The Wanderer’s Treasures #24, Wolverine : Black Rio

Wolverine Wanderer's Treasures Comic Talk

Jeffzewanderer Par

Bienvenue dans la nouvelle édition de The Wanderer’s Treasures. Au programme cette semaine le carnaval de Rio en avant première, des vampires, du whisky et même Wolverine en short. Tout ça dans Wolverine : Black Rio par Joe Casey (WildCATS, Uncanny X-Men) et Oscar Jimenez (Gravel, Flash), one-shot sorti en 1998 chez Marvel.

C’est donc à Rio, pendant le carnaval, que se déroule cette aventure de Wolverine. Ou plutôt cette aventure de Logan. Car ce n’est pas l’X-Man qui est ici mis en valeur mais le bourlingueur au passé mystérieux. Le dur à cuire « Humphrey Bogartesque ». D’ailleurs, malgré la présence d’éléments fantastiques (les vampires) ou typiques des comics (le vilain avec son symbiote), force est de constater qu’une atmosphère bien particulière se dégage de ce récit. A mi-chemin entre film noir et pulps. Et c’est ce qui fait tout son charme.

Mais évoquons d’abord le scénario. Logan décide de revenir à Rio, où ses errances l’avaient déjà amené par le passé, pour prendre du bon temps et profiter du carnaval qui lui avait laissé un souvenir impérissable. Mais il y a aussi une autre raison à sa venue. Notre héros souhaite en effet revoir Antonio Vargas. Désormais inspecteur de police, Tony était avant le patron du Devil’s Grill où Logan fut videur. Les deux hommes sont depuis restés amis. Mais ce cher Antonio a bien des soucis. Une vague de meurtres apparemment rituels s’est abattue sur Rio. Et il est le seul à accepter de mener l’enquête, ses collègues étant effrayés par superstition.

Wolverine Wanderer's Treasures Comic TalkLogan acceptera de lui donner un coup de main, en souvenir du bon vieux temps. Mais l’enquête ne donnera tout d’abord rien, ce qui laissera tout le loisir au griffu de faire ce pourquoi il était venu : la fête. Cependant l’implication d’Ezra, la femme d’Antonio qu’on croyait décédée mais qui est devenue vampire, va l’entraîner à nouveau dans cette affaire. Avec des conséquences dramatiques. Tout cela aboutira à un dénouement violent qui l’opposera au véritable vilain, le mystérieux St Cyrus Leviticus et son symbiote (mais qui n’a rien à voir avec Venom ou Carnage, à aucun point de vue même visuel).

Le résultat est une intrigue simple mais redoutablement efficace, sombre et conduite sur un rythme impeccable. Mais surtout bénéficiant d’une atmosphère irrésistible, comme annoncé plus tôt. En effet Joe Casey nous écrit un Wolverine exceptionnel, et surtout très moderne vu l’année de parution du titre. Logan est charismatique en diable. Bad ass, un poil arrogant, bagarreur, mais aussi loyal, déterminé et redoutable. Bref la parfaite façon d’écrire l’un des  personnages les plus cools des comics. Il y a un côté presque jouissif dans le fait de le voir écumer le carnaval, pinte à la main, ou appréciant une bonne bagarre de rue contre des bate-bola boys. Et la scène finale (qu’on ne dévoilera pas bien sûr) est à la fois poignante et stylée, clôturant parfaitement l’histoire.

L’amitié entre Logan et Antonio est aussi très bien mise en scène et on ressent bien la complicité entre eux, qu’ils mènent l’enquête ou enchaînent les whiskys ensemble. Les dialogues sont d’une justesse totale, avec quelques répliques ou scènes qui sortent du lot (les retrouvailles des deux compères par exemple). Antonio est d’ailleurs un personnage réussi, très attachant. On sent qu’il en a vu dans la vie, mais qu’il reste un homme bien et un bon flic. Les monologues internes de Wolvie sont tout aussi plaisants, participant parfaitement à la création de cette fameuse ambiance. Les vilains, Ezra et St Cyrus sont plus anecdotiques. Comme dans tout roman noir ou pulp pourrait-on dire. Ce qui compte c’est le héros et ses péripéties. Mais ils restent intéressants. Surtout St Cyrus. Joe Casey a la bonne idée de le faire converser en permanence avec son symbiote, qu’il est le seul à entendre (et dont on peut lire les répliques à travers des bulles à la forme aujourd’hui délicieusement vintage). Le résultat est très réussi, car on ressent bien l’impression de folie totalement illuminée que dégage le personnage pour les autres protagonistes.

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Au dessin Oscar Jimenez réalise un travail excellent, voire franchement remarquable. Son style semi réaliste sert parfaitement le récit. On appréciera tout particulièrement les visages burinés de ses personnages. Son Logan n’est pas beau, mais il est superbe. On sent sa forte personnalité et son charisme à travers ses traits marqués. Et il en va de même pour Antonio, qui paraît aussi un peu plus bonhomme que son ami. Et st Cyrus n’est pas en reste avec un air à la fois distingué, maléfique, et complètement dérangé. Mais surtout lesdits visages sont extrêmement expressifs, sans non plus que l’artiste en rajoute des tonnes. Sourire un peu hébété du fêtard à l’œuvre, détermination, rage, bienveillance, toutes les expressions, même les plus subtiles sont fidèlement rendues et contribuent à humaniser les protagonistes.

Les looks des personnages sont aussi très réussis, jusqu’à l’inénarrable short de Logan et ses bottes façon Timberland. Ce n’est pas le summum de l’élégance mais ça colle bien avec le côté baroudeur du personnage. Les mises en page sont dynamiques et claires, avec quelques trouvailles comme les « polaroids » de Wolvie en pleine débauche au carnaval. Les scènes d’action sont très bien représentées. Mais on retiendra plus particulièrement les décors, riches et détaillés, sales juste comme il faut. Si bien qu’on passera même sur le truc de fainéant consistant à retoucher une photo pour représenter un panorama sur Rio (Jimenez ne le fait qu’une fois).

Wolverine : Black Rio est donc une excellente aventure de Logan loin des X-Men. Entre roman noir et pulps, elle bénéficie d’une atmosphère impeccable et de personnages traités avec brio. Les scènes cultes s’enchaînent et l’intrigue elle-même est servie sur un rythme impeccable. Avec un final on ne peut plus efficace. Les dessins d’Oscar Jimenez collent parfaitement à l’ensemble, avec des personnages expressifs au physique marqué et au visage expressif. Alors en attendant que le vrai carnaval (lundi prochain), n’hésitez pas et plongez vous dans ce Black Rio, disponible pour une bouchée de pain (et même en français dans Marvel #27 chez Panini, oui ça date). Ou un verre de whisky…

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