The Homeland Directive, la review

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Le catalogue d’Urban Comics ne se limite pas aux titres DC des New 52 et aux histoires précédant le relaunch, ni même à Vertigo. L’éditeur a en effet lancer son label Urban Indies il y a quelques mois. Un label qui ne cesse de s’étoffer aussi bien qualitativement que quantativement : Saga, Casanova, Adventure Time… C’est au tour d’Homeland Directive de Robert Venditti (scénario et Mike Huddleston (dessin) de compléter la gamme « indé » avec un Thriller politique efficace malgré quelques lacunes.

The Homeland Directive

Le Dr Laura Regan est une chercheuse au Centre National des Maladies Infectieuses des Etats-Unis qui va rapidement se retrouver accusée du meurtre de son collègue et poursuivie par des agents fédéraux. Mais tous ne voudront pas sa mort et elle trouvera des alliés qui en sauront bien plus qu’elle ne le pense. On se retrouve au coeur d’une véritable conspiration prenant racine bien plus loin qu’on pourrait le penser. Difficile d’en dire d’avantage dans la description du récit tant la découverte des tenants et des aboutissants de cette histoire est la véritable force de ce récit.

A l’heure où les Etats Unis sont au coeur d’un scandale sur la surveillance des communications par la NSA, ce Graphic Novel prend un sens plus important encore sous la plume de Robert Venditti. L’homme qui a depuis relancé X-O Manowar chez Valiant et qui doit prendre la difficile succession de Geoff Johns sur Green Lantern réussit ici non seulement le tour de force de livrer une histoire fluide, intrigante, et intéressante, mais surtout de réussir à garder une certaine distance et de l’objectivité face à son récit. Il n’est pas question pour lui de nous dire ce que l’on doit penser, mais de nous faire réfléchir. C’était d’ailleurs son but en créant cette oeuvre, comme il l’indique dans l’introduction, et c’est réussi en tout point. Le rôle de chaque personnage s’imbrique dans un rouage parfait et régulier, dont chacun possède un élément pour faire avancer l’histoire. Le Dr Laura Regan aurait pu apparaître comme le personnage principal en début de lecture, mais il s’inscrit juste dans la logique d’un scénario qui la dépasse.

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Le talent de Mike Huddleston avait été salué sur Butcher Baker. Le travail rendu ici est beaucoup moins tape à l’oeil, mais tout aussi varié. Mike Huddleston alterne différents styles qui donnent le ton de chaque scène au premier coup d’oeil. Ainsi, les planches se déroulant dans le Bureau Ovale ont une ambiance propre, un trait particulier, qui font que chaque mot devient immédiatement pesant et important. Parfois, le dessin a besoin de transcender le propos, d’apporter un vrai plus. Ici, entre le traitement graphique par des collages, des protagonistes aux premiers abords qui ont tout de banal, et l’ambiance qui prédomine sur les personnages, les dessins servent réellement le propos en s’accordant à merveille avec les idées développées par Robert Venditti.

Homeland Directive est une histoire aussi intéressante qu’intrigante, servie par des dessins qui complètent à merveille le récit, et une édition soignée d’Urban Comics qui propose de nombreux bonus. Un amateur de thriller politique sera peut être dérouté par des résolutions parfois rapides mais vous trouverez dans tous les cas une lecture fluide et plus qu’agréable avec des graphismes encore de haut niveau signés par le très talentueux Mike Huddleston.

La Note : 3,5/5

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