Tomb Raider #1, la review

Tomb Raider Comic Talk Review

Jeffzewanderer Par

Lara Croft et les comics c’est, sinon une grande histoire d’amour, au moins un flirt qui laisse de bien beaux souvenirs. La belle aventurière a fait sa première apparition sur papier aux côtés de la Witchblade à l’occasion d’un crossover dessiné par Michael Turner. Puis elle a eu droit à sa série solo, toujours chez Top Cow, lancée par Dan Jurgens au scénario et Andy Park et Jon Sibal au dessin. Vinrent ensuite une seconde série, Tomb Raider Journeys, scénarisée par Fiona Avery, et de nombreux one-shots et crossovers. Puis plus rien.

Et aujourd’hui (la semaine dernière techniquement), Tomb Raider a fait son retour sur les étals des comic shops. Exit Top Cow, bonjour Dark Horse, avec Gail Simone au scénario et Nicolas Daniel Selma au dessin. Le tout pour un résultat hélas en demi-teinte.

Of Yamatai.

Première précision s’imposant : là ou les précédentes séries créaient une version inédite de Lara, n’en gardant que les caractéristiques essentielles (riche aventurière, fort caractère, pairs de flingues et fringues qu’aucun aventurier ne porterait jamais), cette nouvelle série s’inscrit elle dans la continuité du récent reboot vidéo-ludique. Elle s’y inscrit tellement qu’elle est en est même la suite directe, s’ouvrant sur un cauchemar de Lara lui rappelant ses amis disparus sur l’île maudite de Yamatai. Du coup si vous n’avez pas joué au jeu, vous serez obligés de prendre le train en marche.

Lara est donc hantée par les souvenirs de son aventure sur Yamatai, et elle n’est pas la seule. Sa coloc’ et meilleure amie Sam semble elle aussi avoir des difficultés a laisser ce cauchemar derrière elle, quoi qu’elle en dise. Et l’histoire se lance vraiment quand Jonah, le colosse Néo-zélandais qui faisait aussi parti de la tragique épopée demande à Lara de le rejoindre dans le désert de l’ouest des USA. Un peu de charabia prophético-énigmatique sur une menace liée encore et toujours à la fameuse île pesant sur les survivants, et un phénomène surnaturel XXL plus tard, on arrive déjà à la fin du numéro.

Tomb Raider Comic Talk Review

They followed us from the island.

Ce Tomb Raider #1 est un numéro de mise en place efficace donc, une fois admise l’idée qu’il est le début de la suite au jeu. On sent d’ailleurs les efforts de Gail Simone pour écrire une Lara la plus semblable possible à celle dont on a suivi les péripéties sur console. On retrouve donc ce côté plus vulnérable de l’héroïne, plus sensible dirons les fans (plus « pauvre petite chose » dirons ceux moins conquis pas le reboot et nostalgiques de la Lara bad ass d’antan, oui j’en fait parti, j’assume). La scénariste réussit parfaitement son coup de ce côté, et tient aussi compte du fait qu’au cours de sa mésaventure sur l’île, l’héroïne s’est endurcie, a appris. C’est donc bien la Lara de la fin du jeu qu’on retrouve. Et la gestion de sa relation avec Sam semble avoir du potentiel, même si ce n’est qu’esquissé.

En revanche d’autres aspects de l’écriture sont moins inspirés. On ne peut pas encore se prononcer sur l’intrigue de ce premier arc, vu qu’elle est (logiquement) là encore à peine esquissée. Ça peut être très bien, ça peut être trop convenu… Par contre on pourra tiquer sur l’ampleur du phénomène paranormal qui conclut le numéro. Le surnaturel a toujours eu sa place dans Tomb Raider, mais d’habitude son arrivée est plus progressive. Là c’est tout de suite du niveau « ouvrir la mer rouge » et surtout ça a presque un petit côté « scène d’action obligatoire du numéro ».

De plus le déroulement de la scène veut à chaque instant rappeler le jeu vidéo, avec une Lara en galère permanente. L’hommage est appuyé (un poil trop) mais pourquoi pas, c’est clairement l’objectif du titre. On saisit aussi mal l’intérêt de la scénette avec le guide antipathique un brin vicelard qui accompagne Lara jusqu’à la roulotte de Jonah. Surtout que le personnage ne semble pas avoir vocation à revenir.

Tomb Raider Comic Talk Review

Niveau dessin le travail de Nicolas Daniel Selma est très propre et clair, un peu trop même, le titre se prêtant à un graphisme un peu plus crasseux. Même la Lara du cauchemar/flashback du début, couverte de crasse, fait trop propre. De plus les personnages sont parfois un peu raides, surtout lors des scènes d’action. Mais globalement ça reste très correct et ça ne nuit pas trop au plaisir de lecture.

LE BILAN : Tomb Raider #1 laisse donc une impression en demi-teinte. Très fidèle au jeu vidéo, peut-être trop par moment (la scène d’action), il est porté par une héroïne très bien écrite et elle aussi fidèle en tout point à son homologue de polygones. Mais il manque globalement de punch, comme en atteste notamment le final, qui ne prend pas autant aux tripes qu’il devrait. Et le dessin est à l’avenant.

LA NOTE : 3/5

3 Responses to Tomb Raider #1, la review

  1. Eddyvanleffe dit :

    Gail Simon, typiquement un auteur de comics complétement inconnue chez nous alros qu’elle nous fait pas mal de bonnes choses àcommencer par secret six et Birds of prey. Je souhaite vraiment que Panini (ou un autre) publie son relaunch de Red Sonja

  2. Eddyvanleffe dit :

    Houla… UNE auteur de comics et son nom est Simone…

    • Jeffzewanderer Jeffzewanderer dit :

      :-) Totalement d’accord avec toi à propos de sa Red Sonja qui déchire. Et son petit run sur Wonder Woman était excellent aussi.

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