Superman/Wonder Woman #2, la review

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Steeve Par

Donc, dans les New 52, Superman et Wonder Woman sont… en couple ? A part un baiser qui a fait jazzer, on n’en a pas vu grand-chose de cette relation. Qu’à cela ne tienne ! On va lancer une série Superman/Wonder Woman !  On les verra aller au resto, se bécoter sur les bancs publics… tout ça tout ça. Non ? Ca ne vous intéresse pas ? Tant mieux. Charles Soule et Tony Daniel sont en train de produire presque en silence un des titres les plus jouissifs à lire chez DC actuellement.

I’ve never been hit that hard

Pour faire vivre Superman hors de la continuité mouvementée des New 52 bercée par des événements et des crossovers aussi inintéressants qu’ils ont été improvisés, DC a eu une bonne idée. Offrir à Clark trois séries ancrées dans le monde des New 52, mais dans lesquelles on pourrait voir du grand spectacle indépendamment de ce qui peut se passer dans le reste de cet univers un peu bordélique. Si Batman/Superman est très rapidement parti à vau-l’eau, Superman Unchained est à la hauteur de l’équipe créative à ses commandes.

Qu’en est-il donc de la petite dernière ? L’improbable Superman/Wonder Woman. Eh bien c’est tout simplement la série la plus « grand spectacle » de l’homme d’acier à l’heure à laquelle j’écris ces lignes. Alors que Scott Snyder tente de livrer une réflexion sur la place du dernier fils de Krypton sur Terre dans les pages de Unchained, ici Soule nous offre une véritable foire à la mandale.

Très peu de réflexion, et beaucoup de violence. Les deux tourtereaux évoluent dans des mondes au sein desquels l’usage de la force est une contrainte quotidienne. Il est donc tout naturel que lorsque le temps de rencontrer la belle-famille arrive, nos protagonistes en viennent rapidement aux mains. Du moins lorsque Clark rencontre sa belle-famille.

kathoom
From Olympus, you can see everything

Pour le moment, Wonder Woman est assez en retrait. A priori cela ne saurait durer. Le peu que l’on voit du personnage lorsqu’elle se fait malmener par Doomsday est assez encourageant pour la suite. Charles Soule semble avoir saisi la voix de la guerrière. Mais dans ce deuxième épisode, c’est Superman qui brille. Et de quelle façon !

Enfin quelqu’un s’est décidé à prendre en compte le travail de Brian Azzarello sur Wonder Woman. Le bonhomme s’est tout de même amusé à repenser tout le panthéon grecque et à l’intégrer au mythe de l’amazone – ou plutôt à l’intégrer elle dans ces mythes revus au goût du jour. Jusqu’ici, lire son œuvre donnait presque l’impression de lire une version alternative de l’histoire du personnage. Charles Soule change la donne, et de la meilleure manière possible.

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Since you’re a god… I can hit you as hard as I want

Souvent dans la retenu et l’humilité, Clark doit ici bomber le torse et s’imposer. Prouver son statut d’homme fort, de guerrier, d’alpha. Parce que si le reste de l’humanité lève les yeux vers lui et le considère comme un dieu, faire face à de réelles divinités change considérablement la donne pour le fermier du Kansas. Ni humain, ni dieu, l’extra-terrestre a tout à prouver à ces entités imbues de leur pouvoir qui le toisent avec mépris. C’est ainsi que Kal-El va croiser le fer avec Héphaïstos et Apollon pour le plaisir des mirettes.

Des affrontements de cet ordre se doivent de briller graphiquement. Loin de reculer devant la tâche, Tony Daniel offre ce qui est sûrement sa plus belle prestation depuis le début des New 52. Peut-être est-ce la diversité d’environnements et de personnages à dépeindre qui enthousiaste l’artiste. Quelle qu’en soit la raison, il est indéniable que c’est beau. Que ce titre a été écrit pour qu’IL le dessine. Le dessinateur brille dans l’exécution des scènes d’action qui représentent les trois-quarts de l’histoire. Mention aux couleurs de Tomeu Morey qui renforcent le côté très grand spectacle de la chose.

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Sans encore réellement explorer la relation amoureuse de ces deux êtres quasi-divins, Soule joue pour le moment à croiser les super-castings des deux personnages et c’est plaisant à voir. Moins réfléchi que le Superman Unchained de Snyder, Superman/Wonder Woman est plus brut. En somme, un blockbuster avec un casting all-star qui prend tout de même le temps de jouer sur les caractères, les forces et les faiblesses de ses deux protagonistes. Recommandé à ceux qui cherchent du bon Superman, à retrouver l’univers de la Wonder Woman d’Azzarello, ou tout simplement à voir de grosses mandales distribuées à tour de bras.

LA NOTE : 4/5

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