Le Top 11 des meilleures séries Marvel actuelles

Marvel Top 11 Comic Talk

Jeffzewanderer Par

Je ne suis pas le dernier pour dire que Marvel a des problèmes avec ses blockbusters ces derniers temps. Les Avengers de Jonathan Hickman proposent des concepts intéressants mais manquent d’action et surtout de vilains à opposer à nos héros. Les X-Men de Brian Bendis sont quant à eux englués dans leurs histoires de voyage dans le temps. Axis était plus un story arc d’Uncanny Avengers qu’un vrai event (et durait sans doute un ou deux numéros de trop). Et on attend que Secret War vienne tout remettre à plat pour savoir sur quel pied on va danser.

Mais à côté de ça, la Maison des Idées propose quand même une myriade de séries de qualité dont on ne parle peut être pas assez. Titres aux accents arty ou simple concentré de fun (et parfois les deux à la fois), ces comics vont donc se retrouver sous la lumière des projecteurs le temps de ce dossier. Voici donc mon petit top 11 (parce que je ne vois pas pourquoi je devrais me limiter à 10 titres, na !) des meilleures séries Marvel. D’accord ? Pas d’accord ? D’autres suggestions ? Les commentaires sont là pour ça !

11) BLACK WIDOW

Le premier atout de cette série est sans conteste le dessin de Phil Noto. Le trait de l’artiste a perdu sa rigidité parfois gênante, mais a conservé son aspect éthéré qui confère un cachet indéniable à la série. Les aventures de Natasha Romanova prennent ainsi une dimension poétique sous le crayon de Noto, qui alterne brillamment tableaux contemplatifs et scènes d’action au dynamisme impeccable. Et lesdites aventures ne valent pas que par leur aspect graphique, Nathan Edmondson concoctant mois après mois des scénarii très réussis. Il manie avec aisance les codes des récits d’espionnage et l’ambiance black ops du titre. Ce n’est pas une surprise quand on connaît le CV du scénariste (The Activity).

Ses intrigues sont complexes et bien construites, et mystères et révélations s’enchaînent de manière satisfaisante malgré le peu de vilains vraiment marquants. Le découpage en arcs cours est aussi plaisant de ce point de vue. Mais surtout Nathan Edmondson a su donner de l’épaisseur à son héroïne. Elle est toujours la bad ass létale qu’on connaît, mais sa dureté se teinte de mélancolie. On ressent sa solitude, sans jamais tomber non plus dans le pathos. L’ajout de son avocat/conseiller pour la doter d’un supporting cast, ou sa relation avec Maria Hill achève d’humaniser la terrible Black Widow, sans jamais trahir son essence ni même l’édulcorer

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10) STORM

Offrir une série solo à un personnage membre d’un groupe est toujours un pari risqué. Il faut en effet s’assurer que ledit personnage a les épaules assez larges, et surtout un univers personnel assez développé pour porter le récit. En gros il faut qu’il ait une vie hors de l’équipe, assez riche pour justifier des aventures qui ne pourraient pas être racontées dans la série « de groupe ». Et force est de constater que jusque-là tout portait à croire que Storm (qui avait eu droit à quelques mini-séries mais pas plus) était parfaite dans les X-Men mais n’avait pas grand-chose à proposer loin des ses coéquipiers mutants. Mais Greg Pak nous démontre chaque mois le contraire.

Il n’éloigne pas trop la belle Ororo Munroe des problèmes des mutants (le racisme auquel ils sont confrontés…), mais donne une dimension personnelle à ses aventures. Il n’hésite pas à utiliser pour ça les relations tissées par son héroïne au fil des années (Calisto, Yukio…). Et surtout il redonne toute sa noblesse et son charisme à ce personnage qui avait perdu de sa superbe, coincée entre Cyclops et Wolverine, ou carrément mal exploitée ou oubliée par les auteurs X. La Storm qu’on découvre chaque mois est forte, indépendante, courageuse et pleine de compassion. Elle n’est plus la jeune femme naïve qui avait intégré les X-Men, mais elle n’est pas passée du côté obscur non plus. Elle est indépendante, indomptable, comme son nom de code si vous me permettez cette métaphore facile mais finalement appropriée. Et le scénariste sait aussi faire un usage intelligent des pouvoirs de l’héroïne et de leurs conséquences. Au dessin Victor Ibañez est un artiste encore peu connu mais au talent indiscutable. Son trait est très fin et dynamique, dans un style réaliste. Et les fill-ins, s’ils sont un peu moins bons, restent de bonne qualité.

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 9) ROCKET RACCOON

Vu le succès du film Guardians Of The Galaxy et la dimension culte du raton laveur adepte des gros flingues  auprès du grand public comme des fans de comics, l’existence de cette série s’imposait comme une évidence. Ce qui l’était un peu moins c’était de la confier à un véritable « auteur » comme Skottie Young, célèbre pour ses comics Oz et surtout pour ses multiples variant covers « baby ». Et le style si particulier de l’artiste/scénariste fait merveille. Objectivement les histoires ne paient pas de mine (Rocket traqué par ses ex dans le premier arc…), mais elle s’avèrent être un concentré de pur fun décomplexé.

Sans parler de Rocket, vantard, bourrin mais roublard, toujours attachant et digne de son statut de personnage culte acquis depuis quelques années notamment grâce à Dan Abnett et Andy Lanning. Il est tout ce qu’on pouvait espérer. Du coup on dévore les numéros comme des bonbons en se laissant porter par l’univers visuel déjanté de la série. Et de temps en temps on a une petite idée de derrière les fagots (pun intended) comme le numéro 5 raconté par Groot avec les dialogues que ça implique. Et même quand Young laisse sa place aux fill-in artists Jake Parker ou Felipe Andrade le titre ne perd pas on identité visuelle si particulière, qui est une partie intégrante de son charme.

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8) ELEKTRA

La transition est toute trouvée par rapport à la série précédente, la série de W. Haden Blackman et Mike Del Mundo brillant aussi avant tout par son aspect visuel. Difficile de dire qui, du scénariste ou de l’artiste, a le plus de mérite pour les mises en page « J.H. Williams III-esque » qui émaillent chaque numéro ou presque, mais en tous cas le résultat est là. On est face à de magnifiques fresques, qui ne sacrifient pas non plus la narration sur l’autel de la beauté plastique. Beauté qui est aussi due au trait magnifique de Del Mundo ainsi qu’à ses couleurs au rendu si particulier (comme de la peinture, mais pas tout à fait…). Il est très bien suppléé par Marco D’Alfonso pour le dernier numéro en date. Mais en plus d’être belle, Elektra est aussi une série bien écrite.

J’ai eu quelques doutes concernant le supporting cast, à commencer par The Matchmaker et ses airs de « flapper » des années 20. Mais on s’attache vite à ce personnage atypique. La série elle-même arrive aussi à créer un univers qui lui est propre, tournant beaucoup autour de la toute-puissante et mystérieuse guilde des assassins. Pas vraiment réaliste, pas non plus totalement déjanté ou onirique (mais un peu quand même), mais pas pour autant le cul entre deux chaises, l’ambiance du titre est assez indescriptible. Et cela rend spécial ce qui aurait pu n’être qu’une classique histoire de chasse à l’homme. Tantôt prédatrice, tantôt proie, Elektra est elle toujours impressionnante, les auteurs prenant soin toujours bien nous faire ressentir à chaque instant qu’elle est l’assassin le plus redoutable du Marvel Universe. Dommage que le titre s’arrête bientôt.

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7) CAPTAIN MARVEL

En parlant d’arrêt prématuré, Carol Danvers l’a échappé belle, et s’il faut remercier le cinéma pour ça, ça vaut bien un Star-Lord en imper rouge ou un Phil Coulson omniprésent. Annoncé comme une mini série pour faire suite au volume précédent, Captain Marvel semble bien être redevenu une ongoing. L’occasion pour la talentueuse Kelly Sue DeConnick de continuer à mettre en scène une Carol qui l’inspire toujours autant.  Elle réussit parfaitement à rendre son héroïne à la fois forte et charismatique, mais aussi très touchante. Carol doute, fait des erreurs même quand ses intentions sont les meilleures du monde, mais surtout ne baisse jamais les bras.

Exilée dans l’espace pour y représenter les Avengers, elle y vit des aventures mêlant l’épique et une bonne dose d’humour, comme la scénariste avait pu le faire sur Avengers Assemble (une série qui fut très sous-côtée en son temps). Ainsi Carol essaie tour à tour de sauver des réfugiés qu’on veut chasser de leur planète d’accueil, découvre que son chat est en fait un alien, ou se retrouve embarquée dans une histoire de succession royale. Et à chaque fois on vibre et on rit, notamment grâce à des dialogues vifs et inspirés (ainsi qu’à son sidekick Tic). Au dessin le style Disney-esque de David Lopez est un régal pour les yeux, correspondant parfaitement au mélange d’aventure et d’humour qui caractérise la série. Et encore une fois les fill-ins (comme celui ce Marcio Takara) sont de qualité.

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6) MOON KNIGHT

Quand Warren Ellis a lancé ce dernier volume en date de Moon Knight, il l’a sans doute fait pour payer ses factures. Mais ça ne l’a pas empêché de s’amuser le temps de ses six numéros, et surtout de se livrer à autant d’expériences narratives brillantes (trip onirique, jeu sur les points de vue… il faut le lire pour le croire). Le tout en en profitant pour réinterpréter intelligemment le lien entre Konshu et la schizophrénie du personnage. Du coup quand Brian Wood a repris le titre, si talentueux soit-il, on pouvait craindre qu’il devienne plus « ordinaire », perde ce qui faisait finalement tout son charme. Et bien pas du tout.

La narration est un peu plus classique, mais Wood s’autorise encore quelques fantaisies, comme le numéro 8, où tout est vu à travers des caméras. Et surtout le scénariste gère très bien la relation très particulière entre le héros et son « Dieu », avec une trouvaille particulièrement brillante au numéro 9. Il réussit aussi à sortir du cadre du one-shot pour construire un arc sur plusieurs numéros sans que le rythme du titre en pâtisse. Il préserve de côté détaché du héros, qui se ressent dans la narration. Car on a beau passer pas mal de temps dans la tête de Moon Knight, il reste mystérieux, distant. Niveau dessin Greg Smallwood a bien repris le flambeau après Declan Shalvey, préservant la patte de la série, avec un trait dans la lignée de ce qu’à pu apporter un Michael Lark. Et surtout les couleurs plates et une utilisation des noirs (et du blanc du costume du héros) pour créer des contrastes achèvent de donner une véritable identité visuelle à cette série vraiment à part.

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5) CAPTAIN AMERICA & THE MIGHTY AVENGERS

Voici la seule série de groupe de cette liste, et l’une des seules arborant le nom d’une grosse franchise sur sa couverture. Cependant ce dernier point est un trompe-l’œil, le titre de Heroes For Hire ayant sans doute été plus approprié. Succédant à Mighty Avengers (ah, Marvel et sa manie des numéros 1…), on y suit les aventures d’une équipe menée par Luke Cage et composée d’un savant mélange de seconds couteaux (Blue Marvel, White Tiger, le nouveau Power Man, Spectrum…) et de grosses pointures (She-Hulk, Spider-Man depuis peu, et bien sûr le nouveau Captain America aka Sam « Falcon » Wilson). La série est en premier lieu remarquable par la justesse des interactions entre les personnages. Le scénariste britannique Al Ewing tient parfaitement tous les membres de son casting, rendant Spectrum aussi fière que bad ass, tissant des relations entre les jeunes Power Man et White Tiger, ou développant admirablement le Superman noir Blue Marvel. On pourrait passer des numéros entiers à juste les regarder discuter.

Mais ce qu’il y a d’encore plus génial dans cette série, c’est que justement les personnages ne font pas que discuter. Menaces mystiques, savant fou, et héros devenus vilains après Axis, chaque numéro a sa dose d’action. Et de fun, Ewing aimant glisser ça et là quelques éléments un brin WTF. De plus l’auteur sait développer intelligemment nombre de thèmes très intéressants tels que la famille, l’héritage ou le racisme la scène entre Luke Cage et Blue Marvel à ce sujet est brillante) sans jamais donner dans le prêche ni surtout oublier de raconter son histoire. Et pour couronner le tout, les dessins de Luke Ross sont très bons. Beau, avec de l’action fun, des personnages remarquablement écrits et des thèmes intelligents et traités avec finesse, il ne manque décidément rien à la moins Avengers des séries Avengers.

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4) MILES MORALES : ULTIMATE SPIDER-MAN

15 ans. Ça fait 15 ans que Brian Michael Bendis écrit les séries successives Ultimate Spider-Man. Et ça fait depuis 2011 que Peter Parker  cédé la place à Miles Morales, qu’on a tous connu comme « le Spider-Man noir ». Mais surtout ça fait 15 ans que les aventures des Spider-Men successifs font toujours montre d’autant de fraîcheur, et échappent au travers de Bendis d’utiliser des recettes narratives trop formatées. Avec cette dernière mouture des aventures de Miles Morales, il continue de créer un personnage en tous points aussi intéressant et attachant que Peter Parker. Il est d’ailleurs fascinant, mois après mois, de voir Miles devenir un Spider-Man à part entière. Il grandit littéralement sous nos yeux, en tant que héros et en tant qu’homme. Ses relations avec son supporting cast (son père, son meilleur pote Ganke, sa petite amie Kate Bishop) mais aussi les proches de feu Peter Parker (Gwen Stacy, MJ, tante May) sont parfaitement travaillées.

Et Bendis n’oublie pas de distiller fréquemment nombre de révélations fracassantes (sur le passé du père de Miles notamment), ni d’utiliser ces éléments scénaristiques. On est donc face à un titre qui bouge énormément, très dense (si, si, c’est bien de Bendis). Et l’action n’est pas en reste, bien présente et toujours spectaculaire (le retour du Green Goblin, qui ouvre la série, ne déçoit pas). A cela s’ajoute les excellents dessins de David Marquez, qui a su coller à la charte graphique établie par Sara Pichelli pour le volume précédent de la série tout en imposant sa patte. Mais finalement le plus admirable concernant cette série, c’est que c’est un vrai titre Spider-Man. On retrouve tout l’esprit des aventures du tisseur, toute leur fraîcheur, mais sans non plus être face à un simple copier-coller ni même un remake. Bendis a vraiment réussi à créer un vrai nouveau Spider-Man, et rien que ça c’est brillant.

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3) IRON FIST THE LIVING WEAPON

On revient vers une série un peu plus arty, très marqué par la patte de son auteur, Kaare Andrews (scénariste et artiste). Iron Fist est un titre sombre. Le héros est mélancolique, et ça se ressent dans l’ambiance générale de la série. Andrews réinterprète Kun-Lun, sa mythologie, ses secrets, et les motivations du héros, sous un jour nouveau, plus noir. On lui a offert la vie, il a choisi la mort. Et parfois c’est pour mieux tout brûler. Mais Iron Fist n’est pas une série triste. Au contraire Kaare Andrews ajoute une dose de fun bienvenue par le biais de ses personnages secondaires (la jeune Pei , Brenda la journaliste qui essaie de percer les secrets de Danny Rand aka Iron Fist…).

Et surtout Iron Fist est une série intense. L’action est bien présente et hyper spectaculaire, ambiance kung-fu oblige, et les enjeux sont d’envergure. Un authentique souffle épique porte la série. La narration fait beaucoup pour cela, les monologues intérieurs très sombres du héros lui conférant de la gravité et contrastant avec des dialogues plus légers. Cette dichotomie achève de donner du cachet au titre. Visuellement, la série est une superbe démonstration de tout le talent de Kaare Andrews. Son utilisation des noirs est fascinante, comme ses compositions. Et il s’autorise plusieurs fantaisies de mise en page, tirant partie du fait qu’il est seul aux manettes. Ses designs sont aussi très réussis, notamment l’armure steampunk portée par le héros pour ne citer que cela. Sombre, épique, innovante, fun, visuellement brillante, Iron Fist The Living Weapon fait honneur à son héros éponyme, respectant tout ce qu’il était jusque-là, et en présentant une vision inédite.

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2) MS. MARVEL

Oui, Ms. Marvel c’est la série dont l’héroïne est musulmane. Et une fois qu’on a dit ça, on n’a rien dit sur le titre. Parce que la série de G. Willow Wilson et Adrian Alphona n’est pas une série sur la religion de son héroïne. C’est une série sur Kamala Khan, une adolescente du New Jersey un peu réservée, franchement geek, avec des parents aimant mais stricts et surtout qu’elle trouve chiants comme tous les ados trouvent leur parents chiants. Et Kamala se retrouve un beau jour nantie de pouvoirs (indirectement à cause des Inhumains, mais c’est anecdotique). Alors en bonne fan de super-héros, et surtout de Carol Danvers, elle va les utiliser pour faire le bien. S’ensuivent des péripéties rafraîchissantes, drôles, mais dont les enjeux sont bien réels. Kamala, c’est la Spider-Man (ou plutôt la Peter Parker) du XXIème siècle.

Jamais depuis le tisseur on avait vu un personnage utiliser si parfaitement l’archétype du héros « ordinaire ». On est plongé dans le quotidien de Kamala, et on se soucie autant de savoir comment elle va vaincre le vilain que de ce qui va lui arriver si elle ne rentre pas chez elle à temps. Les vilains sont d’ailleurs à l’avenant, plus terre à terre, créés pour l’occasion. Kamala a un aussi un excellent supporting cast : meilleur ami qui connaît son secret, copines à qui le cacher, et même le chien le plus connu du Marvel Universe. Les dessins si particuliers d’Adrian Alphona conviennent parfaitement à cette série. Son style unique, cartoony, coloré, évoquant un peu le graffiti, donne son côté pétillant au titre. Et le fill-ins de Jacob Wyatt a su préserver cette patte. Fraîche, drôle, pleine d’aventure et de personnages attachants, avec une héroïne plus humaine que super, Ms Marvel est l’incarnation même de l’esprit Marvel.

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1)      DAREDEVIL

Et la palme de la meilleure série Marvel revient à un personnage qui a déjà eu droit à deux runs historiques grâce à Frank Miller puis Brian Michael Bendis. Il faudra désormais ajouter le nom de Mark Waid à cette prestigieuse liste. Auteur de l’intégralité du volume précédent (37 numéros) des aventures de tête à cornes, Mark Waid est en train de créer un chef d’œuvre sous nos yeux. Pour ce nouveau volume (merci la manie des numéros 1) Matt Murdock a déménagé à San Francisco, et son identité est connue de tous.  Mais ce n’est pas seulement ce nouveau statu quo qui fait l’attrait de la série. C’est la maestria et l’intelligence avec laquelle Waid écrit chaque numéro. Il multiplie les idées brillantes concernant les pouvoirs du héros, son métier d’avocat, ou encore les stratagèmes employés par les vilains. Des vilains qui tournent beaucoup, avec des story arcs courts, donnant un coté old school au titre et garantissant un bon rythme.

Un autre trait de génie de Mark Waid est la manière dont il traite la fragile psyché de son héros. A début de son run, on s’étonnait de la nouvelle gaieté d’un DD jusque là plutôt torturé. Depuis le scénariste a levé le voile sur cette nouvelle manière de voir le monde, et nous dépeint mois après mois un Matt Murdock à la psychologie parfaitement travaillée. Il sait aussi donner de l’épaisseur aux proches du héros, qu’il s’agisse de son ami de toujours Foggy Nelson ou de sa nouvelle associée Kirsten McDuffie. On pourrait aussi évoquer la justesse des dialogues, la finesse de l’humour… Et il en faut pas oublier le dessin de Chris Samnee, brillant successeur de Marcos Martin. Lui aussi sait se montrer inventif pour représenter les pouvoirs du héros, et mettre en scène ses aventures. Daredevil est un titre qui respecte son lecteur, ne le prend jamais pour un idiot mais reste toujours accessible. Il raconte des aventures fun et inventives, met en scène des personnages profonds et se renouvelle sans cesse. Et c’est pour ça qu’il mérite le statut de meilleure série Marvel actuelle.

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Mentions honorables :

Silver Surfer : Une fresque cosmique, pop et poétique de Dan Slott et Mike Allred, qui met en scène le Surfer et la très attachante Dawn Greenwood arpentant les étoiles

Hawkeye : Le bijou arty de Matt Fraction et David Aja, du polar noir avec un héros aussi loser que sympathique et son lot de trouvailles visuelle chaque mois. Quand ça sort.

Thor : Une nouvelle heroïne pour porter Mjolnir, un fils d’Odin déchu, Jason Aaron poursuit sa fresque épique.

Uncanny Avengers : Une série Avengers qui ressemble plus à un titre X-Men, mais avec des héros intéressant et surtout de l’action épique contre des vilains. On attend de voir ce que le prochain volume, toujours écrit par Rick Remender vaudra.

Amazing Spider-Man : Un titre mêlant grande aventure et fun, avec un Peter Parker de retour et toujours bien écrit par Dan Slott qui sait alterner entre gros events et aventures plus légères. Et Ramos est toujours impeccable année après année.

Deathlok : Une réinterprétation intéressante du personnage par Nathan Edmondson, plus sobre et avec un héros qui ignore qu’il est Deathlok tandis qu’on le manipule. Il faudra voir si la qualité perdure une fois l’arc initial terminé.

All-New Captain America : Falcon a un sacré poids sur les épaules, et Rick Remender nous montre avec brio pourquoi il en est digne.

Superior Iron Man : Tony Stark a laissé sa conscience au placard et continue de subir les effets de l’inversion d’Axis sous la plume de Tom Taylor. Cynique, cupide, manipulateur, menteur, encore plus arrogant mais finalement pas forcément mauvais, c’est un Stark décomplexé qu’on découvre, et c’est étonnamment fun.

Legendary Star-Lord : Une petite série de SF par Sam Humphries qui ne se prend pas trop au sérieux mais raconte des aventures fun en marge de la série Guardians Of The Galaxy. Et le héros est attachant. En fait c’est ce que Guardians devrait être.

Punisher : Le Punisher tue des criminels. Simple, efficace, et baigné dans une ambiance black ops que Nathan Edmondson maîtrise parfaitement.

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2 Responses to Le Top 11 des meilleures séries Marvel actuelles

  1. cosmos dit :

    Je me retrouve beaucoup dans ta liste (enfin, du moins pour les titres que je lis ^^ j’aimerais bien suivre Storm et les Mighty Avengers, mais j’arrive à saturation en terme de lectures mensuelles). Mais Daredevil, Ms. Marvel, Silver Surfer, Hawkeye et Moon Knight proposent vraiment des moments de lectures excellents. Je suis légèrement plus mitigé sur Black Widow, que je trouve un peu mou suivant les chapitres bien que toujours somptueux, et les derniers Captain Marvel m’ont semblé un peu trop légers par rapport à la réussite qu’était le premier arc. A propos de cette dernière, une petite remarque : comme l’explique Kelly Sue DeConnick, la saison actuelle de Captain Marvel n’a jamais été prévue pour être une mini-série : http://kellysue.tumblr.com/post/82726740732/is-it-true-that-this-current-captain-marvel-series

    J’adore Loki: Agent of Asgard autrement. En voulant se la jouer analyste à deux balles, on pourrait prétendre que Marvel surfe simplement sur le succès du personnage au cinéma, mais Kieron Gillen puis Al Ewing ont vraiment tissé des histoires merveilleuses autour de ce personnage. Le premier arc d’AoA m’a beaucoup plu avec son mélange d’action et d’humour, j’avais un peu peur quand j’ai lu The tenth realm (pas du tout accroché) et quand j’ai vu qu’on continuait sur des tie-in à AXIS, mais l’auteur a bien su intégrer les contraintes de l’exercice pour nourrir son histoire et c’est resté tout aussi excellent.

    • Jeffzewanderer Jeffzewanderer dit :

      Merci pour ton com’. Il faudra vraiment que je jette un oeil à Loki Agent Of Asgard. j’avais lu les 3 premiers et c’est vrai que c’était sympa, mais je n’avais pas eu l’occasion de trouver les suivants.

      Merci aussi pour la précision pour Captain Marvel. Je me basais sur le fait que dans le Previews la série a été sollicitée comme une mini (en 7 numéros) sur les order forms pendant plusieurs mois. Puis, avant même la sollicitation du 7, la mention a disparu. D’où la confusion évoquée par DeConnick dans sa réponse je suppose.

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