The Wanderer’s Treasures #72, TMNT Soul’s Winter

TMNT Soul's Winter Comic Talk

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On n’arrête plus les Wanderer’s Treasures ! Pour ce deuxième numéro en deux semaines (je vous préviens tout de suite qu’on ne va pas garder ce rythme hein !), c’est Apteis (second guest de l’histoire de la rubrique, après Steeve) qui nous parle d’une trouvaille concernant ses chères Tortues Ninja : l’ovni Soul’s Winter. Mais je vais le laisser vous en parler, il fera ça mieux que moi. Et si vous voulez en savoir plus sur Leo, Raph, Donnie et Mikey, allez donc faire un tour sur le site qu’Apteis leur a consacré : tmnt-cowabunga.

IDW ne se contente pas de publier une excellente ongoing Teenage Mutant Ninja Turtles avec Mini Séries et Micro Séries associées, mais propose également des rééditions de nombreuses anciennes histoires : les premières Teenage Mutant Ninja Turtles d’Eastman et Laird chez Mirage (en hardcover, en TPB, et en singles recolorisés), les Animated Adventures, les Tales of…. et le catalogue est encore riche pour permettre à l’éditeur de San Diego de remplir nos étagères pendant longtemps. Parmi les sorties surprises, on a ainsi pu avoir en novembre 2014 un hardcover, TMNT Legends : Soul’s Winter, de Michael Zulli.

Ce Hardcover contient les travaux du grand Michael Zulli sur les Teenage Mutant Ninja Turtles, avec les numéros 31, 35 et 36 du premier volume chez Mirage publiés entres juillet 90 et août 91, ainsi que trois stand alone qui eux avaient vu le jour dans Shell Shock et Turtle Soup. La trilogie Soul’s Winter se situait hors continuité malgré sa parution dans le premier volume des TMNT. Après un premier recueil datant de 2007, aujourd’hui difficilement trouvable à un prix abordable, les voici donc enfin de nouveaux publiés avec « A Splinter in the Eye of God », « O-Deed » et « Failed Instant », et surtout une recolorisation.

TMNT Soul's Winter Comic Talk

Pour ceux qui ne connaissent pas, Michael Zulli est un artiste qui a commencé sa carrière avec The Puma Blues, publié par Aardvark One International (Dave Sim) puis par Mirage. Cette arrivée dans le studio d’Eastman et Laird lui a permis d’effectuer quelques numéros hors continuité de la série phare TMNT, pendant une période où celle-ci était mise de côté pour une « guest era » peu appréciée à l’époque. L’artiste américain passa ensuite chez divers éditeurs dont DC et sa branche Vertigo, pour lequel il réalisa notamment la fin de l’arc The Wake du Sandman de  Neil Gaiman pour lequel il fût nominé à plusieurs Eisner Awards. Le script du single #31 a été également écrit par Stephen Murphy, plus connu sous le nom de Dean Clarrain, un nom qui résonne énormément pour les fans des TMNT. Mais revenons à Legends : Soul’s Winter.

Un Samurai masqué, Oroku Saki, lance une attaque psychique envers son ennemi Splinter, un rat dans ses égouts. Ce dernier sentant l’attaque essaie de se défendre mais son adversaire le bat sur le plan astral. Il avale alors quatre talismans, un pour chaque élément, et pratique un rituel. Shredder rassemble les soldats de son Foot Clan, et Splinter réveille ses « fils », les quatre tortues géantes anthropomorphiques, les TMNT de cette fable. Les deux factions sont donc prêtes pour une grosse bataille qui marquera le début d’une épopée mystique. L’affrontement dans la neige sera épique, de nombreux soldats du Foot Clan tomberont, mais une tortue sera blessée mortellement. La suite sera faite d’invocation de démon squelettique, introspections mystiques, et bien plus de surprises…

TMNT Soul's Winter Comic Talk

Ne vous attendez pas à une lecture des Tortues Ninja classique ici. Cette trilogie Legends Soul’s Winter n’est certainement pas la plus simple à appréhender. Lors de sa publication, elle avait d’ailleurs été très critiquée car la continuité était affectée et l’histoire était en pause. Il y a en plus d’un an entre le début et la fin de la trilogie, avec une série qui n’avait pas un rythme mensuel régulier (et donc une dose plutôt faible de TMNT pour l’époque, laissant les fans dans l’attente). Il faut également se rendre compte que la guest era ne donna pas que des histoires intéressantes, mais également beaucoup de médiocrité, pour rester poli. Principalement des ratés d’ailleurs, beaucoup d’artistes n’ayant pas compris l’intérêt de ces  tie-ins, permettant de donner une version totalement différente et inédite desTortues NinjaEastman et Laird ayant compris tôt que l’intérêt de leur création résidait dans l’infinité des visions possibles. Un élément qui échappe encore aujourd’hui à beaucoup. L’accessibilité n’est pas le premier mot qui vient pour cette trilogie, mais avec du recul, on est devant un petit bijou, qui passera à la postérité de la guest era.

Les Teenage Mutant Ninja Turtles, c’est avant tout un hommage à tout ce qu’adoraient Kevin et Peter. Miller, Kirby, la science fiction… L’histoire des TMNT et les nombreuses références utilisées sont connues, mais ici Stephen Murphy et Michael Zulli proposent tout le contraire. Mysticisme et spiritisme sont les maîtres mots. Oubliez tout ce que vous connaissez des Tortues Ninja, les deux créateurs réinventent totalement la mythologie du Turtleverse pour notre plus grand plaisir. L’origine même de la fratrie apporte toute cette différence, mais dans un but similaire. Dans la continuité de MirageSplinter entraîne les Tortues au ninjutsu dans l’optique de défaire Shredder, il les crée ici de manière mystique, non scientifique et assez perturbante dans le même objectif  : c’est la menace de sa Nemesis qui engendre la naissance des quatre monstres anthropomorphes. L’affrontement entre les deux est d’habitude uniquement physique. Ici, il est avant tout astral et psychique, ajoutant encore une dimension à cette antagonisme et une menace supplémentaire venant de Shredder. Mes tortues passent en second plan, et c’est la relation entre les deux senseï qui est importante. Ici, pas de noms pour les quatre frères, pas de bandeau, pas d’armes différentes. Cela n’empêche pas Splinter de les appeler mes « fils », car il les a créés, mais on est plus proche du créateur que du père spirituel que l’on connait. Il faut attendre la troisième et dernière partie de cette trilogie pour qu’une tortue (sans nom) se décide de ne plus être un pion.

Du côté du dessin, Michael Zulli est époustouflant. Tout comme pour l’histoire, l’unicité est marquante et cela ne ressemble à aucune autre itération des Teenage Mutant Ninja Turtles. Son dessin participe en grande partie à l’ambiance malsaine et crade de ce titre. La nature est absolument remarquable et la scène de bagarre dans la neige se déguste et se resavoure immédiatement après avoir été terminée : froide mais intense, violente mais poétique. Plus que les tortues, il s’agit réellement de cet univers Soul’s Winter qui marque et qui impressionne. A côté de cela, ses animaux anthropomorphes sont des plus expressifs, exercice des plus difficiles sans rentrer dans un style cartoony. Le lettrage de Rob Caswell ajoute à l’immersion dans cet univers à part, et la colorisation réalisée pour l’occasion ne trahit pas les planches originales de Zulli.

TMNT Soul's Winter Comic Talk

Beaucoup de questions resteront sans réponses, mais la lecture de cette trilogie apporte une vision totalement différente et innovante des Teenage Mutant Ninja Turtles, et pourtant ces histoires ont 25 ans. Les trois histoires complétant Soul’s Winter apportent un peu plus de profondeur à cet univers des TMNT que l’on aurait aimé voir plus se développer. Michael Zulli et Stephen Murphy ont compris rapidement l’intérêt de proposer des visions alternatives des Tortues. En attendant, si vous ne devez prendre qu’un recueil des rééditions des Teenage Mutant Ninja Turtles chez IDW, il s’agit de cet Hardcover Legends Soul’s Winter.

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