin ces fichues réponses. L’action est débridée et franchement jouissive. Le film joue la carte du grand divertissement et le fait très bien.

Quant aux réponses… Elles en satisferont certains, feront hurler les autres à la mort, ou même en indiffèreront quelques uns. Mais une chose ne peut être niée : elles sont amenées intelligemment. L’histoire elle-même est astucieusement construite pour raccrocher les wagons estampillés Episode VII que Ryan Johnson avait joyeusement fait partir à travers champ avec le VIII. Certains points sont totalement embrassés et développés, d’autres réinterprétés, vu sous une lumière différente, mais rien n’est renié. On en va pas mentir : il est difficile de ne pas avoir le sentiment qu’Abrams a quelque fois dû se taper la tête contre les murs en se demandant comment il allait se sortir de tel ou tel choix narratif opéré par son prédécesseur qui ne collait pas du tout avec ses plans initiaux. Et il faut parfois être indulgent en termes de cohérence/vraisemblance (en gros si vous n’êtes pas prêt à accepter que de temps en temps la raison est « parce que la Force », vous serez déçu). Mais sous ces réserves, tout tient la route, et on a tout ce qu’on est en droit d’attendre niveau points sur les « i » et barres sur les « t ».

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Every generation has a legend

Ça c’est pour la première partie. Pour la deuxième, J. J. Abrams met un point d’honneur à mettre les nouveaux héros sur un piédestal. Le trio Rey/Finn/Poe n’a jamais autant été mis en lumière et nous offre sans doute se plus beaux exploits cinématographique. L’ancien stormtrooper campé par John Boyega a enfin droit au développement qu’il méritait et s’avère du coup fort attachant. Rey (Daisy Ridley) aussi commence à se trouver une motivation qui lui semble propre. Enfin Poe (Oscar Isaac), qui avait jusque-là été plutôt gâté niveau développement (passant du simple pilote bravache au leader plus responsable) continue dans cette voie qui lui convient très bien. Et Kylo Ren… Malgré une « gueule » pas forcément  facile, Adam Driver nous avait campé un Vader « en construction » fort attrayant et nuancé. Il achève ici son voyage, et l’acteur est vraiment brillant dans le rôle.

Bref, les héros sont on ne peut plus digne de ce titre et les seconds rôles, qu’il s’agisse de petits nouveaux ou de glorieux anciens sont tous réussis. Ça sent le spin-off, je vous le dis. L’action, débridée dès le début donne de plus en plus dans la démesure à mesure que le film avance, et franchement ça fonctionne. OK, la force a été dopée au stéroïdes, mais quel plaisir à voir sur grand écran. Idem pour les batailles spatiales ou au sol, le film est décomplexé de ce point de vue, plus moderne, et réussit ainsi à nous offrir de vrais beaux moments de bravoure. Cerise sur le gâteau, s’il n’y a pas de redite du passé, comme je l’ai écrit au début, le fan service est tout de même très présent et vient agrémenter le tout de manière fort réussie.

Réponses fournies, cohérence de l’ensemble respectée voire restaurée, action spectaculaire, jolie réalisation (sans atteindre les sommets d’esthétisme de The Last Jedi, mais ça reste très bien), héros enfin charismatiques, action débridée et jouissive, et un bon lot de retournements scénaristiques pour un final satisfaisant. Ce neuvième et dernier Star Wars serait-il le film parfait ? Pas vraiment non plus. S’il ose enfin se détacher de ses illustres prédécesseurs cinématographiques, sas audaces restent assez sages. Le contenu est original, inédit, mais ne casse pas non plus les codes, ni ne les réinvente. C’est Star Wars qui fait du Star Wars. Et c’est très bien. Mais là où les deux épisodes précédents utilisaient la référence pour construire leur propre grandeur, étaient des nains sur les épaules de géants, The Rise Of Skywalker essaie d’être un géant lui-même. On ne peut pas critiquer l’effort. Mais mis côte à côte des épisodes originels plutôt qu’appuyé sur eux, il ne peut cacher qu’il n’est pas aussi grand. Seulement très bon, mais pas un classique. Il subit le sort de la prélogie et sans doute de tous les Star Wars à venir. Son plus grand atout et aussi son pêché cardinal : il n’est pas les épisodes IV, V et VI.

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Ce qu’il est, en revanche, c’est un dénouement parfaitement satisfaisant de cette nouvelle trilogie. Un grand et beau divertissement, avec des moments qui donnent le frisson, une pointe d’humour, de l’aventure et des personnages (enfin) attachants. C’est Star Wars, du beau, du vrai, sur grand écran. Alors il n’y a aucune raison de bouder son plaisir, même si ce n’est pas aussi classique et intemporel que ceux qui nous ont fait tomber amoureux de la saga. C’est Star Wars, et franchement ça suffit amplement…

One Response to Star Wars Episode IX The Rise Of Skywalker, la critique

  1. Matthieu dit :

    Tout à fait d’accord, même si la frénésie du début du film a eu du mal à passer pour moi, pas aidée hélas par le décès prématurée de notre princesse qui donne des scènes assez.. étranges. Je regrette aussi qu’à l’image de la prélogie, le plan de Palpatine est quasi invisible à l’écran ce qui tends a faire croire aux téléspectateurs qu’il a d’énormes incohérences, alors que c’est souvent « juste » mal ou pas expliqué. Par contre, j te rejoins à 100% sur « Alors il n’y a aucune raison de bouder son plaisir, même si ce n’est pas aussi classique et intemporel que ceux qui nous ont fait tomber amoureux de la saga. C’est Star Wars, et franchement ça suffit amplement… » bonne conclusion pour une conclusion