The Wanderer’s Treasures #38, Captain Britain & MI 13

Captain Britain & MI 13 Wanderer's Treasures Comic Talk

Jeffzewanderer Par

Bienvenue dans la nouvelle édition de The Wanderer’s Treasures. Au programme cette semaine des skrulls, un démon, des vampires, Excalibur, de la magie et même du cricket. Tout ça dans la série so british de Paul Cornell (Knight And Squire, Action Comics, Saucer Country), Leonard Kirk (Supergirl, JSA, Dark X-Men) et quelques autres artistes pour des fill-ins : Captain Britain & MI 13. Publiée par Marvel entre 2008 et 2009, cette série dura quinze numéros qui ont été regroupés en trois trade paperbacks intitulés Secret Invasion (#1-4), Hell Comes To Birmingham ! (#5-9) et Vampire State ! (#10-15 et l’annual).

Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, il est important de savoir que Paul Cornell, le scénariste de cette série, est britannique. Et fier de l’être. En effet l’identité britannique fait partie des ses thématiques de prédilection, comme on a pu le constater par la suite dans Knight And Squire (les versions britishde Batman et Robin). Dans Captain Britain & MI 13 cette identité est inextricablement liée à l’intrigue ainsi qu’au traitement des personnages et même à la manière dont la série est écrite. « Tragedy right up against sitcom, in a way other cultures don’t really get » comme le dit lui-même l’auteur (« la tragédie juste à côté du sitcom, d’une façon que les autres cultures ne saisissent pas vraiment » si vous me permettez cette traduction hélas boiteuse).

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Mais commençons par le commencement : Wisdom , la mini Marvel Max déjà écrite par Paul Cornell. Elle mettait en scène Pete Wisdom, un obscur personnage secondaire de la défunte série Excalibur (une sorte de branche anglaise des X-Men pour faire court). Dans la mini on découvrait le MI 13 chargé de protéger la Grande Bretagne des menaces magiques (et que Pete couchait avec une princesse du royaume des fées). Comme pas mal de séries Max qui marchent bien (ce fut notamment le cas de The Hood), celle-ci fut « récupérée » pour l’univers Marvel classique. Et pas n’importe quand : dans le cadre du mega event Secret Invasion qui voyait les skrulls tenter d’envahir la Terre. Bon je vous le dis tout de suite, pas besoin d’avoir lu ça pour apprécier cette série, même le premier arc. Ouf.

Les aliens verts au menton dentelé ont donc décidé de s’en prendre perfidement à l’Albion parce que c’est là que se trouve le cœur de la magie. A Avalon plus précisément. Et il revient à ce cher Pete Wisdom de défendre son pays. Il est aidé en cela par Captain Britain (aka Brian Braddock, le frère de Psylocke) donc. Mais aussi par Spitfire alias Lady Jacqueline Falsworth, super-héroïne durant la seconde Guerre Mondiale restée jeune car elle est aussi un vampire. Ajoutez à cela Dane Whittman alias Black Knight, armé de la maléfique Ebony Blade, et une jeune médecin nommée Faiza Hussain  qui va se découvrir des super pouvoirs de guérison. Oh et il y a aussi John, un skrull qui aime ressembler à John Lennon.

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Ce noyau dur de l’équipe va donc lutter contre les envahisseurs extraterrestres, en profitant au passage pour totalement redéfinir les pouvoirs de Captain Britain et récupérer Excalibur (l’épée du roi Arthur, pas le groupe évoqué plus tôt), qui reviendra à Faiza. Ensuite place à l’arrivée d’un démon à Birmingham : le duc de l’enferPlokta. Et surtout à l’arrivée du dernier membre de l’équipe, j’ai nommé BladeEric Brooks de son vrai nom (vous le saviez vous ?) se retrouve donc doté d’un passeport britannique (bon ça personne ne l’avait vu venir) et fait connaissance avec ses coéquipiers en plantant un pieux dans le cœur de Spitfire. Rassurez vous il vont finir par TRES bien s’entendre. Le couloir des rêves du démon posera des problèmes à nos héros, et on aura droit à une belle pirouette scénaristique autour de Captain Midland (imaginez une version british et grisonnante de Cap America), mais ils finiront évidemment par triompher. Juste à temps pour le dernier acte.

Une partie de cricket plus tard (dans la seconde histoire de l’annual, que je vous conseille de lire ici en gardant la première histoire pour plus tard), on se prépare pour le grand final : une nouvelle invasion, de vampires cette fois, emmenés par Dracula himself. A cette occasion Paul Cornell, qui savait que sa série n’en avait plus pour longtemps (à cause de ventes trop faibles), soigne sa sortie. Il réalise une fresque épique, exploitant tous les éléments scénaristiques semés ici et là au cours des numéros précédents : le mystère autour de l’épée de Black Knight, la nature vampirique de Spitfire, les diverses romances notamment celle de Cap Britain et sa femme disparue Meggan (qui revient dans l’annual), la famille de Faiza…. Il en profite aussi non pas pour redéfinir le mythe du vampirisme, mais plutôt pour en utiliser de manière extrêmement intelligente les moindres subtilités (l’impossibilité d’entrer là où on ne les a pas invités, la vulnérabilité à l’eau bénite…). Et il nous concocte un rebondissement magnifique au numéro 14, pour mieux finir en apothéose.

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Ainsi, tout au long de sa série Paul Cornell développe ses personnages, sans jamais les réinventer mais en les faisant évoluer et changer naturellement. Ainsi Brian Braddock apprend enfin à surmonter ses doutes, à travers un artifice scénaristique consistant à faire dépendre sa puissance de sa confiance en lui (un travail que Rick Remender a hélas un peu oublié sur Secret Avengers). Blade est enfin bien écrit dans un comic (on avait eu un trop bref aperçu de ce que ça aurait pu donner dans Blade Max mais sinon le daywalker n’a jamais été à la fête sur papier). Ici il est à la fois aussi bad ass et classieux que sur grand écran, mais il est aussi enfin humain et doté d’émotions. Faiza est un personnage magnifiquement riche, jamais transformée en gimmick politiquement correct du fait de sa religion (elle est musulmane). Black Knight est enfin plus que l’archétype du héros maudit par ses pouvoirs. Pete Wisdom fait un leader parfait, à la fois droit dans ses bottes et retors quand il faut. Spitfire fascine à la fois par ses tourments et son côté fantasque. Et n’allez pas croire que les vilains ou les personnages secondaires soient en reste. Dracula notamment est impérial.

Enfin il convient de saluer le travail de Leonard Kirk au dessin. L’artiste s’avère fort inspiré quand il d’agit de re-designer les personnages. Cap Britain revêt un nouveau costume très réussi et Blade n’a rien à envier à sa version cinématographique. On appréciera le costume de Faiza, qui s’accorde bien avec celui de Black Knight, son mentor. Dracula et surtout Plokta sont aussi des pépites visuelles. Le style est globalement semi-réaliste, très dynamique et bien détaillé. Les mises en pages sont très efficaces. On saluera aussi l’attention au détail pour les décors (on sent vraiment que la série se passe en Grande-Bretagne qu’il s’agisse des bâtiments, des uniformes des policiers…). Enfin on notera que la patte graphique du titre est bien respectée lors des divers fill-ins, et un niveau plus que correct est maintenu tout au long de la série.

Captain Britain & MI 13 est donc la meilleure série que vous n’avez pas lu (formule emprunté au magazine Wizard, rendons à César…). Elle est à la fois une fresque épique, un soap-opéra, un tragédie, une comédie, et mille autres choses encore. Elle regorge d’idées aussi brillantes qu’originales, et de personnages riches développés intelligemment. Et elle a cette touche so british qui lui donne un supplément d’âme et la rend unique. Alors n’hésitez pas, et après les JO, retournez donc faire un tour outre-manche. God save the queen !

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