The Wanderer’s Treasures #27, Apache Skies

Apache Skies Wanderer's Treasures Comic Talk

Jeffzewanderer Par

Bienvenue dans la nouvelle édition de The Wanderer’s Treasures. Au programme cette semaine une vengeance, une course poursuite en train, le crépuscule de la nation apache et même Lozen. Tout ça dans Apache Skies, mini-série par John Ostrander (Star Wars Legacy, Knights Of The Old Republic) et Leonardo Manco (Hellblazer : All His Engines) publié par Marvel Max en 2003.

En 2000 John Ostrander et Leonardo Manco s’étaient déjà associés pour le one-shot Blaze Of Glory. Ce titre nous contait la dernière aventure des héros western de l’univers Marvel, les Rawhide KidApache KidTwo Gun Kid (oui, ça finit par avoir des allures de nursery) et autres. Autant de personnages kitch en diable auxquels ce titre avait donné leurs lettres de noblesse en les modernisant. Et c’est vers cet univers revu et corrigé Sergio Leone qu’Ostrander et Manco ont voulu retourner avec Apache Skies, dont le personnage principal est le Rawhide Kid.

Tout commence par une classique histoire de vengeance. Al Kare, surnommé l’Apache Kid, a été assassiné. Abattu dans le dos par Billy Tyler, un homme qu’il avait fait jeter en prison, avec ses complices. Et un nouvel Apache Kid a entrepris de faire payer un à un ses meurtriers. Ou plutôt une nouvelle Apache Kid. Une métisse apache, nomméeRosa par les « anglos », qui était l’épouse d’Al Kare, ou Dazii de son nom indien. Mais Rosa n’est pas la seule sur les traces des assassins du Kid.Johnny Bart, le Rawhide Kid, cherche aussi à venger la mort de celui qui était son ami. Les routes de nos deux héros vont, vous vous en doutez bien, rapidement se croiser. C’est alors que l’histoire pourra réellement commencer.

Apache Skies Wanderer's Treasures Comic Talk

Car si Apache Skies débute comme une histoire de vengeance, elle devient bien plus par la suite. En effet les assassins de Dazii sont tous liquidés dès la fin du premier numéro, et Rosa doit dès lors se poser la question fatidique : et après ? Quelle raison de vivre lui reste-t-il ? La réponse elle la trouvera grâce à Lozen, une des rares femmes apaches à avoir chevauché avec les guerriers (et authentique personnage historique). Celle-ci, capturée en même temps que Geronimo, demande à Rosa non pas de faire évader le vieux chef, mais plutôt de libérer les enfants de sa tribu qui ont été confiés à un prêtre afin d’être élevés comme des blancs. La jeune femme devra les emmener dans les montagnes et leur enseigner la culture de leur peuple. Celle-ci acceptera et Johnny Bart se fera un devoir de lui prêter main forte. Son aide ne sera pas de trop, car le père de Billy Tyler entend bien venger son fils à son tour. Pour cela il lancera le cruel Colonel Trask aux trousses de nos deux héros. C’est donc une course poursuite qui va s’engager entre Trask, le Kid et Rosa, avec pour toile de fonds le crépuscule de la nation apache et pour point d’orgue un affrontement en train magistral.

Apache Skies est donc une histoire riche en action et en scènes anthologiques. Mais sa principale force c’est la justesse de son écriture. Tout d’abord au niveau de la gestion du rythme du récit. Les quatre numéros composant cette mini sont autant d’actes qui s’enchaînent parfaitement. L’intrigue progresse toujours, sans temps morts, mais avec suffisamment de respirations pour pouvoir explorer l’âme des personnages.

Des personnages qui sont remarquablement fouillés et profondément humains. Rosa est attachante par sa fougue, son impétuosité. Mais on ressent aussi parfaitement sa douleur, le fait qu’elle a tout perdu, de l’homme qu’elle aimait jusqu’à son peuple. Et cette dernière mission sera son salut. Quant à Johnny Bart il est tout ce qu’on peut espérer d’un héros de l’ouest. Charismatique, endurci, et un homme profondément bon. Et surtout son attitude vis-à-vis du sacrifice héroïque, auquel Rosa est toujours si prompte, montre toute la finesse dont Ostrander est capable. Car le Kid n’est pas un lâche. Mais il n’est pas disposé à gaspiller sa vie. Et les personnages secondaires, d’Eustace Grimes le chef de train au vilain, le Colonel Trask, sont tout aussi réussis et sympathiques.

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Les dialogues sont quant à eux absolument parfaits. Il n’y a aucun one liner racoleur, aucun moment où les personnages essaient de se donner des airs de gros dur. Et pourtant les répliques mémorables se succèdent et font toujours mouche (« You’re just a slut for the grave, aren’t you ? » lance le Kid à Rosa). Et la narration est à l’avenant. Présente essentiellement au début et à la fin du récit elle nous plonge parfaitement dans le bain dès les premières lignes et nous offre un épilogue à la fois touchant et grandiose. On saluera au même titre les multiples références aux évènements historiques liés à la conquête de l’ouest tels que la traque de Geronimo ou les « guerres » entre les compagnies de chemin de fer. Celles-ci contribuent à créer un climat authentique qui vient encore accentuer la force de ce récit fictif. De même que le fait de donner leurs véritables noms aux apaches (comme pour Goyathlay…).

Au niveau du dessin Leonardo Manco livre ce qui est peut être la meilleure prestation de sa carrière. Pour l’occasion l’artiste ne se contente pas de s’occuper des crayonnés, mais peint intégralement chaque page. Et son trait réaliste s’en trouve sublimé. Il arrive en effet à donner un grain particulier à l’image qui sied parfaitement à l’ambiance gritty et poussiéreuse du Far West. Ses hachures aux airs de fusain font merveille pour vieillir les dessins. La palette de couleurs qu’il utilise (essentiellement du sépia et, assez étonnamment, du vert) accentue encore cette sensation. On appréciera aussi, au chapitre de l’ambiance, ces petites touches telles que ces bordures de pages aux allures d’affiche déchirées, ou l’aspect éthéré des séquences de flashback.

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Les divers personnages bénéficient de looks imparables, à commencer par le Rawhide Kid avec ses cheveux longs, son cache poussière et ses multiples revolvers. Tous ont de véritables gueules, sans non plus s’éloigner du parti pris plutôt réaliste. Les fusillades et autres scènes d’action sont chorégraphiées avec une maestria qui n’a rien à envier aux plus gros blockbusters hollywoodiens. Et les scènes de dialogue sont  tout aussi agréables à lire. Et on saluera enfin une attention quasi obsessionnelle au moindre détail, qu’il s’agisse des vêtements ou même des armes utilisées par les divers personnages.

Apache Skies est donc un western exceptionnel. Cette mini aurait pu n’être qu’une excellente histoire de vengeance, mais au lieu de cela elle est aussi une magnifique ballade dans un Far West qui vit ses dernières années, et l’histoire poignante de deux héros à la recherche de leur destinée. Le tout est servi par une narration impeccable, des dialogues mémorables, et des peintures absolument sublimes. Disponible entrade paperback, Apache Skies est un titre à ne pas manquer. Il ne me reste donc plus qu’à vous laisser sur ces mots : « Remember the story. Share it with others. As long as memory endures, they still live. Good bye. »…

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