The United States Of Murder Inc, bienvenue à Mafia-land

United States Of Murder Inc Comic Talk

Jeffzewanderer Par

Murder Inc est un nom chargé d’histoire. Pas celle d’un label de rap des années 90-2000 spécialisé dans les ballades rap/r’n’b (vous vous souvenez de Ja Rule ?). Nom la vraie Murder Inc était le bras armé de la mafia aux Etats-Unis dans les années 30-40. New-yorkaise à l’origine, dirigée par Louis « Lepke » Buchalter puis Albert « The Mad Hatter » Anastasia, c’est bien elle qui a inspiré Brian Michael Bendis et Mike Avon Oeming pour leur nouvelle série creator-owned chez Icon : The United States Of Murder Inc. Un nouveau hit pour le duo à l’origine de Powers.

The Goodfellas

The United States Of Murder Inc a la particularité de se dérouler dans un univers réaliste en tout point à un détail d’importance près : la mafia contrôle totalement New York et Las Vegas, qui sont de facto devenus des Etats dans l’Etat. Bendis et Oeming mettent donc en place uchronie (même si on ne sait pas exactement comment la situation en est arrivée là) pour ensuite faire ce qu’il savent faire de mieux : du polar.

La patte de Bendis en termes d’écriture est toujours aussi présente, avec des dialogues très présents, vifs, avec des répliques fusant du tac au tac et toujours naturelles. Mais il est agréable de voir que le scénariste ne tombe pas dans la facilité comme ça a pu parfois lui arriver sur ses titres plus mainstream (Avengers et X-Men notamment). En effet il fait progresser son intrigue à vive allure au fil des cinq numéros sortis à ce jour, et enchaîne rebondissements et plans sur le long terme.

Parlons-en de l’intrigue justement. The United States Of Murder Inc c’est l’histoire de Valentine Gallo. Né dans une famille de mafieux, élevé par sa mère, il ne rêve que de devenir un « made man » pour Don Bonavese, l’un des pontes de ce monde de criminels. Mais dès sa première mission, toute sa vie s’écroule comme un château de carte lorsqu’il se retrouve impliqué dans une tentative d’assassinat non autorisé sur la personne d’un sénateur. S’en prendre à un sénateur, c’est franchir le Rubicon, même pour la toute puissante mafia. Et Valentine de devenir ainsi une source d’embarras pour les Familles, alors qu’il essaie de son côté de prouver son innocence.

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Road To Perdition

Il est aidé dans sa quête par Jagger Rose, tueuse à gage qui était chargée d’accompagner Valentine lors de la fameuse mission où tout a basculé. Et si le jeune mafioso a clairement vocation à servir de porte d’entrée au lecteur pour découvrir l’univers passionnant du titre, Jagger est elle là pour assurer le quota d’action. Une action très bien mise en scène (est-ce une surprise vu le talent des deux auteurs ?) qui dynamise le récit et le rend aussi agréable à suivre mois après mois qu’en sessions plus longues. Un fait assez rare ces temps-ci chez Bendis, qui se déguste en général mieux en lisant un bon paquet de numéros d’un coup. Et la galerie de personnages secondaires fait aussi beaucoup pour captiver le lecteur.

Côté dessin il est étonnant de voir à quel point le style si particulier de Mike Oeming sied à ce comic. Il reste en effet on ne peut plus fidèle à lui-même avec un trait cartoony, évoquant à la fois Bruce Timm pour les formes anguleuses et l’anatomie, et Mike Mignola pour la densité des ombres. Les couleurs de Taki Soma sont à l’avenant, chaque scène ayant sa propre palette, très marquée et stylisée, aux antipodes du réalisme auquel on s’attendrait vu le ton général du récit. Et pourtant la magie opère, et on n’imaginerait pas un autre look pour la série. C’est sans doute là la plus belle preuve de l’alchimie qui existe entre les deux Michael.

On pourrait encore évoquer une multitude d’autres détails pour vanter les mérites de cette série : le terrible secret de Valentine, la façon maline dont Bendis s’amuse d’une répétition dans son récit… Mais ce serait vous priver de trop de belles surprises.

United States Of Murder Inc Comic Talk

The United States Of Murder Inc est donc une nouvelle réussite du duo Bendis/Oeming, qui réussit le tour de force de doter Powers d’un petit frère loin de faire doublon. On sent un esprit commun entre les deux titres, mais Murder Inc a sa propre personnalité, sa propre ambiance. Un excellent polar noir tendance mafia, qui avance bien, marqué par les pattes de ses deux auteurs et surtout par l’alchimie entre eux. A découvrir si ce n’est déjà fait.

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