Star Wars Episode VIII : The Last Jedi (Les Derniers Jedi), la critique

Star Wars The last jedi les derniers jedi critique review comic talk

Jeffzewanderer Par

CRITIQUE GARANTIE 100% SANS SPOILERS

(même pas le vrai nom de Kylo Ren)

Deux ans. Deux ans de spéculations et de théories diverses pour résoudre les nombreuses questions laissées en suspens lorsque le générique de fin de The Force Awakens avait retenti. Deux ans à attendre la sortie de The Last Jedi (Les Derniers Jedi). Au revoir J. J. Abrams, bonjour Rian Johnson à la réalisation. Rey (Daisy Ridley), Finn (John Boyega), Poe Dameron (Oscar Isaac), Kylo Ren (Adam Driver) répondent toujours présent, aux côtés des revenant Luke Skywalker (Mark Hamill) et Leia (la regrettée Carrie Fisher) dont les rôles sont bien plus important (pas très difficile pour le premier me direz-vous). L’heure des réponses est arrivée, et il semble aussi que ce soit la dernière des Jedi…

It’s time for the Jedi to end.

Il va sans dire qu’une critique “à chaud” de Star Wars ne peut qu’être sans spoilers. Mais cet exercice est encore plus difficile tant le scénario et ses multiples rebondissements sont parmi les  belles qualités de ce huitième épisode de la saga Star Wars. Tout au long de son déroulement, le film joue en effet avec les attentes du spectateur. Il prend parfois un chemin qu’on avait deviné, mais uniquement pour mieux s’en écarter. Ou si on est trop sûr du contre-pied, il sait renouer avec les conventions. Ou partir dans une toute nouvelle direction. Mais le plus beau dans tout ça est que tous les tours, détours et revirements de l’intrigue s’enchaînent naturellement. Les moments chocs sont bien présents mais jamais gratuits ou artificiels. Et les réponses toutes là, même si elles ne sont pas toujours celles qu’on attend.

On peut dire la même chose à propos des arcs scénaristiques des divers personnages, héros comme vilains. Le film les fait réellement grandir en 2h30, et n’hésite pas à nous priver du moment de gloire ou de déchéance qu’on croyait inéluctable pour mieux le faire intervenir plus tard. Ou jamais. Pour que tout soit mérité. Le film fuit ainsi la facilité. Là encore on ne pourra que louer le naturel avec lequel chaque séquence succède à une autre, afin que chaque protagoniste se voit accorder ses 15 minutes (ou plus) de gloire. Rey, Finn, Poe, Kylo Ren et même les icônes Luke Skywalker et Leia sortent de ce film grandis.

Pour les premiers, leur développement, esquissé lors de l’épisode précédent, se concrétise. Mention spéciale à Kylo Ren incarné par un Adam Driver impeccable. On avait entendu des critiques sur son côté ado-emo dans The Force Awakens, mais le parti pris du proto-Vader encore à l’état de work-in-progress prend ici tout son sens et lui confère une profondeur plus qu’intéressante. Poe Dameron, star presque surprise du premier opus gagne aussi en profondeur sans perdre sa classe bravache. Finn, leurre héroïque du précédent opus, se révèle. Et son duo avec la petite nouvelle Rose (Kelly Mary Tran) fonctionne parfaitement.

Du côté des grands anciens, Mark Hamill se distingue par la classe avec laquelle in incarne un Luke conscient et las de sa propre légende. Enfin Carrie Fisher éclabousse tout le film de son charisme.

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This is how we win. Not by fighting what we hate, but by saving what we love.

Au-delà de ses nombreux rebondissements et de la qualité du travail sur les personnages, le film se distingue aussi par l’intelligence et la finesse avec laquelle il utilise l’auto-référencement. Là où l’Episode VII était un remake, le VIII en reste à l’hommage. Le parallèle avec l’Empire Contre-Attaque apparaît certes vite comme une évidence, mais le film évite cette fois d’en reproduire méthodiquement les étapes scénaristiques. Au lieu de cela il prend des détours, ajoute des références aux autres films de la saga, et offre même un fan service a propos. A propos car jamais gratuit, et en même temps toujours tellement plaisant.

Là où les premiers Star Wars (IV à VI mais aussi I à III) créaient ex-nihilo, là où le VII recréait pour mieux faire renaître la magie, le VIII crée en se reposant sur ce qui est. Il est un géant sur l’épaule d’un autre géant.

D’un point de vue plus technique, la réalisation est superbe, moderne mais pas tapageuse, elle semble viser une forme d’intemporalité. Quelques plans donneront des frissons au plus blasé des spectateurs, surtout sur la fin du film. L’action est filmée de manière hyper claire et dynamique, qu’il s’agisse de batailles spatiales, terrestre, ou de combats au sabre-laser. Ces derniers sont particulièrement réussis, délaissant les arabesques de la prélogie pour quelque chose de plus direct, plus percutant.

Comme dans l’opus précédent les dialogues ont été dépoussiérés, parsemés de one-liners efficaces et de tournures de phrases plus naturelles que ce qui sortait de la plume pourtant inspirée de George Lucas. A noter d’ailleurs que si l’humour est bien présent au détour de l’une ou l’autre réplique, il est savamment dosé pour ne jamais rompre avec le ton du film.

Enfin on saluera la retenue avec laquelle les porgs, ces armes marketing de destruction massive en matière de produit dérivé trop mignon-choupi, sont intégrés dans le film. Même pour ça le long-métrage évite le faux pas.

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Moderne, dense, surprenant, d’une beauté parfois à couper le souffle, apportant toutes les réponses dont on avait besoin, construisant avec soin ses nouveaux personnages, respectant et même accroissant la légende des anciens, tirant parti de ses glorieux ancêtres non pas pour les imiter mais pour construire sur leur fondation sa propre grandeur, Star Wars Episode VIII : The Last Jedi est un sans faute, et la seule question qui demeure est celle de savoir comment diable l’Episode IX pourra être à la hauteur.

One Response to Star Wars Episode VIII : The Last Jedi (Les Derniers Jedi), la critique

  1. Sebours dit :

    Je suis enfin allé voir le film ce week-end car j’aime les salles un peu moins pleine. Donc là j’étais bien! Je suis d’accord avec toute cette analyse. Le film est meilleur que le précédent car il en évite les écueils. Par contre j’ai toujours ce truc qui me dérange depuis la reprise Disney, ce soucis de représentativité des minorités. Là on se retrouve avec 2 filles/2 mecs dont un black et un asiatique…rien ne vous choque? L’absence d’extra-terrestres. On a l’impression qu’il n’y a que des humains! Dans la rébellion, à par Choubaka et deux-trois références c’est 98% humains.
    spoiler /Quand ils montre un potentiel futur Jedi, c’est un gamin humain/spoiler
    Pour le nouvel empire, qu’il n’y ait que des humains, ça doit pouvoir s’expliquer. C’est d’ailleurs sous entendu (conditionnement raté de Finn tout ça). Mais pour le reste, ça manque de diversité. Pourtant, on voit défiler les planètes. En fait, depuis trois films, il me manque toute cette faune qui faisait des premiers star wars des films SF.

    La race humaine éradique les autres ou quoi? Peut-être sont-ils une race colonialiste. Si c’est le cas faut l’expliquer!

    Avec Disney, c’est pas demain la veille qu’une humaine roulera une pelle à un wookie! Pourtant, ça a été fait dans la série V dans les années 80!

    Sinon, je n’ai vu qu’un seul raccourcis scénaristique. Un hall blindé de Stormtroupers et deux gentils fait prisonniers -> une explosion -> tous morts à part les deux gentils…facile…il aurait fallut en arrière plan la panique des troupes, des soldats qui ne se soucis plus des prisonniers. Non, c’était plus pratique qu’ils soient tous morts.